Les confusions sont si faciles 1.1

Séjour inter-associatif (SMB-AMB-CEMA) fin septembre 2017 à Aramits, sous l’égide de  la SMB. Un grand merci aux organisateurs, dont Martine.

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Un exemple de confusion facile, mais sans conséquence cette fois, puisque les deux sont de bon commestilbes : Craterellus cornucupioides (Trompette des morts) et Cantharellus cinereus (Chanterelle cendrée).

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Les deux présentent une similitude de taille, forme et couleur( gris à noir), et partagent le même biotope. Vu de dessus et encore plus à la coupe, la chanterelle n’a pas ce long entonnoir jusqu’au fond du pied, qui vaut à cette craterelle son nom de trompette des morts (maures ?).
La marge du chapeau est également sinué de part et d’autre.

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La différence principale est que l’une présente un hyménium sublisse (Craterellus), l’autre des plis, caractéristiques des Cantharellus, différence qui disparait rapidement à la poêlle !

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Dans un autre régistre, une image d’un Elaphocordiceps ophioglossoides, parasite de Elaphomyces granulatus (truffe des cerf), avec sa truffe parasitée, ainsi qu’une coupe d’une deuxième.
A suivre.

J.B.

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Congrès de la Société de toxicologie clinique en avril prochain à Angers

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C’est à Angers, aux Greniers Saint Jean, que se déroulera les 4 et 5 avril 2018 le 56ème congrès de la Société de toxicologie clinique.

Pour tous renseignements: secrétariat du centre anti poison tel. 02 41 35 39 41 – cap49@chu-angers.fr  

Un champignon, une planche: Auricularia auricula-judae

Puisqu’il convient de placer une légende sous une photo, rappelons que la Légende, justement indique que Judas, pris de remords après sa trahison, se serait pendu à un sureau, l’essence d’arbre où l’on trouve le plus souvent (ce n’est pas la seule) ce champignon dont la forme rappelle celle d’une oreille. Tirer l’oreille avec l’objectif macro trouve ici quelque transparence en jouant avec la lumière.

Notre récolte a été faite le 20 mai de cette année au Parc du Burck à Mérignac (33) sur vieux tronc décortiqué de sureau (Sambucus nigra) repéré par Martial Theviot lors d’une balade naturaliste. Les photos publiée dans cette note ont été prises après récolte donc non in situ.

Oreille de Judas, Auricularia auricula-judae, Le Burck Mérignac,

Côté micro (ci-dessus) les spores sont notamment en « banane » (à droite) et les basides comportent des « cloisons transversales » comme remarqué par Eyssartier & Roux**. Les poils de la face externe sont assez longs (à gauche) .

Bibliographie: ** Eyssartier&Roux page 1038; Breitenbach&Kränzlin tome 2 n°7; Marchand tome 1 n°83; Courtecuisse&Duhem n° 47; Bon page 324; MycoDB  http://www.mycodb.fr/fiche.php?genre=Auricularia&espece=auricula-judae&source=search

Oreille de Judas, Auricularia auricula-judae, Le Burck Mérignac,

Bien cuire les Shiitake évite les démangeaisons rappelle l’Anses dans son premier bulletin trimestriel « Vigil’Anses »

Nous avions, dans le blog du CEMA, en août 2013 , et mai 2015 à la demande du Docteur Magali Labadie chargée de la myco-toxicologie au sein de la Direction collégiale du CEMA,  évoqué les cas de toxidermie dûs à la consommation de shiitake et lancé un appel aux témoignages à adresser au Centre antipoison de Bordeaux.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail  Anses   s’est vu confier le pilotage de plusieurs systèmes de vigilance. Dans la continuité du bulletin Epitox de l’InVS, l’Anses a souhaité rendre visibles ses activités de vigilance d’où la publication de « Vigil’Anses » bulletin trimestriel.

 Dans le premier « Vigil’Anses », daté de mars 2017, figure au sommaire, un article consacré au Shiitake que nous signale le Docteur Magali Labadie. Voici, ci-dessous, cet article :

 

Champignons Shiitake : attention à la cuisson sinon gare aux démangeaisons !

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Photo : J. Guinberteau (Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine) Copyright © Informa Healthcare USA, Inc. 2014

 Le champignon Shiitake, ou Lentin du chêne (Lentinula edodes) est le champignon le plus consommé au monde après le champignon de Paris. Originaire d’Asie où il était cultivé en Chine et au Japon, c’est un ingrédient de la cuisine de ces pays et de leur médecine traditionnelle. Arrivé sur le marché européen depuis plusieurs années, il est maintenant cultivé et produit en France. S’il était traditionnellement un ingrédient à cuire, la mode grandissante de la consommation de produits crus peut conduire à une forme d’intoxication très spécifique : la dermatite toxique « en flagelle », extrêmement prurigineuse (photo).

Celle-ci apparait dans les heures ou jours suivant la consommation de Shiitake crus ou insuffisamment cuits, et couvre tout le corps, face et cuir chevelu compris. Décrite pour la première fois au Japon en 1977, son mécanisme physiopathologique n’est pas totalement élucidé. L’agent en cause est le lentin, substance thermolabile (donc détruite par la cuisson) présente dans le champignon et son mécanisme d’action serait de type toxique et non allergique. Le traitement est purement symptomatique, la dermatite toxique finissant par régresser en 2 à 3 semaines. Seule une fraction de la population est susceptible d’être atteinte (de l’ordre de 2 % d’après une étude réalisée au Japon [1]). La quantité de produit ingérée jouerait un rôle et la dermatite peut se réactiver en cas de réingestion. À noter que cette dermatite peut être confondue avec une photodermatose (réaction cutanée après une exposition au soleil) même si l’aspect clinique est différent. En outre, cette dermatite est probablement sous-diagnostiquée, car le lien avec la consommation de champignons n’est pas toujours fait par le consommateur ou son médecin, car cette pathologie est encore mal connue.

Les centres antipoison (CAP) français sont confrontés depuis plusieurs années à des appels de consommateurs présentant cette pathologie. Ils ont publié une série de 15 cas signalés entre janvier 2000 et décembre 2013 [2]. Tous les cas décrits dans cette publication étaient survenus après absorption de champignons Shiitake non cuits, quel que soit le mode de consommation : frais, séché puis réhydraté dans l’eau, poudre ou infusion. Ayant fait part de ce problème à l’Anses, les CAP ont actualisé et transmis en juillet 2015 à la Direction générale de la santé (DGS) les données qu’ils avaient publiées. Au total, 63 cas étaient enregistrés entre 2010 et 2016 mais ils ne reflètent qu’une toute petite partie des cas réels, car il ne s’agit que des personnes qui ont appelé un centre antipoison, ayant fait un lien entre la dermatose et une intoxication. Un communiqué de presse de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a informé le grand public le 21 août 2015 de la nécessité de bien cuire cet aliment. Sur recommandation de l’Anses et afin que le consommateur soit prévenu au moment de l’achat des effets possibles d’une consommation sans cuisson, un arrêté du 5 août 2016 suspend « pour une durée d’un an, la mise sur le marché à destination du consommateur final, à titre gratuit ou onéreux, des champignons des espèces (…) Lentinula edodes, lorsqu’ils sont présentés à l’état frais, en vrac ou préemballés, s’ils ne sont pas accompagnés d’une information claire informant le consommateur de la nécessité d’une cuisson complète avant la consommation ».

Juliette BLOCH

 Références bibliographiques

[1] Mowad CM, Nguyen TV, Elenitsas R., Leyden JJ. Bleomycin-induced fl agellate dermatitis: a clinical and histopathological review. Br J Dermatol 1994; 131: 700-702

[2] Boels D, Landreau A, Bruneau C, Garnier R, Pulce C, Labadie M, de Haro L, Harry P. Shiitake dermatitis recorded by French Poison Control Centers – new case series with clinical observations. Clin Toxicol (Phila) 2014; 52(6):625

 POUR EN SAVOIR PLUS, VOUS POUVEZ CONSULTER

https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/presse/communique/2015/cp-champignon-shiitake.pdf

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2016/8/5/EINC1622686A/jo/texte

Truffes à Bordeaux: Mably 2017 version soft

En entrant samedi après-midi dans la Cour Mably nous nous attendions, après un an d’interruption pour cause de maigre récolte de la Truffe noire, à retrouver ce que nous avions connu et apprécié en 2015 et en 2014 . Certes l’organisation habituelle semblait avoir changé mais le site de la Ville de Bordeaux annonçait pour le samedi 4 février:

« La Truffe à Bordeaux Cour Mably et salle capitulaire. Evénement animé par le Club Ambassadors de la Truffe, présentation de la truffe tuber mélanosporum et de ses dérivés (huile, brisures, pâté, foie truffé, sauces…) le tout à base de truffe.« 

Nous avions signalé cette manifestation sur notre page Facebook en donnant les liens vers nos compte-rendus des précédentes éditions.

Mably-truffe-cour-2017.jpg

En fond de Cour, quelques stands sous la galerie. Une occupation des lieux en nette baisse en comparaison des millésimes 2014 et 2015.

Tuber melanosporum, truffe noire du Périgord, Mably, Bordeaux, CEMA, Michel Pujol, Patrick Giri, Thierry Chanteloube

En approchant, sous la galerie du fond, les produits dérivés figuraient en bonne place et … quelques truffes.

Tuber melanosporum, truffe noire du Périgord, Mably, Bordeaux, CEMA, Michel Pujol, Patrick Giri, Thierry Chanteloube

Dans un coin de la Salle Capitulaire (à gauche), en zoomant fort (à droite) Tuber melanosporum tenait le haut du panier ainsi que de nombreux ouvrages et revues la concernant sur les stands notamment du Festin et celui des Ruelles de Périgueux (photo en tête d’article).

Tuber melanosporum, truffe noire du Périgord, Mably, Bordeaux, CEMA, Michel Pujol, Patrick Giri, Thierry Chanteloube

A l’extérieur, près de la trufière reconstituée pour une démonstration de cavage, sur la place rebaptisée St Silain en référence à l’adresse périgourdine du Club Ambassadors de la truffe, les cors sonnaient en ce jour de tempête à cette heure apaisée.

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Nous étions venus pour les truffes, ce diamant noir qui se regarde à la loupe (ici trinoculaire) dessus, dedans et qui se sent sans chinoiser (voir plus loin).

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L’objectif macro de l’appareil photo apporte plus de netteté que la caméra de la loupe trinoculaire et le microscope permet, s’il en était besoin, d’affiner la détermination de ce champignon aux spores ovoïdes finement ornementées de fin poils et ensachées dans des asques par une, deux, trois quatre ou, plus rarement cinq.

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Patrick Giry (à droite) responsable des achats chez Monteil à Brive prêtait main forte et compétente sur le stand de Thierry Chanteloube (entreprise de vente de champignons à Veyre- 24210 Azerat). L’échantillon qu’il nous a fait croquer « en le réchauffant » pour plus de parfum a servi à la courte étude macro-micro ci-dessus.

La mycologie est une passion et la partager un plaisir des plus rares. Ainsi, entre autre, avons nous appris de Patrick Giry que les truffes chinoises détectées, par exemple récemment au marché de Vergt en Dordogne, ne peuvent tromper les connaisseurs. Hors leur manque d’odeur et de saveur comparées à la mélano, elles ont la particularité de rebondir comme une balle lancée sur un mur. Truffe basque? que non mais à 900€ le kilo (prix constaté à Mably) la tentation de contrefaçon peut séduire. Acheter local surtout en matière de champignons où la fraicheur du produit est importante est un credo que nous partageons avec ce spécialiste. Gare aux sporophores peu frais et peut-être hautement pollués des pays de l’est.

Enfin, revenons aux truffes. De la Chine au Japon il n’y a qu’une mer et chez Monteil on expédie des truffes, des vraies mélano, au Japon. Pour qu’elles y soient acceptées il les faut bien calibrées, bien rondes, pas trop grosses, sans « défaut » apparent. Le tri laisse de côté une bonne partie de la production… Qu’importe le flacon, la mouche qui y pond ses œufs doit bien y trouver l’ivresse de sa reproduction sans faire cas de la forme mais certainement de la maturité.

Michel Pujol 

 

Les tubes de Noël

De quels tubes s’agit-il? A Noël on penserait à jingle bells , mon beau sapin ou autre petit papa noël . Point de sapins mais des pins le jour de Noël. Par exemple à Canéjan, en Gironde à deux très grands pas de Bordeaux. Des pins sous lesquels foisonnent des fougères abritant des Chanterelles en tube (Craterellus tubaeformis).

chanterelle en tube, craterellus tubaeformis, Canéjan, CEMA, Michel Pujol, spores

Nous les récoltons en utilisant une petite paire de ciseaux afin de couper leur pied en tube (d’où leur nom vernaculaire) et réduire ainsi la durée du nettoyage avant de les cuisiner. Sautées à la poêle dans un peu d’huile d’olive ou en sauce elles apportent un goût de fête en fin d’année. Leurs « cousines » plus côtières Craterellus lutescens méritent aussi l’attention des myco-cuisiniers. 

chanterelle en tube, craterellus tubaeformis, Canéjan, CEMA, Michel Pujol, spores

chanterelle en tube, craterellus tubaeformis, Canéjan, CEMA, Michel Pujol, spores

Sous le microscope (planches ci-dessus), les spores sont ovoïdes. Marchand souligne l’apicule oblique (ce n’est pas la généralité sur notre récolte). En sporée (planche du haut) nous avons relevé (Piximètre) les dimensions suivantes: (8,2) 8,8 – 12,4 (16,3) × (7) 7,5 – 10,8 (12,3) µm . Q = (1,1) 1,14 – 1,3 ; N = 11 . Me = 11,1 × 9,1 µm ; Qe = 1,2. Les hyphes sont nettement bouclés.

Lors d’une cueillette on prendra soin d’éviter les confusions de proximité car souvent de petites espèces toxiques à lames et non à plis partagent le même biotope. Forme en trompette, plis bien marqués caractérisent entre autre cette espèce. La couleur du chapeau peut être assez grise et le pied plus épais notamment sous feuillus où les tapis de mousses les accueillent volontiers.

M.P.

Bibliographie:

MycoDB

Marchand tome 2, p. 162 et 242 n° 177

Eyssartier&Roux p. 596

Courtecuisse n° 112

Bon p. 306 et 307


Russule charmante et veloutée en terre de vins: Russula amoena Quélet, enquête de Bertrand Lartigue

Lors d’une sortie du CEMA, le 15 octobre, dans le parc d’un château de l’appellation haut-médoc à Ludon (33) nous avons rencontré, entre autres espèces, une jolie russule. Bertrand Lartigue, du CEMA, qui participait à cette sortie, a mené l’enquête macro-microscopique pour la déterminer.

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Voici ses observations:

Lieu de récolte sous des chênes et pins sur terrain acide et siliceux.

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          Chapeau : 4cm, légèrement déprimé, velouté, beige avec des reflets violacés.

          Lames : crème, adnées, quelques unes fourchues, arêtes entières, sporée 2b.

          Stipe 6 x 1,5 cm, blanc, évasé sous les lames, devient caverneux avec l’âge.

          Chair : blanche, violacée sous la cuticule, saveur douce, légère odeur d’artichaut.

          Réactif : phénol couleur cassis.

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          Spores : subsphériques, moyenne 7,6 x 6,4 µm, assez verruqueuses voire spinuleuses, verrues isolées, quelques unes connexées.

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          Poils de la cuticule : ramifiés, la plupart subulés, d’autres se terminant en baïonnettes.

A l’issue de ses observations macro-micro, notre ami Bertrand Lartigue s’est arrêté sur Russula amoena Quélet qu’André Marchand * qualifie de « Russule charmante ». De leur côté, Régis Courtecuisse ** et Guillaume Eyssartier&Pierre Roux*** lui donnent le qualificatif de « Russule veloutée ». En matière d’odeur, Marchand la compare à celle de Lactarius volemus (Triméthylamine), Courtecuisse évoque le topinambour (crustacés en train de cuire), Eyssartier&Roux parlent de « l’odeur typique d’artichaut ou de topinambour.

Enquête mycologique de Bertrand Lartigue

* André Marchand Champignons du Nord et du Midi tome 5 n° 409 (page 28)

** Régis Courtecuisse, Bernard Duhem Guide des champignons de France et d’Europe n° 1416 (page 420)

*** Guillaume Eyssartier & Pierre Roux Le Guide des Champignons France et Europe page 180

Comme des pelures d’orange sur le sol: Aleuria aurantia

Sur terre nue, dans un endroits où le sol a été « fraîchement retourné » (comme le remarquent notamment Eyssartier&Roux à propos de cette espèce*) notre regard a été attiré par des taches orange faisant penser à des pelures de l’agrume du même nom. Après tout, à Canéjan (33) près d’une piste dédiée aux promeneurs accompagnés souvent de leur chien -ou l’inverse- déguster quelques quartiers et rendre l’enveloppe bio-dégradable au sol nourricier n’a rien de surprenant sauf que derrière l’écorce présumée qui écorchait le regard se cachait … un champignon. Ainsi en fin d’après-midi presque entre chien et loup (le temps de pose était très long pour les photos) nous nous sommes attardés devant une troupe de Pézize orangée.

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Vue du dessus (à droite) la partie hyméniale est plutôt lisse et en coupes irrégulières rappelant, sans être fendue, les otidea. Très volutueuse au bord plus clair. Vue du dessous (à gauche) le pied est à peine prononcé, presque inexistant et la chair plus mate à quasi concolore de la partie supérieure.

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Microscopiquement, observations dans le Lugol (planche ci-dessus):

 J-, les spores sont ornementées par un réseau à larges mailles. Les asques sont octosporées à sommet non amyloïde et les paraphyses sont droites, septées et en massue somitalement.

Mesures sporales de notre récolte (Piximètre) 

(13,1) 13,4 – 15,1 (15,3) × (6,8) 7,1 – 8,4 (9) µm

Q = (1,5) 1,7 – 2 (2,2) ; N = 33

Me = 14,3 × 7,7 µm ; Qe = 1,9

M.P.

* Le guides des champignons France et Europe aux Editions Belin p.1060

Bourgailh deuxième sortie: les champignons affichent toujours complet

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Comme celle du 22 octobre la sortie du samedi 5 novembre après-midi affichait « complet ». Cela accréditerait l’idée que les champignons font… recette à l’Ecosite du Bourgailh à Pessac (33).

Le matin au Bois du Bouscat Jacques Beck Ceccaldi, Michel Pujol et Jacques Boyer cofondateurs et animateurs du CEMA retrouvaient ce samedi après-midi les joies du partage de leur myco-passion avec un groupe renouvelé toujours attentif, motivé et, pour certains des participants, prêt à recouper leurs connaissances avec ceux que Laurent Rousserie (directeur de l’association gestionnaire des lieux) présentaient comme des « spécialistes » avant le départ de la balade découverte.

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Quand les cèpes poussent ils apparaissent souvent dans des endroits géographiques différents à la même période…

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… en partageant des biotopes similaires. Ainsi ce Boletus edulis, découvert par un des participants à la sortie, au milieu de chênes en un endroit découvert, biotope en tous points comparable à celui du Bois du Bouscat de la matinée. Sans doute avait-il échappé aux habitués qui sillonnent le site.

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Ce « spot » selon l’expression d’une Landaise du groupe (avec qui nous avons partagé quelques souvenirs Chalossais) n’avait pas été piétiné. On reconnaitra ici Russula drimeia (ex sardonia) et non R. amara comme indiqué dans une première version. Notre ami Jacques Guinberteau, conseiller scientifique du CEMA, nous fait observer que « la présence d’un mamelon est loin d’être un caractère suffisamment discriminant car Russula caerulea ou amara n’est pas la seule à posséder un mamelon luisant hautement différencié ! Se méfier de ce caractère.
Ici pour cette photo de drimeia = sardonia, on peut retenir surtout un pied lavé de rouge violacé par plage seulement (et non uniformément comme torulosa) et rarement blanc comme amara.
D’autre part les exemplaires de cette photo ne sont pas assez laqués luisants pour être une authentique amara, et les lames jaune citrin signe indubitablement une drimeia/sardonia. » En tout état de cause R. drimeia comme R. Amara ne mérite pas l’assiette.

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Les espèces rencontrée, récoltées et disposées sur les tables à l’entrée face au Belvédère permettaient aux petits et aux grands de continuer à dialoguer sur le vaste monde des champignons à voir et à admirer si affinités sans mettre toute cette diversité dans la même poêle si on veut rester dans son assiette.

M.P.

Le Bois du Bouscat (33) deuxième

Comme l’année dernière https://cemachampi.wordpress.com/2015/10/17/le-bouscat-au-coeur-du-bois/ le CEMA animait samedi dernier une sortie découverte champignons à la demande de la Ville du Bouscat. La veille, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol avaient repéré avec Souheil Roux (gardien-gestionnaire du Bois du Bouscat) et Julien Joaniquet (ancien gardien, agent du service espaces verts) les pousses intéressantes dans ce parc de sept hectares.

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Ainsi, ces animateurs du CEMA et ces agents de la Ville du Bouscat, auxquels s’étaient joints le jour de la balade Jacques Boyer et Daniel Pasquier, amenaient les participants sur les lieux de pousses repérés et, bien sûr, le nombre de chercheurs aidant, d’autres découvertes mycologiques avaient lieu attestant de la riche biodiversité des lieux.

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Parmi les espèces présentes, ces Lacrimaires veloutées en bordure de chemin…

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… et, dans un endroit inaccessible aux promeneurs habituellement mais exceptionnellement ouvert pour cette sortie, ces Cèpes de Bordeaux, ce jour Cèpes du Bouscat.

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Les nombreuses espèces rencontrées (au regard de l’hygrométrie des jours précédents) étaient exposées près de « la cabane du jardinier et à nouveau commentées pour un public attentif, motivé et soucieux de ne consommer le cas échéant que des champignons sains et déterminés sans aucun doute possible par des personnes compétentes.

M.P.

 

Le Cèpe de Bordeaux … mais aussi du Médoc à la une… du Journal du Médoc

Le Journal du Médoc a ouvert son édition du vendredi 28 octobre sur l’icone automnale d’entre océan et estuaire. Reportage de Mathieu Caurraze qui a recueilli, entre autres informations, nos expériences « cépicoles ». Où mycologie et imaginaire se rencontrent autour de la table.

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Bourgailh: les champignons affichent complet

pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolS’il s’était agi d’un match on aurait pu dire que le CEMA jouait à guichet fermé samedi sur le site du Bourgailh à Pessac (33) puisque les inscriptions affichaient « complet ». Même si du côté fonge les pousses ne perçaient pas au pied de chaque arbre quelques espèces étaient dénichées et commentées dans chaque groupe sous la conduite de Jean-Claude Vignault, Jean André Camy, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol animateurs de cette sortie.

A défaut de « vraies » girolles on trouvait les « fausses », Hygrophoropsis aurantiaca. L’occasion de rappeler que les lames ne font pas un pli et plus simplement de montrer in situ toute la diversité du monde des champignons.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolAprès avoir inspecté  différents biotopes et leurs champignons « de sortie » ce jour-là, les participants installaient et classaient les espèces prélevées sur les bancs de l’entrée du site.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolIl restait aux animateurs à prodiguer, en s’appuyant sur les espèces exposées, informations et conseils notamment en ce qui concerne la consommation et les risques d’intoxication. Des Amanites phalloïdes trouvées la veille dans la région permettaient d’examiner, de la volve au chapeau chinuré, ce responsable de la très grande majorité des intoxications mortelles.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujol

Champignons en lumière autour du Phare du Cap-Ferret avec Le Centre Antipoison et le CEMA

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Dans une précédente note nous évoquions la journée Champignons&Co à Petit-Piquey. Le lendemain, dimanche 16 octobre, le CEMA retrouvait ses amis du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux, comme en 2015 , 2014 , 2013 , 2012 , 2011 , pour la rencontre annuelle maintenant traditionnelle sur le terrain. Elle avait pour cadre la forêt de chênes verts et de pins qui ceinture le Phare du Cap-Ferret. La municipalité de Lège-Cap Ferret, sur la proposition d’Isabelle Quincy pharmacienne-mycologue-conseillère municipale et à la demande de Jacques Boyer du CEMA avait ouvert spécialement le site le matin aux mycologues du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine et aux praticiens de l’urgence du CHU de Bordeaux confrontés notamment au suivi des intoxications par les champignons.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLe but était d’explorer ce biotope particulier et d’y prélever des espèces dont certaines propres à la mycoscénose des lieux tout en permettant aux collaborateurs du CAPTV, placés sous la responsabilité du Dr Magali Labadie, de parfaire leurs connaissances en mycologie. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs participé aux précédentes rencontre citées plus haut.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolComme signalé précédemment une équipe de reportage de FR3 Aquitaine qui souhaitait faire un sujet champignons pour le journal du soir rejoignait le groupe en cours de balade. Le Dr Magali Labadie, responsable médicale du CAPTV (photo ci-dessus) communiquait ainsi le vécu mycotoxicologie particulièrement dense, comme en ce moment, en période de pousses.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolPrès de la table improvisée (plutôt un banc d’ailleurs) de détermination où officiaient Jacques Boyer et Jacques Beck Ceccaldi la discussion s’engageait sur les espèces toxiques dont la mortelle Amanite phalloïde trouvée la veille à Petit-Piquey et amenée au Phare pour la démo.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLors de la cueillette les différentes espèces avaient été séparées et placées dans des poches (au centre du banc dans le panier à anse) pour être déterminées par les mycologues du CEMA avant de faire l’objet ultérieurement de « fiches d’identité » par un laboratoire spécialisé du CHU. Cela grâce à la spectrométrie de masse de type MALDI-TOF déjà utilisée pour les micromycètes. Appliquée aux macromycètes, (début d’application en cours à Marseille) cette démarche nouvelle à laquelle sont associés le CAPTV et le CEMA devrait permettre à terme de construire une bibliothèque de profils protéiques des champignons supérieurs (la séquence des protéines ribosomales des champignons varie d’une espèce à l’autre). 

M.P.

Sans dresser une liste exhaustive de toutes les espèces rencontrées, voici celles parmi les specimens frais qui devraient être utilisés pour être analysés grâce à la spectrométrie de masse décrite plus haut:

Boletus queletii, Clitocybe geotropa, Collybia dryophila, Gymnopilus picreus, Hygrophoropsis aurantiaca, Inonotus hispidus, Lactarius chrysorrheus, Mycena seynii, Panus mitis sp., Paxillus involutus, P. panuoides var. ionipus = Tapinella panuoides var. ionipus, Phaeolus schwenitzii, Russula cyanoxantha, R. cavipes, R. densifolia, R. delica, R. ochroleuca, R. pectinata, R. ilicis, R. virescens, Suillus granulatus, Volvariella gloiocephala, Xerocomus ferrugineus sp.

 

 

 

Champignons&Co: Lège garde le cap pour la deuxième édition

L’année dernière à même époque sortie sur le terrain, pique-nique, expo, conférences avaient répondu aux attentes des Ferretcapiens. Aussi cette année, pour la deuxième édition de Champignons&Co, Isabelle Quincy pharmacienne-mycologue-conseillère municipale et Jacques Boyer CEMA ont gardé le cap en suivant le même déroulé lors de la journée mycologique du samedi 15 octobre.

Une cinquantaine de participants étaient au rendez-vous le matin à la médiathèque de Petit-Piquey ainsi que les « encadrants » du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine. Plusieurs groupes étaient formés pour aller dans différents biotopes de Lège à la rencontre des espèces présentes.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensPar exemple, un des groupes partait à pied vers le parcours santé et en bord de route dans l’herbe sous les arbres trouvait quelques russules et … des Marasmes des oréades (Marasmius oreades, faux mousserons). Jean André Camy du CEMA pointait alors (photo du haut) les ronds de sorcière témoignant de la progression concentrique du mycélium donnant naissance en sa périphérie aux appareils reproducteurs appellés communément champignons.

La forêt recelait également quelques espèces dont notamment (photos centre droite) le Pheole de Schweinitz (Phaeolus schweinitzii) et celle qu’il faut reconnaître absolument, l’Amanite phalloïde.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensDe retour dans le jardin de la médiathèque les différents groupes se mettaient à table pour y disposer les champignons prélevés lors des balades didactiques et, pour certains d’entre eux, s’attabler ensuite autour du pique-nique.

La diversité des lieux explorés, le nombre des cueilleurs concourrait à une récolte abondante en diversité mise en valeur et classée par espèces et genres par le CEMA.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensL’après-midi dans une salle de la médiathèque, Isabelle Quincy (en haut au centre de notre montage) qui avait été le fil rouge de cette journée, présentait les conférences: « Qu’est-ce qu’un champignon. Physiologie et écologie (par Jacques Boyer) », « Champignons et radioactivité (par Michel Pujol) », « Champigons des dunes: un biotope particulier (par Jacques Boyer) ». Les questions et retour d’expérience de l’auditoire témoignaient de l’intérêt apporté à une meilleure connaissance du monde fongique et aussi aux précautions à prendre pour ne pas être victime d’intoxication par les champignons.

Ce dernier aspect était au centre d’une balade du lendemain cette fois du CEMA et des collaborateurs du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux autour du Phare du Cap-Ferret. Nous l’évoquerons dans une prochaine note en … gardant le cap.

M.P.

Une Lépiote haute en couleurs dédiée à Bresadola récoltée et étudiée par Jacques Beck Ceccaldi

 

Leucoagaricus bresadolae

(Schulzer) Bon

Ordre : Agaricales  Famille : Secotiaceae (ancienne tribu Lepiotaceae)

Ss.-famille : Leucocoprinoideae  Genre : Leucoagaricus  Section : Annulati

Lépiote de Bresadola

Dédié à Bresadola     

 

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

 Récolte : Du 19 septembre 2016. Après un mois d’août sans une goutte d’eau un orage a éclaté la première semaine de septembre (pendant 7 minutes) et aura été à la base de la poussée soudaine de cette espèce.

Substrat : espace très fortement anthropisé (processus de dégradation des sols par l’action de l’homme). Dépôt de tontes et feuilles, depuis de nombreuses années, rapportées de multiples parcs et jardins ou plates-bandes au bord des avenues de la ville sur le passage d’une canalisation de gaz traversant ce qu’il reste d’une ancienne zone boisée actuellement entourée d’un parc de stationnement et d’une immense salle de sport.

Mode de développement : poussées bien réparties sur deux semaines car protégées par :

  • une rangée de chênes certainement centenaires miraculeusement épargnés de la dégradation des environs
  • et bien cachés à la vue par une végétation basse rampante favorisées par l’épaisseur du« mulch ».

Macroscopie

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

Chapeau : 10 à 23 cm, tronconique et gris au début puis étalé jusqu’à plus de 20 cm. Squames concentriques grises à brun-roux sur fond blanc.  Lames : serrées, larges, libres (pseudo-collarium), blanches avant manipulation.  Stipe : 80-120 (150), cylindrique vite creux, blanc lisse au-dessus de l’anneau, fibrilleux en dessous et un peu bulbilleux fusiforme.

leucoagaricus bresadolae  (schulzer) bon,jacques beck ceccaldi,cema,microscopie,bresadola,lormont

Couleurs : toutes les parties, par la manipulation, passent d’un beau jaune orangé  au rouge puis au noir profond.  

Odeur : agréable (un peu miellée !) : Saveur : douce. Comestibilité : indigeste et sans intérêt culinaire.

Liste rouge des champignons menacés (ou menaçant) en France : R. Courtecuisse

Type  trophique : (relatif à la nutrition) Shu= saprotrophe humicole (sur humus ou litière).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)

 Alien = taxon allochtone pouvant éventuellement avoir un comportement invasif.

                             Microscopie:

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Basides : banales, tétrasporiques, absence de boucles,

leucoagaricus bresadolae  (schulzer) bon,jacques beck ceccaldi,cema,microscopie,bresadola,lormont

Sporée : blanche à crème très pâle.

*Basidiospores ou acrospores : ellipsoïdes, lisses, hyalines, dextrinoïdes, parois épaisses, forte réaction au réactif de Melzer, à pore germinatif pas si faciles, dans notre cas, à déterminer. Il s’agit d’observer une «* discontinuité structurale marquée ou ouverture circulaire perforant au moins une paroi ». Les points rouges sur la photo  permettent de mieux situer le pore alors que les points bleus au pôle opposé indiquent le hile ou ponctuation au point d’attache au stérigmate de la baside. Le rouge congo aura permis de voir le contenu granuleux des spores mais c’est simplement dans l’eau (sans aucun agent gonflant) que l’on parviendra à voir cette discontinuité dans l’épaisseur de la paroi interne à un pôle de la spore et que nous  pouvons obtenir les meilleures mesures de la longueur et de l’épaisseur de la spore, 9-12/ 6-8 µm.

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Cheilocystides : sur l’arête des lames et si nombreuses que les basides ne peuvent apparaître sur la marge. Courtement ventrues, 40-100/10-20 microns avec un bec court ou long jusqu’à 20-40

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Pleurocystides : inexistantes sur les faces des lames.

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Le revêtement du chapeau : squames apprimées formées d’hyphes irréguliers.

Boucles : inexistantes aux cloisons.

Etude de Jacques Beck Ceccaldi

  *d’après M. LOCQUIN     Mycologie générale – Masson 1984 p. 429 – 445

 

Avec une équipe de FR3 le tour du phare du Cap-Ferret et ses champignons

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Le CEMA organisait dimanche 16 octobre une sortie mycologique avec le Centre Antipoison et de toxico vigilance de Bordeaux dans la forêt de chênes verts et de pins ceinturant le phare du Cap-Ferret. Il s’agissait aussi de prélever des échantillons frais et dûment identifiés pour une étude de spectrométrie de masse afin d’établir des fiches d’identification propres à chaque espèce.

Marie-Pierre d’Abrigeon et S. Delalot étaient venus à la rencontre des mycologues, médecins, pharmaciens, infirmiers, internes, étudiants etc. pour réaliser micro au poing et caméra sur l’épaule et … au ras du sol un reportage diffusé le soir même http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_aquitaine.html

Accédez à ce reportage (de7’10 à 9’13)  en cliquant sur le lien ci-dessus donnant le replay du journal.

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La Science en partage avec le CEMA à La Burthe à Floirac (33)

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Partager ses expériences, ses connaissances avec le public le plus large c’est bien une des bases de la Fête de la Science. Cette année, le CEMA avait proposé une rencontre avec et autour des champignons, sur le terrain. Le domaine de La Burthe à Floirac (33) est un lieu fréquenté par joggeurs, cyclistes et promeneurs qui, le plus souvent, ne remarquent pas ces « bêtes » à chapeaux, tubes, plis, aiguillons etc… surtout quand ça ne se mange pas.

La prudence est bonne conseillère en matière de mycophagie d’autant que ces bolets que vous voyez au bas de notre montage photo sont du groupe du Bolet de Satan. Ils poussaient en nombre en milieu ouvert et ceux renversés laissaient à penser qu’ils avaient été écartés, fort heureusement, par quelques cueilleurs en mal de cèpes.

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Le soir venu, la pluie est tombée jusqu’au matin mais la sortie c’était avant et hors quelques lignicoles comme ce polypore géant (Meripilus giganteus) on ne retrouvait plus, sur les hauteurs du site, les amanites et agarics rencontrés à la même époque en 2010 en particulier au pied d’un énorme cyprès.

Une reconnaissance la veille de cette sortie ouverte au public avait permis de localiser quelques espèces dans les parties basses bien plus humides.

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Au cours de notre Journée de la Science, cette Amanite peu commune a été observée

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tout comme ces bolets rouge et jaune très présents sur le site.

Guy Vialette, Jean André Camy, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol, tous mycologues du CEMA ont pu conduire nos invités, parmi lesquels des botanistes, vers les biotopes à champignons. Amanites dont Amanita ovoidea, Mycènes dont Mycena haematopus, Agrocybes, Pholiotes, etc. ont été commentés, prélevés en partie pour l’expo traditionnelle de fin de partie … de campagne en ville.

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Initiations au Bourgailh (33 Pessac): lichens et champignons avec le CEMA et J.L. Farou

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C’était hier dimanche la première des animation auxquelles participe le CEMA sur le site du Bourgailh à Pessac (33). Séance de conférences interactives avec Jean-Louis Farou (Association Française de Lichénologie), Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol (CEMA) puis applications sur le terrain.

Le lien entre lichens et champignons était présenté et illustré par Jean-Louis Farou dans un diaporama didactique après que Michel Pujol ait évoqué les principes de base de la mycologie. Un focus sur les intoxications par les champignons clôturait les interventions d’initiation à l’étude des lichens et des champignons.

Un petit tour sur le terrain permettait aux participants de mettre en pratique les informations prodiguées. Nombreux lichens et peu de champignons à cause de la sécheresse mais de magnifiques Sparassis laminosa (clavaires à lames) repérés par Marguerite avant les conférences furent examinés et … photographiés.

A propos d’une nouvelle pousse de Hohenbuehelia petaloides sur une pelouse de Lormont, les observations de Jacques Beck Ceccaldi

Dans une précédente note s’inscrivant dans une série d’études consacrées à des champignons venant sur BRF et prairies en Gironde, Jacques Beck Ceccaldi évoquait sous les angles macro et micoscopique le Pleurote pétaloïde. Après une nouvelle récolte, un mois après, de cette espèce il fait part ici de ses observations:

Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies Lormont 33310 Fr  Août 2016 (suite)

        Espèce                                                         Auteurs                Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

Pleurote pétaloïde

    Ordre : Tricholomatales Famille : Pleurotaceae  Genre : Hohenbuehelia

Genre dédié à  Hohenbuehel      du grec : petalon = pétale, spatule.

 

Récolte : pelouse du petit parc entourant la Mairie de Lormont plus d’un mois après les précédentes récoltes de début juillet.

Substrat : herbe de la pelouse en bonne santé et bien entretenue, humidité du sol importante résultant de l’arrosage enterré fonctionnant à la nuit tombée pour échapper au soleil inondant la zone toute la journée. La pelouse composée de trèfle et différentes graminées fines est tondue assez haut.

Photo 1: bien protégées du soleil et cachées dans le trèfle il aura fallu, pour les photographier, couper aux ciseaux les abords immédiats des hohenbuehelia.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 2 et 3 : la forme est plus ou moins « spatulée » surtout lorsque les champignons  se découpent (se déchirent longitudinalement) ; ce qui semble une caractéristique de cette espèce sur cette station.

Les lames sont blanches sur le frais et décurrentes jusqu’au point de fixation sur le substrat tout comme la marge qui se retourne vers les lames sur le tard.

Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 4 : les champignons sont simplement placés sur un plastique transparent pour les laisser sporuler toute une nuit. La pièce est fermée pour obtenir l’obscurité complète  (sans que ce soit une nécessité absolue) ; par contre la température de la pièce a été maintenue à 22° et l’absence du moindre courant d’air paraît être assurée.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 5 : La répartition, sur le plastique, de la sporée dépend surtout de la forme des champignons, de leurs éventuelles déchirures et certainement aussi de la place libre sous les taxons puisqu’ils sont simplement posés sur le plastique.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMALa photo est tirée en noir et blanc pour bénéficier des limites de la netteté. S’en suivent les agrandissements des photos 6 – 7 – 8.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAJacques Beck Ceccaldi

Il fait feu de (presque) tout bois

 

Laetiporus-sulphureus-MP-CE.jpg

Rencontré hier samedi dans un parc de Gradignan (33170) sur de grosses bûches de feuillus, peut-être de chêne, le Polypore soufré développe ses étages en console sur beaucoup d’essences: eucalyptus (Corse septembre 2012) , robinier, hêtre et prunus (récoltes 2009), platane etc… 

Dimanche c’était la seule espèce de champignon à apparaître alors que le biotope se prêtait à une grande diversité mais les pluies récentes n’avaient pas encore réveillé la fonge.

Rencontres mycologiques (suite): du côté de Bergons avec AMB/SMB/CEMA

Rencontres Bergons-MP-CEMA.jpg

Nous publions la suite du compte-rendu des rencontres mycologiques SMB/SMC/CEMA des 3 et 4 septembre autour d’Argelès-Gazost (65). Après la journée au Lac d’Estaing  voici évoquées les recherches non sans déterminations et … dans la plus grande convivialité dans la forêt de Bergons.

Ce biotope autour de « La Cabane » rappelait aux anciens du CEMA de très bons souvenirs de découvertes  en 2009 . Or en cet an de grâce 2016 le Ciel a gardé l’œil sec et, sans larmes de pluie, peu de champignons. Bergons étant près de Lourdes et les lieux présentant dans le bas quelques zones plutôt marécageuses le miracle s’est accompli et la liste des espèces récoltées n’est pas restée … vierge.

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Même des cèpes ont été trouvés par Véro et Serge. De surcroît dans deux formes différentes, une forme nigricans (ci-dessus à gauche) plus sombre que le type habituel (à droite) du Cèpe de bordeaux.

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Les lignicoles, sécheresse oblige, prenaient une large part dans les espèces rencontrées tel le Polypore résineux (Ischnoderma resinosum) qui, comme son nom ne l’indique pas pousse sur feuillu et ici sur hêtre.

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et le drôle pleure bien plus que le Ciel cité plus haut.

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On pourrait le croire lignicole, et son nom l’accréditerait. Mais. Comme le fait remarquer Robert Cazenave ce bolet (Buchwaldoboletus lignicola), « comme son nom ne l’indique pas est un parasite! Il pousse apparemment sur le bois, mais il se nourrit en réalité du mycélium de Phaeolus schweinitzii. »  Autre appellation synonyme:  Pulveroboletus lignicola (Kall.) Pilát.

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Courant mais au joli velouté du revêtement du chapeau, le polypore bai (Polyporus durus).

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Enfin pour clore, en images, la langue du bois, ce spectaculaire polypore géant (Meripilus giganteus) bien développé.

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Des arbres sautons dans l’herbe pour cette ravissante composition myco-botanique quand Sebacina incrustans encroûte les herbes (ici), aussi les débris végétaux et, parfois, s’épanouit au pied des troncs.

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Parmi les Agaricales, comme pour rappeller que les champignons ça tue, cette amanite vireuse (Amanita virosa) plus fréquente en montagne et aussi toxique que l’amanite phalloïde.

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Une variété d’A. muscaria citée la veille au soir lors des exposés, Amanita muscaria var. aureola plus dorée que la tue-mouches type et aussi moins squamuleuse du chapeau.

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Bien pitées dans la terre par leur pied radicant (détail en bas à droite) ces deux collybies radicantes (Xerula radicata) ornaient le chemin de retour de notre balade

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ainsi que cette russule profondément enterrée ne montrant que son chapeau et que nous avons peu à peu dégagé (notre montage) pour découvrir le stipe bien blanc et les lames du plus beau jaune citrain. D’autres russules de la même espèce figuraient sur la table de détermination avec un dégradé de traces violettes. Il s’agissait bien sûr de Russula violeipes fo. citrina.

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Après apéritif et pique-nique les forces étaient reconstituées pour que, aidé de l’assistance, Robert, avec bienveillance et détermination, analyse tous les cas d’espèces.

M.P.

Bergons : 113 espèces déterminées

Amanita citrina ; A. fulva ; A. muscaria f.aureola ; A. rubescens ; A. rubescens var.annulosulfurea ; A. spissa ; A. virosa ; Artomyces pyxidatus ; Bjerkandera adusta ; Boletus calopus ; B.edulis ; B. edulis f. nigricans ; B. erythropus ; B. luridus ; B. pulverulentus ; B. subappendiculatus ; Calocera viscosa ; Cantharellus cibarius var.amethysteus ; Chlorociboria aeruginascens ; Clitocybe clavipes ; Cl. odora ; Collybia confluens ; C. maculata ; Cudoniella acicularis ;

Daedaleopsis confragosa ; D. confragosa var.tricolor ; Diatrype decorticata ; D. disciformis ; Eutypa maura ; Fomes fomentarius ; Fuligo septica ; Galerina marginata ; Ganoderma carnosum ; G. lipsiense ; Guepinia helvelloides ; Gymnopilus penetrans ; Heterobasidion abietinum ; Hydnum repandum fo.rufescens ; Hygrophorus chrysodon ; H. fagi ; Hymenochaete cruenta ; Hypholoma fasciculare ; H. radicosum ; H. sublateritium ; Hypomyces chrysospermus ; Hypoxylon cohaerens ; H. fragiforme ; H. fuscum ;

Ischnoderma resinosum ; Kuehneromyces mutabilis ; Laccaria amethystina ; Lactarius picinus ; L. salmonicolor ; Leccinum scabrum ; Lenzites betulinus ; Lepiota clypeolaria ; L. ventriosospora ; Lycogala epidendrum ; Lycoperdon perlatum ; Macrolepiota procera var.fuliginosa ; Marasmius cohaerens ; M. rotula ; Megacollybia platyphylla ; Meripilus giganteus ; Mycena galericulata ; M. pura ; Mycoacia uda ;

Oligoporus tephroleucus ; Otidea onotica ; Oudemansiella radicata ; Peniophora limitata ; Peziza badia ; P. succosa ; Phaeolus schweinitzii ; Phellinus hartigii ; Ph. Punctatus ; Phlebiella vaga ; Piptoporus betulinus ; Pleurotus cornucopiae ; Pluteus leoninus ; Pl. luteovirens ; Polyporus ciliatus ; P. durus ; P. varius ; Postia caesia ; Pulveroboletus lignicola ; Pycnoporus cinnabarinus ;

Rickenella mellea ; Russula albonigra ; R. aurea ; R. delica ; R. fellea ; R. foetens ; R. mustelina ; R. ochroleuca ; R. olivacea ; R. vesca; R. violeipes fo.citrina ; Scleroderma citrinum ; Sebacina incrustans ; Sparassis nemecii ; Stereum hirsutum ; S. rugosum ; Strobilomyces strobilaceus ;

Trametes gibbosa ; T. hirsuta ; T. pubescens ; T. versicolor ; Tricholomopsis rutilans ; Tylopilus felleus ; Tyromyces kmetii ; Ustulina deusta ; Xerocomus chrysenteron.

 

Rencontres aux sommets AMB-SMB-CEMA: ça pousse toujours en montagne! Première partie

Argelès-Gazost, Lac d'Estaing, Forêt de Bergons, AMB, SMB, CEMA, rencontres mycologiques, rencontres interassociatives

Le week-end dernier l’Association Mycologique de Bigorre (AMB) recevait sur ses terres élevées la Société Mycoloque du Béarn (SMB) et le Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine (CEMA). Les plus que jamais traditionnelles ( 2009  10  12  13  14 15 ) rencontres interassociatives avaient pour base le Village de vacances Clairevie à Argelès-Gazost et pour lieux de récoltes le Lac d’Estaing le 3 septembre et la Forêt de Bergons le lendemain. Deux jours de grande convivialité dans le plaisir de se retrouver pour partager une même passion.

La sécheresse persistante laissait craindre de timides pousses. Effectivement les chapeaux d’amanites, bolets ou autres russules n’apparaissaient pas à chaque pas dans la haîtraie-sapinière, loin de là, mais la troupe de plus de quarante fantassins ratissait large et collectait de quoi étoffer la liste des espèces à déterminer aussi bien au Lac d’Estaing le samedi que dans la Forêt de Bergons le dimanche.

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Parmi les espèces rencontrées samedi, ce bolet que l’on trouve sous épicea et sapin.

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Aussi ce lactaire des sapins (Lactarius salmonicolor) envahi par un autre champignon, un hypomyces (Hypomices lateritius) qui « cautérise » les lames du support et le brique grandement. D’ailleurs on trouvait également beaucoup de bolets, en particulier des Xerocomus chrysenteron habités et littéralement momifiés par un autre hypomyces très courant (hypomyces chrysospermus).

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En bord de chemin, donc sensible à la rosée du matin et aux rayons du soleil, ce laccaire trouvé fréquemment dans ce biotope.

Après le pique-nique sur place, au bord du lac ourlé de camping-cars, de touristes, de chevaux amateurs de casse-croûte (n’est-ce pas Henri?) la détermination, dirigée par Robert Cazenave, se déroulait plus bas, à Argelès à Clairevie.  argelès-gazost,lac d'estaing,forêt de bergons,amb,smb,cema,rencontres mycologiques,rencontres interassociativesAprès le repas du soir, en quatre temps sans pas de danse mais avec vidéo-projecteur, il était évoqué l’historique de nos rencontres inter-associatives dont c’était la septième édition. Robert Cazenave présentait « les champignons près de nous » aussi bien dans les nuages, que sur terre et dans l’eau. Très intéressant et vaste sujet. Sujet non moins digne d’intérêt, Yves Cestac traitait des rapports entre champignons et insectes et champignons avec … champignons. Enfin, en fin de conférences, Michel Pujol en appellait notamment à l’imaginaire avec l’Amanite tue-mouches dans tous ses états tintinophilie comprise.

M.P.

Estaing : 91 espèces déterminées

Agaricus campestris ;  A. campestris var.squamulosus ; A. semotus ; Amanita vaginata ;

Boletus erythropus ; B. luridus ; Bondarzewia mesenterica ; Calocera viscosa ; Cantharellus cibarius var.amethysteus ; Clitocybe clavipes ; Cl. Phaeophthalma ; Clitocybula lacerata ; Clitopilus prunulus ; Collybia confluens ; Cyathus striatus ; Cystoderma amianthinum ; Cystolepiota sistrata ;

Daedaleopsis confragosa var.tricolor ; Diatrype decorticata ; D. stigma ; Echinoderma asperum ;

Fomitopsis pinicola; Fuligo septica; Ganoderma carnosum; G. lipsiense; Gerronema ericetorum; Guepinia helvelloides; Gymnopilus picreus; Gyroporus castaneus; Heterobasidion abietinum; Hydnum repandum; H. rufescens; Hygrocybe intermedia; Hymenochaete tabacina; Hypholoma capnoides; H. fasciculare; Hypomyces chrysospermus; H. lateritius;

Inocybe geophylla; Ischnoderma benzoinum; I. trogii; Kuehneromyces mutabilis; Laccaria amethystine; L. laccata var.pallidifolia; Lactarius blennius; L. pyrogalus; L. salmonicolor; Leccinum piceinum; Lepiota clypeolaria; L. ignivolvata; Lycogala epidendrum; Lycoperdon molle; L. perlatum;

 Marasmius alliaceus; M. androsaceus; M. rotula; Megacollybia platyphylla ; Meruliopsis corium ; Mycena pelianthina ; Mycena rosea ; Oligoporus tephroleucus ; Oudemansiella melanotricha ; O. radicata ; Panaeolus semiovatus ; Paxillus involutus ; Phaeocollybia lugubris ; Phallus impudicus ; Phellinus hartigii ; Pholiota astragalina ; Ph. Aurivellus ; Pleurotus ostreatus; Pluteus atromarginatus ; Pl. luteovirens ; Polyporus varius ; Pycnoporus cinnabarinus ;

Russula albonigra ; R. mustelina ; R. olivacea ; Scleroderma areolatum; Skeletocutis nivea; Stereum hirsutum; St. rugosum; Suillus granulates; Trametes hirsute; Tr. Pubescens; Trichaptum abietinum; Tricholoma scalpturatum; Tr. Sulfureum; Tricholomopsis decora; Tr. Rutilans; Xerocomus chrysenteron.

Dans une prochaine note, la journée à la Forêt du Bergons

STROPHARIA CORONILLA Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite 5 et fin) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions la fin du deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Micromphale brassicolens et Pluteus pearsonii , dernier focus aujourd’hui sur Stropharia coronilla (Bull. :Fr.) Quélet 

Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016.

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Stropharia coronilla    (Bull. :Fr.) Quélet    Stophaire coronille

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi 

Chapeau : 2 à 5,5 cm, convexe s’étalant sur le tard, très peu visqueux à sec rapidement, jaune clair. Lames : échancrées, gris violacé. Chair blanche à odeur non caractéristique. Stipe : 2 à 6 x 0,4 à 0,6 cm, blanc à anneau strié coloré par les spores.

Dans l’herbe des parcs, jardins et prairies, peu courant. Dans notre cas, dans l’herbe de plates-bandes devant un magasin en centre-ville le 02 06 2016.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu= saprotrophe humicole (humus, litières).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Basides tétrasporées banales.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Sporée : brun pourpre. Spores : ellipsoïdes, lisses, parois épaisses, sans pore germinatif, 7-9x 4-6 µm.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Poils d’arête en massue, très nombreux entrecoupés de rares chrysocystides à apex courtement becqué.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Sur la face des lames les pleurocystides sont en fait des chrysocystides très nombreuses à inclusion amorphe réfringente.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

MICROMPHALE BRASSICOLENS et PLUTEUS PEARSONII Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite 4) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions la suite du deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Hypholoma fasciculare , focus aujourd’hui sur Micromphale brassicolens (Romagnesi) Bon et Pluteus pearsonii 

A paraître dans une prochaine note Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016.

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Micromphale brassicolens    (Romagnesi) Bon  Syn. Gymnopus b.     Marasme à odeur de chou

Micromphale brassicolens, gymnopus brassicolens, marasme à odeur de choux, pluteus pearsonii, plutée de Pearson, microscopie, Jacques Beck Ceccaldi, CEMA

Chapeau : 1 à 3-4 cm de diamètre, bord + ou – strié, brun-roux à ocre beige puis presque blanc par temps chaud et sec. Chair : élastique. Odeur : très désagréable de chou pourri. Saveur : douce. Lames : adnées, blanches puis brunes. Stipe : 2-5 cm x 1-3 mm, roux en haut et noir jusqu’en bas. Habitat : sur humus riche en fins débris de bois pourrissant sous charmes (Carpinus).

Basides : tétrasporiques, banales, 30 x 5µm (boucles oui mais impossible à mettre au point).  Sporée : crème.

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Spores : ellipsoïdes, hyalines, 4,5-6 x 2,5-3,5 µm I-. Nous avons réalisé trois sporées de trois exemplaires pour vérifier les remarques suivantes perçues sur neuf observations avec un agrandissement de 1000 fois : les sporées données lisses dans la littérature et dans la zone de netteté de nos images apparaissaient finement granuleuses et ornées de connections réalisant un fin réseau irrégulier et incomplet dans une zone un peu plus floue.

Cystides : inexistantes.  Présence de poils hyalins sur le pied (non observés ici).

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Pluteus pearsonii    Orton      Plutée de Pearson

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Chapeau : très bel exemplaire de 12 cm de diamètre, hémisphérique devenant étalé sur le tard, brun gris et foncé au centre, radialement fibrilleux sur fond blanc à la marge puis orné de fines squamules feutrées plus denses donc foncées au centre. Lames : blanches, libres, rose sale, arêtes dentelées. Stipe : 10 x 0,5 à 1,5 cm. Cylindrique lisse, plein mais cassant, blanc avec parfois des fibrilles plus foncées. Odeur : nulle. Substrat : bord de chemin en lisière de forêt sur sol couvert de déchets de bois. Rare.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu ré = saprotrophe humicole sur rémanents (paillis, BRF, écorces).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  Lc. Statut de menace de préoccupation mineure.

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Basides : tétrasporiques sans boucles, 20-40 µm. Sporée : ocre rougeâtre. Spores : subglobuleuses à ellipsoïdes (très peu nombreuses dans ce dernier cas), lisses à parois fines, 5-7x 5- 6 µm.

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Cystides: les cheilocystides de la marge pullulent dans des dimensions particulièrement variables 30-80 (90) x 15-35 (40) µm.

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tandis que les pleurocystides rares dans certains exemplaires mais nombreuses dans d’autres, se présentent dans les mêmes dimensions.

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 Sur le revêtement du chapeau les squames du centre, plus nombreuses et foncées contiennent (redressés) les derniers articles des hyphes cloisonnées dont les dimensions peuvent dépasser 300 µm. de long et 10 à 20 µm au plus large à contenu pigmentaire granuleux et brun foncé.

Remarques : Les descriptions obtenues dans la littérature nous ont fait accepter Pluteus pearsonii pour notre récolte mais il semble que cette espèce ressemblerait à Pluteus ephebeus ou encore Pluteus plautus et Pluteus murinus que certains auteurs synonymisent  facilement bien que des différences apparaissent dans les dimensions sporales mais aussi sur les « poils » du revêtement du chapeau qui forment dans notre collection un épicutis trichodermique.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

HYPHOLOMA FASCICULARE Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite3) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions le deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Hohenbuehelia petaloides , focus aujourd’hui sur Hypholoma fasciculare  (Huds. :Fr.) P.Kumm.

A paraître dans de prochaines notes  Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

Hypholoma fasciculare    (Huds. : Fr.) P.Kumm.

Hypholome en touffes

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Chapeau : 2 à 6 cm, roux puis verdâtre à jaune citron, à marge avec des lambeaux de voile parfois. Lames : adnées, jaune verdâtre. Stipe : 8 x 0,8 au maximum, jaune taché de roux avec une zone de cortine marquée par les spores. Chair : jaune dans le chapeau. Saveur : amère. Odeur : faible.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Sl = saprotrophe lignicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Remarques : dans notre région c’est le champignon le plus commun et le plus fréquent car présent pratiquement en toutes saisons en dehors des périodes de gel. Attention à sa forte toxicité.

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Microscopie : Basides : tétrasporiques bouclées, petites 20 x 6 µm. Sporée : brun pourpre. Spores : ellipsoïdes, lisses à pore germinatif tronqué et parois épaisses. 6-7 x 3,5-5 µm. Cheilocystides : sur la marge des lames,, cylindriques avec un faible étranglement du tiers supérieur qui permet un léger arrondissement du sommet.

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  Notre récolte montre que ces cellules portent une pigmentation ( ?) granuleuse extérieure non encore dissoute ou bien correspondent-elles à l’appellation « criniformes » trouvée parfois dans la littérature ?! . Les pleurocystides nombreuses sont des chrysocystides béquées (ou non)  à contenu amorphe.

Etude Jacques Beck Ceccaldi

HOHENBUHELIA PETALOIDES Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite2) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions le deuxième volet d’une étude (19/5/2016  blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Agrocybe dura , focus aujourd’hui sur Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

A paraître dans de prochaines notes  Hypholoma fasciculare, Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

Pleurote pétaloïde

    Ordre : Tricholomatales Famille : Pleurotaceae  Genre : Hohenbuehelia

Genre dédié à  Hohenbuehel      du grec : petalon = pétale, spatule.

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Récolte : pelouse du petit parc entourant la Mairie de Lormont (altitude 55 mètres) plein été avec une pluviosité si faible que l’eau n’est pas parvenue au sol sous les arbres. Du 24 juillet au  08 aout 2016.

Substrat : herbe de la pelouse en bonne santé et bien entretenue, humidité du sol ressentie (la main dans l’herbe) mais faible, en plein soleil, pas d’épiphytie visible. Pas le moindre débris ligneux aperçu alors que les auteurs indiquent toujours … en relation avec du bois enterré ….

Notez bien : pour l’instant nous n’avons pas réussi à savoir si l’arrosage enterré avait fonctionné les jours précédents ( ?).

Mode de développement : très lent pour cette douzaine d’exemplaires en rond de sorcière (diamètre 2,5 m.) qui 12 jours  plus tard ne semblent pas s’être développés sinon excessivement lentement mais n’en sont pas pour autant affectés. La première couleur très pâle ne s’est colorée que lentement d’ocre jaune mêlé de brun rouge.

Chapeau : (voir planche 1) 4 à 6 cm, en spatule plus ou moins courbée, très gélifié, blanchâtre pâle vers la marge puis ocre brun plus marqué. Lames : blanches, serrées, étroites, anastomosées décurrentes jusqu’au bas du pied et brunissantes.  Stipe : très court et latéral, pubescent.  

Odeur : « *… l’odeur fongique de cette espèce, celle de la farine, est la plus répandue chez les champignons. Le modèle ou « étalon »servant à définir cette odeur est le composé chimique suivant : heptylate de phényl-éthyle + acétate nonylique + isobutyle quinoléine. Son analogie se rencontrerait dans les fleurs de châtaignier, les stigmates de maïs, la colle de pâte ou la farine malaxée avec de l’eau. …»

Description microscopique :

Basides : banales, petites, tétrasporiques.

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Sporée : blanche à crème pâle. Spores : 6-8,5 x 4,5-5,5 µm, lisses (?) ellipsoïdes, apiculées sans pore germinatif (voir planche 2).

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Cheilocystides nématophages : (voir planche 3) sur la marge des lames, les mêmes que dans de nombreuses hohenbuehelia. Elles ont la forme d’une petite bouteille 10-20 µm x 3-10 µm à ‘goulot’ (souvent ramifié) en forme de sablier 6 x12 µm de 1 à 3 ou 4 étranglements qui supporteront une boule de mucus de 3 à 6 µm de diamètre appelée « gliosphex » (voir planche 4) c’est un organe   adhésif, paralysant et infectant.

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Ces boules  forment un bourgeon  qui perfore la cuticule du nématode et se développe en interne. De là apparaîtra un suçoir qui, en se ramifiant, digèrera les tissus et les organes du ver.

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Cystides oxalifères : (métuloïdes) appelées aussi lamprocystides (voir planche 5 et 6)  sur la marge des lames où nous observerons l’absence ou la présence de celles-ci 40-60(90)x12-18 µm à parois épaisses, mêlées  en nombre plus ou moins grand selon les récoltes et même sur une seule station, parmi chaque individu récolté. Sur la face des lames sont présentes de très nombreuses pleurocystides oxalifères  à parois épaisses, 50-100 x 15 à 25 µm.

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Le revêtement du chapeau (suprapellis ou épicutis) est fortement gélifié en surface et entre les couches internes, ce qui rend l’observation de ces couches et le contenu éventuel un peu délicat. Inclus en ordre très dispersé ou en « fagots » irréguliers dans la première couche d’hyphes, appelé cutis, des cystides subulées (planche 7 -piléocystides) à parois épaisses, longues et étroites mais moyennement nombreuses mesurent 25-60 (90) x 5-8 (12) µm.

Dermatocystides ou hyphes primordiales acidorésistantes : non observées.

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Boucles et anastomoses purement végétatives : (voir la planche 8) « ⃰ ⃰⃰ …importance du transport et de l’échange des matériaux nutritifs, des excitations et stimulations diverses… ».

 a – anastomoses en H (télémorphogénèse, modification de la morphologie) par stimulation réciproque de 2 filaments parallèles et très proches (3 à 5 µm.) qui vont former « un pont ».

b – anastomoses en crochets, crampons ou boucles.

c- anastomose de filaments à filaments (non observée ici mais rencontrée lors des observations.) « **…Ces différentes anastomoses doivent réaliser une meilleure constitution des complexes mycéliens par la régulation des courants cytoplasmiques… » 

Les cloisons possèdent un pore central (environ 1 µm de diamètre) qui peut être colmaté éventuellement et permettre l’afflux aux extrémités des hyphes des noyaux, des matières nutritives  et  la régénération éventuelle d’une cellule endommagée.

Les prédateurs des nématodes

« ***Certains  hyphomycès sont de véritables prédateurs des nématodes en ayant mis au point des pièges complexes (systèmes en réseaux ou anneaux simples) à boucles, anses, suçoirs, directement sur les hyphes du mycélium. Les espèces ne se servant pas de ces systèmes se contentent de boucles collantes. »

Remarques : Dans le cas des hohenbuehelia nématophages, le piège est situé sur la marge des lames sous la forme de cystides porteuses de gliosphex et mêlées  aux basides et cystides coiffées d’oxalate de calcium (suivant la présence ou l’absence de ces dernières). Il semble qu’il s’agisse là d’un système de défense plutôt que d’une véritable prédation.

Dans nos trois passages à 4 jours d’intervalle, pour la même station, nous avons réalisé 2 à 3 observations microscopiques pour chacun des champignons ramassés (3 – 2 – 2) et constaté que la première récolte ne possédait aucune cystide oxalifère sur la marge mais seulement des pleurocystides alors que les 2ème et 3ème étaient garnies de ces cystides en nombre faible à important.

Etude Jacques Beck Ceccaldi

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*d’après M. LOCQUIN     Mycologie générale – Masson 1984 p. 342

** M. Langeron – Précis de Mycologie – Masson 1945 p. 161

***d’après Dreschler : Some hyphomyces that prey on free living terricolous nématode. Mycologia, XXIX, 1937 p. 467.

Agrocybe dura [Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)]

Nous publions le deuxième volet d’une étude (lien note 19/5/2016  blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Aujourd’hui, focus sur Agrocybe dura  (Bolton) Singer

A paraître dans de prochaines notes  Hoenbuellia petaloides puis Hypholoma fasciculare, Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et enfin Stropharia coronilla  dernière espèce-épilogue de ce deuxième volet. Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

 Agrocybe dura    (Bolton) Singer  syn. Agrocybe molesta        Agrocybe dure

                         Agrocybe dura macro

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, devient craquelé au soleil, très jeune brun noirâtre puis jaune pâle à centre plus foncé avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches jeunes puis beiges, arête entière. Stipe : 12 x 3à4 cm, cylindrique membraneux blanc à anneau en jupe blanche ou jaune pâle. Base pourvue de rhizoïdes blancs sur lesquels on peut voir, parfois, plusieurs primordiums (voir photo). Chair : blanche dans le chapeau et plus brune dans le pied. Odeur : farine rance.  Non comestible.

Habitat : en centre-ville envahissant un parterre de plantes ornementales couvert de bois raméal fragmenté le long d’un trottoir, aussi sur les bords d’un chemin clair envahi par le Gratteron aparine (Gaillet – Rubiacées) sous chênes et charmes.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Agrocybe dura basides

Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

Agrocybe dura spores

Sporée : brune. Spores : ellipsoïdes à losangiques, lisses, à parois épaisses et pore germinatif très net. 8-10 (12) x 5-6(8) µm.

Agrocybe dura cheilocystides

Marge des lames portant de très nombreuses cheilocystides clavées, bouclées et caténulées, non béquées ou courtement au contraire des pleurocystides de la face des lames qui ne se contentent pas d’être béquées puisqu’elles peuvent porter un rostre important.

Agrocybe dura caulocystides

Au-dessus de l’anneau le pied porte en surface de nombreuses caulocystides plus ou moins clavées à parois simples.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

Un lentin « de la sécheresse »

Lentinus-lepideus-tête-MP-C.jpg

Ce Lentin que nous avons rencontré sur un tronc de résineux moussu à terre depuis bien longtemps était seulabre sur son arbre. Il ne justifiait pas ici son appellation de suffrutescens qui, si l’on en croit le Dictionnaire étymologique des noms scientifiques des champignons d’Yves Bresson édité en 1996 par l’Association Mycologique d’Aix en Provence, signifie: « produisant quelques rejetons, subcespiteux ». En consultant Mycodb on voit des images de cette espèce justifiant les rejetons et le caractère cespiteux. En revanche les épithètes squamosus (écailleux, squameux, rugueux) et lepideus (couvert d’écailles, de squames) lui collent ici à la peau de la tête au pied.

On remarquera dans notre illustration de tête plusieurs appellations binomales dont la première partie va de Panus à Neolentinus en passant par Lentinus. Pierre Roux dans Mille et un champignons (2006 pages 286 et 287) le place dans la tribu Lentineae Fayod (chair coriace présentant au microscope une structure dimitique; boucles+; avec ou sans cystides métuloïdes), dans le genre Lentinus Fr. (lames non fourchues; chair charnue et coriace), dans le sous-genre Panus (Fr.) Pegler (hyphes squelettiques ou squeletto-ligatives le plus souvent non rameuses, « hyphal pegs » absentes, cystides parfois présentes) et enfin dans la section Squamosi Fr. (arête dentelée, pas de gléocystides ou de cystides métuloïdes).

Dans la littérature (papier et numérique) il est décrit comme apparaissant « plus facilement les années de sécheresse ». Il est vrai que le 30 juillet sur le lieu de notre récolte on comptait les espèces présentes sur les trois doigts d’une même main. 

Les auteurs (voir bibliographie en pied d’article) soulignent aussi son odeur « aromatique », « un peu de cannelle ou parfois anisée », « de cannelle ou de dentifrice ».  Sous notre exemplaire, donc on se gardera bien de généraliser, nous percevons une senteur légèrement d’alcool fruité puis une note de cannelle et à tout le moins d’épice à la dessication laquelle jaunit le sporophore.

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Autre caractère outre les squames (sur notre planche ci-dessus chapeau haut droite, stipe pied centre), des lames denticulées (bas doite).

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La sporée est blanche. Les spores cylindriques à cylindriques elliptiques apparaissent bien guttulées dans le lugol (notre photo) et seulement finement granuleuses dans le congo. Leurs dimensions moyennes pour notre récolte sont de 9,9×3,7µm. Breitenbach, par exemple, indique 7,5-12×3-4,5µm.

Lentinus-lepideus-décurrent.jpg

Les lames sont nettement décurrentes

Etude Michel Pujol

Bibliographie Courtecuisse&Duhem n° 140; Eyssartier&Roux p. 550; Bon p. 122; Breitenbach vol.3 n° 238; Roux p.292

Sur le Net: Mycodb ; Groupe Mycologique VosgienChampYvesMycocharentes 

Fomes fomentarius: en arrivant aux pores

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« Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant aux… pores »

La lectrice et le lecteur rectifieront d’eux-mêmes en arrivant à bons ports

En 1636, quand il publia Le Cid, Pierre Corneille ne pouvait ignorer l’existence de l’Amadouvier. Ce champignon de feu était utilisé depuis des siècles. On le retrouva en effet -rappelez-vous- dans le sac du chasseur  Ötzi découvert naturellement momifié dans le sud du Tyrol.

Vraisemblablement le chasseur préhistorique, qui avait ce tour dans son sac, ne s’en servait que pour allumer le feu. Connaissait-t-il les autres vertus prêtées à Boletus fomentarius (ainsi nommé par Linné son premier auteur en 1753)?

Selon Wikipedia « son nom renvoie à l’amadou, mot d’origine provençale qui signifie [amoureux], en allusion à sa capacité à prendre feu. Le nom binominal scientifique Fomes fomentarius se traduit, lui, littéralement par [combustible à pansements]. » Des vertus cicatrisantes et hémostatiques lui sont reconnues depuis longtemps. Plus récemment, une étude incite à trouver à Pyropolyporus fomentarius (L. ex Fr.) Teng (sa dernière appellation) un caractère antitumoral potentiel. Laissons le soin aux professionnels de la médecine de faire le tri scientifique dans l’univers des nombreux champignons dits médecinaux mais notre Amadouvier qui fait feu de tous bois et panse les petits bobos ne peut apparaître que très utile. A la question rituelle ça se mange? C’est déjà très dur de le dégager de son support qu’on a plus la force de le croquer et on ne sait pas encore s’il calme le mal aux dents. 

Il nous incite à revenir à Pierre Corneille du début de notre chronique qui, en versifiant de la prose de Molière dans son FESTIN DE PIERRE, prête à Sganarelle s’adressant à son maître Don Juan ces quelques vers:

 » Avec mon petit sens, mon petit jugement,

Je vois, je comprends mieux ce que je crois comprendre,

Que vos livres jamais ne pourroient me l’apprendre.

Ce monde où je me trouve, et ce soleil qui luit,

Sont-ce des champignons venus en une nuit?

Se sont-ils faits tout seuls?

C’était peu avant la naissance de la mycologie.

M.P.

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Bibliographie

Courtecuisse&Duhem n° 89; Bon p.320; Eyssartier&Roux p.1022; Borgarino&Hurtado p.69; Marchand T.3 pl.286

Sur le Net Champ Yves ONF Mycorance MycoDB mycocharentes

video  allumer le feu youtube 

Au gré de nos pas: le col de Manté en Haute-Garonne

Prendre de la hauteur. 1349m le col du Manté, commune de Boutz, en montant après Saint Béat, avant d’arriver à la station du Mourtis à quelques tours de pédales du col. « Relie la vallée de la Garonne (dénivelée de 848 m) à la vallée du Ger (dénivelée de 549 m) » dixit Wikipedia. Juillet. L’auberge La Soulan (accueil très sympathique) résonne. Entre cloches de vaches de l’estive (certaines sont des blondes d’Aquitaine) cyclistes espagnols, touristes scandinaves, britanniques et … mycologues qui parlent un peu latin Babel babille.

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Nous n’y étions pas venu faire du vélo sinon escalader les pentes de la hêtraie sapinière en prenant soin de souffler dès le premier champignon venu et, éventuellement, faire une pose photo. Cela en compagnie de la Société Mycologique du Comminges (SMC) organisatrice de cette rencontre au sommet à la date du 24 juillet avec la Société Mycologique du Béarn (SMB) et l’ Association Mycologique de Bigorre (AMB).

Morne plaine sèche girondine et riche fonge montagnarde. Cet été, assurément, il faut prendre de la hauteur pour rencontrer le fruit de notre passion. Bref pousser loin et surtout haut pour quelques pousses alors pourquoi ne pas découvrir Menté.

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Dès la veille de la rencontre, nous observions notamment, en repérage, en assez grand nombre Megacollybia platyphylla et Collybia dryophila colonisant le tapis humide des feuilles de hêtre, quelques russules ça et là en particulier des charbonnières aux lames lardacées, Amanita rubescens à tous les stades de croissance de même qu’ Amanita vaginata, bon nombre de lignicoles et un petit bolet amer (ci-dessus). 

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Le lendemain près d’une cinquantaine de Commingeois, Béarnais et Bigourdans allaient sillonner les sous-bois et récolter autour de soixante dix espèces différentes recensées lors de la traditionnelle séance de détermination dirigée avec bienveillance par le Président Rémi Sarraute. Ambiance amicale, festive et conviviale garantie, à « fracasser » une table de gaieté.

Au gré de nos pas, quelques poses photo:

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Bolets amers en nombre

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Amanita-rubescens-CEMA-MP.jpg

Amanita-vaginata-CEMA-MP.jpg

Quelques amanites

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Le satyre puant ami des mouches, image fixe

Le même en video

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Phellinus-hartigii-CEMA-MP.jpg

Stereum-hirsutum-CEMA-MP.jpg

Quelques lignicoles et…

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… cerise sur le gateau ou plutôt sur Stereum hirsutum qu’elle parasite cette très belle trémelle.

Michel Pujol

Les espèces rencontrées

Amanita excelsa ; A. gemmata ; A. rubescens ; A. spissa ; A. vaginata ; Boletus calopus ; B. erythropus ; B. aestivalis ; Calocera cornea ; C. viscosa ; Cantharellus friesii ; C. pallens ; Clitocybe gibba ; Chlorociboria aeruginascens ; Coltricia perennis ; Crucibulum laeve ; Cudonia circinans ; Dacrymyces stillatus; Ditiola pezizaeformis (=Femsjonia P.) ; Hapalopilus rutilans ; Hydropus marginellus ; Clitocybe clavipes ; Collybia aquosa ; C. confluens ; C. dryophylla ; Fomes fomentarius ; Fomitopsis pinicola ; Fuligo septica ; Ganoderma carnosum ; G. lipsiense ; Gyroporus cyanescens ; Hydnum rufescens ; Hydropus marginellus ; H. subalpinus ; Hypholoma fasciculare ; Lactarius picinus ; Lactarius lignyotus; Lenzites betulina ; Lepiota ochraceosulfurescens ; Lycogala epidendron  ; Marasmiellus (=setulipes) androsaceus ; Marasmius aillaceus ; M. rotula ; Megacollybia platyphylla ; Mycena pelianthina ; M. pura ; M. vitilis ; Oudemansiella mucida ; O. radicata ; Panus conchatus ;  Phallus impudicus ; Pholiota astragalina ; Polyporus ciliatus ; P . durus ;P. varius; Porphyrellus porphyroporus ; Pterula multifida ; Pycnoporus cinnabarinus ; Resupinatus trichotis; Russula amoena ; R. aurea ; R. cyanoxantha ; R. cyanoxantha var. peltereaui ; R. grisea ; R. heterophylla ; R. vesca ; Schyzophyllum commune ;  Stereum hirsutum ; S. insignitum ; S. subtomentosum; Stropharia semiglobata ; Trametes gibbosa ; T. hirsuta ;T. pubescens; T. versicolor ; Tremella aurantia ; T. foliacea ; T. mesenterica ; Trichaptum abietinum ; Xerocomus chrysenteron.

Eté/chaleur = espèces thermophiles = verdettes

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Pas besoin de décrocher la Lune qui n’en peut mais dans la vie rêvée des mycophages mais de décocher quelques rayons du Soleil pour qu’apparaissent quelques Russules verdoyantes. La mycoastrologie retiendra que le Soleil est bien une Etoile d’où la forme de la verdette de droite écartelée par tant d’ardeur solaire.

Un Scléroderme « peau de léopard »

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Rencontrés sous couvert de feuillus tout près d’un chemin dans la ripisylve de l’Eau Bourde à Canéjan (33) ces sclérodermes étaient une des rares espèces présentes en ce jour de sécheresse récurrente.

Macroscopiquement ils se différencient notamment par leur taille (1 à 3 cm de diamètre pour notre récolte) du Scléroderme vulgaire plus massif et au péridium plus épais et craquelé une fois mature. La famille Sclerodermataceae est d’ailleurs caractérisée (Courtecuisse p. 67) par « péridium épais, rhizomorphes fréquents, spores brunes, globuleuses, verruqueuses ou réticulées ».

Chez Scleroderma areolatum les rhizomorphes abondent ainsi que le montre notre photo ci-dessus où des grains de sable s’y accrochent. Le caractère sans doute le plus discriminant est la ponctuation aréolée du revêtement de ce gastéromycète (détail ci-dessous en haut à droite). Certains auteurs parlent de « peau de léopard ». D’autres évoquent une odeur faible de caoutchouc que nous avons ressentie sur notre récolte surtout dans la phase de primo-dessication.

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Microscopiquement (montage ci-dessus) les spores (11,4 X 11µm en moyenne dans notre étude) sont globuleuses et nettement épineuses.

M.P.

Bibliographie: Eyssartier&Roux p. 1048; Courtecuisse&Duhem n° 1727; Bon p.302

Sur le Net (par exemple)Myco DB mycocharentes mushroomexpert fauneflore-massifcentral.fr

Tiques: prudence!

Tique Wikipedia.jpgLes chercheurs de champignons doivent être attentifs à la présence des tiques dans la nature. Elles attendent le passage d’un animal à sang chaud pour tomber d’une plante, fougère ou autre, et se nourrir du sang de leur proie en plantant leur rostre.  La bestiole gonfle alors et se repère ou pas sur la peau. Elle risque de transmettre la maladie de Lyme  Le Journal Sud Ouest évoque ce matin (lien précedent) l’appel lancé au gouvernement par une centaine de médecins qui estiment que « la maladie de Lyme, transmise par les tiques, est sous-diagnostiquée et mal soignée en France. 

Six comme le mois de juin

Photographies de six espèces courantes, immobiles sur l’objectif en cette fin de mois de juin dont trois qui éveillent les papilles.

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Ce Bolet réticulé n’a pas été dégusté ayant déjà fait les délices externes de limaces et plus intimes de vers mignons. Il a néanmoins attiré l’attention de sa station où seront guettés, plus tard, ses congénères.

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En revanche les Verdettes, d’ailleurs présentes sur plusieurs stations, ont eu l’honneur de l’assiette.

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De même que ces Girolles pruineuses fidèles au pied de leur chêne mais s’aventurant hors sol en moins grand nombre cette année alors que des cémaistes lot-et-garonnais ont rempli quelques paniers de ces champignons tout jaune.

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Quand le fauve montre ses dents. Cette amanite délicate mérite une pause pose pour en saisir l’élégance.

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Elle a tout d’un lactaire sans le lait cette russule…

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Enfin, en sixième position comme le mois de juin sur le calendrier, ces collybies ont quelque peu séché sur leurs pieds en fuseau bottés par quelques déchets de bois cachés par la mousse.

 

Un début de printemps sur le BRF et incursions en prairies(I) par Jacques Beck Ceccaldi

Nous publions le premier volet d’une étude de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées ce début de printemps sur le BRF et en prairies.

Aujourd’hui, focus sur Agaricus arvensis, Agrocybe praecox et Pluteus nigrofloccosus .Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Avril – Mai 2016 (à suivre).

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  Agaricus arvensis J.C. Schaeff. : Fr. Psaliotte des jachères … Boule de neige

Chapeau : 5 à 15 cm de diamètre, globuleux si jeune puis convexe, lisse (parfois fibrilleux) et blanc à surface se déchirant en lambeaux concentriques du centre vers la marge par temps chaud et sec. Il jaunit en vieillissant. Chair : blanche, épaisse. Odeur anisée Saveur : douce. Lames : libres, larges, roses puis brun foncé à noir par les spores, arête entière. Stipe : 5-10 x 1-2,5 cm, cylindrique, plein, blanc et jaunissant faiblement au toucher. Anneau blanc, membraneux à roue dentée dessous. Habitat : de par son appellation, du latin arvum = champ labouré ou pâturé (ou en jachère) et suffixe « ensis » qui pousse dans les champs. Pairies mais tout près de peupliers pour ces exemplaires.                                       

 Type trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole                                   Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse) HL = taxon évalué mais non menacé. 

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Basides : tétrasporiques, banales, sans boucles, 15-20 µm.  Sporée : brun foncé à noire.  Spores : ellipsoïdes, à parois épaisses, 6-8(9) x 4,5-5,5 µm. Cellules de la marge : (poils) cylindriques ou clavées, hyalines, 25-40×7-15 µm.  Pleurocystides : inexistantes.

 

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Agrocybe praecox    (Schaeff.) Pers.   Agrocybe précoce

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, devient craquelé au soleil, très jeune brun noirâtre puis jaune pâle à centre plus foncé avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches jeunes puis beiges, arête entière. Stipe : 12 x 3 à 4 cm, cylindrique membraneux blanc à anneau en jupe blanche ou jaune pâle. Base pourvue de rhizoïdes blancs sur lesquels on peut voir, parfois, plusieurs primordiums (voir détails zoom photo ci-dessous).Jacques Beck Ceccaldi, CEMA, BRF, prairies, printemps, Agaricus arvensis, Psaliotte des jachères, Boule de neige

Chair : blanche dans le chapeau et plus brune dans le pied. Odeur : farine rance.  Non comestible.

Habitat : en centre-ville envahissant un parterre de plantes ornementales couvert de bois raméal fragmenté le long d’un trottoir, aussi sur les bords d’un chemin clair envahi par le Gratteron aparine (Gaillet – Rubiacées) sous chênes et charmes.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

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Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

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Sporée : brune. Spores : ellipsoïdes à losangiques, lisses, à parois épaisses et pore germinatif très net. 8-10 (12) x 5-6(8) µm.

jacques beck ceccaldi,cema,brf,prairies,printemps,agaricus arvensis,psaliotte des jachères,boule de neigeMarge des lames portant de très nombreuses cheilocystides clavées, bouclées et caténulées, non béquées ou courtement.

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Les pleurocystides de la face des lames  ne se contentent pas d’être béquées puisqu’elles peuvent porter un rostre important.

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Au-dessus de l’anneau le pied porte en surface de nombreuses caulocystides plus ou moins clavées à parois simples.

 

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 Pluteus nigrofloccosus   (R. Schulz) Favre    Plutée à arête noire

Synonymes : Pluteus tricuspidatus  Velenovsky, Pluteus atromarginatus  (Konrad) Kühner

Chapeau : 5 à 15 cm, brun noirâtre, convexe puis élargi mamelonné. Visqueux si humide. Centre couvert de squamules dressées mais apprimées si humide et pouvant passer inaperçues. Marge lisse et incurvée. Chair crème à blanchâtre et forte odeur raphanoïde. Lames : libres, larges, roses à arête  brune. Stipe : 15 x 3 cm, cylindrique, plein et fibrilleux de brun sur fond blanc.

Habitat : grégaire, isolé sur bois de conifères (BRF) le 2 avril 2016. Tendance montagnarde rare en plaine. Comestibilité : risque d’être indigeste.

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Basides : tétrasporiques, banales, boucles** rares, 20-30 x 8-10 µm. Sporée : brun rougeâtre. Spores : ellipsoïdes, lisses, roses, 5-8 x 4-6 µm.

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Cheilocystides : cystides marginales** très nombreuses, lisses, clavées, présence de lamprocystides (nombreuses ou rares à absentes**) intercalées et souvent dépourvues (ou pourvues**) de crochets.

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Lamprocystides : nombreuses pleurocystides à crochets (2 à 4) et parois épaisses.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Sl = saprotrophe lignicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

 Remarques : dans l’individu décrit ici l’arête des lames possède des cystides pleurocystidiales intercalées très peu nombreuses et sans crochets apparents. Dans le revêtement du chapeau les hyphes sont bouclées aux cloisons.

Reportage mycologique Jacques Beck Ceccaldi

* Référentiel mycologique extrait de l’inventaire mycologique français rédigé par R.Courtecuisse (S.M.F.).

** Bien lire les descriptions des auteurs pour se rendre compte des différences certainement attribuables au caractère polymorphe de certaines espèces fongiques, mais pas seulement ! Peut-être est-ce une autre espèce que P. nigrofloccosus?

 

Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 2

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

Après un premier volet  publié hier et relatant notamment l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » voici la deuxième partie de notre retour SOUVENIRS-SOUVENIRS extraite des archives confiées par Jacques Guinberteau:

– un PDF AmanitesLandaises.pdf d’un article paru en 2002 dans le Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie sous la signature de Jacques Guinberteau et Pierre-Arthur Moreau intitulé « Notes de récolte sur les amanites vernales landaises » où il est aussi question de Amanita decipiens, A. curtipes, A. ponderosa outre le « tiercé » boudieri-beillei-gilbertii.

– et quelques photos in situ

Amanita beillei

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Amanita boudieri

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Amanita gilbertii

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Le 8 mai 2008 avait été moins poussif que celui de 2016 ou plutôt … plus riche en pousses. Un grand merci Jacques G. 

 

Les champignons et la Mycoliste au cœur de la 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’urgence au CHU de Bordeaux

Il a aussi été question des envenimations par les araignées en France et même de crapaud mais le CEMA, participant à la Mycoliste (voir plus loin), invité à cette 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’Urgence était attentif et peut-être un peu plus compétent en matière d’intoxications par les champignons. Présentées plus en avant qu’en … toile de fond, les sujets champignons étaient abordés en effet en début de programme.

Cette journée validant le Développement Professionnel Continu était organisée par le Pôle Médico-Judiciaire et le Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR du CHU de Bordeaux (Comité organisateur: Dr Regis Bedry, Dr Magali Labadie et Dr Françoise Penouil). Elle rassemblait plus de quatre vingt participants de toute la France, des professionnels, médecins, pharmaciens, urgentistes et autres scientifiques confrontés à des cas cliniques où de bonnes connaissances actualisées peuvent permettre l’application de thérapeutiques les mieux adaptées en fonction des moyens à disposition pas forcément à proximité immédiate. 

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Parmi les intervenants, à gauche, Dr Régis Bedry, Pôle Médico-Judiciaire, responsable de l’Unité Sécurisée Inter-Régionale CHU Bordeaux; en haut à droite Dr Magali Labadie, Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR, Responsable médical du Centre Antipoison et de Toxicovigilance Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Dr Gaël Le Rouxet Dr Chloé Bruneau Centre antipoison et de Toxicovigilance CHU Angers, Dr Antoine Villa Centre antipoison et de Toxicovigilance Paris; en bas à droite Dr Odile Pillet, Michel Pujol (CEMA) modérateurs pour les trois premiers sujets concernant des champignons.

Il revenait au Dr Antoine Villa (CAP Paris) de traiter de l »identification d’un champignon toxique au Centre Antipoison: intérêt de la [Mycoliste]« 

Mise en place en 20014 la Mycoliste compte aujourd’hui 53 mycologues référents de toute la France (dont quatre du CEMA) à qui les Centres Antipoison adressent, par mail, photos et informations sur des champignons suspectés d’avoir provoqué des intoxications ou suscitant des inquiétudes (gamins ayant croqué des champignons, doutes d’adultes sur espèces déjà consommées, par exemple). Le but est d’identifier rapidement l’espèce et d’en induire un traitement médical approprié. Gagner du temps et viser le plus juste possible.

En 2014 il y a eu 355 demandes d’identification et 302 en 2015 avec des pics, logiques, les mois de septembre octobre et novembre. Dans le top 5 des espèces en cause, le Bolet de Satan (Boletus satanas), le Clitocybe de l’olivier (Omphalotus illudens), l’Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) et la redoutable Amanite phalloïde (Amanita phalloïdes) responsable de la majorité de décès par ingestion de champignon.

La moyenne de temps de réponse par les mycologues de la Mycoliste est de 19 minutes a calculé le Dr Antoine Villa qui soulignait qu’à quatre heures du matin il y avait aussi des réponses… Précisons qu’il n’est pas demandé aux mycologues d’assurer une veille au contraire des CAP qui, pour y faire face certains jours élargissent leurs zones d’interventions certains jours notamment à Bordeaux, Toulouse et Marseille. Selon les cas il peut y avoir une identification recoupée par un autre mycologue et des échanges d’expérience à partir d’un cas clinique propice à la discussion.

Parmi les buts recherchés, il s’agit aussi d’identifier de nouvelles espèces toxiques. Anciennement on connaissait les risques du Bidaou , plus récemment le shiitake est impliqué dans des cas de dermatites flagellaires et aujourd’hui on enregistre des intoxications dans certaines conditions (pas bien cuites, grosses quantités) avec des morilles. Comestible aujourd’hui en fonction des connaissances actuelles et il reste encore beaucoup à découvrir en matière de toxicité des champignons sans oublier que vous mangez ce que les champignons mangent et transforment. Attention aux lieux de cueillette pollués et aux quantités ingérées, aux vieux bouquins aujourd’hui dépassés. Prudence et modération même si c’est gratuit car l’addition peut être lourde.

Dans son intervention sur le « Nouvel algorithme diagnostique des intoxications par les champignons » le Dr Régis Bedry (Unité Sécurisée Inter-Régionale – CHU Bordeaux) détaillait les procédures classiques et nouvelles pour dresser un tableau des cas cliniques et agir en conséquence, une démarche complexe pour un béotien qui retient que les ressources scientifiques s’affinent et que le monde médical adapte au présent ses clés de lecture et d’actions. Régis Bedry relevait que Amanites et Cortinaires demeurent les cas « les plus graves ».

Aussi était-il important que dans le cadre de ce séminaire de toxicologie en partie dédié aux champignons le DR Chloé Bruneau (Centre antipoison et de Toxicovigilance -CHU Angers) fasse le point sur « Les intoxications phalloïdiennes : protocole de prise en charge« . Il y était rappellé, point d’Histoire, les expériences du Dr Bastien, personnage atypique et les progrès face au syndrome phalloïdien (qui apparaît tard) « responsable de 90 à 95% des décès » par ingestion de champignon. L’utilisation notamment aujourd’hui de Silymarine/Silibiline (LEGALON SIL®) et parfois des greffes de foie accroissent les chances de survie. Il y a encore des décès. 

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Deux exemples de photos où Amanita phalloïdes a été reconnue et authentifiée par les mycologues de Mycoliste

« Les intoxications par les champignons comestibles Shiitaké » ont aussi fait l’objet d’une communication par le Dr Gaël Leroux (Centre Antipoison et de Toxicovigilance-CHU Angers). Outre ce que nous avions évoqué dans notre blog ( dermatites flagellaires ) et des cas cliniques apparus depuis il a été  précisé que dans des champignonières où sont cultivés les shiitake des travailleurs ressentaient des manifestations eczematiformes.

Bilan d’une année d’expositions par champignons

Enfin, hors séminaire mais pas hors sujet et en rapport avec les acteurs réunis à Bordeaux, nous donnons ci-dessous quelques éléments tirés d’un bilan des « expositions par champignons en 2014 » établi par le Dr Chloé Bruneau (CAPTV Angers). L’InVS et le CAPTV d’Angers assurent une veille sanitaire nationale des intoxications par champignons recensées par l’ensemble de CAPTV. 

Plus de 2200 cas d’exposition par ingestion de champignons ont été recensés du 1er janvier au 31 décembre 2014. Pour chaque dossier ont été pris en compte les critères d’imputabilité, de gravité, le syndrome mycotoxique, la détermination de l’espèce de champignon incriminée et/ou le dosage de mycotoxines spécifiques, l’identification formelle par le réseau « Mycoliste » (lorsqu’unephotographie des champignons incriminés était disponible).

Il en ressort que, en 2014, sur plus de 2200 cas d’exposition recensés, près de 2000 ont été inclus dans l’étude. Parmi les plus de1200 cas symptomatiques , un syndrome mycotoxique a pu être déterminé dans près de 800 cas. « Le syndrome résinoidien était de loin le plus fréquent et le moins grave avec 72% des syndromes identifiés. Avec plus de 50% de gravité forte … le syndrome phalloïdien restait le syndrome le plus pourvoyeur de décès…. 43% des cas asymptomatiques concernaient une ingestion accidentelle par un enfant »

Dans le tableau dressé par

– syndromes mycotoxiques (résinoidien,sudorien,panthérinien, narcotinien, coprinien, phalloïdien, orellanien, neurotoxique aux morilles, dermatite flagellaire) – gravité (faible, moyenne, forte, décès)                                                            – principale espèce recherchée/principale espèce en cause identifiée

on compte deux décès consécutifs au syndrome sudorien (près de 80 cas), trois autres décès liés au syndrome phalloïdien (près de 40 cas); cinq situations sont estimées de gravité forte suite à un syndrome panthérinien (près de cinquante cas) et quatre de gravité forte également (7 cas) dues au syndrome orellanien.

Au chapître de la gravité faible ou moyenne, étant entendu que celles et ceux qui en ont soufert n’ont pas trouvé cela anodin, on trouve le syndrome résinoïdien (un peu plus de 550 cas), le syndrome neurotoxique aux morilles (plus de 20 cas) et la dermatite flagellaire (4 cas).

En conclusion de ce bilan le Dr Chloé Bruneau précise qu »il s’agit de la première série nationale combinant une analyse systématique syndromique et une expertise mycologique. Les intoxications par champignons restent un problème de santé publique et la veille nationale permet en temps réel d’alerter les autorités publiques, à des fins d’information et d’informer le public, tout en identifiant rapidement les syndromes émergents ».

Problème de santé publique, alerter les autorités publiques: on ne peut que souscrire à cette réalité. Cet état des lieux devrait conduire, à notre avis de mycologue souvent sur le terrain pour guider entre autres des sorties champignons avec le grand public mycophage, mycophile et passionné, à des campagnes de sensibilisation de la part des autorités publiques qui ne manquent pas de spécialistes en communication… Aidés par quelques mycologues, actifs sur la Mycoliste, l’idée peut faire son chemin jusqu’à l’automne avec ses pics de consommations et d’intoxications.

Michel Pujol 

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Venus de toute la France, plus de quatre vingt acteurs de notre santé d’urgence.

Un hiver sur le BRF par Jacques Beck Ceccaldi

  Chargé des études mycologiques au CEMA, Jacques Beck Ceccaldi  présente ici un florilège de ses récoltes sur BRF (Bois Raméal Fragmenté) faites en Gironde, Bordeaux et environs de fin décembre 2015 à début avril 2016

         Espèces      Observations réalisées du … au …

Agaricus bisporus        29 01 2016   –   08 03 2016

Amanita citrina          06 02 2016   –   14 02 2016

Crepidotus cesatii          23 01 2016

Crucibulum  laeve           15 01 2016

Hebeloma crustuliniforme       30 12 2015   –   28 01 2016

Laccaria laccata          01 02 2016   –   14 02 2016

Lacrymaria lacrymabunda      04 01 2016

Pholiota lenta         24 12 2015   –   06 01 2016

Pholiota gummosa       08 01 2016   –   16 02 2016

Pholiotina teneroides     22 10 2015

Pluteus cervinus       26 12 2015   –   14 02 2016

Agrocybe rivulosa                  24 12 2015

Tapinella panuoides       12 01 2016   –   15 02 2016

 Agaricus bisporus  (J.E.Lange) Imbach    Champignon de Paris

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                              Le très célèbre Champignon de Paris dans sa forme sauvage est beaucoup moins connu d’autant plus que sa niche écologique favorite se trouve en lisières des vieux cyprès ou des fourrés de Tamaris qui protègent les stations balnéaires de la côte atlantique et qu’il n’est pas rare de le rencontrer en front de dune blanche. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir plusieurs exemplaires de l’Agaric bisporus dans un petit parterre arboré de plantes basses sous érables (Acerabulus), entourant une place devant une école primaire à Bordeaux rive droite. La terre est protégée par une bonne couche de BRF (Bois Raméal Fragmenté) appellation donnée aux résidus de broyage de branches destinés à protéger le sol et favoriser le développement de l’humus. Observations sur site du 26 01 ou 21 02 2016 puis revue de nouveau le 08 03. Lieu supportant un énorme facteur anthropique mais comment s’attendre à autre chose en plein centre-ville ?

Le passage en bleu fait référence au « Petit livre des champignons des dunes » de J.Guinberteau aux éditions confluences – Juillet 2011.

Chapeau : 5 à plus de 10 cm de diamètre, globuleux si jeune puis convexe, lisse et mat brun sale à surface se déchirant en squamules apprimées et concentriques. Chair : blanche, épaisse, devenant rouge vineux puis pâlissant. Odeur et saveur : douce de noisette. Lames : adnées à libres, étroites, rose clair puis brun pourpré à noir par les spores, arête entière. Stipe : 5-8 x 2-4 cm, cylindrique, plein, blanc et brunissant au toucher. Anneau blanc, ascendant, épais et double  à profil transversale triangulaire.

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Basides bisporiques: à 1ou 2 stérigmates,  sans boucles, 20-25 x 7,5-8,5 µm.

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 Sporée : brun pourpre foncé.  Spores : ellipsoïdes, à parois épaisses, 7-9,5 x 4,5-6,5 µm.

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Cellules de la marge : cylindriques, hyalines, 25-40×7-12 µm

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(très jeunes elles sont globuleuses et soudées).  Pleurocystides : non observées.  

Amanita citrina   (Schaeff.) Pers.   Amanite citrine

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                              A l’entrée d’un petit parc public, en centre-ville, un pin maritime a été planté il y a deux ans et la terre remplacée par un mélange à base de sable.

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, jaune pâle avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches, arête entière. Stipe : 12 x 3 à 4 cm, cylindrique à bulbe marginé blanc à anneau blanc ou jaune pâle, membraneux. Chair : blanche ou jaune pâle et forte odeur de rave ou pomme de terre crue. Comestibilité : bien que faiblement ( ?) toxique il est déconseillé de le consommer.

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Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

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Sporée : blanche. Spores : subsphériques, lisses, 7,5-9,5 x 7,5-9 µm, hyalines.

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I+ (spores amyloïdes).

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Marge des lames portant de nombreuses cheilocystides clavées et caténulées.

Crepidotus cesatii  (Rabenh.) Sacc.    Crépidote à spores sphériques

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 Chapeau : 0,5-2,5 cm, velouté, blanc. Lames : nettement espacées à reflets rosâtres.

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Stipe : absent, un point d’insertion au substrat (branche de feuillus à terre) plus ou moins décentré.

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Sporée : brun rougeâtre. Spores : subglobuleuses, épineuses, 6-8 x  5,5-7,5 µm. Seules les spores ont été observées ici. Cheilocystides : polymorphes, ramifiées, 22-50 x 7-12µm.

 Crucibulum laeve  (Huds.) Kambly    Crucibule lisse

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Vase profond blanchâtre à jaunâtre plus-haut que large 6(10)x 7 mm, clos par un épiphragme jaune puis blanc en s’ouvrant qui laisse apparaître une douzaine de péridioles lenticulaires ocres attachées par un funicule mince et court.

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Ces péridioles contiennent des spores ellipsoïdes 7-10-3,5-5 µm. Courant toute l’année sur résidus ligneux.

Hebeloma crustuliniforme   (Bull. : Fr.) Quélet    Hébélome croûte de pain  (Hors BRF)

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Chapeau : 3 à 6 (10) cm, crème ocracé pâle, convexe puis élargi mamelonné. Visqueux si humide, marge lisse et incurvée. Chair crème à blanchâtre et forte odeur raphanoïde. Lames : émarginées, étroites, rose crème, exsudant des « larmes opalescentes » qui laissent des taches brunes en séchant. Stipe : 10 x 2,5 cm, cylindrique, creux et fragile sur le tard à feutrage blanc sur toute la longueur (caulocystides). Habitat : grégaires, isolés ou en rond de sorcière sous feuillus ou conifères (espèce mycorhizique). Courant toute l’année.

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Basides : tétrasporiques, banales, bouclées, 30-40 x 8-10 µm.

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Sporée : ocre-brun. Spores : ellipsoïdes à + ou – en amande, 10-13×5-7 µm. Si finement verruqueuses que la définition de notre image ne peut mettre en évidence les protubérances verruqueuses.

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Cheilocystides : présence si dense que la marge des lames est rendue stérile. Cylindriques, à peine renflée à l’apex, 30-70×5-11 µm. Pleurocystides : non observées.

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Caulocystides sur tout le pied, cylindriques, peu capitées, 30 à 80 µm. (voire plus).

Laccaria laccata var. pallidofolia   (Peck) Peck   Laccaire laqué à lames pâles

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Chapeau : 2-4-8 cm, hémisphérique à convexe étalé et centre déprimé, hygrophane carné si humide et beige au sec, squameux au centre sur le tard, marge striolée. Chair : mince, blanc à rose. Lames : adnées émarginées, épaisses,  larges, arêtes entières. Stipe : 5 à 10 cm x 5 à 8 mm, cylindrique puis creux, striolé et fibrilleux. Habitat : grégaires ou cespiteux, photographiés ici sur plate-bande à sol protégé par du BRF sous pin parasol.

Basides : tétrasporiques bouclées,  30 x 10 – 15 µm.

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Sporée : blanche. Spores : globuleuses, épineuses, hyalines, 7-9  6,-8,5 µm. Cystides : absentes mais présence de cellules marginales cylindriques bouclées. Les cloisons des hyphes du revêtement du chapeau sont aussi bouclées.

Lacrymaria lacrymabunda  (Bull. : Fr.) Pat.   Psathyrelle larmoyante

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Chapeau : 3-8 (10) cm, convexe à aplani mais umboné, feutré à squameux brun rouille. Chair : brun olivacé, épaisse. Lames : adnées émarginées, brun gris à noires, arête blanche larmoyeuse tachée de noir en séchant. Stipe : 5-10 cm x 5-10 mm, cylindrique et floconneux chiné, roux mais poudré de blanc au-dessus d’une zone annulaire très fugace.

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Basides : banales, clavées, tétrasporiques, bouclées, 20-30 x 8-10µm.

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Sporée : noire. Spores : en amande ou ellipsoïdes suivant l’angle observé, verruqueuses et noires avec gros pore germinatif saillant, 8,5-10,5 x 5,5-6,5 µm. Cheilocystides : cylindriques capitées, 40-70 x 5-10 µm. Pleurocystides : non observées. Caulocystides : au-dessus de la zone annulaire et semblables aux cheilo.

 

Pholiota gummosa  (Lasch. : Fr.) Singer    Pholiote gommeuse

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Chapeau : hémisphérique puis convexe aplani, diamètre 2 à 5 cm, visqueux si humide, au sec blanc lavé de verdâtre orné de squamules apprimées plus ou moins visibles surtout si lavées par les pluies et large ornée des débris du voile secondaire (anneau sur le pied). Chair : blanchâtre. Odeur : nulle. Lames : décurrentes par une dent, arête ciliée blanche. Stipe : 3-6 x 3-7 cm, cylindrique plein puis creux sur le tard, zone annulaire fugace, floconneux squameux à base brun rouge.

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Basides : petites et banales 20-25 x 6-8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes lisses avec un pore germinatif visible, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides : cylindriques sinueuses capitées, 30-50 x 4-9 µm.

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Les pleurocystides sont en fait des chrysocystides à inclusion + ou -jaunâtre dans le KOH bien que cette réaction ne soit pas toujours évidente. La réaction est par contre très évidente dans les espèces dont le contenu des cystides vire totalement en jaune et ne sont donc pas des chrysocystides.

Pholiota lenta   (Pers. : Fr.) Singer    Pholiote gluante

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Chapeau : hémisphérique à convexe étalé, ocre crème plus foncé au centre, diamètre 5 à 10 cm, squamules blanches à ocre engluées sur le chapeau après la pluie qui sèche très vite même au faible soleil de février où il devient mat et sec. Marge aigüe ornée de restes du voile. Chair : blanche. Odeur : douce de polypore.

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Lames : mêlées de nombreuses lamelles et lamellules, blanches à brun rouille par les spores, décurrentes par une dent, arêtes blanches. Stipe : 3 à 9 x 0,5 à 1 cm, cylindrique plein, fibrilleux et squameux de blanc sous l’anneau mais poudré de blanc au-dessus et devenant brun plus foncé sur le tard.

Basides : banales, tétrasporées bouclées, 20-30 x 7-9 µm.

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Sporée : brun rouille. Spores : ellipsoïdales faiblement arquées, parois épaisses mais pas de pore germinatif, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides lagéniformes, 40-65 x 10-15 µm très nombreuses sur la marge des lames.

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Pleurocystides : semblables et tout aussi nombreuses mais bien que le contenu puisse se colorer totalement en jaune sous le KOH elles ne sont pas des chrysocystides et leur long rostre peut apparaître rouge foncé alors que le reste du contenu serait beaucoup plus clair.

Pholiotina teneroides   (Lge) Singer   Pholiotina délicate

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                                          Genre Pholiotina appartenant aux Bolbiticeae. Elle est la seule Pholiotina à posséder des basides bisporiques.

Chapeau : diamètre 8 à 25 mm, hémisphérique puis étalé sur le tard, revêtement lisse mais ridulé, hygrophane, orange foncé si humide à ocre pâle par le centre au sec. Chair : ocre, mince. Odeur : nulle. Lames : adnées, jaune olive à arête blanche dentée. Stipe : rigide creux, 4 à 6 x 1,5-2,5 mm, cylindrique cassant, brun à anneau juponnant à face supère striée.

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Basides : clavées, 16-20 x 8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes, parois épaisses et pore germinatif tronqué, 14-17 x 5-7 µm. Cheilocystides : clavées, en forme de spatule, 25 à 35 µm, pédicellées 35 à 50 x 10 µm. Pleurocystides : non observées.

 Pluteus cervinus   (Schaeff.) P.Kumm.  Plutée couleur de cerf

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Chapeau : 5 à 15 cm, convexe aplati et umboné, lisse, soyeux et fibrilleux, ocre brun foncé à brun noir au centre. Marge : aiguë. Chair : blanche. Odeur : radis. Lames : libres, blanches si jeunes et roses par la suite, arête blanche. Stipe : plein, cylindrique, fibreux, 5-15 x 0,7 à 2-3 cm.

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Cuticule : articles terminaux émergents très longs, jusqu’à 250 µm (trichoderme). Dans cette espèce aucun article des hyphes n’est bouclé.

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Basides : ventrues, tétrasporiques, sans boucle, 25-35  8-10 µm.

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Sporée : ocre à rosâtre. Spores : elliptiques larges, lisses, 6-9 x 4,5-6,5 µm.

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Cheilocystides : fortement clavées, 25-45 x 10-25 µm, mêlées  ou pas de cystides à crochets semblables aux pleurocystides et de dimensions à peine plus courtes 30-60 x 10-20 µm. . Pleurocystides : 2 à 4 crochets (parfois un seul ou 5), parois épaisses, + ou – ventrues jusqu’ à 90 x 15-20 µm.

Agrocybe rivulosa Nauta

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NDLR- Cette espèce avait suscité (précédente mise en ligne) quelques recherches vers les strophaires et tricholomes mais sans concordances avec les dimensions macroscopiques et analyse des principaux éléments microscopiques (voir basides tétrasporiques, spores avec pore germinatif, cystides seulement faciales et sans réactions au KOH).

Deux posts sur Facebook (« CEMA » et « Champignons: au gré de nos pas ») nous ont bien aidé à nous mettre sur la voie d’un Agrocybe et particulièrement  A. rivulosa Nauta. Merci à Linda Wieinui Tarahu et à Pierre-Arthur Moreau. Ce dernier commentait ainsi notre avis de recherche facebookien pour ce « sans nom » d’alors: « on dirait bien Agrocybe rivulosa mal développé » et à la question d’une internaute « connaissez-vous les essences qui composent le BRF » (qui suivait) PAM ajoutait: si c’est bien Agrocybe rivulosa je parierais pour du peuplier ». Dans le Guide des Champignons de France et d’Europe, Régis Courtecuisse  (n°1298 note que « A. rivulosa … connaitune expansion fulgurante en Europe (paillis, composts ou débris ligneux des parterre et parcs urbains) ».

Chapeau : diamètre 5-10 cm, ocre brun lisse et mat (centre bosselé – 2 – ), convexe, marge aiguë. Lames : émarginées, nombreuses lamelles et lamellules (4), blanches puis grises à arête blanche mais colorée de brun roux par les spores. Chair : épaisse et blanche. Odeur : sans. Stipe : 6 à 12 x 2 à 3 cm (4 cm à la base couverte de nombreux cordons mycéliens blancs- 3 -), cylindrique vite creux (6) mais très dense, blanc fibreux coloré par les spores. Anneau : membraneux (5), supère et rapide à disparaître.

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Basides : banales évasées, tétrasporiques, 25-30 x 8-9 µm.

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Sporée : rouille. Spores : 8-10(12) x 6-7 µm. sans tenir compte des spores les plus petites et les plus grandes, amygdaliformes. Parois épaisses avec pore germinatif très net.

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Cystides : uniquement faciales, pleurocystides très ventrues à rostre court ou allongé, sans réactions au KOH, 30-60 (70) x 15-25 µm.

 Saison et lieu : première semaine de mars 2016. Lormont (La Buttinière) – Gironde. Ecologie : au bord d’un chemin en forêt (plutôt ce qu’il reste de la forêt !) sur sol couvert d’une épaisse couche de bois fragmenté (feuillus) et résidus de tonte envahis par Galium aparine (Rubiacées) le Gaillet grateron (plante qui s’accroche à tout ce qu’elle rencontre dans le besoin de s’élever vers la lumière). En raison de sa localisation cet endroit supporte un énorme facteur anthropique.

Tapinella panuoides   (Fr. : Fr.) E.-J. Gilbert   Paxille faux panus

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Chapeau : 3 à 8-10 cm, ocre crème, lobé et feutré. Chair : insignifiante. Lames : jaunes, flexueuses, anastomosées mais facilement détachables. Odeur : fruitée ! Ecologie et situation : Apparus en grand nombre sur BRF autour de la mairie de Lormont (Gironde)  pendant plus d’un mois (du 12 01 2016 au 15 02 2016).

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Spores : + ou – ovoïdes 4-6 x 3-4 µm.

Reportage mycologique

Jacques Beck Ceccaldi

 

Champignons d'Aquitaine et d'ailleurs