Champignons&Co: Lège garde le cap pour la deuxième édition

L’année dernière à même époque sortie sur le terrain, pique-nique, expo, conférences avaient répondu aux attentes des Ferretcapiens. Aussi cette année, pour la deuxième édition de Champignons&Co, Isabelle Quincy pharmacienne-mycologue-conseillère municipale et Jacques Boyer CEMA ont gardé le cap en suivant le même déroulé lors de la journée mycologique du samedi 15 octobre.

Une cinquantaine de participants étaient au rendez-vous le matin à la médiathèque de Petit-Piquey ainsi que les « encadrants » du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine. Plusieurs groupes étaient formés pour aller dans différents biotopes de Lège à la rencontre des espèces présentes.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensPar exemple, un des groupes partait à pied vers le parcours santé et en bord de route dans l’herbe sous les arbres trouvait quelques russules et … des Marasmes des oréades (Marasmius oreades, faux mousserons). Jean André Camy du CEMA pointait alors (photo du haut) les ronds de sorcière témoignant de la progression concentrique du mycélium donnant naissance en sa périphérie aux appareils reproducteurs appellés communément champignons.

La forêt recelait également quelques espèces dont notamment (photos centre droite) le Pheole de Schweinitz (Phaeolus schweinitzii) et celle qu’il faut reconnaître absolument, l’Amanite phalloïde.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensDe retour dans le jardin de la médiathèque les différents groupes se mettaient à table pour y disposer les champignons prélevés lors des balades didactiques et, pour certains d’entre eux, s’attabler ensuite autour du pique-nique.

La diversité des lieux explorés, le nombre des cueilleurs concourrait à une récolte abondante en diversité mise en valeur et classée par espèces et genres par le CEMA.lège-cap-ferret, petit-piquey, ville de lège, CEMA, Isabelle Quincy, Jacques Boyer, pharmaciensL’après-midi dans une salle de la médiathèque, Isabelle Quincy (en haut au centre de notre montage) qui avait été le fil rouge de cette journée, présentait les conférences: « Qu’est-ce qu’un champignon. Physiologie et écologie (par Jacques Boyer) », « Champignons et radioactivité (par Michel Pujol) », « Champigons des dunes: un biotope particulier (par Jacques Boyer) ». Les questions et retour d’expérience de l’auditoire témoignaient de l’intérêt apporté à une meilleure connaissance du monde fongique et aussi aux précautions à prendre pour ne pas être victime d’intoxication par les champignons.

Ce dernier aspect était au centre d’une balade du lendemain cette fois du CEMA et des collaborateurs du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux autour du Phare du Cap-Ferret. Nous l’évoquerons dans une prochaine note en … gardant le cap.

M.P.

Une Lépiote haute en couleurs dédiée à Bresadola récoltée et étudiée par Jacques Beck Ceccaldi

 

Leucoagaricus bresadolae

(Schulzer) Bon

Ordre : Agaricales  Famille : Secotiaceae (ancienne tribu Lepiotaceae)

Ss.-famille : Leucocoprinoideae  Genre : Leucoagaricus  Section : Annulati

Lépiote de Bresadola

Dédié à Bresadola     

 

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

 Récolte : Du 19 septembre 2016. Après un mois d’août sans une goutte d’eau un orage a éclaté la première semaine de septembre (pendant 7 minutes) et aura été à la base de la poussée soudaine de cette espèce.

Substrat : espace très fortement anthropisé (processus de dégradation des sols par l’action de l’homme). Dépôt de tontes et feuilles, depuis de nombreuses années, rapportées de multiples parcs et jardins ou plates-bandes au bord des avenues de la ville sur le passage d’une canalisation de gaz traversant ce qu’il reste d’une ancienne zone boisée actuellement entourée d’un parc de stationnement et d’une immense salle de sport.

Mode de développement : poussées bien réparties sur deux semaines car protégées par :

  • une rangée de chênes certainement centenaires miraculeusement épargnés de la dégradation des environs
  • et bien cachés à la vue par une végétation basse rampante favorisées par l’épaisseur du« mulch ».

Macroscopie

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

Chapeau : 10 à 23 cm, tronconique et gris au début puis étalé jusqu’à plus de 20 cm. Squames concentriques grises à brun-roux sur fond blanc.  Lames : serrées, larges, libres (pseudo-collarium), blanches avant manipulation.  Stipe : 80-120 (150), cylindrique vite creux, blanc lisse au-dessus de l’anneau, fibrilleux en dessous et un peu bulbilleux fusiforme.

leucoagaricus bresadolae  (schulzer) bon,jacques beck ceccaldi,cema,microscopie,bresadola,lormont

Couleurs : toutes les parties, par la manipulation, passent d’un beau jaune orangé  au rouge puis au noir profond.  

Odeur : agréable (un peu miellée !) : Saveur : douce. Comestibilité : indigeste et sans intérêt culinaire.

Liste rouge des champignons menacés (ou menaçant) en France : R. Courtecuisse

Type  trophique : (relatif à la nutrition) Shu= saprotrophe humicole (sur humus ou litière).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)

 Alien = taxon allochtone pouvant éventuellement avoir un comportement invasif.

                             Microscopie:

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Basides : banales, tétrasporiques, absence de boucles,

leucoagaricus bresadolae  (schulzer) bon,jacques beck ceccaldi,cema,microscopie,bresadola,lormont

Sporée : blanche à crème très pâle.

*Basidiospores ou acrospores : ellipsoïdes, lisses, hyalines, dextrinoïdes, parois épaisses, forte réaction au réactif de Melzer, à pore germinatif pas si faciles, dans notre cas, à déterminer. Il s’agit d’observer une «* discontinuité structurale marquée ou ouverture circulaire perforant au moins une paroi ». Les points rouges sur la photo  permettent de mieux situer le pore alors que les points bleus au pôle opposé indiquent le hile ou ponctuation au point d’attache au stérigmate de la baside. Le rouge congo aura permis de voir le contenu granuleux des spores mais c’est simplement dans l’eau (sans aucun agent gonflant) que l’on parviendra à voir cette discontinuité dans l’épaisseur de la paroi interne à un pôle de la spore et que nous  pouvons obtenir les meilleures mesures de la longueur et de l’épaisseur de la spore, 9-12/ 6-8 µm.

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Cheilocystides : sur l’arête des lames et si nombreuses que les basides ne peuvent apparaître sur la marge. Courtement ventrues, 40-100/10-20 microns avec un bec court ou long jusqu’à 20-40

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Pleurocystides : inexistantes sur les faces des lames.

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Le revêtement du chapeau : squames apprimées formées d’hyphes irréguliers.

Boucles : inexistantes aux cloisons.

Etude de Jacques Beck Ceccaldi

  *d’après M. LOCQUIN     Mycologie générale – Masson 1984 p. 429 – 445

 

Avec une équipe de FR3 le tour du phare du Cap-Ferret et ses champignons

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Le CEMA organisait dimanche 16 octobre une sortie mycologique avec le Centre Antipoison et de toxico vigilance de Bordeaux dans la forêt de chênes verts et de pins ceinturant le phare du Cap-Ferret. Il s’agissait aussi de prélever des échantillons frais et dûment identifiés pour une étude de spectrométrie de masse afin d’établir des fiches d’identification propres à chaque espèce.

Marie-Pierre d’Abrigeon et S. Delalot étaient venus à la rencontre des mycologues, médecins, pharmaciens, infirmiers, internes, étudiants etc. pour réaliser micro au poing et caméra sur l’épaule et … au ras du sol un reportage diffusé le soir même http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_aquitaine.html

Accédez à ce reportage (de7’10 à 9’13)  en cliquant sur le lien ci-dessus donnant le replay du journal.

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La Science en partage avec le CEMA à La Burthe à Floirac (33)

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Partager ses expériences, ses connaissances avec le public le plus large c’est bien une des bases de la Fête de la Science. Cette année, le CEMA avait proposé une rencontre avec et autour des champignons, sur le terrain. Le domaine de La Burthe à Floirac (33) est un lieu fréquenté par joggeurs, cyclistes et promeneurs qui, le plus souvent, ne remarquent pas ces « bêtes » à chapeaux, tubes, plis, aiguillons etc… surtout quand ça ne se mange pas.

La prudence est bonne conseillère en matière de mycophagie d’autant que ces bolets que vous voyez au bas de notre montage photo sont du groupe du Bolet de Satan. Ils poussaient en nombre en milieu ouvert et ceux renversés laissaient à penser qu’ils avaient été écartés, fort heureusement, par quelques cueilleurs en mal de cèpes.

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Le soir venu, la pluie est tombée jusqu’au matin mais la sortie c’était avant et hors quelques lignicoles comme ce polypore géant (Meripilus giganteus) on ne retrouvait plus, sur les hauteurs du site, les amanites et agarics rencontrés à la même époque en 2010 en particulier au pied d’un énorme cyprès.

Une reconnaissance la veille de cette sortie ouverte au public avait permis de localiser quelques espèces dans les parties basses bien plus humides.

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Au cours de notre Journée de la Science, cette Amanite peu commune a été observée

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tout comme ces bolets rouge et jaune très présents sur le site.

Guy Vialette, Jean André Camy, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol, tous mycologues du CEMA ont pu conduire nos invités, parmi lesquels des botanistes, vers les biotopes à champignons. Amanites dont Amanita ovoidea, Mycènes dont Mycena haematopus, Agrocybes, Pholiotes, etc. ont été commentés, prélevés en partie pour l’expo traditionnelle de fin de partie … de campagne en ville.

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Initiations au Bourgailh (33 Pessac): lichens et champignons avec le CEMA et J.L. Farou

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C’était hier dimanche la première des animation auxquelles participe le CEMA sur le site du Bourgailh à Pessac (33). Séance de conférences interactives avec Jean-Louis Farou (Association Française de Lichénologie), Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol (CEMA) puis applications sur le terrain.

Le lien entre lichens et champignons était présenté et illustré par Jean-Louis Farou dans un diaporama didactique après que Michel Pujol ait évoqué les principes de base de la mycologie. Un focus sur les intoxications par les champignons clôturait les interventions d’initiation à l’étude des lichens et des champignons.

Un petit tour sur le terrain permettait aux participants de mettre en pratique les informations prodiguées. Nombreux lichens et peu de champignons à cause de la sécheresse mais de magnifiques Sparassis laminosa (clavaires à lames) repérés par Marguerite avant les conférences furent examinés et … photographiés.

A propos d’une nouvelle pousse de Hohenbuehelia petaloides sur une pelouse de Lormont, les observations de Jacques Beck Ceccaldi

Dans une précédente note s’inscrivant dans une série d’études consacrées à des champignons venant sur BRF et prairies en Gironde, Jacques Beck Ceccaldi évoquait sous les angles macro et micoscopique le Pleurote pétaloïde. Après une nouvelle récolte, un mois après, de cette espèce il fait part ici de ses observations:

Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies Lormont 33310 Fr  Août 2016 (suite)

        Espèce                                                         Auteurs                Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

Pleurote pétaloïde

    Ordre : Tricholomatales Famille : Pleurotaceae  Genre : Hohenbuehelia

Genre dédié à  Hohenbuehel      du grec : petalon = pétale, spatule.

 

Récolte : pelouse du petit parc entourant la Mairie de Lormont plus d’un mois après les précédentes récoltes de début juillet.

Substrat : herbe de la pelouse en bonne santé et bien entretenue, humidité du sol importante résultant de l’arrosage enterré fonctionnant à la nuit tombée pour échapper au soleil inondant la zone toute la journée. La pelouse composée de trèfle et différentes graminées fines est tondue assez haut.

Photo 1: bien protégées du soleil et cachées dans le trèfle il aura fallu, pour les photographier, couper aux ciseaux les abords immédiats des hohenbuehelia.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 2 et 3 : la forme est plus ou moins « spatulée » surtout lorsque les champignons  se découpent (se déchirent longitudinalement) ; ce qui semble une caractéristique de cette espèce sur cette station.

Les lames sont blanches sur le frais et décurrentes jusqu’au point de fixation sur le substrat tout comme la marge qui se retourne vers les lames sur le tard.

Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 4 : les champignons sont simplement placés sur un plastique transparent pour les laisser sporuler toute une nuit. La pièce est fermée pour obtenir l’obscurité complète  (sans que ce soit une nécessité absolue) ; par contre la température de la pièce a été maintenue à 22° et l’absence du moindre courant d’air paraît être assurée.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAPhoto 5 : La répartition, sur le plastique, de la sporée dépend surtout de la forme des champignons, de leurs éventuelles déchirures et certainement aussi de la place libre sous les taxons puisqu’ils sont simplement posés sur le plastique.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMALa photo est tirée en noir et blanc pour bénéficier des limites de la netteté. S’en suivent les agrandissements des photos 6 – 7 – 8.Pleurote pétaloïde, Hohenbuehelia petaloides, Lormont, jacques beck ceccaldi, CEMAJacques Beck Ceccaldi

Il fait feu de (presque) tout bois

 

Laetiporus-sulphureus-MP-CE.jpg

Rencontré hier samedi dans un parc de Gradignan (33170) sur de grosses bûches de feuillus, peut-être de chêne, le Polypore soufré développe ses étages en console sur beaucoup d’essences: eucalyptus (Corse septembre 2012) , robinier, hêtre et prunus (récoltes 2009), platane etc… 

Dimanche c’était la seule espèce de champignon à apparaître alors que le biotope se prêtait à une grande diversité mais les pluies récentes n’avaient pas encore réveillé la fonge.

Rencontres mycologiques (suite): du côté de Bergons avec AMB/SMB/CEMA

Rencontres Bergons-MP-CEMA.jpg

Nous publions la suite du compte-rendu des rencontres mycologiques SMB/SMC/CEMA des 3 et 4 septembre autour d’Argelès-Gazost (65). Après la journée au Lac d’Estaing  voici évoquées les recherches non sans déterminations et … dans la plus grande convivialité dans la forêt de Bergons.

Ce biotope autour de « La Cabane » rappelait aux anciens du CEMA de très bons souvenirs de découvertes  en 2009 . Or en cet an de grâce 2016 le Ciel a gardé l’œil sec et, sans larmes de pluie, peu de champignons. Bergons étant près de Lourdes et les lieux présentant dans le bas quelques zones plutôt marécageuses le miracle s’est accompli et la liste des espèces récoltées n’est pas restée … vierge.

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Même des cèpes ont été trouvés par Véro et Serge. De surcroît dans deux formes différentes, une forme nigricans (ci-dessus à gauche) plus sombre que le type habituel (à droite) du Cèpe de bordeaux.

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Les lignicoles, sécheresse oblige, prenaient une large part dans les espèces rencontrées tel le Polypore résineux (Ischnoderma resinosum) qui, comme son nom ne l’indique pas pousse sur feuillu et ici sur hêtre.

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et le drôle pleure bien plus que le Ciel cité plus haut.

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On pourrait le croire lignicole, et son nom l’accréditerait. Mais. Comme le fait remarquer Robert Cazenave ce bolet (Buchwaldoboletus lignicola), « comme son nom ne l’indique pas est un parasite! Il pousse apparemment sur le bois, mais il se nourrit en réalité du mycélium de Phaeolus schweinitzii. »  Autre appellation synonyme:  Pulveroboletus lignicola (Kall.) Pilát.

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Courant mais au joli velouté du revêtement du chapeau, le polypore bai (Polyporus durus).

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Enfin pour clore, en images, la langue du bois, ce spectaculaire polypore géant (Meripilus giganteus) bien développé.

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Des arbres sautons dans l’herbe pour cette ravissante composition myco-botanique quand Sebacina incrustans encroûte les herbes (ici), aussi les débris végétaux et, parfois, s’épanouit au pied des troncs.

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Parmi les Agaricales, comme pour rappeller que les champignons ça tue, cette amanite vireuse (Amanita virosa) plus fréquente en montagne et aussi toxique que l’amanite phalloïde.

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Une variété d’A. muscaria citée la veille au soir lors des exposés, Amanita muscaria var. aureola plus dorée que la tue-mouches type et aussi moins squamuleuse du chapeau.

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Bien pitées dans la terre par leur pied radicant (détail en bas à droite) ces deux collybies radicantes (Xerula radicata) ornaient le chemin de retour de notre balade

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ainsi que cette russule profondément enterrée ne montrant que son chapeau et que nous avons peu à peu dégagé (notre montage) pour découvrir le stipe bien blanc et les lames du plus beau jaune citrain. D’autres russules de la même espèce figuraient sur la table de détermination avec un dégradé de traces violettes. Il s’agissait bien sûr de Russula violeipes fo. citrina.

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Après apéritif et pique-nique les forces étaient reconstituées pour que, aidé de l’assistance, Robert, avec bienveillance et détermination, analyse tous les cas d’espèces.

M.P.

Bergons : 113 espèces déterminées

Amanita citrina ; A. fulva ; A. muscaria f.aureola ; A. rubescens ; A. rubescens var.annulosulfurea ; A. spissa ; A. virosa ; Artomyces pyxidatus ; Bjerkandera adusta ; Boletus calopus ; B.edulis ; B. edulis f. nigricans ; B. erythropus ; B. luridus ; B. pulverulentus ; B. subappendiculatus ; Calocera viscosa ; Cantharellus cibarius var.amethysteus ; Chlorociboria aeruginascens ; Clitocybe clavipes ; Cl. odora ; Collybia confluens ; C. maculata ; Cudoniella acicularis ;

Daedaleopsis confragosa ; D. confragosa var.tricolor ; Diatrype decorticata ; D. disciformis ; Eutypa maura ; Fomes fomentarius ; Fuligo septica ; Galerina marginata ; Ganoderma carnosum ; G. lipsiense ; Guepinia helvelloides ; Gymnopilus penetrans ; Heterobasidion abietinum ; Hydnum repandum fo.rufescens ; Hygrophorus chrysodon ; H. fagi ; Hymenochaete cruenta ; Hypholoma fasciculare ; H. radicosum ; H. sublateritium ; Hypomyces chrysospermus ; Hypoxylon cohaerens ; H. fragiforme ; H. fuscum ;

Ischnoderma resinosum ; Kuehneromyces mutabilis ; Laccaria amethystina ; Lactarius picinus ; L. salmonicolor ; Leccinum scabrum ; Lenzites betulinus ; Lepiota clypeolaria ; L. ventriosospora ; Lycogala epidendrum ; Lycoperdon perlatum ; Macrolepiota procera var.fuliginosa ; Marasmius cohaerens ; M. rotula ; Megacollybia platyphylla ; Meripilus giganteus ; Mycena galericulata ; M. pura ; Mycoacia uda ;

Oligoporus tephroleucus ; Otidea onotica ; Oudemansiella radicata ; Peniophora limitata ; Peziza badia ; P. succosa ; Phaeolus schweinitzii ; Phellinus hartigii ; Ph. Punctatus ; Phlebiella vaga ; Piptoporus betulinus ; Pleurotus cornucopiae ; Pluteus leoninus ; Pl. luteovirens ; Polyporus ciliatus ; P. durus ; P. varius ; Postia caesia ; Pulveroboletus lignicola ; Pycnoporus cinnabarinus ;

Rickenella mellea ; Russula albonigra ; R. aurea ; R. delica ; R. fellea ; R. foetens ; R. mustelina ; R. ochroleuca ; R. olivacea ; R. vesca; R. violeipes fo.citrina ; Scleroderma citrinum ; Sebacina incrustans ; Sparassis nemecii ; Stereum hirsutum ; S. rugosum ; Strobilomyces strobilaceus ;

Trametes gibbosa ; T. hirsuta ; T. pubescens ; T. versicolor ; Tricholomopsis rutilans ; Tylopilus felleus ; Tyromyces kmetii ; Ustulina deusta ; Xerocomus chrysenteron.

 

Rencontres aux sommets AMB-SMB-CEMA: ça pousse toujours en montagne! Première partie

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Le week-end dernier l’Association Mycologique de Bigorre (AMB) recevait sur ses terres élevées la Société Mycoloque du Béarn (SMB) et le Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine (CEMA). Les plus que jamais traditionnelles ( 2009  10  12  13  14 15 ) rencontres interassociatives avaient pour base le Village de vacances Clairevie à Argelès-Gazost et pour lieux de récoltes le Lac d’Estaing le 3 septembre et la Forêt de Bergons le lendemain. Deux jours de grande convivialité dans le plaisir de se retrouver pour partager une même passion.

La sécheresse persistante laissait craindre de timides pousses. Effectivement les chapeaux d’amanites, bolets ou autres russules n’apparaissaient pas à chaque pas dans la haîtraie-sapinière, loin de là, mais la troupe de plus de quarante fantassins ratissait large et collectait de quoi étoffer la liste des espèces à déterminer aussi bien au Lac d’Estaing le samedi que dans la Forêt de Bergons le dimanche.

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Parmi les espèces rencontrées samedi, ce bolet que l’on trouve sous épicea et sapin.

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Aussi ce lactaire des sapins (Lactarius salmonicolor) envahi par un autre champignon, un hypomyces (Hypomices lateritius) qui « cautérise » les lames du support et le brique grandement. D’ailleurs on trouvait également beaucoup de bolets, en particulier des Xerocomus chrysenteron habités et littéralement momifiés par un autre hypomyces très courant (hypomyces chrysospermus).

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En bord de chemin, donc sensible à la rosée du matin et aux rayons du soleil, ce laccaire trouvé fréquemment dans ce biotope.

Après le pique-nique sur place, au bord du lac ourlé de camping-cars, de touristes, de chevaux amateurs de casse-croûte (n’est-ce pas Henri?) la détermination, dirigée par Robert Cazenave, se déroulait plus bas, à Argelès à Clairevie.  argelès-gazost,lac d'estaing,forêt de bergons,amb,smb,cema,rencontres mycologiques,rencontres interassociativesAprès le repas du soir, en quatre temps sans pas de danse mais avec vidéo-projecteur, il était évoqué l’historique de nos rencontres inter-associatives dont c’était la septième édition. Robert Cazenave présentait « les champignons près de nous » aussi bien dans les nuages, que sur terre et dans l’eau. Très intéressant et vaste sujet. Sujet non moins digne d’intérêt, Yves Cestac traitait des rapports entre champignons et insectes et champignons avec … champignons. Enfin, en fin de conférences, Michel Pujol en appellait notamment à l’imaginaire avec l’Amanite tue-mouches dans tous ses états tintinophilie comprise.

M.P.

Estaing : 91 espèces déterminées

Agaricus campestris ;  A. campestris var.squamulosus ; A. semotus ; Amanita vaginata ;

Boletus erythropus ; B. luridus ; Bondarzewia mesenterica ; Calocera viscosa ; Cantharellus cibarius var.amethysteus ; Clitocybe clavipes ; Cl. Phaeophthalma ; Clitocybula lacerata ; Clitopilus prunulus ; Collybia confluens ; Cyathus striatus ; Cystoderma amianthinum ; Cystolepiota sistrata ;

Daedaleopsis confragosa var.tricolor ; Diatrype decorticata ; D. stigma ; Echinoderma asperum ;

Fomitopsis pinicola; Fuligo septica; Ganoderma carnosum; G. lipsiense; Gerronema ericetorum; Guepinia helvelloides; Gymnopilus picreus; Gyroporus castaneus; Heterobasidion abietinum; Hydnum repandum; H. rufescens; Hygrocybe intermedia; Hymenochaete tabacina; Hypholoma capnoides; H. fasciculare; Hypomyces chrysospermus; H. lateritius;

Inocybe geophylla; Ischnoderma benzoinum; I. trogii; Kuehneromyces mutabilis; Laccaria amethystine; L. laccata var.pallidifolia; Lactarius blennius; L. pyrogalus; L. salmonicolor; Leccinum piceinum; Lepiota clypeolaria; L. ignivolvata; Lycogala epidendrum; Lycoperdon molle; L. perlatum;

 Marasmius alliaceus; M. androsaceus; M. rotula; Megacollybia platyphylla ; Meruliopsis corium ; Mycena pelianthina ; Mycena rosea ; Oligoporus tephroleucus ; Oudemansiella melanotricha ; O. radicata ; Panaeolus semiovatus ; Paxillus involutus ; Phaeocollybia lugubris ; Phallus impudicus ; Phellinus hartigii ; Pholiota astragalina ; Ph. Aurivellus ; Pleurotus ostreatus; Pluteus atromarginatus ; Pl. luteovirens ; Polyporus varius ; Pycnoporus cinnabarinus ;

Russula albonigra ; R. mustelina ; R. olivacea ; Scleroderma areolatum; Skeletocutis nivea; Stereum hirsutum; St. rugosum; Suillus granulates; Trametes hirsute; Tr. Pubescens; Trichaptum abietinum; Tricholoma scalpturatum; Tr. Sulfureum; Tricholomopsis decora; Tr. Rutilans; Xerocomus chrysenteron.

Dans une prochaine note, la journée à la Forêt du Bergons

STROPHARIA CORONILLA Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite 5 et fin) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions la fin du deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Micromphale brassicolens et Pluteus pearsonii , dernier focus aujourd’hui sur Stropharia coronilla (Bull. :Fr.) Quélet 

Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016.

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Stropharia coronilla    (Bull. :Fr.) Quélet    Stophaire coronille

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi 

Chapeau : 2 à 5,5 cm, convexe s’étalant sur le tard, très peu visqueux à sec rapidement, jaune clair. Lames : échancrées, gris violacé. Chair blanche à odeur non caractéristique. Stipe : 2 à 6 x 0,4 à 0,6 cm, blanc à anneau strié coloré par les spores.

Dans l’herbe des parcs, jardins et prairies, peu courant. Dans notre cas, dans l’herbe de plates-bandes devant un magasin en centre-ville le 02 06 2016.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu= saprotrophe humicole (humus, litières).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Basides tétrasporées banales.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Sporée : brun pourpre. Spores : ellipsoïdes, lisses, parois épaisses, sans pore germinatif, 7-9x 4-6 µm.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Poils d’arête en massue, très nombreux entrecoupés de rares chrysocystides à apex courtement becqué.

Stropharia coronilla, strophaire coronille, CEMA, Jacques Beck Ceccaldi

Sur la face des lames les pleurocystides sont en fait des chrysocystides très nombreuses à inclusion amorphe réfringente.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

MICROMPHALE BRASSICOLENS et PLUTEUS PEARSONII Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite 4) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions la suite du deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Hypholoma fasciculare , focus aujourd’hui sur Micromphale brassicolens (Romagnesi) Bon et Pluteus pearsonii 

A paraître dans une prochaine note Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016.

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Micromphale brassicolens    (Romagnesi) Bon  Syn. Gymnopus b.     Marasme à odeur de chou

Micromphale brassicolens, gymnopus brassicolens, marasme à odeur de choux, pluteus pearsonii, plutée de Pearson, microscopie, Jacques Beck Ceccaldi, CEMA

Chapeau : 1 à 3-4 cm de diamètre, bord + ou – strié, brun-roux à ocre beige puis presque blanc par temps chaud et sec. Chair : élastique. Odeur : très désagréable de chou pourri. Saveur : douce. Lames : adnées, blanches puis brunes. Stipe : 2-5 cm x 1-3 mm, roux en haut et noir jusqu’en bas. Habitat : sur humus riche en fins débris de bois pourrissant sous charmes (Carpinus).

Basides : tétrasporiques, banales, 30 x 5µm (boucles oui mais impossible à mettre au point).  Sporée : crème.

Micromphale brassicolens, gymnopus brassicolens, marasme à odeur de choux, pluteus pearsonii, plutée de Pearson, microscopie, Jacques Beck Ceccaldi, CEMA

Spores : ellipsoïdes, hyalines, 4,5-6 x 2,5-3,5 µm I-. Nous avons réalisé trois sporées de trois exemplaires pour vérifier les remarques suivantes perçues sur neuf observations avec un agrandissement de 1000 fois : les sporées données lisses dans la littérature et dans la zone de netteté de nos images apparaissaient finement granuleuses et ornées de connections réalisant un fin réseau irrégulier et incomplet dans une zone un peu plus floue.

Cystides : inexistantes.  Présence de poils hyalins sur le pied (non observés ici).

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Pluteus pearsonii    Orton      Plutée de Pearson

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Chapeau : très bel exemplaire de 12 cm de diamètre, hémisphérique devenant étalé sur le tard, brun gris et foncé au centre, radialement fibrilleux sur fond blanc à la marge puis orné de fines squamules feutrées plus denses donc foncées au centre. Lames : blanches, libres, rose sale, arêtes dentelées. Stipe : 10 x 0,5 à 1,5 cm. Cylindrique lisse, plein mais cassant, blanc avec parfois des fibrilles plus foncées. Odeur : nulle. Substrat : bord de chemin en lisière de forêt sur sol couvert de déchets de bois. Rare.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu ré = saprotrophe humicole sur rémanents (paillis, BRF, écorces).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  Lc. Statut de menace de préoccupation mineure.

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Basides : tétrasporiques sans boucles, 20-40 µm. Sporée : ocre rougeâtre. Spores : subglobuleuses à ellipsoïdes (très peu nombreuses dans ce dernier cas), lisses à parois fines, 5-7x 5- 6 µm.

Micromphale brassicolens, gymnopus brassicolens, marasme à odeur de choux, pluteus pearsonii, plutée de Pearson, microscopie, Jacques Beck Ceccaldi, CEMA

Cystides: les cheilocystides de la marge pullulent dans des dimensions particulièrement variables 30-80 (90) x 15-35 (40) µm.

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tandis que les pleurocystides rares dans certains exemplaires mais nombreuses dans d’autres, se présentent dans les mêmes dimensions.

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 Sur le revêtement du chapeau les squames du centre, plus nombreuses et foncées contiennent (redressés) les derniers articles des hyphes cloisonnées dont les dimensions peuvent dépasser 300 µm. de long et 10 à 20 µm au plus large à contenu pigmentaire granuleux et brun foncé.

Remarques : Les descriptions obtenues dans la littérature nous ont fait accepter Pluteus pearsonii pour notre récolte mais il semble que cette espèce ressemblerait à Pluteus ephebeus ou encore Pluteus plautus et Pluteus murinus que certains auteurs synonymisent  facilement bien que des différences apparaissent dans les dimensions sporales mais aussi sur les « poils » du revêtement du chapeau qui forment dans notre collection un épicutis trichodermique.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

HYPHOLOMA FASCICULARE Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite3) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions le deuxième volet d’une étude (19/5/2016 blog sudouest blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Hohenbuehelia petaloides , focus aujourd’hui sur Hypholoma fasciculare  (Huds. :Fr.) P.Kumm.

A paraître dans de prochaines notes  Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

Hypholoma fasciculare    (Huds. : Fr.) P.Kumm.

Hypholome en touffes

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Chapeau : 2 à 6 cm, roux puis verdâtre à jaune citron, à marge avec des lambeaux de voile parfois. Lames : adnées, jaune verdâtre. Stipe : 8 x 0,8 au maximum, jaune taché de roux avec une zone de cortine marquée par les spores. Chair : jaune dans le chapeau. Saveur : amère. Odeur : faible.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Sl = saprotrophe lignicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Remarques : dans notre région c’est le champignon le plus commun et le plus fréquent car présent pratiquement en toutes saisons en dehors des périodes de gel. Attention à sa forte toxicité.

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Microscopie : Basides : tétrasporiques bouclées, petites 20 x 6 µm. Sporée : brun pourpre. Spores : ellipsoïdes, lisses à pore germinatif tronqué et parois épaisses. 6-7 x 3,5-5 µm. Cheilocystides : sur la marge des lames,, cylindriques avec un faible étranglement du tiers supérieur qui permet un léger arrondissement du sommet.

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  Notre récolte montre que ces cellules portent une pigmentation ( ?) granuleuse extérieure non encore dissoute ou bien correspondent-elles à l’appellation « criniformes » trouvée parfois dans la littérature ?! . Les pleurocystides nombreuses sont des chrysocystides béquées (ou non)  à contenu amorphe.

Etude Jacques Beck Ceccaldi

HOHENBUHELIA PETALOIDES Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite2) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)

Nous publions le deuxième volet d’une étude (19/5/2016  blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Après Agrocybe dura , focus aujourd’hui sur Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

A paraître dans de prochaines notes  Hypholoma fasciculare, Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et Stropharia coronilla . Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

Hohenbuehelia petaloides  (Bull. :Fr.) Schulzer

Pleurote pétaloïde

    Ordre : Tricholomatales Famille : Pleurotaceae  Genre : Hohenbuehelia

Genre dédié à  Hohenbuehel      du grec : petalon = pétale, spatule.

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Récolte : pelouse du petit parc entourant la Mairie de Lormont (altitude 55 mètres) plein été avec une pluviosité si faible que l’eau n’est pas parvenue au sol sous les arbres. Du 24 juillet au  08 aout 2016.

Substrat : herbe de la pelouse en bonne santé et bien entretenue, humidité du sol ressentie (la main dans l’herbe) mais faible, en plein soleil, pas d’épiphytie visible. Pas le moindre débris ligneux aperçu alors que les auteurs indiquent toujours … en relation avec du bois enterré ….

Notez bien : pour l’instant nous n’avons pas réussi à savoir si l’arrosage enterré avait fonctionné les jours précédents ( ?).

Mode de développement : très lent pour cette douzaine d’exemplaires en rond de sorcière (diamètre 2,5 m.) qui 12 jours  plus tard ne semblent pas s’être développés sinon excessivement lentement mais n’en sont pas pour autant affectés. La première couleur très pâle ne s’est colorée que lentement d’ocre jaune mêlé de brun rouge.

Chapeau : (voir planche 1) 4 à 6 cm, en spatule plus ou moins courbée, très gélifié, blanchâtre pâle vers la marge puis ocre brun plus marqué. Lames : blanches, serrées, étroites, anastomosées décurrentes jusqu’au bas du pied et brunissantes.  Stipe : très court et latéral, pubescent.  

Odeur : « *… l’odeur fongique de cette espèce, celle de la farine, est la plus répandue chez les champignons. Le modèle ou « étalon »servant à définir cette odeur est le composé chimique suivant : heptylate de phényl-éthyle + acétate nonylique + isobutyle quinoléine. Son analogie se rencontrerait dans les fleurs de châtaignier, les stigmates de maïs, la colle de pâte ou la farine malaxée avec de l’eau. …»

Description microscopique :

Basides : banales, petites, tétrasporiques.

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Sporée : blanche à crème pâle. Spores : 6-8,5 x 4,5-5,5 µm, lisses (?) ellipsoïdes, apiculées sans pore germinatif (voir planche 2).

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Cheilocystides nématophages : (voir planche 3) sur la marge des lames, les mêmes que dans de nombreuses hohenbuehelia. Elles ont la forme d’une petite bouteille 10-20 µm x 3-10 µm à ‘goulot’ (souvent ramifié) en forme de sablier 6 x12 µm de 1 à 3 ou 4 étranglements qui supporteront une boule de mucus de 3 à 6 µm de diamètre appelée « gliosphex » (voir planche 4) c’est un organe   adhésif, paralysant et infectant.

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Ces boules  forment un bourgeon  qui perfore la cuticule du nématode et se développe en interne. De là apparaîtra un suçoir qui, en se ramifiant, digèrera les tissus et les organes du ver.

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Cystides oxalifères : (métuloïdes) appelées aussi lamprocystides (voir planche 5 et 6)  sur la marge des lames où nous observerons l’absence ou la présence de celles-ci 40-60(90)x12-18 µm à parois épaisses, mêlées  en nombre plus ou moins grand selon les récoltes et même sur une seule station, parmi chaque individu récolté. Sur la face des lames sont présentes de très nombreuses pleurocystides oxalifères  à parois épaisses, 50-100 x 15 à 25 µm.

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Le revêtement du chapeau (suprapellis ou épicutis) est fortement gélifié en surface et entre les couches internes, ce qui rend l’observation de ces couches et le contenu éventuel un peu délicat. Inclus en ordre très dispersé ou en « fagots » irréguliers dans la première couche d’hyphes, appelé cutis, des cystides subulées (planche 7 -piléocystides) à parois épaisses, longues et étroites mais moyennement nombreuses mesurent 25-60 (90) x 5-8 (12) µm.

Dermatocystides ou hyphes primordiales acidorésistantes : non observées.

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Boucles et anastomoses purement végétatives : (voir la planche 8) « ⃰ ⃰⃰ …importance du transport et de l’échange des matériaux nutritifs, des excitations et stimulations diverses… ».

 a – anastomoses en H (télémorphogénèse, modification de la morphologie) par stimulation réciproque de 2 filaments parallèles et très proches (3 à 5 µm.) qui vont former « un pont ».

b – anastomoses en crochets, crampons ou boucles.

c- anastomose de filaments à filaments (non observée ici mais rencontrée lors des observations.) « **…Ces différentes anastomoses doivent réaliser une meilleure constitution des complexes mycéliens par la régulation des courants cytoplasmiques… » 

Les cloisons possèdent un pore central (environ 1 µm de diamètre) qui peut être colmaté éventuellement et permettre l’afflux aux extrémités des hyphes des noyaux, des matières nutritives  et  la régénération éventuelle d’une cellule endommagée.

Les prédateurs des nématodes

« ***Certains  hyphomycès sont de véritables prédateurs des nématodes en ayant mis au point des pièges complexes (systèmes en réseaux ou anneaux simples) à boucles, anses, suçoirs, directement sur les hyphes du mycélium. Les espèces ne se servant pas de ces systèmes se contentent de boucles collantes. »

Remarques : Dans le cas des hohenbuehelia nématophages, le piège est situé sur la marge des lames sous la forme de cystides porteuses de gliosphex et mêlées  aux basides et cystides coiffées d’oxalate de calcium (suivant la présence ou l’absence de ces dernières). Il semble qu’il s’agisse là d’un système de défense plutôt que d’une véritable prédation.

Dans nos trois passages à 4 jours d’intervalle, pour la même station, nous avons réalisé 2 à 3 observations microscopiques pour chacun des champignons ramassés (3 – 2 – 2) et constaté que la première récolte ne possédait aucune cystide oxalifère sur la marge mais seulement des pleurocystides alors que les 2ème et 3ème étaient garnies de ces cystides en nombre faible à important.

Etude Jacques Beck Ceccaldi

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*d’après M. LOCQUIN     Mycologie générale – Masson 1984 p. 342

** M. Langeron – Précis de Mycologie – Masson 1945 p. 161

***d’après Dreschler : Some hyphomyces that prey on free living terricolous nématode. Mycologia, XXIX, 1937 p. 467.

Agrocybe dura [Printemps-été sur le BRF et incursions en prairies (suite) par Jacques Beck Ceccaldi (deuxième volet)]

Nous publions le deuxième volet d’une étude (lien note 19/5/2016  blog wordpress ) de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées depuis le début de printemps sur le BRF et en prairies.

Aujourd’hui, focus sur Agrocybe dura  (Bolton) Singer

A paraître dans de prochaines notes  Hoenbuellia petaloides puis Hypholoma fasciculare, Micromphale brassicolens, Pluteus pearsonni et enfin Stropharia coronilla  dernière espèce-épilogue de ce deuxième volet. Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Mai- Juin- Juillet 2016

 Agrocybe dura    (Bolton) Singer  syn. Agrocybe molesta        Agrocybe dure

                         Agrocybe dura macro

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, devient craquelé au soleil, très jeune brun noirâtre puis jaune pâle à centre plus foncé avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches jeunes puis beiges, arête entière. Stipe : 12 x 3à4 cm, cylindrique membraneux blanc à anneau en jupe blanche ou jaune pâle. Base pourvue de rhizoïdes blancs sur lesquels on peut voir, parfois, plusieurs primordiums (voir photo). Chair : blanche dans le chapeau et plus brune dans le pied. Odeur : farine rance.  Non comestible.

Habitat : en centre-ville envahissant un parterre de plantes ornementales couvert de bois raméal fragmenté le long d’un trottoir, aussi sur les bords d’un chemin clair envahi par le Gratteron aparine (Gaillet – Rubiacées) sous chênes et charmes.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

Agrocybe dura basides

Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

Agrocybe dura spores

Sporée : brune. Spores : ellipsoïdes à losangiques, lisses, à parois épaisses et pore germinatif très net. 8-10 (12) x 5-6(8) µm.

Agrocybe dura cheilocystides

Marge des lames portant de très nombreuses cheilocystides clavées, bouclées et caténulées, non béquées ou courtement au contraire des pleurocystides de la face des lames qui ne se contentent pas d’être béquées puisqu’elles peuvent porter un rostre important.

Agrocybe dura caulocystides

Au-dessus de l’anneau le pied porte en surface de nombreuses caulocystides plus ou moins clavées à parois simples.

Etude mycologique Jacques Beck Ceccaldi

Un lentin « de la sécheresse »

Lentinus-lepideus-tête-MP-C.jpg

Ce Lentin que nous avons rencontré sur un tronc de résineux moussu à terre depuis bien longtemps était seulabre sur son arbre. Il ne justifiait pas ici son appellation de suffrutescens qui, si l’on en croit le Dictionnaire étymologique des noms scientifiques des champignons d’Yves Bresson édité en 1996 par l’Association Mycologique d’Aix en Provence, signifie: « produisant quelques rejetons, subcespiteux ». En consultant Mycodb on voit des images de cette espèce justifiant les rejetons et le caractère cespiteux. En revanche les épithètes squamosus (écailleux, squameux, rugueux) et lepideus (couvert d’écailles, de squames) lui collent ici à la peau de la tête au pied.

On remarquera dans notre illustration de tête plusieurs appellations binomales dont la première partie va de Panus à Neolentinus en passant par Lentinus. Pierre Roux dans Mille et un champignons (2006 pages 286 et 287) le place dans la tribu Lentineae Fayod (chair coriace présentant au microscope une structure dimitique; boucles+; avec ou sans cystides métuloïdes), dans le genre Lentinus Fr. (lames non fourchues; chair charnue et coriace), dans le sous-genre Panus (Fr.) Pegler (hyphes squelettiques ou squeletto-ligatives le plus souvent non rameuses, « hyphal pegs » absentes, cystides parfois présentes) et enfin dans la section Squamosi Fr. (arête dentelée, pas de gléocystides ou de cystides métuloïdes).

Dans la littérature (papier et numérique) il est décrit comme apparaissant « plus facilement les années de sécheresse ». Il est vrai que le 30 juillet sur le lieu de notre récolte on comptait les espèces présentes sur les trois doigts d’une même main. 

Les auteurs (voir bibliographie en pied d’article) soulignent aussi son odeur « aromatique », « un peu de cannelle ou parfois anisée », « de cannelle ou de dentifrice ».  Sous notre exemplaire, donc on se gardera bien de généraliser, nous percevons une senteur légèrement d’alcool fruité puis une note de cannelle et à tout le moins d’épice à la dessication laquelle jaunit le sporophore.

Lentinus-lepideus-planche-M.jpg

Autre caractère outre les squames (sur notre planche ci-dessus chapeau haut droite, stipe pied centre), des lames denticulées (bas doite).

Lentinus-lepideus-spores-M..jpg

La sporée est blanche. Les spores cylindriques à cylindriques elliptiques apparaissent bien guttulées dans le lugol (notre photo) et seulement finement granuleuses dans le congo. Leurs dimensions moyennes pour notre récolte sont de 9,9×3,7µm. Breitenbach, par exemple, indique 7,5-12×3-4,5µm.

Lentinus-lepideus-décurrent.jpg

Les lames sont nettement décurrentes

Etude Michel Pujol

Bibliographie Courtecuisse&Duhem n° 140; Eyssartier&Roux p. 550; Bon p. 122; Breitenbach vol.3 n° 238; Roux p.292

Sur le Net: Mycodb ; Groupe Mycologique VosgienChampYvesMycocharentes 

Fomes fomentarius: en arrivant aux pores

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« Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant aux… pores »

La lectrice et le lecteur rectifieront d’eux-mêmes en arrivant à bons ports

En 1636, quand il publia Le Cid, Pierre Corneille ne pouvait ignorer l’existence de l’Amadouvier. Ce champignon de feu était utilisé depuis des siècles. On le retrouva en effet -rappelez-vous- dans le sac du chasseur  Ötzi découvert naturellement momifié dans le sud du Tyrol.

Vraisemblablement le chasseur préhistorique, qui avait ce tour dans son sac, ne s’en servait que pour allumer le feu. Connaissait-t-il les autres vertus prêtées à Boletus fomentarius (ainsi nommé par Linné son premier auteur en 1753)?

Selon Wikipedia « son nom renvoie à l’amadou, mot d’origine provençale qui signifie [amoureux], en allusion à sa capacité à prendre feu. Le nom binominal scientifique Fomes fomentarius se traduit, lui, littéralement par [combustible à pansements]. » Des vertus cicatrisantes et hémostatiques lui sont reconnues depuis longtemps. Plus récemment, une étude incite à trouver à Pyropolyporus fomentarius (L. ex Fr.) Teng (sa dernière appellation) un caractère antitumoral potentiel. Laissons le soin aux professionnels de la médecine de faire le tri scientifique dans l’univers des nombreux champignons dits médecinaux mais notre Amadouvier qui fait feu de tous bois et panse les petits bobos ne peut apparaître que très utile. A la question rituelle ça se mange? C’est déjà très dur de le dégager de son support qu’on a plus la force de le croquer et on ne sait pas encore s’il calme le mal aux dents. 

Il nous incite à revenir à Pierre Corneille du début de notre chronique qui, en versifiant de la prose de Molière dans son FESTIN DE PIERRE, prête à Sganarelle s’adressant à son maître Don Juan ces quelques vers:

 » Avec mon petit sens, mon petit jugement,

Je vois, je comprends mieux ce que je crois comprendre,

Que vos livres jamais ne pourroient me l’apprendre.

Ce monde où je me trouve, et ce soleil qui luit,

Sont-ce des champignons venus en une nuit?

Se sont-ils faits tout seuls?

C’était peu avant la naissance de la mycologie.

M.P.

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Bibliographie

Courtecuisse&Duhem n° 89; Bon p.320; Eyssartier&Roux p.1022; Borgarino&Hurtado p.69; Marchand T.3 pl.286

Sur le Net Champ Yves ONF Mycorance MycoDB mycocharentes

video  allumer le feu youtube 

Au gré de nos pas: le col de Manté en Haute-Garonne

Prendre de la hauteur. 1349m le col du Manté, commune de Boutz, en montant après Saint Béat, avant d’arriver à la station du Mourtis à quelques tours de pédales du col. « Relie la vallée de la Garonne (dénivelée de 848 m) à la vallée du Ger (dénivelée de 549 m) » dixit Wikipedia. Juillet. L’auberge La Soulan (accueil très sympathique) résonne. Entre cloches de vaches de l’estive (certaines sont des blondes d’Aquitaine) cyclistes espagnols, touristes scandinaves, britanniques et … mycologues qui parlent un peu latin Babel babille.

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Nous n’y étions pas venu faire du vélo sinon escalader les pentes de la hêtraie sapinière en prenant soin de souffler dès le premier champignon venu et, éventuellement, faire une pose photo. Cela en compagnie de la Société Mycologique du Comminges (SMC) organisatrice de cette rencontre au sommet à la date du 24 juillet avec la Société Mycologique du Béarn (SMB) et l’ Association Mycologique de Bigorre (AMB).

Morne plaine sèche girondine et riche fonge montagnarde. Cet été, assurément, il faut prendre de la hauteur pour rencontrer le fruit de notre passion. Bref pousser loin et surtout haut pour quelques pousses alors pourquoi ne pas découvrir Menté.

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Dès la veille de la rencontre, nous observions notamment, en repérage, en assez grand nombre Megacollybia platyphylla et Collybia dryophila colonisant le tapis humide des feuilles de hêtre, quelques russules ça et là en particulier des charbonnières aux lames lardacées, Amanita rubescens à tous les stades de croissance de même qu’ Amanita vaginata, bon nombre de lignicoles et un petit bolet amer (ci-dessus). 

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Le lendemain près d’une cinquantaine de Commingeois, Béarnais et Bigourdans allaient sillonner les sous-bois et récolter autour de soixante dix espèces différentes recensées lors de la traditionnelle séance de détermination dirigée avec bienveillance par le Président Rémi Sarraute. Ambiance amicale, festive et conviviale garantie, à « fracasser » une table de gaieté.

Au gré de nos pas, quelques poses photo:

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Bolets amers en nombre

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Quelques amanites

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Le satyre puant ami des mouches, image fixe

Le même en video

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Stereum-hirsutum-CEMA-MP.jpg

Quelques lignicoles et…

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… cerise sur le gateau ou plutôt sur Stereum hirsutum qu’elle parasite cette très belle trémelle.

Michel Pujol

Les espèces rencontrées

Amanita excelsa ; A. gemmata ; A. rubescens ; A. spissa ; A. vaginata ; Boletus calopus ; B. erythropus ; B. aestivalis ; Calocera cornea ; C. viscosa ; Cantharellus friesii ; C. pallens ; Clitocybe gibba ; Chlorociboria aeruginascens ; Coltricia perennis ; Crucibulum laeve ; Cudonia circinans ; Dacrymyces stillatus; Ditiola pezizaeformis (=Femsjonia P.) ; Hapalopilus rutilans ; Hydropus marginellus ; Clitocybe clavipes ; Collybia aquosa ; C. confluens ; C. dryophylla ; Fomes fomentarius ; Fomitopsis pinicola ; Fuligo septica ; Ganoderma carnosum ; G. lipsiense ; Gyroporus cyanescens ; Hydnum rufescens ; Hydropus marginellus ; H. subalpinus ; Hypholoma fasciculare ; Lactarius picinus ; Lactarius lignyotus; Lenzites betulina ; Lepiota ochraceosulfurescens ; Lycogala epidendron  ; Marasmiellus (=setulipes) androsaceus ; Marasmius aillaceus ; M. rotula ; Megacollybia platyphylla ; Mycena pelianthina ; M. pura ; M. vitilis ; Oudemansiella mucida ; O. radicata ; Panus conchatus ;  Phallus impudicus ; Pholiota astragalina ; Polyporus ciliatus ; P . durus ;P. varius; Porphyrellus porphyroporus ; Pterula multifida ; Pycnoporus cinnabarinus ; Resupinatus trichotis; Russula amoena ; R. aurea ; R. cyanoxantha ; R. cyanoxantha var. peltereaui ; R. grisea ; R. heterophylla ; R. vesca ; Schyzophyllum commune ;  Stereum hirsutum ; S. insignitum ; S. subtomentosum; Stropharia semiglobata ; Trametes gibbosa ; T. hirsuta ;T. pubescens; T. versicolor ; Tremella aurantia ; T. foliacea ; T. mesenterica ; Trichaptum abietinum ; Xerocomus chrysenteron.

Eté/chaleur = espèces thermophiles = verdettes

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Pas besoin de décrocher la Lune qui n’en peut mais dans la vie rêvée des mycophages mais de décocher quelques rayons du Soleil pour qu’apparaissent quelques Russules verdoyantes. La mycoastrologie retiendra que le Soleil est bien une Etoile d’où la forme de la verdette de droite écartelée par tant d’ardeur solaire.

Un Scléroderme « peau de léopard »

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Rencontrés sous couvert de feuillus tout près d’un chemin dans la ripisylve de l’Eau Bourde à Canéjan (33) ces sclérodermes étaient une des rares espèces présentes en ce jour de sécheresse récurrente.

Macroscopiquement ils se différencient notamment par leur taille (1 à 3 cm de diamètre pour notre récolte) du Scléroderme vulgaire plus massif et au péridium plus épais et craquelé une fois mature. La famille Sclerodermataceae est d’ailleurs caractérisée (Courtecuisse p. 67) par « péridium épais, rhizomorphes fréquents, spores brunes, globuleuses, verruqueuses ou réticulées ».

Chez Scleroderma areolatum les rhizomorphes abondent ainsi que le montre notre photo ci-dessus où des grains de sable s’y accrochent. Le caractère sans doute le plus discriminant est la ponctuation aréolée du revêtement de ce gastéromycète (détail ci-dessous en haut à droite). Certains auteurs parlent de « peau de léopard ». D’autres évoquent une odeur faible de caoutchouc que nous avons ressentie sur notre récolte surtout dans la phase de primo-dessication.

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Microscopiquement (montage ci-dessus) les spores (11,4 X 11µm en moyenne dans notre étude) sont globuleuses et nettement épineuses.

M.P.

Bibliographie: Eyssartier&Roux p. 1048; Courtecuisse&Duhem n° 1727; Bon p.302

Sur le Net (par exemple)Myco DB mycocharentes mushroomexpert fauneflore-massifcentral.fr

Tiques: prudence!

Tique Wikipedia.jpgLes chercheurs de champignons doivent être attentifs à la présence des tiques dans la nature. Elles attendent le passage d’un animal à sang chaud pour tomber d’une plante, fougère ou autre, et se nourrir du sang de leur proie en plantant leur rostre.  La bestiole gonfle alors et se repère ou pas sur la peau. Elle risque de transmettre la maladie de Lyme  Le Journal Sud Ouest évoque ce matin (lien précedent) l’appel lancé au gouvernement par une centaine de médecins qui estiment que « la maladie de Lyme, transmise par les tiques, est sous-diagnostiquée et mal soignée en France. 

Six comme le mois de juin

Photographies de six espèces courantes, immobiles sur l’objectif en cette fin de mois de juin dont trois qui éveillent les papilles.

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Ce Bolet réticulé n’a pas été dégusté ayant déjà fait les délices externes de limaces et plus intimes de vers mignons. Il a néanmoins attiré l’attention de sa station où seront guettés, plus tard, ses congénères.

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En revanche les Verdettes, d’ailleurs présentes sur plusieurs stations, ont eu l’honneur de l’assiette.

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De même que ces Girolles pruineuses fidèles au pied de leur chêne mais s’aventurant hors sol en moins grand nombre cette année alors que des cémaistes lot-et-garonnais ont rempli quelques paniers de ces champignons tout jaune.

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Quand le fauve montre ses dents. Cette amanite délicate mérite une pause pose pour en saisir l’élégance.

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Elle a tout d’un lactaire sans le lait cette russule…

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Enfin, en sixième position comme le mois de juin sur le calendrier, ces collybies ont quelque peu séché sur leurs pieds en fuseau bottés par quelques déchets de bois cachés par la mousse.

 

Un début de printemps sur le BRF et incursions en prairies(I) par Jacques Beck Ceccaldi

Nous publions le premier volet d’une étude de Jacques Beck Ceccaldi, co-fondateur du CEMA et chargé des études mycologiques, consacrée à quelques espèces rencontrées ce début de printemps sur le BRF et en prairies.

Aujourd’hui, focus sur Agaricus arvensis, Agrocybe praecox et Pluteus nigrofloccosus .Récoltes faites en Gironde – Bordeaux et environs. Avril – Mai 2016 (à suivre).

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  Agaricus arvensis J.C. Schaeff. : Fr. Psaliotte des jachères … Boule de neige

Chapeau : 5 à 15 cm de diamètre, globuleux si jeune puis convexe, lisse (parfois fibrilleux) et blanc à surface se déchirant en lambeaux concentriques du centre vers la marge par temps chaud et sec. Il jaunit en vieillissant. Chair : blanche, épaisse. Odeur anisée Saveur : douce. Lames : libres, larges, roses puis brun foncé à noir par les spores, arête entière. Stipe : 5-10 x 1-2,5 cm, cylindrique, plein, blanc et jaunissant faiblement au toucher. Anneau blanc, membraneux à roue dentée dessous. Habitat : de par son appellation, du latin arvum = champ labouré ou pâturé (ou en jachère) et suffixe « ensis » qui pousse dans les champs. Pairies mais tout près de peupliers pour ces exemplaires.                                       

 Type trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole                                   Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse) HL = taxon évalué mais non menacé. 

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Basides : tétrasporiques, banales, sans boucles, 15-20 µm.  Sporée : brun foncé à noire.  Spores : ellipsoïdes, à parois épaisses, 6-8(9) x 4,5-5,5 µm. Cellules de la marge : (poils) cylindriques ou clavées, hyalines, 25-40×7-15 µm.  Pleurocystides : inexistantes.

 

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Agrocybe praecox    (Schaeff.) Pers.   Agrocybe précoce

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, devient craquelé au soleil, très jeune brun noirâtre puis jaune pâle à centre plus foncé avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches jeunes puis beiges, arête entière. Stipe : 12 x 3 à 4 cm, cylindrique membraneux blanc à anneau en jupe blanche ou jaune pâle. Base pourvue de rhizoïdes blancs sur lesquels on peut voir, parfois, plusieurs primordiums (voir détails zoom photo ci-dessous).Jacques Beck Ceccaldi, CEMA, BRF, prairies, printemps, Agaricus arvensis, Psaliotte des jachères, Boule de neige

Chair : blanche dans le chapeau et plus brune dans le pied. Odeur : farine rance.  Non comestible.

Habitat : en centre-ville envahissant un parterre de plantes ornementales couvert de bois raméal fragmenté le long d’un trottoir, aussi sur les bords d’un chemin clair envahi par le Gratteron aparine (Gaillet – Rubiacées) sous chênes et charmes.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Shu = saprotrophe humicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

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Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

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Sporée : brune. Spores : ellipsoïdes à losangiques, lisses, à parois épaisses et pore germinatif très net. 8-10 (12) x 5-6(8) µm.

jacques beck ceccaldi,cema,brf,prairies,printemps,agaricus arvensis,psaliotte des jachères,boule de neigeMarge des lames portant de très nombreuses cheilocystides clavées, bouclées et caténulées, non béquées ou courtement.

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Les pleurocystides de la face des lames  ne se contentent pas d’être béquées puisqu’elles peuvent porter un rostre important.

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Au-dessus de l’anneau le pied porte en surface de nombreuses caulocystides plus ou moins clavées à parois simples.

 

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 Pluteus nigrofloccosus   (R. Schulz) Favre    Plutée à arête noire

Synonymes : Pluteus tricuspidatus  Velenovsky, Pluteus atromarginatus  (Konrad) Kühner

Chapeau : 5 à 15 cm, brun noirâtre, convexe puis élargi mamelonné. Visqueux si humide. Centre couvert de squamules dressées mais apprimées si humide et pouvant passer inaperçues. Marge lisse et incurvée. Chair crème à blanchâtre et forte odeur raphanoïde. Lames : libres, larges, roses à arête  brune. Stipe : 15 x 3 cm, cylindrique, plein et fibrilleux de brun sur fond blanc.

Habitat : grégaire, isolé sur bois de conifères (BRF) le 2 avril 2016. Tendance montagnarde rare en plaine. Comestibilité : risque d’être indigeste.

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Basides : tétrasporiques, banales, boucles** rares, 20-30 x 8-10 µm. Sporée : brun rougeâtre. Spores : ellipsoïdes, lisses, roses, 5-8 x 4-6 µm.

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Cheilocystides : cystides marginales** très nombreuses, lisses, clavées, présence de lamprocystides (nombreuses ou rares à absentes**) intercalées et souvent dépourvues (ou pourvues**) de crochets.

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Lamprocystides : nombreuses pleurocystides à crochets (2 à 4) et parois épaisses.

Type  trophique *: (relatif à la nutrition) Sl = saprotrophe lignicole.

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)  HL = taxon évalué mais non menacé.

 Remarques : dans l’individu décrit ici l’arête des lames possède des cystides pleurocystidiales intercalées très peu nombreuses et sans crochets apparents. Dans le revêtement du chapeau les hyphes sont bouclées aux cloisons.

Reportage mycologique Jacques Beck Ceccaldi

* Référentiel mycologique extrait de l’inventaire mycologique français rédigé par R.Courtecuisse (S.M.F.).

** Bien lire les descriptions des auteurs pour se rendre compte des différences certainement attribuables au caractère polymorphe de certaines espèces fongiques, mais pas seulement ! Peut-être est-ce une autre espèce que P. nigrofloccosus?

 

Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 2

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

Après un premier volet  publié hier et relatant notamment l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » voici la deuxième partie de notre retour SOUVENIRS-SOUVENIRS extraite des archives confiées par Jacques Guinberteau:

– un PDF AmanitesLandaises.pdf d’un article paru en 2002 dans le Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie sous la signature de Jacques Guinberteau et Pierre-Arthur Moreau intitulé « Notes de récolte sur les amanites vernales landaises » où il est aussi question de Amanita decipiens, A. curtipes, A. ponderosa outre le « tiercé » boudieri-beillei-gilbertii.

– et quelques photos in situ

Amanita beillei

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Le 8 mai 2008 avait été moins poussif que celui de 2016 ou plutôt … plus riche en pousses. Un grand merci Jacques G. 

 

Les champignons et la Mycoliste au cœur de la 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’urgence au CHU de Bordeaux

Il a aussi été question des envenimations par les araignées en France et même de crapaud mais le CEMA, participant à la Mycoliste (voir plus loin), invité à cette 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’Urgence était attentif et peut-être un peu plus compétent en matière d’intoxications par les champignons. Présentées plus en avant qu’en … toile de fond, les sujets champignons étaient abordés en effet en début de programme.

Cette journée validant le Développement Professionnel Continu était organisée par le Pôle Médico-Judiciaire et le Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR du CHU de Bordeaux (Comité organisateur: Dr Regis Bedry, Dr Magali Labadie et Dr Françoise Penouil). Elle rassemblait plus de quatre vingt participants de toute la France, des professionnels, médecins, pharmaciens, urgentistes et autres scientifiques confrontés à des cas cliniques où de bonnes connaissances actualisées peuvent permettre l’application de thérapeutiques les mieux adaptées en fonction des moyens à disposition pas forcément à proximité immédiate. 

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Parmi les intervenants, à gauche, Dr Régis Bedry, Pôle Médico-Judiciaire, responsable de l’Unité Sécurisée Inter-Régionale CHU Bordeaux; en haut à droite Dr Magali Labadie, Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR, Responsable médical du Centre Antipoison et de Toxicovigilance Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Dr Gaël Le Rouxet Dr Chloé Bruneau Centre antipoison et de Toxicovigilance CHU Angers, Dr Antoine Villa Centre antipoison et de Toxicovigilance Paris; en bas à droite Dr Odile Pillet, Michel Pujol (CEMA) modérateurs pour les trois premiers sujets concernant des champignons.

Il revenait au Dr Antoine Villa (CAP Paris) de traiter de l »identification d’un champignon toxique au Centre Antipoison: intérêt de la [Mycoliste]« 

Mise en place en 20014 la Mycoliste compte aujourd’hui 53 mycologues référents de toute la France (dont quatre du CEMA) à qui les Centres Antipoison adressent, par mail, photos et informations sur des champignons suspectés d’avoir provoqué des intoxications ou suscitant des inquiétudes (gamins ayant croqué des champignons, doutes d’adultes sur espèces déjà consommées, par exemple). Le but est d’identifier rapidement l’espèce et d’en induire un traitement médical approprié. Gagner du temps et viser le plus juste possible.

En 2014 il y a eu 355 demandes d’identification et 302 en 2015 avec des pics, logiques, les mois de septembre octobre et novembre. Dans le top 5 des espèces en cause, le Bolet de Satan (Boletus satanas), le Clitocybe de l’olivier (Omphalotus illudens), l’Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) et la redoutable Amanite phalloïde (Amanita phalloïdes) responsable de la majorité de décès par ingestion de champignon.

La moyenne de temps de réponse par les mycologues de la Mycoliste est de 19 minutes a calculé le Dr Antoine Villa qui soulignait qu’à quatre heures du matin il y avait aussi des réponses… Précisons qu’il n’est pas demandé aux mycologues d’assurer une veille au contraire des CAP qui, pour y faire face certains jours élargissent leurs zones d’interventions certains jours notamment à Bordeaux, Toulouse et Marseille. Selon les cas il peut y avoir une identification recoupée par un autre mycologue et des échanges d’expérience à partir d’un cas clinique propice à la discussion.

Parmi les buts recherchés, il s’agit aussi d’identifier de nouvelles espèces toxiques. Anciennement on connaissait les risques du Bidaou , plus récemment le shiitake est impliqué dans des cas de dermatites flagellaires et aujourd’hui on enregistre des intoxications dans certaines conditions (pas bien cuites, grosses quantités) avec des morilles. Comestible aujourd’hui en fonction des connaissances actuelles et il reste encore beaucoup à découvrir en matière de toxicité des champignons sans oublier que vous mangez ce que les champignons mangent et transforment. Attention aux lieux de cueillette pollués et aux quantités ingérées, aux vieux bouquins aujourd’hui dépassés. Prudence et modération même si c’est gratuit car l’addition peut être lourde.

Dans son intervention sur le « Nouvel algorithme diagnostique des intoxications par les champignons » le Dr Régis Bedry (Unité Sécurisée Inter-Régionale – CHU Bordeaux) détaillait les procédures classiques et nouvelles pour dresser un tableau des cas cliniques et agir en conséquence, une démarche complexe pour un béotien qui retient que les ressources scientifiques s’affinent et que le monde médical adapte au présent ses clés de lecture et d’actions. Régis Bedry relevait que Amanites et Cortinaires demeurent les cas « les plus graves ».

Aussi était-il important que dans le cadre de ce séminaire de toxicologie en partie dédié aux champignons le DR Chloé Bruneau (Centre antipoison et de Toxicovigilance -CHU Angers) fasse le point sur « Les intoxications phalloïdiennes : protocole de prise en charge« . Il y était rappellé, point d’Histoire, les expériences du Dr Bastien, personnage atypique et les progrès face au syndrome phalloïdien (qui apparaît tard) « responsable de 90 à 95% des décès » par ingestion de champignon. L’utilisation notamment aujourd’hui de Silymarine/Silibiline (LEGALON SIL®) et parfois des greffes de foie accroissent les chances de survie. Il y a encore des décès. 

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Deux exemples de photos où Amanita phalloïdes a été reconnue et authentifiée par les mycologues de Mycoliste

« Les intoxications par les champignons comestibles Shiitaké » ont aussi fait l’objet d’une communication par le Dr Gaël Leroux (Centre Antipoison et de Toxicovigilance-CHU Angers). Outre ce que nous avions évoqué dans notre blog ( dermatites flagellaires ) et des cas cliniques apparus depuis il a été  précisé que dans des champignonières où sont cultivés les shiitake des travailleurs ressentaient des manifestations eczematiformes.

Bilan d’une année d’expositions par champignons

Enfin, hors séminaire mais pas hors sujet et en rapport avec les acteurs réunis à Bordeaux, nous donnons ci-dessous quelques éléments tirés d’un bilan des « expositions par champignons en 2014 » établi par le Dr Chloé Bruneau (CAPTV Angers). L’InVS et le CAPTV d’Angers assurent une veille sanitaire nationale des intoxications par champignons recensées par l’ensemble de CAPTV. 

Plus de 2200 cas d’exposition par ingestion de champignons ont été recensés du 1er janvier au 31 décembre 2014. Pour chaque dossier ont été pris en compte les critères d’imputabilité, de gravité, le syndrome mycotoxique, la détermination de l’espèce de champignon incriminée et/ou le dosage de mycotoxines spécifiques, l’identification formelle par le réseau « Mycoliste » (lorsqu’unephotographie des champignons incriminés était disponible).

Il en ressort que, en 2014, sur plus de 2200 cas d’exposition recensés, près de 2000 ont été inclus dans l’étude. Parmi les plus de1200 cas symptomatiques , un syndrome mycotoxique a pu être déterminé dans près de 800 cas. « Le syndrome résinoidien était de loin le plus fréquent et le moins grave avec 72% des syndromes identifiés. Avec plus de 50% de gravité forte … le syndrome phalloïdien restait le syndrome le plus pourvoyeur de décès…. 43% des cas asymptomatiques concernaient une ingestion accidentelle par un enfant »

Dans le tableau dressé par

– syndromes mycotoxiques (résinoidien,sudorien,panthérinien, narcotinien, coprinien, phalloïdien, orellanien, neurotoxique aux morilles, dermatite flagellaire) – gravité (faible, moyenne, forte, décès)                                                            – principale espèce recherchée/principale espèce en cause identifiée

on compte deux décès consécutifs au syndrome sudorien (près de 80 cas), trois autres décès liés au syndrome phalloïdien (près de 40 cas); cinq situations sont estimées de gravité forte suite à un syndrome panthérinien (près de cinquante cas) et quatre de gravité forte également (7 cas) dues au syndrome orellanien.

Au chapître de la gravité faible ou moyenne, étant entendu que celles et ceux qui en ont soufert n’ont pas trouvé cela anodin, on trouve le syndrome résinoïdien (un peu plus de 550 cas), le syndrome neurotoxique aux morilles (plus de 20 cas) et la dermatite flagellaire (4 cas).

En conclusion de ce bilan le Dr Chloé Bruneau précise qu »il s’agit de la première série nationale combinant une analyse systématique syndromique et une expertise mycologique. Les intoxications par champignons restent un problème de santé publique et la veille nationale permet en temps réel d’alerter les autorités publiques, à des fins d’information et d’informer le public, tout en identifiant rapidement les syndromes émergents ».

Problème de santé publique, alerter les autorités publiques: on ne peut que souscrire à cette réalité. Cet état des lieux devrait conduire, à notre avis de mycologue souvent sur le terrain pour guider entre autres des sorties champignons avec le grand public mycophage, mycophile et passionné, à des campagnes de sensibilisation de la part des autorités publiques qui ne manquent pas de spécialistes en communication… Aidés par quelques mycologues, actifs sur la Mycoliste, l’idée peut faire son chemin jusqu’à l’automne avec ses pics de consommations et d’intoxications.

Michel Pujol 

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Venus de toute la France, plus de quatre vingt acteurs de notre santé d’urgence.

Un hiver sur le BRF par Jacques Beck Ceccaldi

  Chargé des études mycologiques au CEMA, Jacques Beck Ceccaldi  présente ici un florilège de ses récoltes sur BRF (Bois Raméal Fragmenté) faites en Gironde, Bordeaux et environs de fin décembre 2015 à début avril 2016

         Espèces      Observations réalisées du … au …

Agaricus bisporus        29 01 2016   –   08 03 2016

Amanita citrina          06 02 2016   –   14 02 2016

Crepidotus cesatii          23 01 2016

Crucibulum  laeve           15 01 2016

Hebeloma crustuliniforme       30 12 2015   –   28 01 2016

Laccaria laccata          01 02 2016   –   14 02 2016

Lacrymaria lacrymabunda      04 01 2016

Pholiota lenta         24 12 2015   –   06 01 2016

Pholiota gummosa       08 01 2016   –   16 02 2016

Pholiotina teneroides     22 10 2015

Pluteus cervinus       26 12 2015   –   14 02 2016

Agrocybe rivulosa                  24 12 2015

Tapinella panuoides       12 01 2016   –   15 02 2016

 Agaricus bisporus  (J.E.Lange) Imbach    Champignon de Paris

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                              Le très célèbre Champignon de Paris dans sa forme sauvage est beaucoup moins connu d’autant plus que sa niche écologique favorite se trouve en lisières des vieux cyprès ou des fourrés de Tamaris qui protègent les stations balnéaires de la côte atlantique et qu’il n’est pas rare de le rencontrer en front de dune blanche. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir plusieurs exemplaires de l’Agaric bisporus dans un petit parterre arboré de plantes basses sous érables (Acerabulus), entourant une place devant une école primaire à Bordeaux rive droite. La terre est protégée par une bonne couche de BRF (Bois Raméal Fragmenté) appellation donnée aux résidus de broyage de branches destinés à protéger le sol et favoriser le développement de l’humus. Observations sur site du 26 01 ou 21 02 2016 puis revue de nouveau le 08 03. Lieu supportant un énorme facteur anthropique mais comment s’attendre à autre chose en plein centre-ville ?

Le passage en bleu fait référence au « Petit livre des champignons des dunes » de J.Guinberteau aux éditions confluences – Juillet 2011.

Chapeau : 5 à plus de 10 cm de diamètre, globuleux si jeune puis convexe, lisse et mat brun sale à surface se déchirant en squamules apprimées et concentriques. Chair : blanche, épaisse, devenant rouge vineux puis pâlissant. Odeur et saveur : douce de noisette. Lames : adnées à libres, étroites, rose clair puis brun pourpré à noir par les spores, arête entière. Stipe : 5-8 x 2-4 cm, cylindrique, plein, blanc et brunissant au toucher. Anneau blanc, ascendant, épais et double  à profil transversale triangulaire.

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Basides bisporiques: à 1ou 2 stérigmates,  sans boucles, 20-25 x 7,5-8,5 µm.

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 Sporée : brun pourpre foncé.  Spores : ellipsoïdes, à parois épaisses, 7-9,5 x 4,5-6,5 µm.

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Cellules de la marge : cylindriques, hyalines, 25-40×7-12 µm

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(très jeunes elles sont globuleuses et soudées).  Pleurocystides : non observées.  

Amanita citrina   (Schaeff.) Pers.   Amanite citrine

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                              A l’entrée d’un petit parc public, en centre-ville, un pin maritime a été planté il y a deux ans et la terre remplacée par un mélange à base de sable.

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, jaune pâle avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches, arête entière. Stipe : 12 x 3 à 4 cm, cylindrique à bulbe marginé blanc à anneau blanc ou jaune pâle, membraneux. Chair : blanche ou jaune pâle et forte odeur de rave ou pomme de terre crue. Comestibilité : bien que faiblement ( ?) toxique il est déconseillé de le consommer.

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Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

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Sporée : blanche. Spores : subsphériques, lisses, 7,5-9,5 x 7,5-9 µm, hyalines.

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I+ (spores amyloïdes).

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Marge des lames portant de nombreuses cheilocystides clavées et caténulées.

Crepidotus cesatii  (Rabenh.) Sacc.    Crépidote à spores sphériques

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 Chapeau : 0,5-2,5 cm, velouté, blanc. Lames : nettement espacées à reflets rosâtres.

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Stipe : absent, un point d’insertion au substrat (branche de feuillus à terre) plus ou moins décentré.

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Sporée : brun rougeâtre. Spores : subglobuleuses, épineuses, 6-8 x  5,5-7,5 µm. Seules les spores ont été observées ici. Cheilocystides : polymorphes, ramifiées, 22-50 x 7-12µm.

 Crucibulum laeve  (Huds.) Kambly    Crucibule lisse

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Vase profond blanchâtre à jaunâtre plus-haut que large 6(10)x 7 mm, clos par un épiphragme jaune puis blanc en s’ouvrant qui laisse apparaître une douzaine de péridioles lenticulaires ocres attachées par un funicule mince et court.

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Ces péridioles contiennent des spores ellipsoïdes 7-10-3,5-5 µm. Courant toute l’année sur résidus ligneux.

Hebeloma crustuliniforme   (Bull. : Fr.) Quélet    Hébélome croûte de pain  (Hors BRF)

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Chapeau : 3 à 6 (10) cm, crème ocracé pâle, convexe puis élargi mamelonné. Visqueux si humide, marge lisse et incurvée. Chair crème à blanchâtre et forte odeur raphanoïde. Lames : émarginées, étroites, rose crème, exsudant des « larmes opalescentes » qui laissent des taches brunes en séchant. Stipe : 10 x 2,5 cm, cylindrique, creux et fragile sur le tard à feutrage blanc sur toute la longueur (caulocystides). Habitat : grégaires, isolés ou en rond de sorcière sous feuillus ou conifères (espèce mycorhizique). Courant toute l’année.

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Basides : tétrasporiques, banales, bouclées, 30-40 x 8-10 µm.

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Sporée : ocre-brun. Spores : ellipsoïdes à + ou – en amande, 10-13×5-7 µm. Si finement verruqueuses que la définition de notre image ne peut mettre en évidence les protubérances verruqueuses.

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Cheilocystides : présence si dense que la marge des lames est rendue stérile. Cylindriques, à peine renflée à l’apex, 30-70×5-11 µm. Pleurocystides : non observées.

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Caulocystides sur tout le pied, cylindriques, peu capitées, 30 à 80 µm. (voire plus).

Laccaria laccata var. pallidofolia   (Peck) Peck   Laccaire laqué à lames pâles

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Chapeau : 2-4-8 cm, hémisphérique à convexe étalé et centre déprimé, hygrophane carné si humide et beige au sec, squameux au centre sur le tard, marge striolée. Chair : mince, blanc à rose. Lames : adnées émarginées, épaisses,  larges, arêtes entières. Stipe : 5 à 10 cm x 5 à 8 mm, cylindrique puis creux, striolé et fibrilleux. Habitat : grégaires ou cespiteux, photographiés ici sur plate-bande à sol protégé par du BRF sous pin parasol.

Basides : tétrasporiques bouclées,  30 x 10 – 15 µm.

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Sporée : blanche. Spores : globuleuses, épineuses, hyalines, 7-9  6,-8,5 µm. Cystides : absentes mais présence de cellules marginales cylindriques bouclées. Les cloisons des hyphes du revêtement du chapeau sont aussi bouclées.

Lacrymaria lacrymabunda  (Bull. : Fr.) Pat.   Psathyrelle larmoyante

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Chapeau : 3-8 (10) cm, convexe à aplani mais umboné, feutré à squameux brun rouille. Chair : brun olivacé, épaisse. Lames : adnées émarginées, brun gris à noires, arête blanche larmoyeuse tachée de noir en séchant. Stipe : 5-10 cm x 5-10 mm, cylindrique et floconneux chiné, roux mais poudré de blanc au-dessus d’une zone annulaire très fugace.

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Basides : banales, clavées, tétrasporiques, bouclées, 20-30 x 8-10µm.

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Sporée : noire. Spores : en amande ou ellipsoïdes suivant l’angle observé, verruqueuses et noires avec gros pore germinatif saillant, 8,5-10,5 x 5,5-6,5 µm. Cheilocystides : cylindriques capitées, 40-70 x 5-10 µm. Pleurocystides : non observées. Caulocystides : au-dessus de la zone annulaire et semblables aux cheilo.

 

Pholiota gummosa  (Lasch. : Fr.) Singer    Pholiote gommeuse

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Chapeau : hémisphérique puis convexe aplani, diamètre 2 à 5 cm, visqueux si humide, au sec blanc lavé de verdâtre orné de squamules apprimées plus ou moins visibles surtout si lavées par les pluies et large ornée des débris du voile secondaire (anneau sur le pied). Chair : blanchâtre. Odeur : nulle. Lames : décurrentes par une dent, arête ciliée blanche. Stipe : 3-6 x 3-7 cm, cylindrique plein puis creux sur le tard, zone annulaire fugace, floconneux squameux à base brun rouge.

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Basides : petites et banales 20-25 x 6-8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes lisses avec un pore germinatif visible, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides : cylindriques sinueuses capitées, 30-50 x 4-9 µm.

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Les pleurocystides sont en fait des chrysocystides à inclusion + ou -jaunâtre dans le KOH bien que cette réaction ne soit pas toujours évidente. La réaction est par contre très évidente dans les espèces dont le contenu des cystides vire totalement en jaune et ne sont donc pas des chrysocystides.

Pholiota lenta   (Pers. : Fr.) Singer    Pholiote gluante

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Chapeau : hémisphérique à convexe étalé, ocre crème plus foncé au centre, diamètre 5 à 10 cm, squamules blanches à ocre engluées sur le chapeau après la pluie qui sèche très vite même au faible soleil de février où il devient mat et sec. Marge aigüe ornée de restes du voile. Chair : blanche. Odeur : douce de polypore.

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Lames : mêlées de nombreuses lamelles et lamellules, blanches à brun rouille par les spores, décurrentes par une dent, arêtes blanches. Stipe : 3 à 9 x 0,5 à 1 cm, cylindrique plein, fibrilleux et squameux de blanc sous l’anneau mais poudré de blanc au-dessus et devenant brun plus foncé sur le tard.

Basides : banales, tétrasporées bouclées, 20-30 x 7-9 µm.

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Sporée : brun rouille. Spores : ellipsoïdales faiblement arquées, parois épaisses mais pas de pore germinatif, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides lagéniformes, 40-65 x 10-15 µm très nombreuses sur la marge des lames.

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Pleurocystides : semblables et tout aussi nombreuses mais bien que le contenu puisse se colorer totalement en jaune sous le KOH elles ne sont pas des chrysocystides et leur long rostre peut apparaître rouge foncé alors que le reste du contenu serait beaucoup plus clair.

Pholiotina teneroides   (Lge) Singer   Pholiotina délicate

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                                          Genre Pholiotina appartenant aux Bolbiticeae. Elle est la seule Pholiotina à posséder des basides bisporiques.

Chapeau : diamètre 8 à 25 mm, hémisphérique puis étalé sur le tard, revêtement lisse mais ridulé, hygrophane, orange foncé si humide à ocre pâle par le centre au sec. Chair : ocre, mince. Odeur : nulle. Lames : adnées, jaune olive à arête blanche dentée. Stipe : rigide creux, 4 à 6 x 1,5-2,5 mm, cylindrique cassant, brun à anneau juponnant à face supère striée.

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Basides : clavées, 16-20 x 8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes, parois épaisses et pore germinatif tronqué, 14-17 x 5-7 µm. Cheilocystides : clavées, en forme de spatule, 25 à 35 µm, pédicellées 35 à 50 x 10 µm. Pleurocystides : non observées.

 Pluteus cervinus   (Schaeff.) P.Kumm.  Plutée couleur de cerf

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Chapeau : 5 à 15 cm, convexe aplati et umboné, lisse, soyeux et fibrilleux, ocre brun foncé à brun noir au centre. Marge : aiguë. Chair : blanche. Odeur : radis. Lames : libres, blanches si jeunes et roses par la suite, arête blanche. Stipe : plein, cylindrique, fibreux, 5-15 x 0,7 à 2-3 cm.

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Cuticule : articles terminaux émergents très longs, jusqu’à 250 µm (trichoderme). Dans cette espèce aucun article des hyphes n’est bouclé.

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Basides : ventrues, tétrasporiques, sans boucle, 25-35  8-10 µm.

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Sporée : ocre à rosâtre. Spores : elliptiques larges, lisses, 6-9 x 4,5-6,5 µm.

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Cheilocystides : fortement clavées, 25-45 x 10-25 µm, mêlées  ou pas de cystides à crochets semblables aux pleurocystides et de dimensions à peine plus courtes 30-60 x 10-20 µm. . Pleurocystides : 2 à 4 crochets (parfois un seul ou 5), parois épaisses, + ou – ventrues jusqu’ à 90 x 15-20 µm.

Agrocybe rivulosa Nauta

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NDLR- Cette espèce avait suscité (précédente mise en ligne) quelques recherches vers les strophaires et tricholomes mais sans concordances avec les dimensions macroscopiques et analyse des principaux éléments microscopiques (voir basides tétrasporiques, spores avec pore germinatif, cystides seulement faciales et sans réactions au KOH).

Deux posts sur Facebook (« CEMA » et « Champignons: au gré de nos pas ») nous ont bien aidé à nous mettre sur la voie d’un Agrocybe et particulièrement  A. rivulosa Nauta. Merci à Linda Wieinui Tarahu et à Pierre-Arthur Moreau. Ce dernier commentait ainsi notre avis de recherche facebookien pour ce « sans nom » d’alors: « on dirait bien Agrocybe rivulosa mal développé » et à la question d’une internaute « connaissez-vous les essences qui composent le BRF » (qui suivait) PAM ajoutait: si c’est bien Agrocybe rivulosa je parierais pour du peuplier ». Dans le Guide des Champignons de France et d’Europe, Régis Courtecuisse  (n°1298 note que « A. rivulosa … connaitune expansion fulgurante en Europe (paillis, composts ou débris ligneux des parterre et parcs urbains) ».

Chapeau : diamètre 5-10 cm, ocre brun lisse et mat (centre bosselé – 2 – ), convexe, marge aiguë. Lames : émarginées, nombreuses lamelles et lamellules (4), blanches puis grises à arête blanche mais colorée de brun roux par les spores. Chair : épaisse et blanche. Odeur : sans. Stipe : 6 à 12 x 2 à 3 cm (4 cm à la base couverte de nombreux cordons mycéliens blancs- 3 -), cylindrique vite creux (6) mais très dense, blanc fibreux coloré par les spores. Anneau : membraneux (5), supère et rapide à disparaître.

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Basides : banales évasées, tétrasporiques, 25-30 x 8-9 µm.

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Sporée : rouille. Spores : 8-10(12) x 6-7 µm. sans tenir compte des spores les plus petites et les plus grandes, amygdaliformes. Parois épaisses avec pore germinatif très net.

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Cystides : uniquement faciales, pleurocystides très ventrues à rostre court ou allongé, sans réactions au KOH, 30-60 (70) x 15-25 µm.

 Saison et lieu : première semaine de mars 2016. Lormont (La Buttinière) – Gironde. Ecologie : au bord d’un chemin en forêt (plutôt ce qu’il reste de la forêt !) sur sol couvert d’une épaisse couche de bois fragmenté (feuillus) et résidus de tonte envahis par Galium aparine (Rubiacées) le Gaillet grateron (plante qui s’accroche à tout ce qu’elle rencontre dans le besoin de s’élever vers la lumière). En raison de sa localisation cet endroit supporte un énorme facteur anthropique.

Tapinella panuoides   (Fr. : Fr.) E.-J. Gilbert   Paxille faux panus

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Chapeau : 3 à 8-10 cm, ocre crème, lobé et feutré. Chair : insignifiante. Lames : jaunes, flexueuses, anastomosées mais facilement détachables. Odeur : fruitée ! Ecologie et situation : Apparus en grand nombre sur BRF autour de la mairie de Lormont (Gironde)  pendant plus d’un mois (du 12 01 2016 au 15 02 2016).

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Spores : + ou – ovoïdes 4-6 x 3-4 µm.

Reportage mycologique

Jacques Beck Ceccaldi

 

Au printemps, en Ariège, avec les Bigourdans

Connaissez-vous la Forêt Royale de Sainte-Croix-Volvestre ? Un petit coin de paradis mycologique pour Nicolas de Munnik expert et guide de ces deux journées partagées avec les amis de l’Association Mycologique de Bigorre. Ajoutez à cette sapinière naturelle très ancienne et remarquable à un peu plus de 300m d’altitude, un autre biotope plus propice aux apparitions printanières, sous frênes en particulier, d’ascomycètes dont quelques uns goûteux bien cuits ou séchés. Nos pas, alors motorisés, nous conduiront, à quelques kilomètres de là, du côté de Gourbit toujours chaperonnés, pour notre plus grand plaisir, par Nicolas. 

Ischnoderma-benzoinum-SCV.jpg

Ce week-end des 9 et 10 avril, il ne fallait pas s’attendre à trouver dans la sapinière une fonge très diversifiée en dehors des espèces lignicoles tels ces « vieux » Ischnoderma benzoinum accrochés à leur sapin.

Neolentinus-adhaerens-SCV.jpg

Ou bien, plus frais, Neolentitus adhaerens, des Lentins qui collent au doigt quand on les tapote du chapeau, eux aussi bien accrochés à leur sapin.

Neolentinus-adhaerens-arête.jpg

Outre ce côté attachant de l’espèce, on remarquera l’aspect très denticulé des lames et un stipe, pour notre récolte, très velu.

Fomitopsis-pinicola-RB.jpg

Autre espèce « classique » des résineux présente à Sainte-Croix-Volvestre, le Polypore marginé gouteux en larmes et pas goûteux. On ne saurait trop défendre l’intérêt d’une orthographe à l’écriture bien droite…

Amanita-junquillea-SCV.jpg

Comme une fleur se détachant d’un fond vert sapin, une Amanite jonquille bien jaune ornée de squames délicates blanches.

Sarcosphaera-coronaria-SCV.jpg

Et nous la retrouvons encore ici « notre » Pézize couronnée objet de précédentes notes mais ne sommes nous pas dans une Forêt Royale? Alors, quoi de plus normal qu’une couronne en ces lieux. 

Hygrophorus-marzuolus-GLB.jpg

L’œil gourmand de l’ami Georges ne pouvait le manquer tant ce champignon est goûté des mycophages en particulier des Espagnols. Nous n’avons trouvé toutefois qu’un seul Hygrophore de mars. N’étions-nous pas en avril!

Calocybe-gambosa-SCV.jpg

En revanche, ils étaient plus nombreux, cette fois hors sapinière, sous peupliers, toujours à Saint-Croix-Volvestre, en bordure d’un lac, repérés la veille par … Georges, ces Calocybe gambosa appelés aussi Tricholome de la saint … Georges. Normal car la Saint Georges est en avril mais sans Georges Le Bescond cette photo n’aurait pas été prise.

Gourbit basique

Après les terres plutôt acides de la sapinière où voisinaient des châtaigniers, le lendemain, Nicolas de Munnik guidait le groupe des mycologues bigourdans à Gourbit, en plus haute montagne semée de pierres calcaires, une terre (Ph 7 à 8) bien humide, irriguée par des ruisseaux et ruisselets alimentés par la fonte de la neige et peuplée d’aulnes, frênes et noisetiers.

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 La première observation mycologique et … botanique de Nicolas fut consacrée à l’Anémone des bois et « son » champignon symbiotique Dumontinia tuberosa

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Quand on dégage doucement cet ascomycète de son substrat et qu’on enlève délicatement la gangue de terre qui entoure son stipe on découvre le sclérote pendant.

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La Sclérotinie tubéreuse est bien connue, ainsi que le souligne R. Courtecuisse    (n°9), pour apparaître « au printemps, dans les bois frais, avec l’anémone sylvie ».

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Autre asco myco-compatible avec ce biotope, ce Sarcoscypha d’un rouge chatoyant faisant penser, au premier abord, à des recettes où on l’associe à un zeste de kirch au fond de sa coupe…

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La micro écarte coccinea au profit d’austriaca avec des spores souvent déprimées aux pôles. Chez S. coccinea les spores peuvent être plus ou moins plates mais jamais déprimées.

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Au rayon des lignicoles, on aime à photographier, sans judas, les volutes de cette oreille mésentérique.

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De même, sur branches de noisetier ce pleurote en forme de nid est éclatant, très chou par son odeur également alliacée.

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Sur cette photo de Robert Cazenave on distingue bien la forme de nid à la marge hérissée.

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Ce myxomycète semble dessiner un logo très mode sur revêtement grumeleux.

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Retour chez les ascos avec cet Hypocreale décrit dans la littérature sur Corylus, comme semble-t-il ici, ou sur Salix.

Enfin, vous interrogez-vous, rien à se mettre sous la dent? Une petite morille par exemple? Très peu en vérité.

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 Celle-ci, au hasard.

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… et quelques morillons.

Vous en reprendrez bien deux pour la fin (faim?)

Michel Pujol

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 Les espèces rencontrées

09 avril 2016, Ste CROIX VOLVESTRE, 40 espèces :       

    Amanita junquillea, Amylostereum chailletii, Auricularia mesenterica, Bjerkandera adusta, Calocybe gambosa,  

    Caloscypha fulgens, Ciboria rufofusca, Cudoniella clavus, Daedalea quercina, Dasyscyphella nivea, Exidia truncata,  Fomitopsis pinicola,

 Ganoderma adspersum, Gymnopilus penetrans, Heterobasidion abietinum,  Hygrophorus marzuolus, Hymenochaete corrugata, Hymenochaete rubiginosa, Hypocrea pulvinata, Hypoxylon fuscum, Lentinus adhaerens,              

    Metatrichia vesparium, Panellus stypticus, Paxillus involutus, Paxillus rubicundulus, Phellinus ferreus,         

    Phellinus hartigii, Phellinus punctatus, Piloderma croceum, Pleurotus columbinus, Pluteus cervinus, 

    Sarcoscypha austriaca, Sarcosphaera coronaria, Skeletocutis amorpha, Stereum hirsutum, Stereum ochraceoflavum,    Tarzetta catinus, Trametes versicolor, Trichaptum abietinum, Trichaptum biforme

10 avril 2016, GOURBIT, 49 espèces :

    Artomyces pyxidatus, Auricularia mesenterica, Bactridium flavum, Chlorociboria aeruginascens,  Daedaleopsis confragosa, Dasyscyphella nivea, Datronia mollis, Diatrype bullata, Diatrype stigma, Disciotis venosa,

    Encoelia furfuracea, Exidia glandulosa, Fuscoporia ferruginosa, Hemitrichia serpula, Hymenochaete corrugate,

    Hymenochaete rubiginosa, Hymenochaete tabacina, Hypocreopsis lichenoides,                   .

    Hypomyces rosellus, Hypoxylon fuscum, Kuehneromyces mutabilis, Laeticorticium roseum, Lenzites betulinus, 

    Metatrichia vesparium, Mitrophora semilibera, Morchella esculenta, Panellus stypticus, Peniophora cinerea,   

    Peniophora limitata, Phlebiella vaga, Phyllotopsis nidulans, Plicaturopsis crispa, Polyporus brumalis, Polyporus varius, Psathyrella spadiceogrisea, Psilopezia babingtonii, Sarcoscypha austriaca,              

    Skeletocutis nivea, Stereum hirsutum, Stereum rugosum, Stereum sanguinolentum, Stereum subtomentosum,   

    Strobilurus stephanocystis, Tectella patellaris, Trametes multicolor, Trametes pubescens, Trametes versicolor,  Tremella mesenterica, Vuilleminia coryli.                                 

Florilège de champignons remarquables et… un peu de faune et de flore par JBC

En octobre 2009, nous avions publié un « Florilège de champignons remarquables et… remarqués par Jacques Beck Ceccaldi ». Ce dernier présente ici, un an après, d’autres images tout aussi remarquables. Il associe à ses vues macro et micro de la fonge, quelques uns de ses clichés de faune et de flore. Toute observation de votre part à propos de ces documents, présentés le plus souvent par ordre alphabétique, est bienvenue dans la partie « commentaire », un espace que le CEMA souhaite le plus interactif possible. Photos, planches etc. sont de JBC et ne peuvent être diffusées ailleurs qu’avec son accord bien entendu.

Agaricus-comtulus.jpg

Agaricus comtulus

Agaricus-mediofuscus.jpg

Agaricus mediofuscus

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Agaricus moelleri

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Agaricus cupreobrunneus

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Amanita gracilor

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Amanita gracilor 2

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Amanita porphyria

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Bolbitius vitellinus

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Boletus edulis, intérieur d’un tube

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syrphe1

Bourdon-2.jpg

Syrphe 2

Syrphe 3

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Cèpes, Boletus edulis

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Clavariadelphus contortus

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Clavariadelphus geoglossoides

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Clavariadelphus  macrotyphula fistulosa

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Clavulinopsis  corniculata

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Coccinelles

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Conocybe blattaria ss.

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Cortinarius buliardii

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Cyathus stercoreus

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Droseras sud-est Le Moutchic

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Droseras sud-est Le Moutchic 2

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Entoloma icterinum

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Galerina sp micro 1

(probablement Galerina nana)

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Galerina sp micro 2

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Galerina uncialis

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Géastre pectinatum

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Gerronema chrysophyllum

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Gomphus clavatus

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Guèpe

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Helvella crispa

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Hohenbuehelia micro

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Hygrophore baveux

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Hygrophore triste

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Inocybe asterospora, marge micro

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Inocybe flavella

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Inocybe globocystis = I. decipientoides

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Inocybe grammata

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Inocybe obscura

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Inocybe lacera

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Laccaria micro

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Leccinum aurantiacum

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Leucoagaricus badhami, micro

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Leucoagaricus bresadolae

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Leucoagaricus macrorrhizus

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Leucoagaricus cinereolilacinus

(voir Leucoagaricus cinarescens !)

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Leucoagaricus subcretatus, micro

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Libellule

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Lichen xanthoria, micro 1

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Lichen xanthoria, micro 2

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Limacella guttata, micro: marge,cheilocystides

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Lyophyllum connatum

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Melanogaster bromelianus, micro

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Mycélium de Baeospora miosura sur cônes de Cedrus libani

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Mycena pura forme ianthina

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Myriostoma coliforme

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Nébuleuse découverte le 19 04 2005

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Paneolus, marge micro

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Peziza repanda

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Peziza subisabellina

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Peziza succosa

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Peziza vesiculosa

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Pholiota gummosa

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Pholiota highlandensis

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Psathyrella artemisiae

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Psathyrella conopilus, micro

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Psathyrella, micro: marge, caulocystides du pied

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Sceliphron spirifex

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Leucocoprinus medioflavus

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Sporée Hohenbuehelia sur lame de verre

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Stropharia, micro: marge,basides et chrysocystides

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Tectella patellaris

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Thricholoma squarrulosum, micro: marge, basides

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Plicaturopsis crispa = Trogia crispa

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Vesse 20 sept 03

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Xylaria longipes

Xylaria-polymorpha.jpg

Xylaria polymorpha

LE CEPE DE BORDEAUX Dénomination historique et populaire pour un champignon à vocation commerciale, qui cache en fait 4 espèces

Par Jacques Guinberteau

INRA- Unité de recherche sur les champignons, UR 430,

Conseiller scientifique du CEMA

 L’usage populaire et maintenant commercial du terme « Cèpe » est réservé habituellement par tradition à seulement un petit nombre d’espèces de Bolets, souvent confondues, qui partagent en commun, outre leur grande qualité gustative, un certain nombre de traits morphologiques comme dénominateur commun.
Alors ne devrait-on pas parler plutôt, de Cèpes au pluriel, respectant ainsi leur aspect plurispécifique.
Mais les « Cèpes » sont avant tout des Bolets (du genre BOLETUS s.s.) désignant un ensemble de champignons charnus putrescibles, dont l’hyménium ou partie fertile sporifère est constitué par des tubes accolés s’ouvrant par des pores ou alvéoles, lesquels sont distincts et facilement séparables de la chair, contrairement aux POLYPORES (ou PORIALES, ou Aphyllophorales) eux mêmes munis de pores ou d’alvéoles parfois.

Les cèpes proprement dits ou « PORCINI » (en Italie), qui appartiennent aux Bolets du groupe EDULIS (section « Edulis »), sont aisément distinguables des autres bolets par :
– leurs pores très fin, initialement blanc puis jaune verdâtre et enfin vert olive à maturité.
– leur chair blanche immuable par exposition à l’air, ne bleuissant pas à la cassure, par opposition à beaucoup d’autres espèces de Bolet qui peuvent bleuir, sans être toutefois un indice pour spéculer sur une quelconque comestibilité ou toxicité.
– leur pied obèse et puissant, charnu ventru, doté d’un réseau ou réticule en relief en surface du cortex du pied (ou stipe).
S’il est relativement aisé de distinguer « les Cèpes » parmi les autres Bolets, plus difficile est d’individualiser les 4 différentes espèces et diverses variétés que recouvre le terme Cèpe. En effet la pratique montre qu’au niveau des acteurs de la filière Cèpe – du ramassage à la commercialisation- le cèpe de Bordeaux est utilisé au sens le plus large du terme et les 4 espèces de base sont indifféremment mélangées quand elles ne sont pas purement et simplement confondues en dehors de toute considération gustative ou organoleptique. Toutefois ce constat, pourrait être considéré comme anodin si le terme « Cèpe » n’avait pas reçu une acception légale (décision n°64, Journal officiel de 21 Novembre 1971) qui limite son utilisation commerciale à deux espèces simplement : Boletus edulis (Cèpes de Bordeaux) et Boletus aereus (Cèpe bronzé ou tête noire ou Cèpe tête de nègre).
Cette définition légale beaucoup trop restrictive poserait problème, si elle était appliquée à la lettre, dans la pratique, en éliminant des circuits de commercialisation 2 espèces majeures et de qualité reconnue aux sein des Cèpes : Boletus aestivalis (Cèpe d’été) et Boletus pinophilus (Cèpe acajou des pins de montagne), ce dernier représentant une part de marché importante en provenance des grands berceaux de production des régions montagneuses (Auvergne – Cantal, Corrèze – Creuse, Pyrénées, Alpes). Une autre espèce de Cèpe (Boletus mamorensis) est aussi présent sur le marché français à partir d’importations du Maroc.

1) PLURISPECIFICITE DES CEPES NOBLES : présentation et caractères distinctifs des 4 espèces botanique de Cèpe.
(Voir tableau synoptique des principaux traits morphologiques distinctifs des 4 espèces)

1185910312BOLETUS EDULIS :
Cèpe de Bordeaux
 sensu stricto
 = Cèpe comestible. (Ph. J.G.

  • Cuticule du chapeau ou revêtement pileiques particulièrement visqueux ou humides, gras au toucher, le demeurant même par temps sec.
    • Chapeau brun obscur à brun noisette, marron foncé, fortement décolorant ou délavé blanchâtre par plage.
    • Chapeau souvent rugueux, buriné – cabossé, rarement lisse.
    • Marge fortement crispée, munie d’une frange ou marginelle discolore blanche très typique et discrimante.
    • Stipe ou pied initialement blanc ou légèrement beige, mais jamais très coloré ni obscur ou foncé.

    2107037709BOLETUS AEREUS:
    Cèpe tête de nègre, Cèpe noir, Cèpe bronzé.
    (Ph. J.G.)
  • Cuticule à tendance plus sèche ou glabre, subveloutée, très rarement humide.
  • Chapeau lisse.
  • Coloration soutenue et souvent obscure, brun marron noirâtre à brun café foncé avec forte tendance à se décolorer en ocre cuivré par zone vers un beige café au lait.
  • Marge quelquefois pruineuse .
  • Stipe à coloration typique brun miel, à fauve cuivré (tirant sur le jaune) à réseau limité seulement au sommet du stipe, tout au plus au 1/3 de sa longueur.
  • Chair très ferme, plus dense et consistante, blanc pur très caractéristique.

1605657983BOLETUS AESTIVALIS : Boletus reticulatus = Cèpe d’été, ou Cèpe réticulé. (Ph. J.G.)

  • Cuticule ou revêtements pileiques typiquement veloutés (peau de chamois), feutrés à tendance très sèche, voire craquelée (par sécheresse et chaleur excessive), jamais humides ou encore moins visqueux.• Coloration claire, brun noisette, café au lait à brun beige pâle, ou brun châtain (confusion possible avec B.aereus) à brun roussâtre (confusion possible avec B.pinophilus).
  • Marge concolore, jamais discolore blanchâtre.
  • Stipe ou pied très concolore avec le chapeau ocre beige à brun pâle (même tonalités) souvent muni d’un fort réseau en relief, bien développé jusqu’à la base (mais pas toujours !).
  • Saveur plus douce, savoureuse, sucrée, gôuteuse.

552874821BOLETUS PINOPHILUS : Boletus pinicola = Cèpe des pins de montagne. (Ph. J.G.)

  • Cuticule brillante grasse, viscidule ou lubrifiée laquée, parfois plus franchement visqueuse par temps humide.
  • Chapeau non lisse mais à cuticule un peu rugueuse, fripée veinée.
  • Coloration typiquement roux – acajou, roux – cuivrée ; chapeau à vive coloration brun roussâtre ou brun rougeâtre, sans zone significative de coloration.
  • Marge pruineuse blanchâtre particulièrement visible dans les plis.
  • Stipe ou pied brun ocracé ou brun roussâtre, à silhouette particulièrement obèse.
  • Pores présentant spécialement une coloration ferrugineuse, plus particulièrement visible en vue tangentielle.

2) PRINCIPAUX CRITERES DE DETERMINATION OU CARACTERES DISCRIMINANTS pour reconnaître les 4 principales espèces de Cèpes.

Pour l’identification de l’espèce, plusieurs caractères fondamentaux doivent être observés avec attention :

  • Nature ou texture des revêtements pileiques, ou consistance de la surface de la cuticule du chapeau : de humide à grasse, visqueuse/ par opposition/ à sèche veloutée, tomenteuse.
  • L’ornementation de la surface de chapeau, qui peut-être lisse uniforme, veinée – fripée, ou cabossée crispée, plus ou moins radialement et plus ou moins finement.
  • Coloration du chapeau et du pied (stipe).
  • Présence ou non d’une marge du chapeau discolore ou concolore.
  • Etendue et importance du réseau à la surface du cortex du pied.
  • Ecologie, époque d’apparition et hôte associé.

3) Clé de détermination des Bolets vrais ss. ou « Cèpes » : Genre BOLETUS Section BOLETUS.

Adaptation et traduction J.Guinberteau d’après la monographie de R.Galli

Espèces robustes à pied puissant ou obèse, réticulé, à pores très fins, initialement blancs puis jaune verdâtre à vert olive, chair blanche immuable à l’air.

1) – Cuticule à dominance visqueuse, humide ou glutineuse, non veloutée ; chapeau rugueux, gibbeux (cabossé), rarement lisse, quelquefois pruineux à la marge – 2.

1) – Cuticule souvent principalement sèche, veloutée, rarement humide ; chapeau lisse quelquefois gibbeux et pruineux à la marge – 3.

2) – Chapeau et pied (constamment / entièrement) blanc.

(Voir photo J.Charbonnel) B.persoonii =B.edulis var. albus

2) – Chapeau (constamment / entièrement) jaune – citron.

(Voir photo J.Charbonnel) B.venturii = B.citrinus

2) – Chapeau beige, ocre, brun ou marron foncé obscur, muni généralement d’une marge blanche. Pied initialement blanc ou un peu ocre beige mais jamais aussi obscur ou foncé. (Voir photo J.Guinberteau) B.edulis 2) – Chapeau roux acajou, roux cuivré, brun roussâtre ou brun rougeâtre ; stipe brun ocré ou brun roussâtre.

(Voir photo J.Guinberteau) B.pinophilus = B. pinicola

3) – Chapeau coloré brun obscur, marron brun noirâtre, stipe seulement réticulé au sommet ou au 1/3 de sa longueur et ocre à brunâtre à miel – cuivré assez vif.

(Voir photo J.Guinberteau) B.aereus 3) –

Chapeau brun noisette, brun beige, brun pâle, brun, brun châtain, à brun roussâtre ; stipe avec un réseau toujours étendu et développé à la surface totale du pied. Ocre beige ou brun pâle concolore au chapeau.

(Voir photo J.Guinberteau) B.aestivalis = B.reticulatus

Note : Plusieurs autres taxons (espèces ou variétés) ont été décrits d’Europe ou d’autres continents à travers la littérature spécialisée, et sont plus ou moins affines de Boletus edulis :

Boletus betulicolus = Boletus edulis fo. betulicola  Boletus edulis var. arenarius

 Boletus aurantio-ruber décrit de Finlande ou d’Amérique du Nord. 

Boletus barrowsii

 Boletus edulis var. clavipes à rapprocher de Boletus pinophilus

 Boletus fuscoruber

 Boletus marmorensis à rapprocher de Boletus aestivalis

 Boletus carpinaceus  Boletus separans

– Boletus variipes à rapprocher de Boletus aereus – Boletus aeneus – Boletus subaereus

4) HABITAT – ECOLOGIE

(Voir tableau synoptique des interactions spécifiques hôtes forestiers – Cèpes nobles)

Sans être figées, ou rigoureusement tranchées, chaque espèce de cèpe montre non seulement des périodes de pousse ou d’apparition qui lui sont propres, mais aussi une nette prédilection pour des écosystèmes voire des essences préférentiels. Cependant au niveau spécifique, ce sont d’une manière générale, des champignons à grande ubiquité, à large spectre d’hôtes et rarement très inféodés à une seule essence (contrairement aux Suillus).

BOLETUS EDULIS 

Très cosmopolite, le plus ubiquiste des 4 espèces de Cèpes, associé à une multitude d’essences arborées aussi bien feuillus que conifères.
Essences hôtes les plus fréquentes : Sapins (Abies albaAbies grandis), Epicea (Picea abies), Hêtre, Châtaignier, les Chênes (Quercus), Noisetier, Tilleul.
Epoque de fructification : typiquement automnal, pouvant être très tardif (même en hiver).
Répartition : Plaine ou Montagne et Collines.
Exigences climatiques : Espèces hygrophile. Croît en conditions d’ambiance relativement humide et fraîche et à température plutôt basse. Présence jusqu’aux gelées.

BOLETUS AEREUS
Essence hôte : en forêt, exclusivement de feuillus surtout chênaie : Quercus robur (chêne pédonculé) ou Quercus petraea (chêne sessile = chêne rouvre), mais aussi souvent en châtaigneraie, plus rarement hêtraie.
Epoque de fructification : Estival ou Automnal, à large amplitude d’apparition.
Répartition : Plaine ou Colline, plutôt en zone tempérée chaude, rare ou nul en zone alpine ou préalpine. S’aventure peu en altitude ou vers les régions septentrionales.
Exigences pédoclimatiques : Espèce particulièrement xéro – thermophile, préférant les sols calcaire ou acides (indifférente au substratum). Espèce également fréquente en zone méridionale, ou dans les fourrés ou maquis méditerranéens, dans les tapis de cistes. Capable de fructifier en période sèche ou de fort ressuyage.

BOLETUS AESTIVALIS 
Espèce moins ubiquiste que B. edulis
Essences hôtes les plus fréquentes : En forêt chaude caducifoliée, à dominance de chênes, châtaigniers, hêtres ou noisetiers.
Epoque de fructification : Printanier – estival jusqu’à l’automne. Pouvant être très précoce, dès Avril – Mai jusqu’à Septembre, Octobre.
Répartition : Essentiellement en plaine ou collines à base altitude.
Exigences pédoclimatiques : Typiquement thermophile, avec prédilection pour les périodes chaudes et humides, entrecoupées de périodes plus sèches.

BOLETUS PINOPHILUS 
Espèce strictement continentale montagnarde, la moins commune des 4 espèces, rare à très rare en plaine. En dépit du nom, non exclusif des Pinacées.
Essences hôtes les plus fréquentes : Isolé ou faiblement grégaire dans les forêts surtout de conifères : Pinus sylvestrisPinus nigra, Pin laricio, Epicea, Sapin (Abies). Plus rarement sous feuillus : surtout Fagus (hêtre), moins fréquent en plaine sous châtaignier (Castanea), Bouleau (Betula).
Epoque de fructification : automnal, souvent calqué sur les périodes climatiques favorables d’altitude. Pouvant être tardif en plaine.
Répartition : essentiellement montagne, marginale en plaine.
Exigences pédoclimatiques : moins bien définies, requiert des conditions d’ambiance fraîche et humide.
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Planche J.G.


Les 4 Cèpes nobles n’ont pas les mêmes exigences écologiques (thermophilie et pluviométrie). Toutefois certaines de ces 4 espèces peuvent se retrouver au sein d’un même écosystème et fructifier de façon décalée, ou avec chevauchement des périodes de fructification. De même en terme de précocité et d’ amplitude de la plage de fructification, ces 4 espèces ont leur particularité. Des 4 espèces Boletus pinophilus montre une nette préférence pour les écosystèmes résineux d’altitude. Inversement, Boletus aestivalis fructifie plus fréquemment dans les régions méridionales thermophiles atlantiques du Sud-ouest ou du Sud-est méditerranéen. Boletus edulis, méso-hygrophile fructifie souvent du coeur de l’automne jusqu’au début de l’hiver au moment où les pluies sont soutenues, et abondantes. Boletus aereus ou Cèpe bronzé, xerothermophile par définition, possède un large spectre d’apparition. Estival précoce résistant bien aux fortes chaleur et sécheresse relative, il peut se retrouver inversement très tard en saison au profit de situations microclimatiques privilégiées.

Champignons d'Aquitaine et d'ailleurs