Archives pour la catégorie Courrier des lecteurs

Allo CEMA? Morilles libournaises en ville

Avant-hier, mardi 22 mars, nous recevions un appel de Mme Annette Stepien qui, à Libourne (33), voulait savoir si c’était bien des morilles qui avaient poussé dans son jardin dans un endroit particulier. Comme en pareil cas note du 9 mars nous lui avons demandé d’envoyer quelques photos ce qu’elle a fait très rapidement.

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Comme on le voit sur une de ses photos ci-dessus il s’agissait bien de morilles venant, pour la première fois, au ras d’un chalet le long d’une bordure maçonnée dans un environnement très caillouteux. Très minéral.

Cela nous rappelait cette morille venue de nulle part… que nous avions classé au patrimoine gradignanais et dont nous n’avons vu aucune progéniture depuis entre caillebotis sur fond calcaire.

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« Notre » morille de mars 2013 était alors toute seule. En revanche chez Mme Stepien c’était la colonie de vacances au pied du chalet en ville. Lors de notre aimable conversation au téléphone elle se disait « stupéfaite »! Nous lui confirmions à 100% que c’était des morilles (le pharmacien interrogé par son fils l’assurait à plus de 75%).

Notre curiosité toute mycologique était émoustillée. De quelle espèce pouvait-il donc s’agir? Notre interlocutrice avait remarqué qu’à l’attache du chapeau au pied il y avait bien comme une « rigole » (NDLR une vallécule) et surtout qu’il y avait parmi la troupe des « jumelles » soudées à la base du pied (NDLR cespiteuses).

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Ces deux éléments ajoutés au biotope minéral doivent bien permettre d’envisager quelques pistes notamment dans la section Distantes (vallécule). Dans sa monographie sur les morilles, publiée par la SMF, notre excellent ami Philippe Clowez indique d’ailleurs que cette vallécule peut s’atténuer voire disparaître au fil de la maturité de certaines espèces. Concernant le caractère cespiteux nous avons lu dans une fiche de Myco Db morille des jardins que Morchella hortensis Boudier « est la seule morille qui peut pousser cespiteuse ».

C’est assurément une piste à envisager mais le genre Morchella a tendance, certainement au fur et à mesure des études, à se complexifier. Ce qui est sûr c’est qu’elles sont comestibles bien cuites ou séchées et toxiques crues encore que certains cas d’intoxication par des morilles ont été décrits et chaque fois elles avaient été ingérées en grande quantité.

Un poulet à la crème et aux morilles arrosé de vin jaune est un met de choix. Annette Stepien, ancienne restauratrice dans le Jura, nous l’a bien confirmé.

Michel Pujol

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Allo CEMA? Du pin sur la planche avec un Gloeophyllum

Nous recevons au CEMA des appels téléphoniques d’identification de champignons et nous conseillons, si ce n’est déjà fait, de photographier les sujets le plus nettement possible  sous divers angles, voire, dans certains cas, de faire passer, en plus des photos, un échantillon pour étude microscopique. N’ayant surtout pas la science infuse même à l’heure du thé nous nous concertons parfois autour de boissons plus roboratives comme le café ou autre et, pour ajouter aux chances de réduire l’angle d’arrivée à l’espèce, nous élargissons le Cercle autant que faire se peut.

Dernièrement, Antoine Ribaud nous interroge « sur un champignon qui s’est développé sur une terrasse en pin ».

Sur les photos qu’il nous envoie, compte-tenu du biotope et de l’allure du basidiophore, de ce que nous devinons de son hymenium, de ce que nous trouvons en littérature, nous allons plutôt vers Gloeophyllum sepiarum, le Lenzite des poutres ou Lenzite des clôtures. Mais sans aucune certitude (science infuse… thé thé).

Nous connaissons le goût que notre excellent ami Robert Cazenave, Président de l’Association Mycologique de Bigorre, a à l’endroit et à l’envers des Aphillophorales et lui transmettons les infos et photos pour avis.V__9A60(1)

Pour l’ami Robert l’envers ne fait pas un pli: « l’hymenium est entreporé et labyrinthé et non lenzithoïde comme G. sepiarum ». Il s’agit de Gloeophyllum trabeum.  Robert Cazenave ajoute: « comme G. sepiarum et comme G. abietinum, il pousse sur le bois de conifères et particulièrement sur le bois d’œuvre qui a pris l’humidité ».

M.P.

Les Clathres du Parc Bordelais

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Germain Monfort,  membre de la Société Mycologique du Comminges,  nous a envoyé en juin 2010 les photos ci-dessus. Il écrit au CEMA :
 » De passage à Bordeaux le 19 juin, je me suis promené dans le Parc Bordelais. Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir de très nombreux Clathrus ruber  au pied d’une grande touffe d’arbustes décoratifs, de chênes et de roseaux (à l’ouest du parc, à une vingtaine de mètres de la cascade) ! Le sol travaillé est recouvert de produits de broyage et la place située à l’ombre. Les dernières pluies ont été fortes. Le comptage a donné un total de presque une centaine de clathres, éclos ou non. Il est possible que d’autres « œufs » soient cachés par les déchets de broyage. En Comminges-Pyrénées centrales, nous sommes satisfaits lorsque nous trouvons quelques spécimens par an. Alors comment se fait-il qu’il y en ait autant dans un parc bordelais, donnant l’impression d’être cultivés ? « 

 Sur notre blog (po, en juin 2009, Jacques Beck Ceccaldi évoquait  ce Clathre grillagé (ou Cœur de sorcière) qu’il définissait comme « une espèce envahissante sur de nombreux sites ». JBC remarquait notamment : « Il apparaît sur les mulchs en troupes nombreuses, 55 individus sur 5 à 6 mètres carrés, isolés (les plus gros exemplaires) ou en groupes serrés par 5 à 8. Alors qu’il est réputé « très rare » dans la littérature, nous constatons sur nos sites de prospection sa prolifération, en grande expansion au-delà de ces apparitions sur les mulchs, en pleine forêt de feuillus ou sous les frondaisons de conifères (surtout sur paillis sous cèdres) ».

L’utilisation de plus en plus fréquente de bois fragmenté dans l’aménagement des parcs et jardins aide, semble-t-il, au développement de cette espèce très décorative dont les mouches (regardez-bien dans le haut de la planche des photos de Germain Monfort) disséminent les spores à tire d’ailes.