Archives pour la catégorie Histoire

Le Cèpe de Bordeaux … mais aussi du Médoc à la une… du Journal du Médoc

Le Journal du Médoc a ouvert son édition du vendredi 28 octobre sur l’icone automnale d’entre océan et estuaire. Reportage de Mathieu Caurraze qui a recueilli, entre autres informations, nos expériences « cépicoles ». Où mycologie et imaginaire se rencontrent autour de la table.

Cèpe, Médoc, Boletus edulis, Journal du Médoc, Mathieu Caurraze, CEMA, Michel Pujol, Boletus pinophilus, Boletus aereus, Boletus aestivalis

Cèpe, Médoc, Boletus edulis, Journal du Médoc, Mathieu Caurraze, CEMA, Michel Pujol, Boletus pinophilus, Boletus aereus, Boletus aestivalis

Cèpe, Médoc, Boletus edulis, Journal du Médoc, Mathieu Caurraze, CEMA, Michel Pujol, Boletus pinophilus, Boletus aereus, Boletus aestivalis

Publicités

Sarcosphaera étoilée et… entoilée

Nous surveillons « nos » stations de pézizes étoilées sous les pins à deux aiguilles en bordure du Lac de Bordeaux ( voir 14 mars 21 mars 30 mars ).

Sarcosphaera-entoilée.jpg

Aujourd’hui 5 avril, dans l’après-midi, nous avons pu vérifier que les pousses continuent en très petit nombre. Ci-dessus, des araignées avaient tendu un mince fil au-dessus du précipice de l’hyménium.

Sarcosphaera-4-avril.jpg

Là toute la récolte visuelle du jour à différents stades de maturité.

Pézizes du Lac: vestiges d’une pousse et modeste renaissance

L’ami Yves l’avait dit: « il faudra y revenir » 14 mars . Aussi, deux semaines plus tard, hier 30 mars, sommes-nous allés voir, sur les berges du Lac de Bordeaux ce qu’il restait éventuellement de la pousse de Sarcosphaera coronaria . Son mycélium courant sous la pinède aurait-il fait d’autres bébés? comme aime à le dire notre ami pédiatre-mycologue. Bref le souci de surveiller la station de ces très toxiques champignons et de prendre l’air en devisant sur le terrain du comment, où, pourquoi ces magnifiques sphères émergent au printemps mais, diable, combien de temps!

sarcosphaera coronaria, yves mortureux, michel pujol, CEMA, bordeaux lac

Quelques vestiges (ci-dessus) de la pousse du 14 mars perduraient entre mousse et aiguilles de pin, secs ou déliquescents. Non en tous les endroits où nous les avions observés. Seulement en très petit nombre sur deux stations.

D’autre avaient-ils poussé depuis? Nous n’avons pu voir qu’un exemplaire bien développé mais encore fermé que nous avons ouvert (ci-dessous) pour juger de l’intensité de la coloration violette de l’hyménium. Sur une autre station proche nous n’avons trouvé qu’une minuscule S. coronaria. Y aura-t-il d’autres pousses les jours qui viennent. A voir.

M.P.

sarcosphaera coronaria, yves mortureux, michel pujol, CEMA, bordeaux lac

  

Allo CEMA? Morilles libournaises en ville

Avant-hier, mardi 22 mars, nous recevions un appel de Mme Annette Stepien qui, à Libourne (33), voulait savoir si c’était bien des morilles qui avaient poussé dans son jardin dans un endroit particulier. Comme en pareil cas note du 9 mars nous lui avons demandé d’envoyer quelques photos ce qu’elle a fait très rapidement.

Morille-Libourne-1.jpg

Comme on le voit sur une de ses photos ci-dessus il s’agissait bien de morilles venant, pour la première fois, au ras d’un chalet le long d’une bordure maçonnée dans un environnement très caillouteux. Très minéral.

Cela nous rappelait cette morille venue de nulle part… que nous avions classé au patrimoine gradignanais et dont nous n’avons vu aucune progéniture depuis entre caillebotis sur fond calcaire.

Morille-Libourne-2.jpg

« Notre » morille de mars 2013 était alors toute seule. En revanche chez Mme Stepien c’était la colonie de vacances au pied du chalet en ville. Lors de notre aimable conversation au téléphone elle se disait « stupéfaite »! Nous lui confirmions à 100% que c’était des morilles (le pharmacien interrogé par son fils l’assurait à plus de 75%).

Notre curiosité toute mycologique était émoustillée. De quelle espèce pouvait-il donc s’agir? Notre interlocutrice avait remarqué qu’à l’attache du chapeau au pied il y avait bien comme une « rigole » (NDLR une vallécule) et surtout qu’il y avait parmi la troupe des « jumelles » soudées à la base du pied (NDLR cespiteuses).

Morille-Libourne-montage.jpg

Ces deux éléments ajoutés au biotope minéral doivent bien permettre d’envisager quelques pistes notamment dans la section Distantes (vallécule). Dans sa monographie sur les morilles, publiée par la SMF, notre excellent ami Philippe Clowez indique d’ailleurs que cette vallécule peut s’atténuer voire disparaître au fil de la maturité de certaines espèces. Concernant le caractère cespiteux nous avons lu dans une fiche de Myco Db morille des jardins que Morchella hortensis Boudier « est la seule morille qui peut pousser cespiteuse ».

C’est assurément une piste à envisager mais le genre Morchella a tendance, certainement au fur et à mesure des études, à se complexifier. Ce qui est sûr c’est qu’elles sont comestibles bien cuites ou séchées et toxiques crues encore que certains cas d’intoxication par des morilles ont été décrits et chaque fois elles avaient été ingérées en grande quantité.

Un poulet à la crème et aux morilles arrosé de vin jaune est un met de choix. Annette Stepien, ancienne restauratrice dans le Jura, nous l’a bien confirmé.

Michel Pujol

Morille-Libourne-3.jpg

Raymond Charissous: à gouaches toutes

Charissous-laccaireC’était un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas tous connaître. Celui, ante-numérique, où le mycologue pointu ne payait pas de mine et usait du crayon et de la gouache pour dépeindre ses récoltes et les inscrire dans les mémoires. Ainsi était Raymond Charissous, célibataire, né le 25 janvier 1924 à Fontevraud-l’Abbaye et décédé à 86 ans en février 2011. Sa nièce, bordelaise, Muriel Charissous (fille de Jean-Baptiste, le frère) pensait, en s’adressant au CEMA, qu’une vie consacrée en grande partie à l’étude des champignons et au partage de connaissances mycologiques valait bien un hommage que nous rendons ici bien volontiers à son oncle, notre pair en quelque sorte.coupures-presseRaymond avait l’âme naturaliste et collectionneuse notamment pour les fossiles et les minéraux. Muriel nous montre les archives. De nombreuses coupures de presse de La Nouvelle République de Tours et du Courrier de l’Ouest d’Angers relatent, au fil des ans, les activités du « Berger du Pont de la Boucherie ». Son histoire y est souvent retracée. Apprenti mécano dans un garage, des problèmes de santé l’amènent à devenir berger. Il élève ses moutons depuis la maison familiale du Pont de la Boucherie située à côté de l’abbaye de Fontevraud et… ramasse quelques champignons.Raymond-Charissous-portraitEn 1973, le cueilleur de champignons « de naissance » rencontre deux vacanciers qui lui montrent que les Bolets à pied rouge (B. erythropus) sont comestibles. Un peu vexé, raconte-t-il, il achète son premier livre sur les champignons. Le premier d’un très longue série. Il prend des notes, les reporte,avec dessins et gouaches, dans un cahier, adhère à la Société d’études scientifiques de Saumur et devient Le mycologue de la région à qui le pharmacien adresse sa clientèle pour vérifier les cueillettes. Un expert reconnu et sollicité pour toutes les expositions mycologiques.Cahiers-Raymond-Charissous« Ces cahiers, Raymond en avait 27 » témoigne Muriel et elle ne les a pas tous retrouvés. La qualité de ceux qu’elle a apporté au siège du CEMA est remarquable. Les extraits que nous publions aujourd’hui montrent aux plus jeunes comment on pratiquait la mycologie autrefois. Cela n’empêche pas aujourd’hui de prendre des notes. Pour les gouaches, l’appareil photo numérique ne remplace pas mais se révèle très commode et certainement plus rapide.Muriel CharissousRaymond avait précisé, de sa main, en début de ses cahiers que quiconque ne pouvait en publier le contenu sans son autorisation écrite. Nous avons succombé à la sollicitation de sa nièce (ci-dessus) pour rendre hommage à Raymond Charissous, le Berger, Etoile de la Mycologie.

M.P.&J.B.

 

 

Les helvelles de Lormont (33) résistent à l’ombre des peupliers noirs

H.-fusca.jpg

Nous avons revu hier « nos » Helvelles, au bas des Carrières de Lormont. Cette seule station connue en Gironde d’Helvella fusca est en sursis car outre des dépôts sauvages, des arbres endommagés un projet de parc aquatique et de constructions immobilières est en voie de se réaliser * dans un avenir proche et le biotope bien particulier propice à ce champignon rare a alors peu de chances de perdurer.

Ce site et ses H. fusca observés depuis de longues années par Jacques Beck Ceccaldi, chargé des études mycologiques au CEMA, est en effet très dépendant (pour « nos » Helvelles) des apports de calcaire arraché à la falaise par les eaux d’écoulement et des Peupliers noir d’Italie (Populus nigra) poussant entre les dalles de béton des anciennes cimenteries et qui sont mycorhizés par ce champignon. D’ailleurs nous n’avons pas noté hier de pousse sur une partie du site « ravagé » par les dépôts sauvages, de bris de verre en particulier, endroit où, avant, nous avions enregistré de très belles sorties de troupes de fusca

Nous avons aussi rencontré hier une autre espèce d’Helvelle, bien plus commune, Helvella spadicea, qui vient à côté de fusca sous les Peupliers noir mais aussi, en nombre, sur terre presque nue aux abords et dont le statut ne parait pas autant mycorhizique que fusca.

Helvella-spadicea.jpg

Une partie du site a donc, pour l’instant, été épargnée, vu sous l’angle mycologique, l’autre polluée par une anthropisation peu soucieuse de biodiversité.

Dernier regard sur cette espèce rare avant qu’à sa fragile place ne poussent des logements comme … des champignons.

M.P.

Helvella-fusca-Lormont-2013.jpg

*     http://www.sudouest.fr/2012/09/05/lormont-33-etape-cle-pour-le-projet-thermoludique-des-cascades-de-garonne-812455-2971.php

http://projets-architecte-urbanisme.fr/cascades-garonne-centre-aquatique-lormont/

http://www.bordeaux-region.com/fr/IMG/pdf/fiche_cascades-lormont.pdf

 

Dans le courrier du CEMA : des hérissons sur l’Albizia

 3469277822Un de nos lecteurs-internautes, Alain Nogues, « observe depuis quelque jours», nous-dit-il, « le développement des phénomènes… qui poussent sur un Albiziaorientation nord, dans une crevasse de l’écorce, au milieu de mon jardin » (Photos ci-dessus).

«  L’arbre a plus de trente ans, la dimension des champignons est à peu près celle d’un melon … Eclairez-moi si vous le pouvez » ajoute-t-il.

Pour avoir déjà vu une espèce proche (Hericium flagellum) sur Sapin (Abies alba) en vallée d’Aspe en altitude, nous avons lancé Alain Nogues sur la piste de l’Hydne hérisson (Hericium erinaceus). A son propos, les auteurs (1) relèvent qu’il est facile à reconnaître, qu’il pousse sur les cicatrices des feuillus vivants (Phillips) qu’il est très rare et tardif (Borgarino-Hurtado) donc à protéger (Eyssartier-Roux). Il est souvent observé sur Hêtre et généralement sur feuillus pourrissants. Ici on remarquera que l’Albizia hôte n’est pas de première jeunesse et que le chevelu très pendant de ce champignon spectaculaire « s’ancre » dans les crevasses du tronc.

Les forcenés de la fourchette salivent déjà à la vue de la masse en coussin offerte à leurs papilles jamais assouvies. Non ça ne se mange pas même si Phillips (en 1981) le donne « comestible » alors que Borgarino-Hurtado (2006) le déclarent non comestible et que Eyssartier-Roux (2011) l’affublent du symbole « sans intérêt ou indigeste ».

Après que nous ayons fait part à Laurent Nogues de notre identification, ce dernier nous répond : « Le béotien que je suis (et tous ceux à qui j’ai montré les photos) se demandait si ce n’étaient pas des cocons d’extra terrestres qui attendaient le 21 décembre pour attaquer (ah! le romantisme autour des prévisions maya!!!) »

Tant que l’humour sera partagé le Monde n’arrêtera pas de tourner et … les champignons de pousser.

M.P.

  1. N.B. nous avons réactualisé cette note (déjà publiée) en ce « lendemain de fin du monde » pour y préciser le nom du taxon aperçu en vallée d’Aspe

1_ Le guide des champignons France et Europe Guillaume Eyssartier Pierre Roux page 1000

Le guide des champignons Didier Borgarino Christian Hurtado page 92

Les champignons Roger Phillips page 245

Guide des champignons de France et d’Europe Régis Courtecuisse Bernard Duhem n°75

Champignons de France et d’Europe occidentale Marcel Bon page 312