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Tiques: prudence!

Tique Wikipedia.jpgLes chercheurs de champignons doivent être attentifs à la présence des tiques dans la nature. Elles attendent le passage d’un animal à sang chaud pour tomber d’une plante, fougère ou autre, et se nourrir du sang de leur proie en plantant leur rostre.  La bestiole gonfle alors et se repère ou pas sur la peau. Elle risque de transmettre la maladie de Lyme  Le Journal Sud Ouest évoque ce matin (lien précedent) l’appel lancé au gouvernement par une centaine de médecins qui estiment que « la maladie de Lyme, transmise par les tiques, est sous-diagnostiquée et mal soignée en France. 

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Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 1

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

Boudieri-Beillei-JG.jpg

Premier volet: l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » et plus largement encore. Là où l’on retrouve  en 1926 Albert Beauseigneur, Edouard J. Gilbert, le professeur Beille; dans les années 1970 le célèbre mycologue landais Henri Mesplède créateur de la SOMYLA qui institue les sorties amanites printanières auxquelles participe notamment H. Romagnesi; le Président Michel Pestel qui prend le relais; Jean-Claude Déï ana, Pierre Arthur Moreau, Annie et Jacques Guinberteau. Ces derniers, visiteurs chevronnés des sites landais, rendront compte en septembre 2001 dans Miscellanea Mycologica    n°68 sous la rubrique « Chronique mycologique des milieux hostiles » sous-titre « Quatrième contribution: encore les amanites de printemps »(appel de note « Titre exaspéré, devant le foisonnement actuel d’articles inutiles consacrés aux amanites de printemps par tous ceux qui les découvrent pour la première fois. Il faudrait que ça cesse quand même.« 

C’est cet article, très documenté et « vécu » signé par Pierre Arthur Moreau et Jacques Guinberteau (avec la complicité de Jean-Claude Déï anna) que nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir:  MiscellaneaMycologica68(extr).pdf

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Retour sur images: Sarcoscypha austriaca macro-micro

Lors de  notre balade mycologique en Ariège avec les Bigourdans nous avions rencontré cette Pézize (Sarcoscypha austriaca) proche de sa cousine écarlate (S. coccinea). Nous avons, sur exsiccata, prolongé l’étude de cette espèce avec quelques remarques complémentaires.

Sarcoscypha-austriaca-fiche.jpg

En haut à gauche de notre montage, Georges Le Bescond avait très bien photographié le substrat de ce champignon qui est souvent décrit sur aulne et les aulnes étaient nombreux à cet endroit. D’ailleurs, en bas à droite, sur une autre photo de l’ami Georges on aperçoit l’inflorescence mâle de l’aulne sous la coupe rouge de notre Pézize.

Notre étude microscopique retrouve pour les spores de Sarcoscypha austriaca les pôles parfois aplatis ou déprimés ce qui ne peut être le cas de S. coccinea . Egalement apparaissent les poils tortueux autre caractère discriminant dans la comparaison des deux espèces.

M.P.

 

Pousses bien timides mais mix de myxos!

Cantharellus-pallens-MP.jpg

Toujours pas de « cèpe de mai » en ce premier juin dans le joli bois d’à côté. Seules trois girolettes y représentaient les champignons supérieurs. En revanche les Myxomycètes, qui furent classés parmi les champignons et considérés aujourd’hui à part, se glissent (ils se déplacent…) sur de vieux troncs de pin où nous les avons déjà vu apparaître.

Lycogala-epidendron-MP.jpg

Le classique et très grégaire « Lait de loup » (Lycogala epidendron syn. L. epidendrum) sème ses oeufs roses sur l’écorce entre les mousses et s’y présente à ses différents stades de maturité passant du rouge au gris puis devenant pulvérulent.

Tubifera-ferruginosa-MP.jpg

On y trouve également Tubifera ferruginosa au stade de plasmode rouge et sans sporocarpes visibles pour l’instant.

Stemonitis-axifera.jpg

Ceux pédicellés quasi en échasses de Stemonitis axifera voisinent ces deux précédentes espèces de myxomycètes.

Fuligo-MP.jpg

En un autre endroit, sur mousses à terre nous avons découvert un Fuligo qui par son substrat évoque F. muscorum mais pourrait bien n’être que F. septica,très proche, à cause de la plasmode en éventail décrite par certains auteurs.

Etude: un Melanoleuca en trois myco-micro collections

Description d’un Basidiomycète

Trois collections d’un même(?) champignon

Récolteur : Jacques Beck Ceccaldi – CEMA   Dates : 15, 18, 22 décembre 2013

            Lieux de la récolte : parc du Bois fleuri – 33310 Lormont – France    

               Genre, espèce (proposés) : Melanoleuca  humilis

Ordre: Tricholomatales  Famille : Tricholomataceae

Sous-Famille : Leucopaxilloïdeae  Tribu : Leucopaxilleae

Genre : Melanoleuca   Sous-Genre : Urticocystis   Section : Humiles          

                  Formulation recommandée : (sensu stricto Régis Courtecuisse*)

Melanoleuca humilis (Pers. : Fr.) Patouillard 

Introduction

Les espèces du genre Melanoleuca se caractérisent par un chapeau plus ou moins hygrophane, parfois mamelonné, brun gris très clair à brun noir foncé surtout au centre. Les lames sont blanches ou gris pâle, subadnées à décurrentes par une petite dent. Généralement dépourvu de pilosités, caractéristique variable comme nous le verrons dans la discussion ; le revêtement du chapeau de notre deuxième découverte du 18.12.2013 possède de petites touffes constituées par les extrémités (érigées) des hyphes le constituant et forment ce qui semble bien être des poils transparents non différenciés. Le stipe est parfois couvert d’une pruine blanche (caulocystides) surtout dans le premier tiers supérieur et possède une base subclavée ou non. Nombreuses (ou rares) sont les cystides barbelées (en poil d’ortie) ou simplement fusiformes à lagéniformes lisses.

Multiples synonymes et formulations acceptés ou non

1801 -Agaricus humilis Pers.                                                                                                         1801 – Agaricus humilis var. humilis Pers.                                                                                      1872 – Tricholoma humile (Pers.) Quélet                                                                                        1874 – Agaricus humilis var. fragillimus Fr.                                                                                     1900 – Melanoleuca humilis var. humilis (Pers.)                                                                              1900 – Melanoleuca humilis (Pers. : Fr.) Patouillard                                                                         1927 – Tricholoma humile f. robustum                                                                                           1935 –Tricholoma humile var. fragillima(F.) J.E.Lange                                                                     1978 – Melanoleuca humilis var. robusta (Bres.) Bon

                 Description

Chapeau : dimensions, 3 à 6 cm. Peu charnu.

Couleurs : gris clair à brun noirâtre (surtout au centre) sur le tard.

Forme : convexe, mamelonné (pour la collection du 15.12.2013), puis aplati.

Revêtement (surface) : un peu hygrophane, mate et terne. Une collection découverte 3 jours après la première sur le même site à seulement 6m à côté semble porter de petites touffes de poils très fins et le chapeau est plat sans mamelon. Une troisième collection fut découverte une semaine plus tard en tous points identiques à la seconde encore une fois espacée de plusieurs mètres. 

La marge : droite, excédante.

Lames : blanches sur le frais, subéchancrées à décurrentes par une dent. L’arête s’érode sur le tard.

Le stipe : 3 à 6 cm, fibrilleux, gris à brun est couvert d’une pruine blanche concentrée dans le tiers supérieur mais recouvre la totalité du pied dans les 2 dernières collections. Sa chair est plus foncée que celle du chapeau et la base est clavée.

Substrat : les trois récoltes ont été réalisées du 15 au 22 décembre 2013, sur un épais lit de feuilles mortes sous un bosquet de lauriers principalement et mêlés d’érables et chênes, dans un parc fortement anthropisé en centre ville (sol argilo calcaire).

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 Microscopie

La sporée en masse est blanche                                                                                             

Les spores : 1ère collection, 7 – 10 (11,5) x 5,5 – 6,8 µm.     

                      2ème collection, 7,6 – 8,6 (9,6) x 5 – 6 µm.

L’hyménium est constitué de basides tétrasporiques, 33-35-40 x 11 µm.

De longues aiguilles cristallines recouvrent le sommet des cheilocystides ventrues assez nombreuses. Les pleurocystides sont identiques et certaines (peu nombreuses) ont un apex lisse souvent arrondi ou pointu et dans ce cas papillé.

Pour la première collection du 15.12.2013           2ème collection

           53 -72 (91) x 11,5 – 16,3 µm.            51,6 – 71 x 16 – 18,6 (23,4) µm.

Caulocystides : la forme générale est semblable dans les 3 collections, avec un col très allongé et là aussi sont couvertes à l’apex d’une cristallisation réfringente en poil d’ortie. Dans la troisième collection elles dépassent allègrement les 100 microns et certaines sont lisses à l’apex.

Pour la première collection du 15.12.2013     Pour la 2ème collection du 18 décembre

        58 – 94 x 16,6 µm.                                           68,6 – 91 x 9-18 µm.

Pour la 3ème collection du 22 décembre

104 – 129,6 x 8,7 – 10 (14) µm.

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Détails des différentes planches photo

melanoleuca-15-12-2013-phot.jpg

Pour la première collection du 15.12.2013 :

Photo 1 : le chapeau est d’abord convexe avec un mamelon central élargi et plus foncé puis sur le tard il s’aplatit et se creuse alors que le mamelon a tendance à disparaître. Le pied  cylindrique est droit, fibrilleux et marqué d’une pruine blanche surtout dans sa partie supérieure.

melanoleuca-15-.jpg

Photo 2 : les basides sont tétrasporées et non bouclées. Les spores au centre de l’image sont étudiées dans le réactif de Melzer pour mettre en évidence la réaction amyloïde des ornementations (bleu noir). Sur le pourtour elles sont vues dans l’eau pour obtenir des dimensions conformes. Une courte zone lisse est conjointe à l’appendice hilaire qui ne laisse qu’une faible trace ou n’est pas visible.

melanoleuca-photo-3.jpg

Photo 3 : les cystides (cheilo et pleuro) sur les lames sont quasiment identiques et couvertes à l’apex d’une cristallisation en poil d’ortie. Il faut noter que les cheilocystides sur la marge des lames sont moins nombreuses. Le col étroit est allongé et les parois sont très peu épaissies. L’absence de boucles est à remarquer.

melanoleuca-15-12.jpg 

Photo 4 : les caulocystides sont bien concentrées surtout au sommet du pied et possèdent parfois une cloison. Le col étroit est souvent démesurément allongé et possède, lui aussi, une cristallisation en poil d’ortie très réfringente. Pas de boucles visibles à la base.

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Pour la 2ème et 3ème collection des 18 et 22 décembre :


Melano-deuxième-récolte.jpg

Photo 1 : les  individus poussaient en touffes serrées et les parties blanches des chapeaux sont le résultat de la sporulation des espèces supérieures. Le pied est plus court que dans les espèces précédentes  avec une base fortement clavée, mais est couvert sur toute sa longueur d’une pruine blanche.

melanoleuca-spores.jpg

Photo 2 : Les spores sont légèrement plus petites que dans la 1ère collection. Elles sont photographiées dans le réactif de Melzer et à deux autres niveaux de mise au point (2 et 3) pour essayer de bien faire ressortir les ornementations pour s’assurer que les verrues ne produisent que très peu de connections et ne forment pas de réseaux.

Dans le rouge congo (à droite sur la photo) elles présentent une grosse guttule + ou – centrale mais les ornements (verrues ou épines) sont beaucoup moins visibles.

melanoleuca-18-22-12-2013-.jpg

Photo 3 : les cheilocystides et pleurocystides sont assez identiques. Elles sont, par contre, plus courtes et plus ventrues que celles de la première collection. Les parois sont fines. Dans de nombreuses cystides le sommet est lisse et se trouve parfois papillé.

melanoleuca-18-22-12-2013-p.jpg

Photo 4 : les caulocystides du pied sont très allongées et peu ventrues  surtout dans la dernière collection où elles peuvent atteindre 130 µm.

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 Conclusion

Pour en rajouter sur les difficultés rencontrées par les spécialistes de la mycologie lors de l’étude de ces espèces nous signalons qu’en 1978 Marcel Bon a synonymisé Melanoleuca humilis var. fragillima avec Melanoleuca polioleuca (Fr. : Fr.) Kühn. & Maire.

Voir aussi : Melanoleuca kuehneri M.Bon et Melanoleuca subpulverulenta (Pers.) Singer

Les différences constatées entre ces formes ou variétés sont-elles suffisantes pour en faire des espèces différentes ?

Jacques Beck Ceccaldi

 *Régis Courtecuisse, Faculté des sciences pharmaceutiques – Université de Lille

Le Bidaou à risques mortels

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Qui ne connait pas le Bidaou sur la Côte atlantique! Il y est présent en ce moment (récolte du 21 décembre à Lacanau sur notre planche). Sa consommation, certes dans des conditions particulières de « surconsommation », a provoqué des intoxications mortelles. Le principe de précaution est de mise: à regarder, reconnaître, photographier, étudier, comparer… Ne pas manger.