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Nomination au César du meilleur espoir

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Yoën, 11 ans, vit dans le Médoc. Il est issu d’une famille parfaitement « normale », c’est-à-dire absolument pas mycophile.

Son intérêt pour le règne fongique vient d’une peur irrationnelle initiale vis-à-vis des champignons.

Bien décidé à apprivoiser son appréhension, Yoën a basculé dans le rationnel : il s’est mis à étudier les dits champignons avec passion, et s’est fait remarquer par ses dessins qui dénotent une précision et un sens de l’observation étonnants.

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Accompagné de Noey, son petit frère lui aussi féru de champignons, et de sa mère d’une finesse sculpturale, Yoën s’est présenté au siège social du CEMA, avec sous son bras sa propre bibliothèque. Déjà 4 livres :

–          Les champignons : les reconnaitre et les trouver. (Patrick Laurent),

–          450 champignons (Andreas Gminder et Tanja Böhning),

–          Connaitre les champignons du Sud-ouest (Francis Massart),

–          Champignons toxiques et comestibles (Institut Klorane).

Le CEMA lui a alors offert le  G. Becker (éditions Gründ). Les aquarelles qui illustrent cet ouvrage ne pourront que le guider dans son aisance de jeune dessinateur naturaliste.

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Un des premiers gestes de Yoën a été de se précipiter vers ma bibliothèque personnelle et celle du CEMA. Les livres ont défilé sous ses yeux avec une joie gourmande et contagieuse. J’ai été surpris par ce rapport aux livres, traités avec égard, remis consciencieusement à leur place respective et par ce plaisir évident de feuilleter, de commenter et de partager ses connaissances déjà impressionnantes.

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La conversation au fil de l’effeuillage des pages, s’est révélée fluide et enrichissante, sans pédantisme ni prétention. Yoën a abordé de nombreux sujets : La différence entre l’Amanite ovoïde et L’Amanite proche, l’une comestible, l’autre toxique, à séparer par la couleur de leur volve. L’Amanite citrine et son odeur de radis. L’Amanite tue-mouche qui n’a jamais tué une seule mouche. Pourquoi la Rozites caperatus (Pholiote ridée) est classée parmi les cortinaires, alors qu’il n’y a pas de cortine, mais un bel anneau évident. La pholiote du peuplier qui ne se trouve pas que sur les peupliers. Le cèpe tout blanc de Monsieur Persoon. Les psalliotes devenues Agarics, ceux qui rougissent et ceux qui jaunissent avec leur tête tronquée. L’Agaric pintade : pourquoi pas poule ?. Du Myriostoma coliforme qui se prend pour une poivrière de table. Et l’Amanite des césars : mais que vint donc faire un empereur romain dans cette galère même pas marginée ? CQP (Comprenne Qui Pourra) Le Xerocomus badius dont il a remarqué le bleuissement au froissement et à la coupe. La relation entre le cèpe de Bordeaux et son hôte médocain le chêne. L’Agaricus bisporus avec seulement deux spores par basides. Le Clitocybe petite prune avec sa forte odeur de farine fraîche qui lui vaut son surnom de meunier. Et j’en oublie !

Yoën a de bonnes notions de comestibilité et de toxicité. La vocation d’éducateur du CEMA a vite pris le dessus afin de le mettre en garde contre la facilité des confusions aux conséquences funestes. Il lui faudra mieux appréhender la notion de comestibilité annotée dans les ouvrages, récents de préférence. Comestibilité veut simplement dire non-toxique (pour certains individus) et ne se réfère pas à la notion de gustation. Beaucoup de champignons réputés comestibles sont en réalité de piètre valeur gustative. Par contre peu de champignons, une dizaine tout au plus, se prêtent à la gastronomie.

Yoën a bien entendu le principe de précaution de ne consommer que les espèces parfaitement identifiées et de se cantonner, question cuisine qu’aux rares espèces sûres : Bolet de Bordeaux, Tête de nègre, girolles, chanterelles, pieds de mouton, trompettes des Maures, Bolet bai.

L’heure était venue d’une initiation à l’usage de la loupe binoculaire stéréoscopique : émerveillement devant la vision des cupules bien formées de l’ascomycète liée à la Xanthoria parietina, des lames du Lenzite du chêne, des lames dédoublées du Schizophylle commun, de l’aspect lisse de l’hyménium de la Stérée remarquable, du comptage des pores de la Tramète pubescente.

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Etonnement aussi au microscope avec l’étude au grossissement de X60 de la Trémelle mésentérique : spores lisses et transparentes, leur mesure (10.4 x 8.5 µm), les conidies et les hétérobasides septées longitudinalement avec les 4 longues épibasides.

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La relève serait-elle assurée avec notre jeune espoir mycologue ? En tout état de cause le CEMA s’emploiera à accompagner Yoën dans cette voie. Allez, Yoën, persévère et bientôt le nom des champignons sera aussi écrit en latin !

JACQUES BOYER

 

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Paroles de trufficulteurs

Une cour Mably truffée samedi de femmes et d’hommes de l’art. Que se passe-t-il au pied du chevelu de leurs arbres? Quelle alchimie? Paroles de trufficulteurs aquitains

paroles-de-truffes.jpgNous nous posions des tas de questions. Bien sûr, Tuber melanosporum ne nous est pas inconnue macro-microscopiquement ni aromatiquement mais allez savoir, sous-terre, que nous cache-t-elle qui n’échappe pas à ses plus proches observateurs de surcroît intéressés au sain et bon déroulement de sa croissance, les trufficulteurs.

Prenez, par exemple la mouche ou plutôt les mouches du genre Suillia qui compte plusieurs espèces dont S. gigantea dont le vol lourd se repère avant qu’elle n’aille pondre afin que ses larves se développent au sein du champignon hypogé. truffe-mably1MP.jpgNous nous demandions, peut-être trop naïvement, si l’insecte creusait un peu ou beaucoup la terre pour arriver tous près de la melano nourricière. En fait, nous ont expliqué samedi les trufficulteurs girondins, périgourdins et lot-et-garonnais Suilla sp.se pose au sol, à la perpendiculaire de la tubérale qu’elle sait mature (d’où son rôle déterminant pour le cavage). Elle pond alors ses œufs pic au-dessus. Les larves, minuscules, qui éclosent, vont jouer les spéléologues pour atteindre la truffe s’en nourrir et y grossir.

Pas folle la mouche. truffe-mably2MP.jpgUn met de choix. Apprécié de tous les visiteurs qui se pressaient… comme des mouches sous les arcades pour y déguster, entre autres, des canapés de beurre truffé arrosés de crus du terroir ou assister à des démonstrations, truffe-mably3MP.jpgdans la salle capitulaire, de recettes, à base de truffes, par des chefs cuisiniers experts en la matière tel Pierre Bertranet de La Table du Quai (Quai Louis XVIII à Bordeaux). L’approche de cette deuxième édition de la manifestation dédiée à la Truffe du Périgord était résolument gourmande.

Il n’en demeure pas moins que nous avions la possibilité aussi, mycologie oblige, de remonter à la source en compagnie d’Agritruffe que

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nous connaissons bien pour avoir visité l’année dernière ses installations de Saint Maixant (33). Sa présentation sous loupe binoculaire de mycorhizes de Tuber melanosporum éclairait sur cette symbiose souterraine sans laquelle le champignon ne pourrait « primairement » apparaître.

L’union régionale des trufficulteurs présentait opportunément des récoltes d’espèces du genre Tuber (Tuberales / Tuberaceae) et d’une espèce du genre Genea ressemblant à G. fragrans (Pezizales / Pyronemataceae).

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  Rassemblées dans ce montage elles témoignent de la possible difficulté de distinguer notamment la Truffe du Périgord de la Tuber brumale et de la Truffe de Bourgogne. Canifées, elles renseignent  sur leur chair veinée et notre, votre nez est un allié précieux dans les paramètres de détermination.

Les sortes d’arbres? les terrains? Selon les témoignages recueillis, le chêne vert est en progression dans les essences plantées. Il pousse plus vite que le traditionnel chêne pubescent mais demande davantage d’entretien. truffe-47MP.jpgIl faut veiller en effet à ce que « la Truffe respire » souligne un Lot-et-Garonnais de Pujols. Entendez par là que bien que sous terre elle n’aime pas qu’on lui fasse de l’ombre alors on retaille les houppiers des chênes verts assure Sébastien Chinouilh de Clermont de Beauregard en Dordogne. C’est davantage de travail et ce n’est pas un hasard de rencontrer beaucoup de viticulteurs-trufficulteurs car le suivi des deux récoltes raisin-truffe demande autant de soins et de temps.

Notre ami de Pujols qui a devant lui une photo de garçon exhibant une Tuber melanosporum de plus de 800 g s’accorde avec Lucien Perrier (photo ci-dessus), dont nous connaissons la longue pratique et la grande expérience, pour relever qu’en début de production donc « issus » d’arbres jeunes les ascophores sont plus gros mais qu’ensuite, les arbres vieillissant, les truffes sont certes plus petites mais plus parfumées.

Et le ph? Le Fronsacais Patrick Dorneau estime que sans mésestimer cet aspect beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu. D’ailleurs, dit-il,  sa voisine sur le stand qui est à La Brède y produit des truffes bien que son terrain ne soit pas idéal du seul point de vue du ph. S.Chinouilh-MP.jpgNous avons entendu aussi que le froid rigoureux à la veille du cavage, c’est à dire de l’extraction, n’est pas très souhaitable mais ce que nous dit Sébastien Chinouilh qui extrait de son tas une melano pour nous le montrer nous interpelle.

Sébastien a remarqué que le peridium est plus « fin » quand une de ses truffes est venue dans un sol « blanc travaillé » (photo ci-contre) aux particules plus légères alors que l’enveloppe externe est plus épaisse quand les diamants noirs sont issus de l’argile épaisse à gros morceaux. Une certaine humanité de la Truffe en quelque sorte qui a la peau dure quand il faut résister et qui se la joue en douceur dans un cocon agréable.

La passion n’est-ce pas aimer des êtres aux odeurs envoûtantes et les accompagner longtemps, autant qu’il est possible.

Recueilli par Jacques Boyer et Michel Pujol

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Jeunes pousses

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Y-aurait-il quelques champignons? Alyssa et Emma ont croisé ce matin quelques promeneurs dans les bois qui s’attardaient en bordure de chemin.

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Il fallait aller chercher les cèpes dans les endroits les plus protégés des regards

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et fixer dans le marbre numérique une partie de récolte. Bolets orangé, lactaires délicieux, cèpes et promeneurs: ça pousse et ça se sait!

Le bon plan de la Truffe est girondin : Agri-Truffe à Saint-Maixant fait école !

 Le plant truffier, produit en Gironde, et son diamant noir seront en vedette samedi 25 janvier à Bordeaux, à la Cour Mably lors des Rencontres Gourmandes Truffes du Périgord et Vins de Bordeaux

S’il est un champignon qui ne doit rien au hasard c’est bien la Truffe, la noire, celle dite du Périgord, surnommée diamant noir sans doute grâce à ses facettes brillantes une fois brossé et lavé et un peu aussi peut-être à cause de son prix élevé bien qu’il vive sous terre. Tuber melanosporum (littéralement noire spore) ne peut s’exprimer qu’en symbiose avec certains végétaux, dans un certain sol, sans certains concurrents. Bref, le drôle est difficile surtout à son jeune âge. Autant se rendre à son berceau et bien avant, en Gironde, près de Saint-Macaire, à Saint-Maixant*. Pas celui de l’Ecole quoiqu’il y soit en écloserie, pouponnière avant d’être materné dans toute la France et même à l’étranger où il fait ses classes dans les cours plantés d’arbres qu’il amène avec lui sans cartable mais avec un peu de terre dans le godet.

Visite, cette semaine du CEMA (Jacques Boyer, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol) à la « source » Saint-Maixant: un bon plan que nous souhaitons vous faire partager. 1763288831Comme le rappelle Pascal Arrestier (à gauche sur notre photo), l’apogée de la production de truffes se situe de 1860 à 1914**. En effet, les volumes actuels*** sont bien moindres et nationalement inférieurs à la demande aujourd’hui. Le dépérissement de la vigne pour cause de Phyloxera a relancé d’une certaine manière des pratiques culturales favorables à ce champignon pionnier. Les glands semés en terres anciennes de vignes ont crû, naturellement mycorhizés quand les conditions y étaient favorables. Restait à « aider la Nature ». Dans les années 70, grâce notamment aux travaux de Gérard Chevalier (Dominique Mabru -à droite photo de dessous- à Agri Truffe depuis 2012 a travaillé avec lui) une méthode d’inoculation de plants truffiers était mise au point par l’INRA. Le passage du laboratoire à l’entreprise se faisait alors au domaine de Lalanne à Saint-Maixant. En 1973 y naissait Agri-Truffe qui applique un procédé sous contrôle et licence INRA.

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L’alchimie de la mycorhization des plants**** est patiente, précise et entièrement manuelle. Les truffes qui ont été achetées brossées et lavées sont scrutées au microscope pour déterminer leur densité en spores mûres. Leur nombre dans chaque asque peut varier***** et c’est aussi un moyen de s’assurer de leur indentité en même temps que de leur potentiel reproductif. Après cette sélection, un broyat est effectué dans une solution liquide en vue de l’inoculation des plants. Selon Pascal Arrestier il faut compter environ un gramme de truffe sélectionnée (dont bien sûr son contenu de spores « actives ») par plant pour aboutir à la mycorhization escomptée.

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Inoculés, les plants sont élevés en godets hors-sol et … vérifiés. Dominique Mabru nous fait découvrir à la loupe binoculaire le poil aux pattes du végétal (ici du chêne vert). Le nombre d’ectomycorhizes par exemplaire est important pour la suite. La croissance du plant également car elle traduit le développement du champignon qui y est interdépendant. Un bon équilibre serait dans un développement médian de chacun. La génétique est aussi un outil pour aller plus loin dans la connaissance des espèces. Une étude cellulaire des mycorhizes permet de différencier (structure alvéolaire, polygonale etc.) les sortes de truffes.

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Lors de notre visite plusieurs petites mains habiles s’affairaient à semer, dans des godets emplis d’un mélange nourricier et drainant, des glands déjà germés. Au bout de deux ans d’élevage, les plants sont prêts, suivis, certifiés et contrôlés par l’INRA par échantillonnage. Ils iront dans les régions de France qui s’y prêtent****** et à l’étranger Maroc y compris. Là où le sol a bien été analysé comme adéquat avec une roche mère de calcaire fissuré. 120 000 plants sortent annuellement de Saint Maixant. A 300 plants/hectare la surface couverte équivaut à 400 hectares.

La production de Tuber melanosporum et T.uncinatum, espèces choyées chez Agri-Truffe, dépendra ensuite de l’art des trufficulteurs à s’accomoder avec le Ciel … sans croire au miracle!

Michel Pujol

 

Quelques jours de partage en Gironde avec l’ami Pirot

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Invité du CEMA du 6 au 10 mai 2009, Paul Pirot,  grand spécialiste Belge, a partagé en toute convivialité,  les terrains de « chasse » de ses amis Girondins et a donné, le samedi après-midi à la Maison des associations de Mérignac une conférence sur les champignons de Madagascar . Jacques Beck Ceccaldi, chargé des études mycologiques au CEMA, devait y évoquer, pour sa part, les champignons d’Australie.
Les conférenciers ont suscité l’intérêt et surtout les questions d’un public le plus souvent averti. Les diaporamas projetés ont invité à la découverte d’espèces « si semblables et si différentes » comme l’indiquait l’intitulé de la présentation du mycologue belgo-malgache. En fait cet ancien professeur de lettres classiques, qui vit à Neufchâteau dans les Ardennes belges et fréquente de nombreux rendez-vous mycologiques français et étrangers, devait s’envoler le vendredi 22 mai pour aller passer une dizaine de jours dans la grande île et concourir à de nombreuses actions de solidarité qu’il y a engagées.

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Son cédérom « Des champignons toute l’année » est un classique. Il y décrit plus de 1000 espèces de manière à la fois simple et pointue et il est aussi un des guides des Mycologiades de Bellême  où notre petit groupe de girondins à l’origine de la création du CEMA l’a particulièrement apprécié. Le jeu consistait à pénétrer dans ces magnifiques hêtraies et chênaies quadrillées par l’ONF et cheminer d’un champignon l’autre et s’arrêter jusqu’à ce que tout soit dit et bien dit sur l’espèce rencontrée. A quoi ça ressemble ? Ça vous rappelle quoi ? Ça sent à quoi ? Couleur du chapeau ? Forme des lames ? Grosseur des tubes ? Petit à petit l’étau se resserrait et la détermination apparaissait en œuvre collective.

Peu d’espèces mais précoces pour le visiteur

Le joli mois de mai n’est pas l’octobre des hêtraies de l’Orne et il ne fallait pas s’attendre, même dans les domaines privés de haut médoc où nous avons été très amicalement accueillis le jeudi 7 mai, à foultitude d’espèces. Néanmoins l’ami Pirot, notre guide accoucheur découvreur,  a, comme à Bellême,  pris tout le temps pour aider à apprendre, comprendre pourquoi telle espèce sous tel arbre, sur telle terre. Restait le paramètre du calendrier du sud et là Paul ne finissait pas de s’émerveiller de pouvoir raconter à ses amis belges, qu’il allait retrouver peu après à une session en Vendée, tout ce qui poussait déjà en Gironde. Des espèces tout à fait précoces pour lui comparativement à ce qu’il observe plus au nord. Outre  l’Agrocybe praecox  vu et photographié en arrivant, la liste du matin comportait Macrolepiota procera (coulemelle), Russula vesca (russule comestible), Amanita rubescens (amanite rougissante), Pluteus cervinus (plutée couleur de cerf), paxillus involutus (paxille enroulé), Phellinus cf. ignarius (sur chêne liège).
L’après-midi, toujours dans un parc, toujours près de vignes, Amanita rubescens était encore là avec Vascellum pratense, Conocybe aporos, Hypholoma fasciculare, Paneolus fimicola et Ganoderma resinaceum. L’odorat, le goût, la couleur participent à l’identification des champignons et aussi… du vin. Paul Pirot, fin connaisseur ubiquiste dans ces deux domaines, a identifié très précisément, selon ces trois critères, jeudi et les autres jours les breuvages soumis à sa bienveillante attention.

Dunes et chênes verts, Psathyrella ammophila et Leccinum lepidum

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De Bordeaux au Verdon la route, vendredi 8 mai, est longue. En gagnant la pointe du Médoc entre océan et forêt de chênes verts, l’Histoire se répète  sans se ressembler tout à fait mais cri de victoire ! Les belles et mortelles amanites printanières blanches qui se colorent en jaune vif à la potasse ou autre base forte  (Amanita verna f.decipiens) sont bien là, près de la voie ferrée, encore plus nombreuses qu’il y a deux ans mais bien plus petites.

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Plus gros, les bolets inféodés au chêne vert, Leccinum lepidum que nous allons trouver en nombre. En nombre également,  cette fois dans les dunes,  les psathyrelles des sables (Psathyrella ammophila). En nombre aussi et toujours dans les lettes grise et blanche l’Inocybe heimii. Plus « passe-partout » et ceci est bien relatif et subjectif, nous nous arrêterons ou pas pour observer, dans le désordre, Russula vesca,  Polyporus lentus, Tuberifera ferruginosa, Lycogala epidendron, Suillus bovinus et  Cortinarius cf. privignoides.

Vous reprendrez bien un petit côte de bourg

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Le lendemain samedi quelques verna, lepidum, heimii et ammophila témoignent à l’entrée de la salle de conférences de la Maison des associations de Mérignac de la sortie de la veille tandis que Jacques Beck Ceccaldi parle des espèces invasives ou envahissantes qu’il a vues en Australie, de la déforestation aussi, du manque d’intérêt des autochtones pour les champignons sinon en boîtes. Ce manque d’intérêt est présent également à Madagascar et Paul Pirot s’est lancé dans un travail de formation des guides qui porte aujourd’hui ses fruits. Les champignons en lien social. Images d’enfants avides de savoir qui payent pour aller à l’école. Un autre monde si semblable et si différent. Paul montre le pays, ses gens, ses champignons et fait passer le message d’une nécessaire solidarité pour laquelle il milite. Quelques brochures « Olatra Champignons » seront vendues au bénéfice de l’Association Mitsinjo . Passionné, le néo missionnaire Belge partage et convainc.

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Pour les adhérents du CEMA, ces journées de partage d’une passion en toute convivialité auront été très formatrices. Dimanche matin Paul est reparti vers Vouvant en Vendée pour une session sur les ascomycètes non sans s’arrêter, en remontant, en divers endroits des portes ouvertes des côtes de bourg qui battaient leur plein ce jour-là. Dans un message informant qu’il était bien arrivé à destination, l’ami Paul écrivait avoir goûté quelques vins et nous donnait quelques bonnes adresses, notamment à Tauriac. Toujours le sens du partage.

                                                                                                                                       Michel Pujol