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Le CEMA s’initie au MEB

Plus besoin de présenter le CEMA. Mais qu’en est-il du MEB? Traduire microscopie à balayage électronique.

La microscopie électronique à balayage (MEB ou SEM pour Scanning Electron Microscopy en anglais) est une technique de microscopie électronique capable de produire des images en haute résolution de la surface d’un échantillon en utilisant le principe des interactions électrons-matière.

La MEB consiste en un faisceau d’électrons balayant la surface de l’échantillon à analyser qui, en réponse, réémet certaines particules. Ces particules sont analysées par différents détecteurs qui permettent de reconstruire une image en trois dimensions de la surface, avec une résolution qui se situe entre 0,4 nanomètre et 20 nanomètres.

MEB, microscopie à balayage électronique, SEM, Pôle d’Imagerie Electronique, CHU Bordeaux, PIE, CEMA, Jacques Boyer, Jacques Beck Ceccaldi, russula cyanoxantha, mycenastrum coriumPar l’intermédiaire de PLC, adhérent de la première heure et fidèle de notre association, enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux, deux microscopistes optique du CEMA, Jacques Beck Ceccaldi et Jacques Boyer, ont eu le privilège d’assister à une séance de MEB, au sein du Pôle d’Imagerie Electronique à (PIE), laboratoire du Dr Gontier Etienne au CHU de Bordeaux (Bordeaux Imaging Center BIC). Isabelle Svahn, responsable technique PIE, et virtuose de la manipulation du MEB, nous a fait découvrir pendant deux heures les images de spores de champignons, avec des grossissements  de 5 000 x à 16 000 x.

En vue de cette séance nous avions sélectionné plusieurs espèces fraichement récoltées, et préparé des sporées sur lame de verre. Seuls deux champignons sont passés sous le MEB : Russula cyanoxantha (échantillon frais), et Mycenastrum corium (exsiccata). Après quelques essais, il s’est avéré que la meilleure technique d’observation consistait à poser directement la lame de verre recouverte de sporée, directement au cœur du microscope. L’aimabilité et la technicité d’Isabelle Svahn ont permis le déroulé, l’apparition magique, puis la capture de quelques images que nous vous faisons partager.

Russula cyanoxantha :

Image MEB 6 000 x 

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 Image MEB 15 000 x

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 Mycenastrum corium :

Image MEB 5 000x

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 Image MEB 8 000 x

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Image MEB 16 000 x

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 Image optique 1000x pour comparaison

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 Les deux Jacques tiennent à remercier chaleureusement les différents acteurs de cette rencontre. 

J.B. et J.B.C. 

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Le Cèpe de Bordeaux … mais aussi du Médoc à la une… du Journal du Médoc

Le Journal du Médoc a ouvert son édition du vendredi 28 octobre sur l’icone automnale d’entre océan et estuaire. Reportage de Mathieu Caurraze qui a recueilli, entre autres informations, nos expériences « cépicoles ». Où mycologie et imaginaire se rencontrent autour de la table.

Cèpe, Médoc, Boletus edulis, Journal du Médoc, Mathieu Caurraze, CEMA, Michel Pujol, Boletus pinophilus, Boletus aereus, Boletus aestivalis

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Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 2

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

Après un premier volet  publié hier et relatant notamment l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » voici la deuxième partie de notre retour SOUVENIRS-SOUVENIRS extraite des archives confiées par Jacques Guinberteau:

– un PDF AmanitesLandaises.pdf d’un article paru en 2002 dans le Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie sous la signature de Jacques Guinberteau et Pierre-Arthur Moreau intitulé « Notes de récolte sur les amanites vernales landaises » où il est aussi question de Amanita decipiens, A. curtipes, A. ponderosa outre le « tiercé » boudieri-beillei-gilbertii.

– et quelques photos in situ

Amanita beillei

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Amanita boudieri

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Amanita gilbertii

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Amanita gilbertii_JG9501.jpeg

 Amanita gilbertii_Photo JG0262.jpeg

Le 8 mai 2008 avait été moins poussif que celui de 2016 ou plutôt … plus riche en pousses. Un grand merci Jacques G. 

 

Les champignons et la Mycoliste au cœur de la 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’urgence au CHU de Bordeaux

Il a aussi été question des envenimations par les araignées en France et même de crapaud mais le CEMA, participant à la Mycoliste (voir plus loin), invité à cette 6ème Journée scientifique Toxicologie et Médecine d’Urgence était attentif et peut-être un peu plus compétent en matière d’intoxications par les champignons. Présentées plus en avant qu’en … toile de fond, les sujets champignons étaient abordés en effet en début de programme.

Cette journée validant le Développement Professionnel Continu était organisée par le Pôle Médico-Judiciaire et le Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR du CHU de Bordeaux (Comité organisateur: Dr Regis Bedry, Dr Magali Labadie et Dr Françoise Penouil). Elle rassemblait plus de quatre vingt participants de toute la France, des professionnels, médecins, pharmaciens, urgentistes et autres scientifiques confrontés à des cas cliniques où de bonnes connaissances actualisées peuvent permettre l’application de thérapeutiques les mieux adaptées en fonction des moyens à disposition pas forcément à proximité immédiate. 

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Parmi les intervenants, à gauche, Dr Régis Bedry, Pôle Médico-Judiciaire, responsable de l’Unité Sécurisée Inter-Régionale CHU Bordeaux; en haut à droite Dr Magali Labadie, Pôle Urgences Adultes, SAMU-SMUR, Responsable médical du Centre Antipoison et de Toxicovigilance Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Dr Gaël Le Rouxet Dr Chloé Bruneau Centre antipoison et de Toxicovigilance CHU Angers, Dr Antoine Villa Centre antipoison et de Toxicovigilance Paris; en bas à droite Dr Odile Pillet, Michel Pujol (CEMA) modérateurs pour les trois premiers sujets concernant des champignons.

Il revenait au Dr Antoine Villa (CAP Paris) de traiter de l »identification d’un champignon toxique au Centre Antipoison: intérêt de la [Mycoliste]« 

Mise en place en 20014 la Mycoliste compte aujourd’hui 53 mycologues référents de toute la France (dont quatre du CEMA) à qui les Centres Antipoison adressent, par mail, photos et informations sur des champignons suspectés d’avoir provoqué des intoxications ou suscitant des inquiétudes (gamins ayant croqué des champignons, doutes d’adultes sur espèces déjà consommées, par exemple). Le but est d’identifier rapidement l’espèce et d’en induire un traitement médical approprié. Gagner du temps et viser le plus juste possible.

En 2014 il y a eu 355 demandes d’identification et 302 en 2015 avec des pics, logiques, les mois de septembre octobre et novembre. Dans le top 5 des espèces en cause, le Bolet de Satan (Boletus satanas), le Clitocybe de l’olivier (Omphalotus illudens), l’Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) et la redoutable Amanite phalloïde (Amanita phalloïdes) responsable de la majorité de décès par ingestion de champignon.

La moyenne de temps de réponse par les mycologues de la Mycoliste est de 19 minutes a calculé le Dr Antoine Villa qui soulignait qu’à quatre heures du matin il y avait aussi des réponses… Précisons qu’il n’est pas demandé aux mycologues d’assurer une veille au contraire des CAP qui, pour y faire face certains jours élargissent leurs zones d’interventions certains jours notamment à Bordeaux, Toulouse et Marseille. Selon les cas il peut y avoir une identification recoupée par un autre mycologue et des échanges d’expérience à partir d’un cas clinique propice à la discussion.

Parmi les buts recherchés, il s’agit aussi d’identifier de nouvelles espèces toxiques. Anciennement on connaissait les risques du Bidaou , plus récemment le shiitake est impliqué dans des cas de dermatites flagellaires et aujourd’hui on enregistre des intoxications dans certaines conditions (pas bien cuites, grosses quantités) avec des morilles. Comestible aujourd’hui en fonction des connaissances actuelles et il reste encore beaucoup à découvrir en matière de toxicité des champignons sans oublier que vous mangez ce que les champignons mangent et transforment. Attention aux lieux de cueillette pollués et aux quantités ingérées, aux vieux bouquins aujourd’hui dépassés. Prudence et modération même si c’est gratuit car l’addition peut être lourde.

Dans son intervention sur le « Nouvel algorithme diagnostique des intoxications par les champignons » le Dr Régis Bedry (Unité Sécurisée Inter-Régionale – CHU Bordeaux) détaillait les procédures classiques et nouvelles pour dresser un tableau des cas cliniques et agir en conséquence, une démarche complexe pour un béotien qui retient que les ressources scientifiques s’affinent et que le monde médical adapte au présent ses clés de lecture et d’actions. Régis Bedry relevait que Amanites et Cortinaires demeurent les cas « les plus graves ».

Aussi était-il important que dans le cadre de ce séminaire de toxicologie en partie dédié aux champignons le DR Chloé Bruneau (Centre antipoison et de Toxicovigilance -CHU Angers) fasse le point sur « Les intoxications phalloïdiennes : protocole de prise en charge« . Il y était rappellé, point d’Histoire, les expériences du Dr Bastien, personnage atypique et les progrès face au syndrome phalloïdien (qui apparaît tard) « responsable de 90 à 95% des décès » par ingestion de champignon. L’utilisation notamment aujourd’hui de Silymarine/Silibiline (LEGALON SIL®) et parfois des greffes de foie accroissent les chances de survie. Il y a encore des décès. 

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Deux exemples de photos où Amanita phalloïdes a été reconnue et authentifiée par les mycologues de Mycoliste

« Les intoxications par les champignons comestibles Shiitaké » ont aussi fait l’objet d’une communication par le Dr Gaël Leroux (Centre Antipoison et de Toxicovigilance-CHU Angers). Outre ce que nous avions évoqué dans notre blog ( dermatites flagellaires ) et des cas cliniques apparus depuis il a été  précisé que dans des champignonières où sont cultivés les shiitake des travailleurs ressentaient des manifestations eczematiformes.

Bilan d’une année d’expositions par champignons

Enfin, hors séminaire mais pas hors sujet et en rapport avec les acteurs réunis à Bordeaux, nous donnons ci-dessous quelques éléments tirés d’un bilan des « expositions par champignons en 2014 » établi par le Dr Chloé Bruneau (CAPTV Angers). L’InVS et le CAPTV d’Angers assurent une veille sanitaire nationale des intoxications par champignons recensées par l’ensemble de CAPTV. 

Plus de 2200 cas d’exposition par ingestion de champignons ont été recensés du 1er janvier au 31 décembre 2014. Pour chaque dossier ont été pris en compte les critères d’imputabilité, de gravité, le syndrome mycotoxique, la détermination de l’espèce de champignon incriminée et/ou le dosage de mycotoxines spécifiques, l’identification formelle par le réseau « Mycoliste » (lorsqu’unephotographie des champignons incriminés était disponible).

Il en ressort que, en 2014, sur plus de 2200 cas d’exposition recensés, près de 2000 ont été inclus dans l’étude. Parmi les plus de1200 cas symptomatiques , un syndrome mycotoxique a pu être déterminé dans près de 800 cas. « Le syndrome résinoidien était de loin le plus fréquent et le moins grave avec 72% des syndromes identifiés. Avec plus de 50% de gravité forte … le syndrome phalloïdien restait le syndrome le plus pourvoyeur de décès…. 43% des cas asymptomatiques concernaient une ingestion accidentelle par un enfant »

Dans le tableau dressé par

– syndromes mycotoxiques (résinoidien,sudorien,panthérinien, narcotinien, coprinien, phalloïdien, orellanien, neurotoxique aux morilles, dermatite flagellaire) – gravité (faible, moyenne, forte, décès)                                                            – principale espèce recherchée/principale espèce en cause identifiée

on compte deux décès consécutifs au syndrome sudorien (près de 80 cas), trois autres décès liés au syndrome phalloïdien (près de 40 cas); cinq situations sont estimées de gravité forte suite à un syndrome panthérinien (près de cinquante cas) et quatre de gravité forte également (7 cas) dues au syndrome orellanien.

Au chapître de la gravité faible ou moyenne, étant entendu que celles et ceux qui en ont soufert n’ont pas trouvé cela anodin, on trouve le syndrome résinoïdien (un peu plus de 550 cas), le syndrome neurotoxique aux morilles (plus de 20 cas) et la dermatite flagellaire (4 cas).

En conclusion de ce bilan le Dr Chloé Bruneau précise qu »il s’agit de la première série nationale combinant une analyse systématique syndromique et une expertise mycologique. Les intoxications par champignons restent un problème de santé publique et la veille nationale permet en temps réel d’alerter les autorités publiques, à des fins d’information et d’informer le public, tout en identifiant rapidement les syndromes émergents ».

Problème de santé publique, alerter les autorités publiques: on ne peut que souscrire à cette réalité. Cet état des lieux devrait conduire, à notre avis de mycologue souvent sur le terrain pour guider entre autres des sorties champignons avec le grand public mycophage, mycophile et passionné, à des campagnes de sensibilisation de la part des autorités publiques qui ne manquent pas de spécialistes en communication… Aidés par quelques mycologues, actifs sur la Mycoliste, l’idée peut faire son chemin jusqu’à l’automne avec ses pics de consommations et d’intoxications.

Michel Pujol 

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Venus de toute la France, plus de quatre vingt acteurs de notre santé d’urgence.

Un hiver sur le BRF par Jacques Beck Ceccaldi

  Chargé des études mycologiques au CEMA, Jacques Beck Ceccaldi  présente ici un florilège de ses récoltes sur BRF (Bois Raméal Fragmenté) faites en Gironde, Bordeaux et environs de fin décembre 2015 à début avril 2016

         Espèces      Observations réalisées du … au …

Agaricus bisporus        29 01 2016   –   08 03 2016

Amanita citrina          06 02 2016   –   14 02 2016

Crepidotus cesatii          23 01 2016

Crucibulum  laeve           15 01 2016

Hebeloma crustuliniforme       30 12 2015   –   28 01 2016

Laccaria laccata          01 02 2016   –   14 02 2016

Lacrymaria lacrymabunda      04 01 2016

Pholiota lenta         24 12 2015   –   06 01 2016

Pholiota gummosa       08 01 2016   –   16 02 2016

Pholiotina teneroides     22 10 2015

Pluteus cervinus       26 12 2015   –   14 02 2016

Agrocybe rivulosa                  24 12 2015

Tapinella panuoides       12 01 2016   –   15 02 2016

 Agaricus bisporus  (J.E.Lange) Imbach    Champignon de Paris

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                              Le très célèbre Champignon de Paris dans sa forme sauvage est beaucoup moins connu d’autant plus que sa niche écologique favorite se trouve en lisières des vieux cyprès ou des fourrés de Tamaris qui protègent les stations balnéaires de la côte atlantique et qu’il n’est pas rare de le rencontrer en front de dune blanche. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir plusieurs exemplaires de l’Agaric bisporus dans un petit parterre arboré de plantes basses sous érables (Acerabulus), entourant une place devant une école primaire à Bordeaux rive droite. La terre est protégée par une bonne couche de BRF (Bois Raméal Fragmenté) appellation donnée aux résidus de broyage de branches destinés à protéger le sol et favoriser le développement de l’humus. Observations sur site du 26 01 ou 21 02 2016 puis revue de nouveau le 08 03. Lieu supportant un énorme facteur anthropique mais comment s’attendre à autre chose en plein centre-ville ?

Le passage en bleu fait référence au « Petit livre des champignons des dunes » de J.Guinberteau aux éditions confluences – Juillet 2011.

Chapeau : 5 à plus de 10 cm de diamètre, globuleux si jeune puis convexe, lisse et mat brun sale à surface se déchirant en squamules apprimées et concentriques. Chair : blanche, épaisse, devenant rouge vineux puis pâlissant. Odeur et saveur : douce de noisette. Lames : adnées à libres, étroites, rose clair puis brun pourpré à noir par les spores, arête entière. Stipe : 5-8 x 2-4 cm, cylindrique, plein, blanc et brunissant au toucher. Anneau blanc, ascendant, épais et double  à profil transversale triangulaire.

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Basides bisporiques: à 1ou 2 stérigmates,  sans boucles, 20-25 x 7,5-8,5 µm.

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 Sporée : brun pourpre foncé.  Spores : ellipsoïdes, à parois épaisses, 7-9,5 x 4,5-6,5 µm.

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Cellules de la marge : cylindriques, hyalines, 25-40×7-12 µm

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(très jeunes elles sont globuleuses et soudées).  Pleurocystides : non observées.  

Amanita citrina   (Schaeff.) Pers.   Amanite citrine

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                              A l’entrée d’un petit parc public, en centre-ville, un pin maritime a été planté il y a deux ans et la terre remplacée par un mélange à base de sable.

Chapeau : 3 à 10 cm, hémisphérique, jaune pâle avec des restes de voile blanchâtres à brunâtres. Lames : libres, blanches, arête entière. Stipe : 12 x 3 à 4 cm, cylindrique à bulbe marginé blanc à anneau blanc ou jaune pâle, membraneux. Chair : blanche ou jaune pâle et forte odeur de rave ou pomme de terre crue. Comestibilité : bien que faiblement ( ?) toxique il est déconseillé de le consommer.

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Basides : tétrasporiques, peu clavées, sans boucles, 40 x 10 µm, stérigmates assez longs 3 à 4µm.

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Sporée : blanche. Spores : subsphériques, lisses, 7,5-9,5 x 7,5-9 µm, hyalines.

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I+ (spores amyloïdes).

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Marge des lames portant de nombreuses cheilocystides clavées et caténulées.

Crepidotus cesatii  (Rabenh.) Sacc.    Crépidote à spores sphériques

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 Chapeau : 0,5-2,5 cm, velouté, blanc. Lames : nettement espacées à reflets rosâtres.

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Stipe : absent, un point d’insertion au substrat (branche de feuillus à terre) plus ou moins décentré.

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Sporée : brun rougeâtre. Spores : subglobuleuses, épineuses, 6-8 x  5,5-7,5 µm. Seules les spores ont été observées ici. Cheilocystides : polymorphes, ramifiées, 22-50 x 7-12µm.

 Crucibulum laeve  (Huds.) Kambly    Crucibule lisse

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Vase profond blanchâtre à jaunâtre plus-haut que large 6(10)x 7 mm, clos par un épiphragme jaune puis blanc en s’ouvrant qui laisse apparaître une douzaine de péridioles lenticulaires ocres attachées par un funicule mince et court.

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Ces péridioles contiennent des spores ellipsoïdes 7-10-3,5-5 µm. Courant toute l’année sur résidus ligneux.

Hebeloma crustuliniforme   (Bull. : Fr.) Quélet    Hébélome croûte de pain  (Hors BRF)

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Chapeau : 3 à 6 (10) cm, crème ocracé pâle, convexe puis élargi mamelonné. Visqueux si humide, marge lisse et incurvée. Chair crème à blanchâtre et forte odeur raphanoïde. Lames : émarginées, étroites, rose crème, exsudant des « larmes opalescentes » qui laissent des taches brunes en séchant. Stipe : 10 x 2,5 cm, cylindrique, creux et fragile sur le tard à feutrage blanc sur toute la longueur (caulocystides). Habitat : grégaires, isolés ou en rond de sorcière sous feuillus ou conifères (espèce mycorhizique). Courant toute l’année.

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Basides : tétrasporiques, banales, bouclées, 30-40 x 8-10 µm.

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Sporée : ocre-brun. Spores : ellipsoïdes à + ou – en amande, 10-13×5-7 µm. Si finement verruqueuses que la définition de notre image ne peut mettre en évidence les protubérances verruqueuses.

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Cheilocystides : présence si dense que la marge des lames est rendue stérile. Cylindriques, à peine renflée à l’apex, 30-70×5-11 µm. Pleurocystides : non observées.

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Caulocystides sur tout le pied, cylindriques, peu capitées, 30 à 80 µm. (voire plus).

Laccaria laccata var. pallidofolia   (Peck) Peck   Laccaire laqué à lames pâles

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Chapeau : 2-4-8 cm, hémisphérique à convexe étalé et centre déprimé, hygrophane carné si humide et beige au sec, squameux au centre sur le tard, marge striolée. Chair : mince, blanc à rose. Lames : adnées émarginées, épaisses,  larges, arêtes entières. Stipe : 5 à 10 cm x 5 à 8 mm, cylindrique puis creux, striolé et fibrilleux. Habitat : grégaires ou cespiteux, photographiés ici sur plate-bande à sol protégé par du BRF sous pin parasol.

Basides : tétrasporiques bouclées,  30 x 10 – 15 µm.

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Sporée : blanche. Spores : globuleuses, épineuses, hyalines, 7-9  6,-8,5 µm. Cystides : absentes mais présence de cellules marginales cylindriques bouclées. Les cloisons des hyphes du revêtement du chapeau sont aussi bouclées.

Lacrymaria lacrymabunda  (Bull. : Fr.) Pat.   Psathyrelle larmoyante

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Chapeau : 3-8 (10) cm, convexe à aplani mais umboné, feutré à squameux brun rouille. Chair : brun olivacé, épaisse. Lames : adnées émarginées, brun gris à noires, arête blanche larmoyeuse tachée de noir en séchant. Stipe : 5-10 cm x 5-10 mm, cylindrique et floconneux chiné, roux mais poudré de blanc au-dessus d’une zone annulaire très fugace.

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Basides : banales, clavées, tétrasporiques, bouclées, 20-30 x 8-10µm.

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Sporée : noire. Spores : en amande ou ellipsoïdes suivant l’angle observé, verruqueuses et noires avec gros pore germinatif saillant, 8,5-10,5 x 5,5-6,5 µm. Cheilocystides : cylindriques capitées, 40-70 x 5-10 µm. Pleurocystides : non observées. Caulocystides : au-dessus de la zone annulaire et semblables aux cheilo.

 

Pholiota gummosa  (Lasch. : Fr.) Singer    Pholiote gommeuse

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Chapeau : hémisphérique puis convexe aplani, diamètre 2 à 5 cm, visqueux si humide, au sec blanc lavé de verdâtre orné de squamules apprimées plus ou moins visibles surtout si lavées par les pluies et large ornée des débris du voile secondaire (anneau sur le pied). Chair : blanchâtre. Odeur : nulle. Lames : décurrentes par une dent, arête ciliée blanche. Stipe : 3-6 x 3-7 cm, cylindrique plein puis creux sur le tard, zone annulaire fugace, floconneux squameux à base brun rouge.

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Basides : petites et banales 20-25 x 6-8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes lisses avec un pore germinatif visible, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides : cylindriques sinueuses capitées, 30-50 x 4-9 µm.

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Les pleurocystides sont en fait des chrysocystides à inclusion + ou -jaunâtre dans le KOH bien que cette réaction ne soit pas toujours évidente. La réaction est par contre très évidente dans les espèces dont le contenu des cystides vire totalement en jaune et ne sont donc pas des chrysocystides.

Pholiota lenta   (Pers. : Fr.) Singer    Pholiote gluante

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Chapeau : hémisphérique à convexe étalé, ocre crème plus foncé au centre, diamètre 5 à 10 cm, squamules blanches à ocre engluées sur le chapeau après la pluie qui sèche très vite même au faible soleil de février où il devient mat et sec. Marge aigüe ornée de restes du voile. Chair : blanche. Odeur : douce de polypore.

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Lames : mêlées de nombreuses lamelles et lamellules, blanches à brun rouille par les spores, décurrentes par une dent, arêtes blanches. Stipe : 3 à 9 x 0,5 à 1 cm, cylindrique plein, fibrilleux et squameux de blanc sous l’anneau mais poudré de blanc au-dessus et devenant brun plus foncé sur le tard.

Basides : banales, tétrasporées bouclées, 20-30 x 7-9 µm.

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Sporée : brun rouille. Spores : ellipsoïdales faiblement arquées, parois épaisses mais pas de pore germinatif, 6-8 x 3,5-4,5 µm.

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Cheilocystides lagéniformes, 40-65 x 10-15 µm très nombreuses sur la marge des lames.

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Pleurocystides : semblables et tout aussi nombreuses mais bien que le contenu puisse se colorer totalement en jaune sous le KOH elles ne sont pas des chrysocystides et leur long rostre peut apparaître rouge foncé alors que le reste du contenu serait beaucoup plus clair.

Pholiotina teneroides   (Lge) Singer   Pholiotina délicate

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                                          Genre Pholiotina appartenant aux Bolbiticeae. Elle est la seule Pholiotina à posséder des basides bisporiques.

Chapeau : diamètre 8 à 25 mm, hémisphérique puis étalé sur le tard, revêtement lisse mais ridulé, hygrophane, orange foncé si humide à ocre pâle par le centre au sec. Chair : ocre, mince. Odeur : nulle. Lames : adnées, jaune olive à arête blanche dentée. Stipe : rigide creux, 4 à 6 x 1,5-2,5 mm, cylindrique cassant, brun à anneau juponnant à face supère striée.

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Basides : clavées, 16-20 x 8 µm.

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Sporée : brun rouge. Spores : ellipsoïdes, parois épaisses et pore germinatif tronqué, 14-17 x 5-7 µm. Cheilocystides : clavées, en forme de spatule, 25 à 35 µm, pédicellées 35 à 50 x 10 µm. Pleurocystides : non observées.

 Pluteus cervinus   (Schaeff.) P.Kumm.  Plutée couleur de cerf

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Chapeau : 5 à 15 cm, convexe aplati et umboné, lisse, soyeux et fibrilleux, ocre brun foncé à brun noir au centre. Marge : aiguë. Chair : blanche. Odeur : radis. Lames : libres, blanches si jeunes et roses par la suite, arête blanche. Stipe : plein, cylindrique, fibreux, 5-15 x 0,7 à 2-3 cm.

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Cuticule : articles terminaux émergents très longs, jusqu’à 250 µm (trichoderme). Dans cette espèce aucun article des hyphes n’est bouclé.

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Basides : ventrues, tétrasporiques, sans boucle, 25-35  8-10 µm.

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Sporée : ocre à rosâtre. Spores : elliptiques larges, lisses, 6-9 x 4,5-6,5 µm.

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Cheilocystides : fortement clavées, 25-45 x 10-25 µm, mêlées  ou pas de cystides à crochets semblables aux pleurocystides et de dimensions à peine plus courtes 30-60 x 10-20 µm. . Pleurocystides : 2 à 4 crochets (parfois un seul ou 5), parois épaisses, + ou – ventrues jusqu’ à 90 x 15-20 µm.

Agrocybe rivulosa Nauta

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NDLR- Cette espèce avait suscité (précédente mise en ligne) quelques recherches vers les strophaires et tricholomes mais sans concordances avec les dimensions macroscopiques et analyse des principaux éléments microscopiques (voir basides tétrasporiques, spores avec pore germinatif, cystides seulement faciales et sans réactions au KOH).

Deux posts sur Facebook (« CEMA » et « Champignons: au gré de nos pas ») nous ont bien aidé à nous mettre sur la voie d’un Agrocybe et particulièrement  A. rivulosa Nauta. Merci à Linda Wieinui Tarahu et à Pierre-Arthur Moreau. Ce dernier commentait ainsi notre avis de recherche facebookien pour ce « sans nom » d’alors: « on dirait bien Agrocybe rivulosa mal développé » et à la question d’une internaute « connaissez-vous les essences qui composent le BRF » (qui suivait) PAM ajoutait: si c’est bien Agrocybe rivulosa je parierais pour du peuplier ». Dans le Guide des Champignons de France et d’Europe, Régis Courtecuisse  (n°1298 note que « A. rivulosa … connaitune expansion fulgurante en Europe (paillis, composts ou débris ligneux des parterre et parcs urbains) ».

Chapeau : diamètre 5-10 cm, ocre brun lisse et mat (centre bosselé – 2 – ), convexe, marge aiguë. Lames : émarginées, nombreuses lamelles et lamellules (4), blanches puis grises à arête blanche mais colorée de brun roux par les spores. Chair : épaisse et blanche. Odeur : sans. Stipe : 6 à 12 x 2 à 3 cm (4 cm à la base couverte de nombreux cordons mycéliens blancs- 3 -), cylindrique vite creux (6) mais très dense, blanc fibreux coloré par les spores. Anneau : membraneux (5), supère et rapide à disparaître.

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Basides : banales évasées, tétrasporiques, 25-30 x 8-9 µm.

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Sporée : rouille. Spores : 8-10(12) x 6-7 µm. sans tenir compte des spores les plus petites et les plus grandes, amygdaliformes. Parois épaisses avec pore germinatif très net.

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Cystides : uniquement faciales, pleurocystides très ventrues à rostre court ou allongé, sans réactions au KOH, 30-60 (70) x 15-25 µm.

 Saison et lieu : première semaine de mars 2016. Lormont (La Buttinière) – Gironde. Ecologie : au bord d’un chemin en forêt (plutôt ce qu’il reste de la forêt !) sur sol couvert d’une épaisse couche de bois fragmenté (feuillus) et résidus de tonte envahis par Galium aparine (Rubiacées) le Gaillet grateron (plante qui s’accroche à tout ce qu’elle rencontre dans le besoin de s’élever vers la lumière). En raison de sa localisation cet endroit supporte un énorme facteur anthropique.

Tapinella panuoides   (Fr. : Fr.) E.-J. Gilbert   Paxille faux panus

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Chapeau : 3 à 8-10 cm, ocre crème, lobé et feutré. Chair : insignifiante. Lames : jaunes, flexueuses, anastomosées mais facilement détachables. Odeur : fruitée ! Ecologie et situation : Apparus en grand nombre sur BRF autour de la mairie de Lormont (Gironde)  pendant plus d’un mois (du 12 01 2016 au 15 02 2016).

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Spores : + ou – ovoïdes 4-6 x 3-4 µm.

Reportage mycologique

Jacques Beck Ceccaldi

 

Bolets: l’outil pour mieux les reconnaître et les apprécier

Le-petit-livre-des-bolets.jpg

Voilà un ouvrage bienvenu en cette période de cueillettes de champignons et … de guides à la vitrine des librairies. D’accès facile, Le petit livre des bolets* de Jacques Guinberteau** et Patrick Rödel*** passe en revue une quarantaine d’espèces de manière plaisante et très bien documentée tout en répondant à nombre de questions. Qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi? ce guide à consulter sur le terrain quand vous rencontrez un bolet actualise toutes les connaissances sur cette « famille » de champignons à tubes et quelquefois à lames. Utile aussi bien au débutant mycophage qu’au mycologue il aide à comprendre, en dépassant la taxinomie, les écosystèmes et invite à les respecter pour préserver cette ressource qui nous nourrit le corps, avec précautions et modération, et l’esprit sans limite aucune.

M.P.

* Editions Confluences, format 12×21 cm, 9€

** Membre fondateur et Conseiller scientifique du CEMA

*** Auteur du Livre du Cèpe

CHAMPIGNONS DES PYRENEES: le bonheur est dans la montagne

forêt d'Arragnat.jpgDe la première rencontre du CEMA et de l’AMB à l’été 2009 est né cet article ou, plutôt la commande de ce sujet par la revue Pyrénées BULLETIN PYRENEEN (1) a permis aux mycologues girondins et bigourdans d’herboriser ensemble sur le plateau de Payolle et dans la forêt d’Arragnat (photo Christophe Cobo). Première rencontre suivie de bien d’autres.

 Aussi étrange que cela paraisse,  il n’y avait jamais eu de sujet champignons dans Pyrénées. Un « oubli » que son rédacteur en chef de l’époque, Pierre-Marie Cortella, souhaitait « réparer ». Pour le Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine contacté il ne pouvait l’être qu’en collaboration avec l’Association Mycologique de Bigorre. Cet article a été publié dans le numéro 240 d’octobre 2009 de cette revue des Amis du musée pyrénéen de Lourdes par ailleurs organe officiel du Musée, de l’Association Mont-Perdu Patrimoine Mondial, des Amis du Parc national des Pyrénées et de la Fédération communautaire des accompagnateurs en montagne pyrénéens.

1_ http://www.revue-pyrenees.com/ B.P. 204 64002 Pau cedex Tel. 05 59 92 88 85 Courriel: administration@revue-pyrenees.com

 

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 Waterloo ! Morne plaine ! Nous serions tentés de plagier Victor Hugo pour évoquer la richesse des récoltes de champignons dans la montagne quand en plaine ils se font plus rares. En effet, en période de disette il en reste encore sous le pied pour peu que l’on grimpe sur les sommets plus humides où prospèrent les hêtres, sapins, épicéas, pins à crochet et herbe à vache.

Aussi convient-il de planter le décor où cet être ni végétal ni animal surgit fugacement avec sa dose de plaisir, de beauté, de poison. Qu’on le dévore et nous voilà mycophage. Qu’on l’aime tout simplement, nous sommes mycophile et, si d’aventure, nous l’adorons au point d’en étudier tous ses secrets, au bout de quelques années les autres nous traitent de mycologues.

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Rencontres bigourdanes et girondines

La mycologie est affaire de terrain et aller voir ailleurs ce qui y pousse, partager connaissances et expériences avec d’autres passionnés une agréable obligation. C’est ainsi qu’un groupe du Cercle d’Études Mycologiques en Aquitaine (CEMA) a participé au mois de juillet aux sorties de l’Association Mycologique de Bigorre (AMB) notamment à Payolle, au col de Beyrède et dans la forêt d’Arragnat, l’occasion aussi d’écrire ensemble cet article. Robert Cazenave est le président de l’AMB et Michel Pujol le porte-parole du CEMA.

**AMB – 1bis, rue Georges Clemenceau – 65300 Séméac – http://www.amb.asso.fr/

CEMA – 222, cours de l’Yser – 33800 Bordeaux – http://cemachampi.blogs.sudouest.fr

https://cemachampi.wordpress.com/

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Trois modes de subsistance sur trois étages

Parce qu’il n’est pas une plante, lui qui est dépourvu de l’assimilation chlorophyllienne et qu’il n’est pas non plus un animal, le champignon a besoin de la première et parfois du second pour y puiser une partie de sa nourriture en particulier le carbone. En s’associant à un végétal, tel le cèpe à un chêne par une mycorhize, il lui apporte eau et sels minéraux et obtient les sucres. Chacun y trouve son compte. D’ailleurs, on a découvert que tous les arbres de nos forêts sont associés à des champignons. Si tel n’est pas le cas l’arbre finit par mourir rapidement (aux premières chaleurs par exemple). C’est la notion de bonne association avec des espèces performantes dans le milieu en question qui peut faire la différence et donner des arbres plus ou moins vigoureux.

Deuxième démarche, l’utilisation des déchets d’origine végétale ou animale qu’il décompose en continu pour se nourrir. On dit alors qu’il est saprotrophe. Le rôle de ces dévoreurs de bois et de feuilles est essentiel pour la forêt puisqu’ils permettent la régénération de l’humus et assurent ainsi le cycle du carbone.

Enfin, troisième mode, fixé sur de la matière végétale ou animale vivante, le parasitisme. Là, tels la langue de boeuf, l’Armillaire couleur de miel il apparaît profiteur d’une faiblesse, d’une blessure pour puiser son énergie dans l’essence même de son hôte qui finira le plus souvent par en mourir. Ces espèces ne sont pourtant pas des ennemis de la forêt, elles éliminent les plus faibles pour laisser place à de jeunes sujets plus robustes.

Il faut tenir compte également de l’altitude et distinguer la plaine alluvionnaire du piémont calcaire et de la montagne soit granitique métamorphique ou encore du sol basique, acide, humifère ou pauvre. Tenir compte aussi de l’exposition et des essences présentes elles-mêmes tributaires des conditions de température, de nature du sol et d’hygrométrie. Donc une multitude de combinaisons sous l’apparente simplicité du rez-de-chaussée de la plaine, du palier de la hêtraie sapinière et des plantations d’épicéas, ou encore des premiers pins à crochet et du haut étage de l’herbe à vache. L’ultime toiture des névés n’a que peu d’intérêt tant ce règne à part craint le vent et le froid qui l’empêchentd’émerger ou le sèche sur pied.

 Des champignons presque toute l’année

Ce que l’on appelle communément champignon n’est que la partie reproductrice du véritable champignon qui est constitué de petits filaments appelés mycélium. Celui-ci, présent une grande partie de l’année ou quelquefois plusieurs années dans le sol, le bois ou tout autre substrat, attend la bonne saison pour dévoiler ses spectaculaires fructifications. Les conditions climatiques adéquates ne sont pas toujours faciles à déterminer et une bonne place est laissée au hasard pour aller à la cueillette.

Ainsi existe-t-il des années exceptionnelles pour certaines espèces. Les Pyrénéens gardent en mémoire cette fin d’août 2003 fabuleuse pour les Rosés des prés (Agaricus campestris) qui sortirent en masse après des périodes de chaleur suivies d’orages alors que les prairies très sèches fournirent beaucoup d’herbes mortes à manger à ce champignon saprotrophe ravi de l’aubaine. Les jours qui suivirent furent les témoins d’une véritable explosion fongique dans les bois de plaine comme d’altitude.

Chaque saison apporte son cortège fongique avec des périodes et biotopes fertiles ou en dormance. L’hiver marquerait une pause alors que les feuilles sont tombées au sol si ce n’étaient la présence sur les arbres et débris ligneux de croûtes et polypores, de trémelles et exidies gélatineuses qui se rétractent avec le froid et ne gèlent pas, et de verrues noirâtres que sont les hypoxylons classés dans les Pyrénomycètes. Ne pas traduire ce dernier terme par champignons des Pyrénées dont l’origine du nom reste d’ailleurs floue bien que Diodore de Sicile qui vécut vers 90-30 avant J.-C. explique le nom Pyrénées à partir du grec ancien (πῦρ pŷr, feu) à cause d’un immense incendie qu’auraient provoqué les bergers. Ce qui est sûr c’est que l’on observe le creux de la récolte en février même si le mycélium est capable de faire feu de tout bois sous la neige. Le dégel marquera l’apparition de l’Hygrophore de mars, excellent comestible. Si l’hiver est doux, des espèces automnales continuent à pousser jusqu’en mai comme la Lepista nuda (pied bleu) ou la Lepista inversa qui reviendront au mois d’octobre.

Le printemps est la saison des morilles que l’on trouve par ci par là sur le piémont calcaire en bord de rivière avec des frênes ou sous conifères un peu plus en altitude. Il s’agira d’espèces déterminantes quand les stations sont pérennes alors que l’on constatera des apparitions sporadiques de Morilles sur des emplacements aussi surprenants les uns que les autres tels que des sacs de ciment enterrés, des papiers journaux, des brûlis… etc. Une confusion comportant de gros risques d’intoxication est à éviter avec les Gyromitres dont le chapeau rappelle la forme d’un cerveau alors que les Morilles, toxiques crues, sont alvéolées comme une éponge. En lisière et dans les prairies, saprotrophe, sans association avec les plantes, pousse aussi le « vrai » mousseron (Calocybe gambosa) bien trapu et parfumé quelquefois confondu avec le montagnard et blanchâtre Melanoleuca evenosa (ou subalpina) heureusement comestible mais moins savoureux. On trouvera aussi dans le même biotope, des ronds de sorcières de « faux mousserons » (Marasmius oreades) qui fait également le régal de certains.

À la fin du printemps et au début de l’été il faudra se contenter de pas grandchose. Quelques girolles en mai juin par exemple. En cette période, les arbres utilisent leurs sucres pour pousser et les champignons mycorhiziens n’en profitent pas. C’est ainsi que fin avril les Cèpes réticulés (Boletus aestivalis) sont très légers, peu denses et d’un goût pas très agréable alors que plus tard ils seront bien plus savoureux en obtenant davantage de sucres de leur arbre « hôte».

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2. Pulchericium caeruleum une des rares croûtes de l’hiver aux couleurs vives. 3. Le pied rouge (Boletus erythropus) appelé aussi « récompense du mycologue » est un bon comestible mais bien cuit. 4. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), il pousse un peu partout. 5. L’armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) un parasite redoutable à la comestibilité douteuse. 6. L’amanite tue mouches (Amanita muscaria) toxique mais tellement belle. Photos Robert Cazenave

Au mois de juillet la verdette (Russula virescens) paraît ainsi que beaucoup d’autres espèces thermophiles sensibles au duo estival gros coups d’orages et fortes chaleurs : le bolet de Satan, le bolet pourpre et leurs nombreux sosies apparaissent en plaine accompagnés du bolet appendiculé (B. appendiculatus). Ce dernier est un bon comestible, mais bien moins savoureux que son cousin le bolet presque appendiculé (B. subappendiculé) des conifères de montagne. N’oublions pas la très recherchée « tête de nègre » (Boletus aereus) suivi des délicieuses oronges = Amanite des Césars. « Quand il y a des oronges c’est la fin des cèpes » entend-on dire. En fait, elles arrivent sur le même site à la suite d’une poussée de têtes de nègres mais n’annoncent aucune limite. Les Amanites rougissantes (Amanita rubescens) vont être les témoins du répit des pousses quand les branches « aoûtent », que le vert devient bois, suivies des amanites tue-mouches (Amanita muscaria) qui enchantent nos sous-bois. L’amanite jonquille (Amanita junquillea), quant à elle, est présente presque tout le long de l’année. Certaines années trop chaudes, la morosité gagne les étages et la montagne se vide elle aussi de toute fonge. D’autres orages vont déclencher ensuite la reprise de fructifications plus abondantes, par exemple celle des Cèpes de Bordeaux (Boletus edulis) en montagne plus qu’en plaine où ils sont plus tardifs. On les rencontre alors en altitude dans les forêts d’épicéas en compagnie des meuniers (Clitopilus prunulus ou mère du cèpe), des « vrais » cèpes de pin (Boletus pinophilus) et aussi des bolets à pied rouge (Boletus erythropus). Les bolets à beau pied (Boletus calopus), à ne pas confondre avec les précédents, fréquentent eux la hêtraie sapinière. Leur amertume gâcherait votre assiette.

La girolle dans tous ses états

Nous sommes fin août, ce sont les débuts de la chanterelle améthyste (Cantharellus amethysteus), une girolle avec du violet au centre du chapeau en sachant que la girolle blanchâtre (C. subpruinosus) apparaissent plutôt en mai, Cantharellus rufipes donc plutôt rousse en juillet et C. cibarius en automne et un peu plus. Autant d’espèces différentes pour les spécialistes mais plus que proches pour le mycophage qui les accommode de diverses manières. Régal des yeux fin août : les Russules, de couleurs variables, qui se ressemblent, des douces comestibles aux très piquantes à rejeter. Ce critère n’est à appliquer qu’aux russules. D’ailleurs, en matière de comestibilité et de toxicité la seule règle est d’identifier parfaitement un champignon et d’éliminer de la casserole tout exemplaire non reconnu. Le doute n’est pas permis.

Joli mois d’octobre

Début septembre, encore « morne plaine ». C’est sec avec des poussées sporadiques. En montagne en revanche, grâce à l’humidité du sol et de l’air on voit apparaître des Coulemelles et de plus en plus d’espèces saprotrophes, ectomycorhiziennes et parasites. Octobre donne le signal de la flambée, de l’explosion en plaine et toujours davantage en montagne. Tricholomes, Pieds de mouton (repandumet rufescens assez fréquents mais pas en grande quantité), Trompettes des morts, Laccaires améthistes, Collybies, Clitocybes. C’est aussi la pleine époque des cèpes, le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), le cèpe d’été (B. aestivalis), et le tête de nègre (B. aereus). Ces derniers en plaine exclusivement, sous chênes alors que les Boletus pinophilus var. fuscoruber, avec lesquels les têtes de nègre sont confondus, sont attachés à l’altitude. L’Amanite phalloïde elle, apparue un peu en août puis un peu plus en septembre, habite en nombre, en octobre, tous les étages sans distinction. Dans les prairies c’est aussi le bel octobre des Hygrocybes de toutes les couleurs.

Fin octobre et début novembre les espèces se raréfient alors qu’arrivent les Cortinaires et les Hébélomes. Il y a encore de grosses récoltes de Coulemelles. Une année sur trois environ on assiste, sous feuillus, à de très fortes poussées de Tricholoma portentosum (le charbonnier) très goûteux, très peu connu mais qui présente, malheureusement, un risque de confusion avec l’Amanite phalloïde. On peut trouver à cette époque de magnifiques tapis de Trompettes des morts dans les chênaies hêtraies de la plaine mais aussi en montagne, dans la hêtraie sapinière. L’expérience conduit à dire qu’ici, les hêtres sont déterminants. Les risques d’intoxication et d’intolérance sont importants avec les Clitocybes nébuleux souvent parasités sans que cela se voie facilement (fin duvet sur la cuticule) et avec les Armillaires ostoyae (sous sapin). Tardivement, surtout en plaine, de bonnes pousses de Pieds de mouton pourront encore remplir les paniers des gourmets.

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7. L’amanite jonquille, presque tout le long de l’année. 8. La tramète versicolore, un décomposeur de bois performant. 9. Le tête de nègre (Boletus aereus), le meilleur des cèpes pour certains. 10. La redoutable amanite phalloïde responsable de nombreux décès. 11. La morille vulgaire, une espèce printanière comestible mais bien cuite.      Photos Robert Cazenave

Fin novembre arrivent les premières gelées qui coupent les pousses bien que certains saprotrophes reprennent le relais. Les feuillus se mettent au repos, les ectomycorhiziens liés aux résineux continuent mais il fait froid. Nouvelle cassure avec la baisse de température pour laisser la place aux espèces hivernales, Exidies, Polypores, croûtes etc. citées plus haut beaucoup plus résistantes au dessèchement. Et le cycle des saisons recommence, les mêmes causes produisant les mêmes effets sauf qu’il n’y a jamais tout à fait les mêmes causes donc jamais les mêmes effets. Le bonheur de la découverte des mille et un visages de la nature est dans la montagne. Courez-y vite en faisant fi des idées reçues. Couper le champignon pour qu’il repousse ? On ne laisse pas un bout de pomme sur l’arbre pour qu’elle repousse ! « Champignons pas toxiques avant le mois de juillet » ? « Et si on le fait bien cuire » ? Sornettes, deux fois sornettes conduisant à des prises de risque insensées. Respecter la nature sans enjamber les clôtures, se renseigner en mairie si vous avez un doute sur un lieu privé ou pas, ne pas détruire les champignons qu’on ne connaît pas ou enlever la mousse du sol et, si on veut continuer à ramasser des champignons sur le même site, ne pas piétiner le mycélium souvent superficiel. Bref, être bien au-dessus du panier et… bonnes cueillettes.

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 12. La langue de boeuf au pied d’un chêne qu’elle parasite. 13. La girolle améthyste avec du violet au centre du chapeau (pas toujours aussi net). 14. Le cortinaire couleur cannelle, un tardif comme la plupart des cortinaires. 15. Boletus pinophilus var; fuscorober, un bolet typique de la hêtraie sapinière des Pyrénées. Photos Robert Cazenave

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MYCO BIG: tous les champignons de Bigorre en mémoire

Depuis 2002 à aujourd’hui, l’Association Mycologique de Bigorre (AMB) répertorie lieux, dates et espèces récoltées par ses adhérents. Une base de données interactive et transversale qui permet d’avoir un état des lieux très précis de la fonge existante dans les Pyrénées mais aussi d’en percevoir l’évolution et tenter d’en comprendre les « mécanismes ». Cette démarche intéresse d’autres sociétés de mycologie pour adapter le logiciel MYCO BIG conçu par Robert Cazenave à leurs besoins et fait l’objet d’un dossier soumis à la Société Mycologique de France (SMF).

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Quelques conseils pour la cueillette

Voici quelques règles à connaître avant d’aller à la cueillette, de manière à ne pas s’intoxiquer, et respecter la nature.

Ne pas utiliser de sac plastique pour votre cueillette. Les champignons placés dans ce milieu non aéré, s’abiment et peuvent rapidement être envahis par des moisissures qui les rendent TOXIQUES alors qu’ils étaient normalement comestibles. Utilisez un panier à fond plat de préférence, vos champignons ne seront pas écrasés les uns contre les autres et resteront sains. De plus, en vous promenant dans le bois avec votre panier ouvert, vous participerez à la dissémination des spores.

Ne détruisez pas les champignons, qu’ils soient toxiques ou pas. Tous les champignons ont un rôle important dans la forêt et doivent être respectés. Laissez les vivre !

Ne coupez pas les champignons au couteau. Contrairement à une idée largement répandue, il n’est pas nécessaire de laisser la base du champignon sur place, il ne repoussera pas (explication dans l’article). Récoltez votre champignon entier, observez le correctement jusqu’à la base, puis nettoyez-le éventuellement.

Si cette règle était observée, il n’y aurait pratiquement jamais d’intoxication par l’Amanite phalloïde (ou ses cousines). En effet ces espèces possèdent un pied bulbeux recouvert d’une volve qui est très visible lorsqu’on cueille l’échantillon complet.

Ne cueillez pas les trop jeunes ou les trop vieux exemplaires. Les jeunes sujets comme les plus vieux peuvent être atypiques et des confusions sont possibles, donc méfiance. Et puis pensez à la nature, les champignons ont besoin de se reproduire régulièrement comme tout être vivant, laissez donc toujours quelques individus pour assurer la descendance.

Respectez le milieu. Ne retournez pas la mousse, ne soulevez pas de trop les feuilles et ne piétinez pas autour d’une troupe de champignons. De cette manière vous pourrez revenir quelques jours plus tard et retrouver une nouvelle pousse, et tout simplement, vous respecterez la nature, quel beau geste !

Ne consommez que les champignons que vous connaissez bien. Le risque est trop grand pour tenter l’aventure. Si vous avez le moindre doute allez montrer votre panier à un pharmacien spécialisé ou à une association mycologique la plus proche. Ces personnes pourront identifier votre récolte et vous donneront tous les conseils nécessaires pour ne pas se tromper.

Enfin, avant de faire cuire et de consommer vos champignons sauvages, renseignez vous sur le mode de cuisson approprié, certains restent toxiques s’ils ne sont pas assez cuits.

Pour finir ne croyez aucun « truc » pour rendre votre plat comestible, pour certaines espèces, ni un ébouillantage ni la cuisson prolongée ne peuvent détruire les toxines fatales.

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