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Congrès de la Société de toxicologie clinique en avril prochain à Angers

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C’est à Angers, aux Greniers Saint Jean, que se déroulera les 4 et 5 avril 2018 le 56ème congrès de la Société de toxicologie clinique.

Pour tous renseignements: secrétariat du centre anti poison tel. 02 41 35 39 41 – cap49@chu-angers.fr  

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Champignons en lumière autour du Phare du Cap-Ferret avec Le Centre Antipoison et le CEMA

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Dans une précédente note nous évoquions la journée Champignons&Co à Petit-Piquey. Le lendemain, dimanche 16 octobre, le CEMA retrouvait ses amis du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux, comme en 2015 , 2014 , 2013 , 2012 , 2011 , pour la rencontre annuelle maintenant traditionnelle sur le terrain. Elle avait pour cadre la forêt de chênes verts et de pins qui ceinture le Phare du Cap-Ferret. La municipalité de Lège-Cap Ferret, sur la proposition d’Isabelle Quincy pharmacienne-mycologue-conseillère municipale et à la demande de Jacques Boyer du CEMA avait ouvert spécialement le site le matin aux mycologues du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine et aux praticiens de l’urgence du CHU de Bordeaux confrontés notamment au suivi des intoxications par les champignons.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLe but était d’explorer ce biotope particulier et d’y prélever des espèces dont certaines propres à la mycoscénose des lieux tout en permettant aux collaborateurs du CAPTV, placés sous la responsabilité du Dr Magali Labadie, de parfaire leurs connaissances en mycologie. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs participé aux précédentes rencontre citées plus haut.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolComme signalé précédemment une équipe de reportage de FR3 Aquitaine qui souhaitait faire un sujet champignons pour le journal du soir rejoignait le groupe en cours de balade. Le Dr Magali Labadie, responsable médicale du CAPTV (photo ci-dessus) communiquait ainsi le vécu mycotoxicologie particulièrement dense, comme en ce moment, en période de pousses.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolPrès de la table improvisée (plutôt un banc d’ailleurs) de détermination où officiaient Jacques Boyer et Jacques Beck Ceccaldi la discussion s’engageait sur les espèces toxiques dont la mortelle Amanite phalloïde trouvée la veille à Petit-Piquey et amenée au Phare pour la démo.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLors de la cueillette les différentes espèces avaient été séparées et placées dans des poches (au centre du banc dans le panier à anse) pour être déterminées par les mycologues du CEMA avant de faire l’objet ultérieurement de « fiches d’identité » par un laboratoire spécialisé du CHU. Cela grâce à la spectrométrie de masse de type MALDI-TOF déjà utilisée pour les micromycètes. Appliquée aux macromycètes, (début d’application en cours à Marseille) cette démarche nouvelle à laquelle sont associés le CAPTV et le CEMA devrait permettre à terme de construire une bibliothèque de profils protéiques des champignons supérieurs (la séquence des protéines ribosomales des champignons varie d’une espèce à l’autre). 

M.P.

Sans dresser une liste exhaustive de toutes les espèces rencontrées, voici celles parmi les specimens frais qui devraient être utilisés pour être analysés grâce à la spectrométrie de masse décrite plus haut:

Boletus queletii, Clitocybe geotropa, Collybia dryophila, Gymnopilus picreus, Hygrophoropsis aurantiaca, Inonotus hispidus, Lactarius chrysorrheus, Mycena seynii, Panus mitis sp., Paxillus involutus, P. panuoides var. ionipus = Tapinella panuoides var. ionipus, Phaeolus schwenitzii, Russula cyanoxantha, R. cavipes, R. densifolia, R. delica, R. ochroleuca, R. pectinata, R. ilicis, R. virescens, Suillus granulatus, Volvariella gloiocephala, Xerocomus ferrugineus sp.

 

 

 

Cap sur la science des champignons : ateliers et conférences en partage

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Le site de Cap Sciences est privilégié. Première place au hit parade des lieux les plus fréquentés de Bordeaux. Des enfants qui y  acquièrent ou qui y confortent  le goût des sciences et qui, plus tard,  postulent à des postes d’animateurs aux manifestations qui s’y déroulent aujourd’hui. Des passeurs d’information scientifiques rodés à toutes les générations. Un public de tout âge dont le dénominateur commun est une soif de savoirs qu’il  vient  ici  étancher. De là à dire que nous avons bu du petit lait… Ce Dimanche de la science du 7 novembre 2010 « Champignons pièges et délices » en partenariat avec le CEMA et le Centre antipoison de Bordeaux n’a été que délice pour les intervenants de Cap Sciences, les médecins du CAP et les mycologues qui y ont montré tous les pièges qu’il vaut mieux éviter dès qu’il s’agit de passer de la contemplation à la casserole.

Macro

Deux ateliers  illustraient l’approche scientifique du monde des champignons : macroscopie et microscopie. Des posters avaient été spécialement réalisés pour cette occasion matérialisant le partenariat Cap Sciences-CEMA.

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Plus de deux cents espèces différentes avaient été récoltées la veille et l’avant-veille aussi bien sur le littoral qu’à l’intérieur des terres dans des biotopes variés. N’avaient été posés dans des assiettes que les champignons encore assez frais et propres à la « dégustation » macroscopique que conduisait Yves Mortureux, du CEMA.  Le but n’était pas d’être exhaustif et de montrer une collection mais de regarder sous toutes les coutures tous les habits du pied à la tête, sentir, éventuellement goûter, comparer. En bon praticien, le docteur Mortureux invitait aux vertus de l’examen clinique avant que le cas ne devienne pathologique. Bien entendu, du Boletus edulis très comestible à l’Amanita phalloides  éminemment mortelle toutes les situations intermédiaires figuraient sur la table des opérations.

Micro

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Côté micro, Jacques Beck Ceccaldi, chargé des recherches mycologiques du CEMA, préparait quelques lames en direct initiant à l’incontournable enquête microscopique qui permet de mieux cerner la personnalité du champignon étudié ou, du moins, de s’en approcher le plus possible. Les images de l’oculaire projetées sur écran plat montraient, par exemple,  que des espèces mortelles sont aussi belles façon micro que version macro et comment un minuscule champignon peut présenter beaucoup d’intérêt grossi mille fois.

Conférences

Deux conférences « Regard sur la diversité du monde des champignons » par Jacques Guinberteau, ingénieur d’études à L’INRA, conseiller scientifique du CEMA, mycologue de renommée internationale et « Champignons : délicieux poisons ? » par les docteurs Pierre Chanseau et Magali Labadie du Centre Antipoison et de Toxico vigilance de Bordeaux offraient  deux autres angles d’approche.

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 Jacques Guinberteau  faisait partager sa passion et son expérience d’expert, nourrie lors de  nombreuses années d’études et de terrain. Il opérait un tour d’horizon didactique et largement documenté qui mettait en perspective tous les aspects de la diversité de la mycoflore et de son environnement.

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Pierre Chanseau et Magali Labadie évoquaient les différents toxidromes (types d’intoxications par des champignons)  qu’ils rencontrent lors des régulations et lors des contacts avec leurs confrères médecins et pharmaciens. Ils énonçaient quelques règles qui doivent être appréciées au cas par cas en tenant compte du degré de fragilité ou de faiblesse de la personne concernée.

 D’une manière générale, quand les symptômes se déclarent très peu de temps après l’ingestion de champignons ils constatent que c’est moins inquiétant que lorsqu’ils surviennent quelques heures ou quelques jours après. Encore faut-il vérifier qu’il ne s’agit pas d’un effet retard d’une consommation antérieure. La « dose » absorbée accentue la gravité de l’atteinte qui peut être fatale. La complexité des situations incite à faire preuve d’une extrême prudence et à déconseiller par exemple la consommation du Bidaou qui provoqua encore un décès l’année dernière même si, dans ce cas, on observait plusieurs repas successifs avec ce Tricholome aux lames jaunes. Cuire les  golmottes et les morilles, ne pas ramasser des comestibles qui ne le sont plus parce qu’ils ont concentré tous les éléments nocifs dont ils se sont nourris participaient aux conseils prodigués.

   

Mycologie et mycophagie doivent faire bon ménage. La seconde a besoin de la première pour s’exercer sans problème, avec délice, sans tomber dans les pièges.

 

Un mort par empoisonnement : encore le bidaou!

Bidaou-danger!.jpgLe Centre anti poison de Bordeaux a encore eu à connaître des cas d’intoxications dûs vraisemblablement au Tricholoma auratum appelé Bidaou sur la côte atlantique . Un couple de Toulouse a cueilli en grande quantité des tricholomes dorés à Lacanau, en a consommé à chaque repas pendant trois à quatre jours et des douleurs musculaires venant, le centre anti-poison a été contacté. L’homme est décédé hier à l’hôpital. La femme est encore hospitalisée à Purpan et son état est jugé préoccupant à l’heure où nous mettons cette information en ligne (9/12/2009).

La nouvelle de ce nouvel empoisonnement par accumulation d’ingestion de Tricholoma auratum a fait le tour, aujourd’hui 9 décembre 2009, du réseau de mycologues girondins qui attirent, souvent en vain, l’attention de ceux qui le consomment sans précaution. Des morts se sont déjà produites selon ce scenario de surconsommation provoquant une rabdomyolise  (1) qui est une atteinte des muscles pouvant être fatale. D’ailleurs, en 2005, la vente et la distribution du Bidaou (Tricholoma auratum) et du Tricholome equestre (Tricholoma equestre) ont été interdites (2), la toxicité ayant été officiellement reconnue en 2001.

Reste que, ainsi que nous le relatons par la suite, il existe un gros risque de confusion entre le Bidaou et l’Amanite Phalloide.

1_ http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhabdomyolyse

2_ Des études à paraître prochainement démontrent que, génétiquement, il n’y a pas de différence entre Tricholoma auratum, qui pousse sur la côte essentiellement et Tricholoma equestre plus fréquent à l’intérieur des terres. Certains auteurs estiment qu’il s’agit là du même champignon.

                                                                                                                   Michel Pujol

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Quand on entend parler d’intoxications supposées avec le Bidaou, la confusion avec des Amanites phalloides vient à l’esprit car, souvent, l’aspect jaune verdâtre de leurs chapeaux respectifs peuvent tromper les mycophages trop rapides qui coupent le pied pour éviter de trop ramasser de sable en même temps. Dans ce cas, la volve de l’amanite reste en terre et l’anneau, quand il existe encore, disparait sous la lame du couteau.

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En revanche, les lames du Bidaou sont jaunes alors que celles de la Phalloide sont d’un blanc immuable. Seulement il est habituel dans les régions de récolte que ces champignons remplis de sable soient plongés dans l’eau lames dessous pour faire chuter ces grains qui crissent entre les dents. Ainsi naissent des méprises fatales car s’il est, jusqu’à présent, vérifié, que trop de Bidaous à répétition c’est dangereux, il est sûr qu’un peu de Phalloide une seule fois fait passer de vie à trépas d’autant plus insidieusement que les symptomes arrivent très tard et que l’atteinte est alors déjà sévère.

Que faire? Etre absolument sûr de ce que l’on récolte avant la casserole et faire une croix sur les Bidaou car on le soupçonne aussi, comme d’autres champignons, de provoquer un effet retard a contrario d’une vaccination qui vous immunise pour la suite. Certains champignons sont tolérés une fois, deux fois et une autre fois on découvre qu’on y est allergique avec des effets plus ou moins désagréables. J’entends d’ici celles et ceux qui en mangent depuis longtemps, à qui ça fait rien etc… Un mort ça fait réfléchir n’est-ce pas. Plutôt que les Bidaous ramassez, sur les mêmes lieux, à la même époque, les chanterelles à pied jaune (Craterellus lutescens). Dans une prochaine rubrique nous trouverons bien le temps de vous dire à quelle sauce je les accomode. Avec des lardons, du vin blanc, de la crème fraîche et un filet d’Armagnac. Ce pourrait bien être l’objet d’une prochaine rubrique.

                                                                                                                        M.P.

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