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Une alerte de l’ANSES: « Augmentation des intoxications liées à la consommation de champignons : restez vigilants ! »

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Nous l’avons souvent signalé sur le blog du CEMA. Plus il y a de pousses de champignons plus on constate un nombre élevé d’intoxications liées à des espèces vénéneuses en 2012 

    Les cas ne sont pas forcément très graves pour la plupart mais… Très récemment , par exemple, il y a eu dans la région Aquitaine des intoxications phalloidiennes avec l’Amanite phalloide et des atteintes rénales suite à l’ingestion d’Entolome livide. Alors PRUDENCE!

Communiqué de l’ANSES

Nous publions ci-dessous un communiqué de l’ANSES ( Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) à l’adresse des consommateurs de champignons sauvages:

 Face à l’augmentation du nombre de cas d’intoxication liés à la consommation de champignons signalés aux centres antipoison et de toxicovigilance, l’Anses, la Direction générale de la santé (DGS) et les Centres antipoison mettent en garde les amateurs de cueillette et rappellent les bonnes pratiques à respecter.

 Depuis une dizaine de jours, les conditions météorologiques plus fraîches et humides favorisent la pousse de champignons, ce qui entraine une augmentation du nombre d’intoxications observées.

En effet, si de juillet à fin août, les centres antipoison enregistraient un nombre de cas variant de 15 à 50 par semaine, 181 cas d’intoxication ont été enregistrés ces deux dernières semaines.

Les conséquences sur la santé de ce type d’intoxications peuvent être graves (troubles digestifs sévères, atteintes du foie pouvant nécessiter une greffe), voire mortelles. Cinq cas graves ont été enregistrés depuis le mois de juillet 2017.

Ces intoxications résultent, dans la majorité des cas, d’une confusion avec des champignons comestibles, d’où l’importance de rester vigilant, que l’on soit connaisseur ou que l’on pratique la cueillette ponctuellement.

Face à ces cas qui se renouvellent et perdurent chaque année, l’Anses et la DGS vous recommandent :

  • de ne ramasser que les champignons que vous connaissez parfaitement : certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles ;
  • au moindre doute sur l’état ou l’identification d’un des champignons récoltés, de ne pas consommer la récolte avant de l’avoir fait contrôler par un spécialiste en la matière. Les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés ;
  • de cueillir uniquement les spécimens en bon état et de prélever la totalité du champignon (pied et chapeau), afin d’en permettre l’identification ;
  • de ne pas cueillir les champignons près de sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) ;
  • de bien séparer par espèce les champignons récoltés pour éviter le mélange de morceaux de champignons vénéneux avec des champignons comestibles ;
  • de déposer les champignons séparément, dans une caisse ou un carton, mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement ;
  • de vous laver soigneusement les mains après la récolte ;
  • de conserver les champignons à part et dans de bonnes conditions au réfrigérateur et de les consommer dans les deux jours au maximum après la cueillette ;
  • de consommer les champignons en quantité raisonnable après une cuisson suffisante et de ne jamais les consommer crus ;
  • de ne jamais proposer de champignons cueillis à de jeunes enfants.

Un réflexe utile : photographiez votre cueillette avant cuisson !

La photo sera utile au pharmacien ou au médecin du centre antipoison en cas d’intoxication,

pour décider du traitement adéquat.

 

En cas d’apparition d’un ou plusieurs symptômes

(notamment diarrhées, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue, etc.)
à la suite d’une consommation de champignons de cueillette :

 

appelez immédiatement le « 15 » ou le centre antipoison  de votre région,
et précisez que vous avez consommé des champignons.


Les symptômes commencent généralement à apparaître dans les 12 heures après la consommation et l’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement.

En cas de symptômes, il est utile de noter les heures du ou des derniers repas, l’heure de survenue des premiers signes et de conserver les restes de la cueillette pour identification.  

 Suite au transfert de la coordination de la toxicovigilance à l’Anses en janvier 2016, l’Agence assure la surveillance saisonnière des intoxications par des champignons à partir des données des centres antipoison. 

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Intoxications par les champignons: 520 cas recensés en France entre le 1er juillet et le 17 octobre 2012

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L’Institut de veille sanitaire (InVs) a publié sur son site http://www.invs.sante.fr/ un point de la situation au 17 octobre 2012 des intoxications liées à la consommation de champignons en France.

Depuis 2010, l’InVs réalise une surveillance annuelle de ces intoxications à partir des cas enregistrés par les Centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) et du réseau OSCOUR® (réseau de surveillance coordonnées des passages aux urgences, couvrant environ 60 % des services d’urgences hospitalières). Saisonnière, cette surveillance sanitaire s’étend du 1er juillet au 31 décembre de chaque année.

En 2011, 1 458 cas d’intoxication ont été enregistrés par les CAPTV ainsi que 550 passages aux urgences ayant trait aux champignons. Cette année, en trois mois et demi , entre le 1er juillet et le 17 octobre2012, sont recensés 520 cas d’intoxication et 170 passages aux urgences.

Une tendance à l’augmentation des cas enregistrés par les CAPTV (plus de 50 cas par semaine) est constatée depuis la semaine du 24 au 30 septembre ( 65 cas). On compte 54 cas du 1er au 7 octobre et   un pic de 212 cas entre le 8 et le 14 octobre.

Parmi ces 212 cas, 49 sont survenus en région Rhône-Alpes (23 %), 27 en Pays-de-la-Loire (13 %) et 19 en Bretagne (9 %). La région Rhône-Alpes est particulièrement concernée par ces intoxications depuis début juillet, où 129 cas ont été enregistrés (25 %). Deux décès sont récemment survenus dans cette région (voir http://www.ars.rhonealpes.sante.fr/).

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On ne saurait trop recommander aux cueilleurs consommateurs de ne ramasser que des champignons qu’ils connaissent et reconnaissent parfaitement comme comestibles dans des endroits non pollués hors des bords de routes et des décharges. Beaucoup d’espèces ne sont consommables que bien cuites. Attention aux sacs plastique accélèrateurs de bouillons de culture toxiques et producteurs de jus douteux et indéterminables. Bref la prudence s’impose (voir  par exemple http://www.invs.sante.fr/Espace-presse/Communiques-de-presse/2011/Cas-d-intoxication-lies-a-la-consommation-de-champignons.-Rappel-des-recommandations)

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