Archives du mot-clé Clathrus ruber

Cli-Cla (thre) rouge: portrait

Clathrus-ruber-CEMA.jpg

Publicités

Un arrêt au rouge

Clathrus ruber, mignon comme un cœur … de sorcière

Clathrus-ruber-MP.jpg

On ne le voit pas qu’on le sent déjà. Une odeur forte proche de celle du Satyre puant et , comme Phallus impudicus*, Clathrus ruber, attire les mouches. Ce sont elles qui vont disséminer les spores très nombreuses logées dans la gleba gluante d’abord verdâtre puis noirâtre, gleba accrochée aux alvéoles grillagées béantes de ce brûle parfum marocain peint d’un rouge éclatant.

Pour les amateurs de vin et surtout de fromage, le nez est très long avec une attaque de camembert au lait cru très fait qui « bascule » et in fine une odeur putride que certains auteurs n’hésitent pas à qualifier « de cadavre ».

Clathrus-ruber-œufs-MP.jpg

Bien avant la déliquescence odorante et reproductive est un œuf blanc cassé (blanc et pas jaune!). L’exopéridium est légèrement cabossé comme si les alvéoles naissantes (voir coupe à droite) tentaient de forcer la barrière de l’enveloppe épaisse.

Clathrus-ruber-rhizomorphes.jpg

D’épais rhizomorphes concolores assujétissent, ancrent la base au sol.

Clathrus-ruber-groupe-MP.jpg

Cette espèce croît le plus souvent en groupe sur des stations riches en humus aussi bien près de feuillus que de résineux. Elle affectionne aussi le B.R.F. (bois raméal fragmenté) et l’utilisation de cette matière notamment dans les aménagements publics destinée à retenir l’humidité au pied des arbres des massifs conduit à la présence croissante du Clathre rouge et de son cousin l’Anthurus d’Archer**.Clathrus-ruber-micro-MP.jpg

A l’examen microscopique, les spores cylindriques sont, nous l’avons dit plus haut, très nombreuses et de dimensions peu variables (moyenne de 4,8 µm x 1,8µm pour notre récolte), la structure du réceptacle, portant sur la face interne la gleba, est en « nid d’abeille » (en haut de la planche). Ainsi que le remarquent Breitenbach & Kränzlin***, les hyphes de l’exopéridie sont cloisonnées non bouclées alors que celles de l’endopéridie sont cloisonnées et partiellement bouclées (en bas à gauche sur notre planche).Clathrus-ruber-oeuf-fendus.jpg                    Quant aux appellations, que diable! le rouge sied aux flammes de l’enfer que l’on vouait aux sorcières et Courtecuisse**** indique que « Le nom [Cœur de sorcière] est adapté des noms vernaculaires espagnol et serbe ».

M.P. 

*Phallus-impudicus-web.jpg

Phallus impudicus

 

Anthurus-archeri.jpg**

Anthurus archeri

*** Breitenbach & Kränzlin Champignons de Suisse tome 2 n° 524
**** Courtecuisse & Duhem Guide des champignons de France et d’Europe n°1750
Bibliographie: voir aussi Marchand Champignons du Nprd et du Midi tome 4 n° 379; Eyssartier & Roux Le guide des champignons France et Europe page 1054.

L’éclosion des clathres rouge sur bois ramifié fragmenté

L’usage de plus en plus répandu de B.R.F. (bois ramifié fragmenté) dans les parcs et jardins fait le lit de cortèges de champignons et en particulier celui du Clathrus ruber Micheli : Pers. Son éclosion est pour le moins spectaculaire. L’oeuf blanc sale donne naissance à une cage grillagée bien vite odorante avec la maturation des spores. Ci-dessous, deux photos prises au même endroit, à une semaine de distance dans un parc de Lormont en Gironde sur un tapis de B.R.F.

Clathrus-ruber-1.jpgClathrus-ruber-2.jpg

L’odeur devient pestilentielle. Guillaume Eyssartier et Pierre Roux* la qualifient de « désagréable et très forte, de cadavre ». Les mouches (on en voit pas mal posées sur ces Coeur-de-sorcière) sont attirées et disséminent les spores ce qui confère à cette espèce décorative un caractère « envahissant ». Le B.R.F et autre mulch lui vont très bien et c’est ainsi que nous rencontrons ce Clathre en cage de plus en plus souvent. Un collègue, mycologue des Comminges, de passage au Parc Bordelais, l’ y avait photographié l’année précédente.

* Le guide des champignons France et Europe Guillaume Essartier Pierre Roux Editions Belin mars 2011

Les Clathres du Parc Bordelais

Clathrus-ruber-Parc-Bordela.jpg

Germain Monfort,  membre de la Société Mycologique du Comminges,  nous a envoyé en juin 2010 les photos ci-dessus. Il écrit au CEMA :
 » De passage à Bordeaux le 19 juin, je me suis promené dans le Parc Bordelais. Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir de très nombreux Clathrus ruber  au pied d’une grande touffe d’arbustes décoratifs, de chênes et de roseaux (à l’ouest du parc, à une vingtaine de mètres de la cascade) ! Le sol travaillé est recouvert de produits de broyage et la place située à l’ombre. Les dernières pluies ont été fortes. Le comptage a donné un total de presque une centaine de clathres, éclos ou non. Il est possible que d’autres « œufs » soient cachés par les déchets de broyage. En Comminges-Pyrénées centrales, nous sommes satisfaits lorsque nous trouvons quelques spécimens par an. Alors comment se fait-il qu’il y en ait autant dans un parc bordelais, donnant l’impression d’être cultivés ? « 

 Sur notre blog (po, en juin 2009, Jacques Beck Ceccaldi évoquait  ce Clathre grillagé (ou Cœur de sorcière) qu’il définissait comme « une espèce envahissante sur de nombreux sites ». JBC remarquait notamment : « Il apparaît sur les mulchs en troupes nombreuses, 55 individus sur 5 à 6 mètres carrés, isolés (les plus gros exemplaires) ou en groupes serrés par 5 à 8. Alors qu’il est réputé « très rare » dans la littérature, nous constatons sur nos sites de prospection sa prolifération, en grande expansion au-delà de ces apparitions sur les mulchs, en pleine forêt de feuillus ou sous les frondaisons de conifères (surtout sur paillis sous cèdres) ».

L’utilisation de plus en plus fréquente de bois fragmenté dans l’aménagement des parcs et jardins aide, semble-t-il, au développement de cette espèce très décorative dont les mouches (regardez-bien dans le haut de la planche des photos de Germain Monfort) disséminent les spores à tire d’ailes.

Avec Côté Sciences, les champignons « cachés » de Floirac, dans la forêt de la Burthe

Grégory-Gomez-MP.jpg

Floirac-clathre-MP.jpg« A la recherche des champignons cachés…. » c’était le thème de la balade proposée par Côté Sciences le dimanche 25 octobre 2009 dans le massif forestier de la Burthe à Floirac. Alexia Sonnois et Alexandre Nadaud de Côté Sciences dirigeaient cette promenade naturaliste co-guidée par le CEMA et par Grégory Gomez, directeur d’Aquit’Nature. Ce dernier faisait découvrir la flore et la faune non sans livrer quelques anecdotes au cours desquelles le groupe de visiteurs -une quarantaine de personnes- apprit, au pied du fragon, ce que gringonner veut dire. Comment aussi le frelon asiatique, dont quelques nids sont haut perchés dans les robiniers de La Burthe,  est attaqué, découpé et tué par notre frelon européen.

 Cette mise en bouche conduisait aux champignons « cachés » qui, conditions climatiques et hygrométriques n’aidant pas beaucoup, jouaient effectivement à cache-cache avec les promeneurs mais une séance de repérage, le jeudi, avait permis d’en localiser quelques uns. Ainsi une Volvaire (Volvaria gloiocephala)  et quelques Clathres grillagés (Clathrus ruber) sous le séquoia près du château et, au fil du chemin, bien d’autres espèces notamment lignicoles commentées par les guides du jour du CEMA Jacques Beck Ceccaldi, Jacques Boyer, Sylvie Cantin et Michel Pujol. Floirac-Panéoles-JB.jpg

L’occasion de partager notre passion en groupe et en aparté avec un public qui, c’est à souligner, posa moins que d’habitude la question « ça se mange ? » et fut très attentif au rôle et à la place des champignons dans la nature.

Floirac-frelon-JB.jpg
Clathrus-ruber-JB.jpg

Les « envahisseurs », champignons venus d’ailleurs


oeuf-clathrus-ruber-invasif.jpgclathrus-ruber-invasif.jpg

Certaines espèces étrangères, voire exotiques jadis sont aujourd’hui très fréquentes dans nos régions. Un peu comme la grenouille taureau, l’écrevisse américaine, la tortue de Floride ou le frelon asiatique, elles y ont trouvé des conditions favorables à leur expansion. Au détriment d’autres champignons?

Jacques Beck Ceccaldi, chargé des études mycologiques du CEMA, propose quelques éléments de réflexion à travers les exemples de strophaire, clathres, pisolithe et autres espèces « colonisatrices ».
Jacques Guinberteau, conseiller scientifique du CEMA, joint à ce dossier les exemples de Collybia luxurians « potentiellement invasif » et Agaricus rufotegulis, une espèce peu connue des mycologues français mais que ce spécialiste des agarics a trouvé en Gironde il y a plus de trente ans.

La liste des soupçonnés « invasifs »n’est pas exhaustive. Le changement climatique, les voyages et échanges intercontinentaux ne peuvent qu’aider à la nourrir d’abondance.
collybia-luxurians-2.jpg

ETUDE : les macromycètes dits « invasifs », en lieu et place d’autres ?

S’il est un débat qui a occupé, ces derniers mois au CEMA,  le terrain de nos discussions et échanges mycologiques, c’est bien celui des espèces étrangères, voire exotiques jadis et qui deviennent familières aujourd’hui dans nos régions. Parce que, un peu comme la grenouille taureau, l’écrevisse américaine, la tortue de Floride ou le frelon asiatique, des champignons venus de lointains pays se sont particulièrement bien implanté et surtout bien développé en France. Jacques Beck Ceccaldi, qui a étudié in situ les champignons australiens l’été dernier ou plutôt lors de l’hiver de l’hémisphère sud, y a vu et photographié quelques uns des macromycètes illustrant ce sujet.
Notre chargé des études mycologiques a constitué un dossier qu’a complété Jacques Guinberteau. A travers les exemples de Collybia luxurians et de Agaricus rufotegulis, 
notre conseiller scientifique nuance la notion très relative d’espèce “invasive”.

    POUR AMORCER LE  DEBAT SUR LES MACROMYCETES « INVASIFS »

Repères : Invasif en médecine = provoque des lésions
Parasitologie invasive  –  mycose invasive  –  aspergillose invasive
Les zygomycota (microscopiques) = mucorales  – parasites de l’homme et les
autres champignons parasites des plantes ou des animaux… non étudiés ici.

Questions:  Pour les macromycètes que nous étudions:
Certaines espèces sont-elles « invasives » ou seulement  « envahissantes » ?
Invasif pour les champignons voudrait dire que l’apparition d’une espèce « étrangère » serait RESPONSABLE DE MODIFICATIONS SPECTACULAIRES  SUR LES ECOSYSTEMES NATURELS.
SERAIT-ELLE UNE CATASTROPHE POUR  LA BIODIVERSITE OU  AU CONTRAIRE POURRAIT-ELLE L’ENRICHIR ?

Mulch :  Une récente étude en Belgique réalisée par Pierre Piérart, du Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut, précise que  « … Les espèces fongiques invasives sont d’origine étrangère et doivent trouver une niche écologique naturelle ou artificielle pour assurer leur reproduction… le caractère invasif est plus ou moins prononcé suivant les espèces… »
La plus importante « niche artificielle » apportée par l’homme est formée de débris de bois, copeaux, sciures, appelés mulch (paillis), très à la mode dans les jardineries et chez les paysagistes, que l’on étale sur des parterres ou sous les plantations de jeunes arbres (feuillus ou conifères) pour protéger le sol de l’évaporation et de l’envahissement par de « mauvaises herbes » sur lesquels nous trouverons :

LES MACROMYCETES QUALIFIES D’INVASIFS

Amanita asteropus etCollybia luxurians (voir plus loin), pour les plus connus des basidiomycètes.
Espèces américaines trouvées d’abord sur paillis mais qui se sont très vite répandues sur différents substrats (sont-elles vraiment invasives ?)

D’autres espèces sont notées dans la littérature mais en très petit nombre :
Agaricus rufotegulis  réf. : Courtecuisse (commentaires de Jacques Guinberteau en fin de dossier);
certainsBolbitiaceae.

Ce Strophaire à l’anneau rugueux a été photographié en Australie

Certains Agrocybes et Strophaires…..Stropharia rugosoannulata
  PlusieursAphyllophoromycètes : Pycnoporus cinnabarinus –  Fomitopsis pinicola…
DesGastéromycètes dont Myriostoma coliforme (en provenance de Chine) rare ici?… donc non invasif, mais serait-il en extension ? plusieurs récoltes signalées dans le département de la Gironde.
Pisolithus arrhysus = P. tinctorius
Les Phallales  (en provenance de l’hémisphère sud… Afrique,  Australie, Nouvelle Zélande…) : Phallus impudicus   Lysurus mokusin   Clathrus archeri    Clathrus ruber
Dictyophora indusiata
(est signalé à notre connaissance en Afrique – Gabon). De nombreuses espèces en Australie ne sont pas signalées comme ayant pu migrer vers d’autres pays : Aseroe rubra –  Ileodictyon gracile – Phallus rubicundus –  Pseudocolus fusiformis

TROIS ESPECES PARTICULIEREMENT  « INVASIVES  »

Pisolithus arrhizus = P.tinctorius Pisolithe
1034991493
 Ce Pisolithe, ici photographié en Australie, est présent dans les sables de la côte Aquitaine

En provenance des régions désertiques (hémisphère sud), ce Pisolithe (gastéromycète) très fréquent en Australie sous plusieurs formes où on en dénombre 6 espèces (voir Madagascar), est tout aussi fréquent dans les sables de la côte atlantique sous une forme pédicellée (semi-hypogée) portant un péridium contenant la gléba pulvérulente à maturité, champignon pouvant atteindre 20cm en hauteur. On le rencontre partout en Europe (réf.  Courtecuisse), de la Russie à la Finlande et de l’Espagne à la Turquie. Il est aussi présent au Maroc. Très nombreuses apparitions sur les terrils (schistes acides) du nord de la France et en Belgique où, selon Pierre Piérart, il mycorhize les bouleaux et d’autres espèces végétales.
Clathrus archeri  Anthurus d’Archer1487163436
628809773
                         
Il se présente d’abord ovoïde puis s’ouvre en forme d’étoile rouge vif à 5 – 8 branches.
Très fréquent en Australie, Tasmanie, Nouvelle Zélande, Malaisie, Afrique du Sud, il serait apparu chez nous à la suite du transport des laines venues d’Australie ! Il est aussi répandu maintenant dans toute l’Europe où il est qualifié de très fréquent

Clathrus ruber  Clathre en cage (Cœur de sorcière)
756496466
1890371902

  D’abord ovoïde puis en forme de cage grillagée rouge vif de 10cm de diamètre, nous l’avons observé atteignant facilement 20cm. Il est tout aussi fréquent que l’Anthurus d’Archer dans les régions tropicales et il est maintenant signalé dans toute l’Europe et au Maroc, Algérie et Tunisie.
Il apparaît sur les mulchs en troupes nombreuses, 55 individus sur 5 à 6 mètres carrés, isolés (les plus gros exemplaires) ou en groupes serrés par 5 à 8. Alors qu’il est réputé « très rare » dans la littérature, nous constatons sur nos sites de prospection sa prolifération, en grande expansion au-delà de ces apparitions sur les mulchs, en pleine forêt de feuillus ou sous les frondaisons de conifères (surtout sur paillis sous cèdres).

Doit-on qualifier d’invasive cette espèce?
Didier Huart qui s’intéresse à la diffusion de Clathrus ruber en France nous signale (5 septembre 2009) que cette espèce vient d’être découverte pour la première fois dans sa région le Nord Pas-de-Calais et ajoute: « J’ai lu sur votre blog que vous considériez cette espèce comme invasive, Régis Courtecuisse la donne indigène dans la mesure où la littérature en fait référence dès le XVI ème siècle en France. »

Notre collègue mycologue a parfaitement raison de s’interroger sur Clathrus ruber à propos du qualificatif que je lui ai attribué…. « invasif ».

Il aurait été plus pertinent de dire, à propos de cette espèce, « envahissante sur de nombreux sites ».

La définition d’invasif est particulièrement délicate à employer puisqu’il faudrait prouver que le champignon est arrivé d’une autre région ou d’un autre pays, même et surtout d’une région tropicale située dans un autre hémisphère. Ce qui ne semble pas être le cas de cette espèce!

Voici donc des précisions utiles apportées après cette pertinente remarque.

Jacques Beck Ceccaldi

 

COLLYBIA LUXURIANS, UNE ESPECE « POTENTIELLEMENT INVASIVE »
1304544201

Espèce devenant de plus en plus fréquente ces dernières années, et que l’on peut classer provisoirement dans les espèces fongiques potentiellement invasives (à mon avis) et à suivre attentivement. J’ai constaté une nette montée en puissance de cette espèce ces dernières années notamment en Aquitaine, dans les forêts mixtes arénacées à dominance de pins maritimes sur sol sableux (à turn over relativement lent de la matière organique, humus de type MOR).
Ici en Aquitaine et en Gironde, elle devient très courante et à titre d’exemple la même journée le 30 septembre 2006, j’ai découvert 4 nouvelles stations en région Bordelaise.
Je pense notamment qu’il pourrait y avoir une relation avec les conséquences des ouragans 1999 (….2009) sur la libération massive d’une importante biomasse ligneuse renforcée par les pratiques de gestion forestière et horticole, utilisant les rémanents en forêt. Les BRF (Bois Raméal Fragmenté) obtenus par broyage grossier des branches, houppiers, souches et grumes et utilisation sous forme de mulching dans les parcs publics et jardins urbains. C’est ce type de biotope qu’affectionne particulièrement ce type de champignon (notamment sur les copeaux et plaquettes de bois grossièrement broyés, remplaçant de plus en plus l’utilisation des écorces).
Là aussi on ne mesure pas bien les conséquences de tellespratiques sur le moyen et long terme en plus des risques dus à l’exportation massive de matériaux organiques lignocellulosiques dont la forêt a besoin pour ses propres équilibres biogeochimiques et nutritionnels, sans parler de la conservation des sols forestiers.

Agaricus rufotegulis, trouvé en Gironde il ya plus de trente ans

Agaricus rufotegulisn’est pas un inconnu. Il s’agit d’un champignon qui existe bien sur notre territoire, connu uniquement des spécialistes “agarics”, et que j’ai trouvé naturellement en Gironde (Médoc) il y a plus de 30 ans et que j’ai même cultivé depuis 1978 !
C’est une espèce comestible, réputée pour ses propriétés médicinales, mais paradoxalement peu connue des mycologues français. Cette espèce apparait sous l’appellation populaire Agaricus blazei. En fait, son nom scientifique prioritaire est Agaricus subrufescens (nommé plus récemment par les hollandais  sous le binôme Ag. rufotegulis : synonyme postérieur, superflu et inutile).
Je l’ai trouvé et identifié au moins cinq fois en Gironde, à la répartition plutôt centrée sur le haut et bas-Médoc. C’est un agaric typique des amoncellements humifères ou compost fermentescible (saprotrophe des litières d’accumulation), xerothermophiles, occupant une niche écologique toujours très bien exposée et à la faveur de micro climat privilégié (cas du Médoc).

Jacques Guinberteau