Archives du mot-clé gradignan

Un lentin « de la sécheresse »

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Ce Lentin que nous avons rencontré sur un tronc de résineux moussu à terre depuis bien longtemps était seulabre sur son arbre. Il ne justifiait pas ici son appellation de suffrutescens qui, si l’on en croit le Dictionnaire étymologique des noms scientifiques des champignons d’Yves Bresson édité en 1996 par l’Association Mycologique d’Aix en Provence, signifie: « produisant quelques rejetons, subcespiteux ». En consultant Mycodb on voit des images de cette espèce justifiant les rejetons et le caractère cespiteux. En revanche les épithètes squamosus (écailleux, squameux, rugueux) et lepideus (couvert d’écailles, de squames) lui collent ici à la peau de la tête au pied.

On remarquera dans notre illustration de tête plusieurs appellations binomales dont la première partie va de Panus à Neolentinus en passant par Lentinus. Pierre Roux dans Mille et un champignons (2006 pages 286 et 287) le place dans la tribu Lentineae Fayod (chair coriace présentant au microscope une structure dimitique; boucles+; avec ou sans cystides métuloïdes), dans le genre Lentinus Fr. (lames non fourchues; chair charnue et coriace), dans le sous-genre Panus (Fr.) Pegler (hyphes squelettiques ou squeletto-ligatives le plus souvent non rameuses, « hyphal pegs » absentes, cystides parfois présentes) et enfin dans la section Squamosi Fr. (arête dentelée, pas de gléocystides ou de cystides métuloïdes).

Dans la littérature (papier et numérique) il est décrit comme apparaissant « plus facilement les années de sécheresse ». Il est vrai que le 30 juillet sur le lieu de notre récolte on comptait les espèces présentes sur les trois doigts d’une même main. 

Les auteurs (voir bibliographie en pied d’article) soulignent aussi son odeur « aromatique », « un peu de cannelle ou parfois anisée », « de cannelle ou de dentifrice ».  Sous notre exemplaire, donc on se gardera bien de généraliser, nous percevons une senteur légèrement d’alcool fruité puis une note de cannelle et à tout le moins d’épice à la dessication laquelle jaunit le sporophore.

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Autre caractère outre les squames (sur notre planche ci-dessus chapeau haut droite, stipe pied centre), des lames denticulées (bas doite).

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La sporée est blanche. Les spores cylindriques à cylindriques elliptiques apparaissent bien guttulées dans le lugol (notre photo) et seulement finement granuleuses dans le congo. Leurs dimensions moyennes pour notre récolte sont de 9,9×3,7µm. Breitenbach, par exemple, indique 7,5-12×3-4,5µm.

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Les lames sont nettement décurrentes

Etude Michel Pujol

Bibliographie Courtecuisse&Duhem n° 140; Eyssartier&Roux p. 550; Bon p. 122; Breitenbach vol.3 n° 238; Roux p.292

Sur le Net: Mycodb ; Groupe Mycologique VosgienChampYvesMycocharentes 

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Les jonquilles ne font pas le printemps

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L’hirondelle fait-elle le printemps? Vous riez sous cape en enfourchant votre bicyclette de manière uniforme. Qu’en est-t-il de l’Amanite jonquille? Celle-ci trouvée ce vendredi 11 janvier, sous feuillus mêlés à dominante de chênes, avait bien résisté aux premiers jours d’hiver il est vrai bien protégée car tapie dans un tapis de mousse. Amanita junquillea ne tient de la fleur que sa couleur vite estompée par la pluie. Elle n’en partage pas exclusivement la saison d’apparition car cette espèce est quasiment présente toute l’année hors bien sûr les périodes de gel et de sécheresse.

Amanite jonquille, amanita jonquillea, amanita gemmata, Gradignan

Gobelets d’avril: Helvella acetabulum

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Ces helvelles quand elles sont presque enterrées et habillées de feuilles font penser à quelque pézize brune. C’est en dégageant le pied court décoré de côtes en relief plus claires que le sommet que l’on reconnait l’Helvelle en gobelet ou Helvelle en calice, Helvella acetabulum*.

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Ces deux récoltes girondines des 8 et 22 avril, respectivement à Lormont et Gradignan, attestent qu’au pays des vins les gobelets ne manquent pas… L’espèce est en effet assez courante au printemps plutôt sur sol riche en humus.

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Microscopiquement , comme l’indique la planche ci-dessus, le sommet des asques n’est pas amyloïde.

La coupe est bien dessinée à l’état jeune et l’extérieur est concolore à l’hymenium. La couleur varie de brun clair à brun très foncé. De la coupe aux lèvres? oui mais sans croquer car classé « sans intérêt ou indigeste ».

M.P.

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*Le guide des champignons France et Europe Guillaume Eyssartier&Pierre Roux p.1066

*Champignons de France et d’Europe occidentale marcel Bon p.328 

*Guide des champignons de France et d’Europe Régis Courtecuisse&Bernard Duhem n°23

Jambes fuselées et œufs mimosa

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Secs, très secs nos lieux habituellement myco-producteurs! Hors le bois nourricier pas trop de salut. Aussi avons nous rencontré hier (photo du haut) cette Collybie à pied en fuseau et un myxomycète très courant (photo du bas). Tous deux sur support bois, bien apparent pour Fuligo septica et enfoui pour Gymnopus fusipes.

Ce dernier champignon est plus connu des « anciens » sous le vocable Collybia fusipes. Son pied incrusté sur le support est fuselé et plus foncé, comme ligneux, à son extrémité.

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Fuligo septica durcit au fil de son évolution en présentant cette couleur très jaune rappellant les œufs mimosa. Il est ici mature, subalvéolé en surface et noir à l’intérieur. Il se trouvait sur un tronc ancien de chêne à terre sur lequel nous avions récolté (entre autres) Laetiporus sulphureus le Polypore souffré agréablement comestible. En revanche nous ne recommanderons pas ni, bien sûr, Fuligo septica ni la Collybie en fuseau à la consommation ayant le souvenir de témoignages d’importants ennuis intestinaux suite à l’ingestion de cette Collybie. 

M.P.

L’étoile des Amanites

Amanita asteropus, amanita citrina, CEMA, Michel Pujol, Gradignan

 A l’époque des orteils en éventail, Amanita asteropus offre son pied en étoile dès sa prime jeunesse (à droite). A maturité, l’étoile est ici (récolte d’hier dimanche) plus en pointe ou plutôt bulbeuse épanouie (à gauche). Si on la dégage délicatement de terre on distinguera souvent un bulbe comme sculpté en étoile grossière. Tout comme l’Amanite citrine, plus courante, l’Amanite à pied étoilé sent le radis. Son port est assez reconnaissable avec un chapeau-bonnet un peu allongé, légèrement déporté puis étalé façon béret remodelé d’un pincement de doigts. Les taches de brun roux sont caractéristiques de l’espèce. Il n’est pas rare de la trouver quasiment en ligne en sept ou huit exemplaires sous feuillus et conifères (mélangés ici sur de la terre à bruyère).

Amanita asteropus, amanita citrina, CEMA, Michel Pujol, Gradignan

Un dimanche d’ateliers à la Maison Ecocitoyenne avec des récoltes de champignons en ville

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Troisième volet de la thématique « Le champignon dans la ville » animée par le CEMA ce dimanche 6 novembre 2011 à la Maison Ecocitoyenne de Bordeaux. Après une balade-découverte le dimanche précédent à Bordeaux Lac et une conférence le vendredi,3191372859

il s’agissait de faire plus ample connaissance avec les champignons présents à la porte des citadins. Mini exposition, ateliers, échanges à chaud sur du très frais.

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Aux visiteurs venus tout au long de la journée, le plus souvent en famille, les animateurs du CEMA ont présenté quelques espèces récoltées la veille dans des espaces rudéraux, « en ville »: à Bordeaux Lac sur les lieux de la balade de la semaine précédente, à Pessac, Lormont, Gradignan et Canéjan dans des parcs publics. La culture du Shi-také (Lentinula edodes) était montrée sur deux bûches de chêne porteuses de fructifications abondantes assorties d’un panneau didactique.

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Les fortes pousses de Lépiote pudique (Leucoagaricus leucothites), Lycoperdon perlé (Lycoperdon perlatum), Cyathe et Gymnopile (sur BRF) a donné lieu à la présence de ces espèces, entre autres, sur les tables d’exposition. D’autres récoltes ont été scrutées à la loupe binoculaire et étudiées au microscope avec les images projetées en direct sur très grand écran.

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Les adhérents du CEMA, de passage dimanche à la Maison Ecocitoyenne ont apporté leur aide aux « permanents » de cette animation-partage mycologique en trois volets au cœur de la ville.