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Favolaschia calocera: une espèce tropicale découverte aussi en Gironde

Dans ses éditions datées du samedi 22 octobre 2016 le journal Sud Ouest titrait Un champignon tropical s’installe dans la région Cet article évoquait la découverte dans la région de Pau (Robert Cazenave) et celle de Bordeaux (Jacques Beck Ceccaldi) d’une espèce tropicale pour le moins très « voyageuse » et d’adaptation apparemment facile en Europe.

Le Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie N°224 daté de mars 2017 publiait (pages 19 à 29) un article de Robert Cazenave intitulé « Deux récoltes françaises d’une espèce tropicale: Favolaschia calocera R. Heim ». Nous avions mis en ligne peu de temps auparavant l’étude qui va suivre. Nous l’avions bien volontiers très vite retirée de notre blog notamment à la demande du premier découvreur français qui souhaitait en conserver le « scoop ».

Nous la remettons en ligne aujourd’hui longtemps après publication dans le Bulletin de la F.M.D.S. et en tenant compte d’une réactualisation par Jacques Beck Ceccaldi de son étude ci-dessous. Un sujet d’actualité puisque cette espèce a été récemment redécouverte, le 25 octobre, par Yoën Alonzeau au Bois du Bouscat en Gironde lors d’une animation mycologique conduite par le CEMA. Onzième découverte en France (1).

On retiendra que Robert Cazenave souhaite « être informé sur toutes les nouvelles trouvailles pour avoir un maximum d’informations sur le sujet ». Le message est passé. 

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 Ce petit champignon très « nid d’abeille » d’un orange qui tache essaimera-t-il encore à l’entour? Les mycologues y seront sans doute attentifs. Jacques Beck Ceccaldi notre chargé des recherches mycologiques, découvreur et redécouvreur de Favolaschia calocera en Gironde en fait ici le portrait macro-micro. 

Favolaschia calocera  R.Heim

             Division : Basidiomycota   Classe : Homobasidiomycetes, Basidiomycetes

Ordre : Tricholomatales   Famille : Mycenaceae

UNE ESPECE TROPICALE

Jacques BECK CECCALDI  Lormont Gironde France – 2017

Notre première découverte pour la région est notée de novembre 2015, à Lormont en Gironde, rive droite de la Garonne, dans un petit parc municipal dit « Parc du Bois Fleuri », en centre-ville,

Favolaschia-calocera-JBC-20.jpg

mais l’état de notre récolte (planche ci-dessus) ne nous permit pas de réaliser des observations microscopiques. Les exemplaires étaient encore immatures et il nous avait été impossible de les conserver.

favolascia-in-situ-1.jpg

Une deuxième découverte (ci-dessus) en novembre 2016 fut réalisée dans un autre parc distant d’un kilomètre, toujours en pleine ville

favolascia-in-situ-2.jpg

et nous a permis les descriptions qui suivent après une longue ré humidification.

     Descriptions macroscopiques

favolascia-macro-1.jpg

           Chapeau : stipité latéralement, réniformes, 3 à 15 mm, large, jaune à orange très lumineux. Ressemblant plus à un corps gélatineux (si humide) que caoutchouteux. Surface translucide pavée par les pores de l’hyménium de façon hexagonale. La pigmentation qui confère ce bel orangé à l’ensemble du sporophore parvient à colorer les doigts en cas de manipulation excessive.

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 Odeur : nulle. Saveur : un peu amère. Pores : 2 à 3 par mm au maximum, polygonaux (hexagonaux) à maturité, profonds de 1à 1,5mm ou plus si parvenus à maturité complète. Radialement répartis à partir du stipe, ils sont de plus en plus petits en approchant de la marge qui est, couverte d’une pruine blanche.

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Stipe : court, cylindrique, latéral, une manipulation inattentive fera disparaître la pruine blanche qui le recouvre. 

Descriptions microscopiques

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Spores :L’état de la première découverte girondine (fin 2015 à Lormont), n’avait pas permis une étude microscopique suffisamment précise. Par contre nous avons obtenu un résultat significatif lors de la récolte de 2016. La sporulation abondante, blanche en masse, a facilité l’observation de spores, ovoïdes à larmoïdes, dont un pôle supporte le hile, sans posséder au pôle opposé de trace de pore germinatif. L’intérieur apparait granuleux et présente une vésicule centrale particulièrement importante au point de ne laisser au cytoplasme que deux étroits ménisques. Les dimensions sont toutefois semblables à celles notées lors de la première découverte, et se situent dans l’échelle de 9,3-11 x 8,5µm.

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  • Les basides, non bouclées, bisporées, (rares basides tri ou quadrisporées), en palissade, (38-40 x 7-10µm), présentent de longs stérigmates approchant 12 à 14 µm.

 Nous avons observé des formations acanthosiques, non seulement sur la marge en palissade, mais aussi en profondeur, de dimensions irrégulières : 7,4-63,3 x 7-11,4µm. Elles sont cylindriques à base plus ou moins effilée, couvertes de diverticules de 2 à 3,5µm, sans cloison ni boucle.

      

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            Les gloeocystides montrent une guttule centrale fortement développé à contenu huileux jaunâtre baignant dans un espace granuleux. Elles prennent une forme clavée atteignant de 39,7 à 75,9 x 7 à 25µm. La longueur parait très variable car elles possèdent ou non un très long pédicelle non cloisonné pouvant atteindre 150 µm

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            Acanthocytes : 43-70 x 7-11µm, cylindriques à base + ou – effilée, cellules couvertes sur toute la hauteur de diverticules (d’expansions + ou – épineuses) de 2 à 3,5µm. 

               Cloisons et Boucles : non observées.

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                                                                                                                                                                                                                                                 Jacques Beck Ceccaldi                  -1 Selon J.Beck Ceccaldi&J. Boyer (3/11/2017) : « Cette espèce tropicale (pantropicale) invasive issue de Madagascar a été décrite en Nouvelle-Zélande, Australie, Hawaï, La Réunion, Mayotte, Tanzanie,  observée pour la première fois en Europe, en Italie (Gênes en 1999), puis en Espagne (Gijon, Asturies), Cornouailles (UK), Portugal (Braga), Suisse. En France, la première découverte a été faite par Robert Cazenave (AMB) dans le Béarn en 2015, puis à Lormont (Gironde) la même année par Jacques Beck-Ceccaldi. A ce jour, la récente découverte du Bois du Bouscat n’est que la 11° trouvaille sur le territoire national : en 2016 celle du bois de Pau, une nouvelle à Lormont, 6 ou 7 dans les Landes  (alentours de Bayonne et Capbreton) et enfin un récolte en 2017 à Hendaye. Les hypothèses quant à sa survenue en Europe, vont du réchauffement climatique, à la mondialisation, et à la redoutable capacité d’implantation de cette espèce dite envahissante  s’il s’avère qu’elle présente un danger pour nos espèces locales. »                                                                           

 *Pour l’Australie, la Nouvelle Zélande et l’Italie : Réf.  www.researchgate.net – jan.2017 – First record of Favolaschia calocera in Western Australia, RICHARD ROBINSON- Departement of Parks and widlife.

**Acanthocytes Du grec : άкανθα, akantha, acanthos = épines + cystis = cystides ↔ cystides épineuses.

 

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Le CEMA s’initie au MEB

Plus besoin de présenter le CEMA. Mais qu’en est-il du MEB? Traduire microscopie à balayage électronique.

La microscopie électronique à balayage (MEB ou SEM pour Scanning Electron Microscopy en anglais) est une technique de microscopie électronique capable de produire des images en haute résolution de la surface d’un échantillon en utilisant le principe des interactions électrons-matière.

La MEB consiste en un faisceau d’électrons balayant la surface de l’échantillon à analyser qui, en réponse, réémet certaines particules. Ces particules sont analysées par différents détecteurs qui permettent de reconstruire une image en trois dimensions de la surface, avec une résolution qui se situe entre 0,4 nanomètre et 20 nanomètres.

MEB, microscopie à balayage électronique, SEM, Pôle d’Imagerie Electronique, CHU Bordeaux, PIE, CEMA, Jacques Boyer, Jacques Beck Ceccaldi, russula cyanoxantha, mycenastrum coriumPar l’intermédiaire de PLC, adhérent de la première heure et fidèle de notre association, enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux, deux microscopistes optique du CEMA, Jacques Beck Ceccaldi et Jacques Boyer, ont eu le privilège d’assister à une séance de MEB, au sein du Pôle d’Imagerie Electronique à (PIE), laboratoire du Dr Gontier Etienne au CHU de Bordeaux (Bordeaux Imaging Center BIC). Isabelle Svahn, responsable technique PIE, et virtuose de la manipulation du MEB, nous a fait découvrir pendant deux heures les images de spores de champignons, avec des grossissements  de 5 000 x à 16 000 x.

En vue de cette séance nous avions sélectionné plusieurs espèces fraichement récoltées, et préparé des sporées sur lame de verre. Seuls deux champignons sont passés sous le MEB : Russula cyanoxantha (échantillon frais), et Mycenastrum corium (exsiccata). Après quelques essais, il s’est avéré que la meilleure technique d’observation consistait à poser directement la lame de verre recouverte de sporée, directement au cœur du microscope. L’aimabilité et la technicité d’Isabelle Svahn ont permis le déroulé, l’apparition magique, puis la capture de quelques images que nous vous faisons partager.

Russula cyanoxantha :

Image MEB 6 000 x 

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 Image MEB 15 000 x

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 Mycenastrum corium :

Image MEB 5 000x

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 Image MEB 8 000 x

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Image MEB 16 000 x

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 Image optique 1000x pour comparaison

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 Les deux Jacques tiennent à remercier chaleureusement les différents acteurs de cette rencontre. 

J.B. et J.B.C. 

Bourgailh deuxième sortie: les champignons affichent toujours complet

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

Comme celle du 22 octobre la sortie du samedi 5 novembre après-midi affichait « complet ». Cela accréditerait l’idée que les champignons font… recette à l’Ecosite du Bourgailh à Pessac (33).

Le matin au Bois du Bouscat Jacques Beck Ceccaldi, Michel Pujol et Jacques Boyer cofondateurs et animateurs du CEMA retrouvaient ce samedi après-midi les joies du partage de leur myco-passion avec un groupe renouvelé toujours attentif, motivé et, pour certains des participants, prêt à recouper leurs connaissances avec ceux que Laurent Rousserie (directeur de l’association gestionnaire des lieux) présentaient comme des « spécialistes » avant le départ de la balade découverte.

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

Quand les cèpes poussent ils apparaissent souvent dans des endroits géographiques différents à la même période…

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

… en partageant des biotopes similaires. Ainsi ce Boletus edulis, découvert par un des participants à la sortie, au milieu de chênes en un endroit découvert, biotope en tous points comparable à celui du Bois du Bouscat de la matinée. Sans doute avait-il échappé aux habitués qui sillonnent le site.

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Ce « spot » selon l’expression d’une Landaise du groupe (avec qui nous avons partagé quelques souvenirs Chalossais) n’avait pas été piétiné. On reconnaitra ici Russula drimeia (ex sardonia) et non R. amara comme indiqué dans une première version. Notre ami Jacques Guinberteau, conseiller scientifique du CEMA, nous fait observer que « la présence d’un mamelon est loin d’être un caractère suffisamment discriminant car Russula caerulea ou amara n’est pas la seule à posséder un mamelon luisant hautement différencié ! Se méfier de ce caractère.
Ici pour cette photo de drimeia = sardonia, on peut retenir surtout un pied lavé de rouge violacé par plage seulement (et non uniformément comme torulosa) et rarement blanc comme amara.
D’autre part les exemplaires de cette photo ne sont pas assez laqués luisants pour être une authentique amara, et les lames jaune citrin signe indubitablement une drimeia/sardonia. » En tout état de cause R. drimeia comme R. Amara ne mérite pas l’assiette.

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

Les espèces rencontrée, récoltées et disposées sur les tables à l’entrée face au Belvédère permettaient aux petits et aux grands de continuer à dialoguer sur le vaste monde des champignons à voir et à admirer si affinités sans mettre toute cette diversité dans la même poêle si on veut rester dans son assiette.

M.P.

Le Bois du Bouscat (33) deuxième

Comme l’année dernière https://cemachampi.wordpress.com/2015/10/17/le-bouscat-au-coeur-du-bois/ le CEMA animait samedi dernier une sortie découverte champignons à la demande de la Ville du Bouscat. La veille, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol avaient repéré avec Souheil Roux (gardien-gestionnaire du Bois du Bouscat) et Julien Joaniquet (ancien gardien, agent du service espaces verts) les pousses intéressantes dans ce parc de sept hectares.

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Ainsi, ces animateurs du CEMA et ces agents de la Ville du Bouscat, auxquels s’étaient joints le jour de la balade Jacques Boyer et Daniel Pasquier, amenaient les participants sur les lieux de pousses repérés et, bien sûr, le nombre de chercheurs aidant, d’autres découvertes mycologiques avaient lieu attestant de la riche biodiversité des lieux.

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Parmi les espèces présentes, ces Lacrimaires veloutées en bordure de chemin…

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… et, dans un endroit inaccessible aux promeneurs habituellement mais exceptionnellement ouvert pour cette sortie, ces Cèpes de Bordeaux, ce jour Cèpes du Bouscat.

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Les nombreuses espèces rencontrées (au regard de l’hygrométrie des jours précédents) étaient exposées près de « la cabane du jardinier et à nouveau commentées pour un public attentif, motivé et soucieux de ne consommer le cas échéant que des champignons sains et déterminés sans aucun doute possible par des personnes compétentes.

M.P.

 

Bourgailh: les champignons affichent complet

pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolS’il s’était agi d’un match on aurait pu dire que le CEMA jouait à guichet fermé samedi sur le site du Bourgailh à Pessac (33) puisque les inscriptions affichaient « complet ». Même si du côté fonge les pousses ne perçaient pas au pied de chaque arbre quelques espèces étaient dénichées et commentées dans chaque groupe sous la conduite de Jean-Claude Vignault, Jean André Camy, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol animateurs de cette sortie.

A défaut de « vraies » girolles on trouvait les « fausses », Hygrophoropsis aurantiaca. L’occasion de rappeler que les lames ne font pas un pli et plus simplement de montrer in situ toute la diversité du monde des champignons.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolAprès avoir inspecté  différents biotopes et leurs champignons « de sortie » ce jour-là, les participants installaient et classaient les espèces prélevées sur les bancs de l’entrée du site.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujolIl restait aux animateurs à prodiguer, en s’appuyant sur les espèces exposées, informations et conseils notamment en ce qui concerne la consommation et les risques d’intoxication. Des Amanites phalloïdes trouvées la veille dans la région permettaient d’examiner, de la volve au chapeau chinuré, ce responsable de la très grande majorité des intoxications mortelles.pessac (33), Ecosite du Bourgailh, CEMA, jacques beck ceccaldi, jean-claude vignault, jean andré camy, michel pujol

Champignons en lumière autour du Phare du Cap-Ferret avec Le Centre Antipoison et le CEMA

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Dans une précédente note nous évoquions la journée Champignons&Co à Petit-Piquey. Le lendemain, dimanche 16 octobre, le CEMA retrouvait ses amis du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux, comme en 2015 , 2014 , 2013 , 2012 , 2011 , pour la rencontre annuelle maintenant traditionnelle sur le terrain. Elle avait pour cadre la forêt de chênes verts et de pins qui ceinture le Phare du Cap-Ferret. La municipalité de Lège-Cap Ferret, sur la proposition d’Isabelle Quincy pharmacienne-mycologue-conseillère municipale et à la demande de Jacques Boyer du CEMA avait ouvert spécialement le site le matin aux mycologues du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine et aux praticiens de l’urgence du CHU de Bordeaux confrontés notamment au suivi des intoxications par les champignons.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLe but était d’explorer ce biotope particulier et d’y prélever des espèces dont certaines propres à la mycoscénose des lieux tout en permettant aux collaborateurs du CAPTV, placés sous la responsabilité du Dr Magali Labadie, de parfaire leurs connaissances en mycologie. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs participé aux précédentes rencontre citées plus haut.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolComme signalé précédemment une équipe de reportage de FR3 Aquitaine qui souhaitait faire un sujet champignons pour le journal du soir rejoignait le groupe en cours de balade. Le Dr Magali Labadie, responsable médicale du CAPTV (photo ci-dessus) communiquait ainsi le vécu mycotoxicologie particulièrement dense, comme en ce moment, en période de pousses.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolPrès de la table improvisée (plutôt un banc d’ailleurs) de détermination où officiaient Jacques Boyer et Jacques Beck Ceccaldi la discussion s’engageait sur les espèces toxiques dont la mortelle Amanite phalloïde trouvée la veille à Petit-Piquey et amenée au Phare pour la démo.Lège-Cap-Ferret, phare du cap-ferret, CEMA, centre anti poison de bordeaux, spectrométrie de masse, dr Magali Labadie, fr3 aquitaine, isabelle quincy, jacques boyer, jacques beck ceccaldi, michel pujolLors de la cueillette les différentes espèces avaient été séparées et placées dans des poches (au centre du banc dans le panier à anse) pour être déterminées par les mycologues du CEMA avant de faire l’objet ultérieurement de « fiches d’identité » par un laboratoire spécialisé du CHU. Cela grâce à la spectrométrie de masse de type MALDI-TOF déjà utilisée pour les micromycètes. Appliquée aux macromycètes, (début d’application en cours à Marseille) cette démarche nouvelle à laquelle sont associés le CAPTV et le CEMA devrait permettre à terme de construire une bibliothèque de profils protéiques des champignons supérieurs (la séquence des protéines ribosomales des champignons varie d’une espèce à l’autre). 

M.P.

Sans dresser une liste exhaustive de toutes les espèces rencontrées, voici celles parmi les specimens frais qui devraient être utilisés pour être analysés grâce à la spectrométrie de masse décrite plus haut:

Boletus queletii, Clitocybe geotropa, Collybia dryophila, Gymnopilus picreus, Hygrophoropsis aurantiaca, Inonotus hispidus, Lactarius chrysorrheus, Mycena seynii, Panus mitis sp., Paxillus involutus, P. panuoides var. ionipus = Tapinella panuoides var. ionipus, Phaeolus schwenitzii, Russula cyanoxantha, R. cavipes, R. densifolia, R. delica, R. ochroleuca, R. pectinata, R. ilicis, R. virescens, Suillus granulatus, Volvariella gloiocephala, Xerocomus ferrugineus sp.

 

 

 

Une Lépiote haute en couleurs dédiée à Bresadola récoltée et étudiée par Jacques Beck Ceccaldi

 

Leucoagaricus bresadolae

(Schulzer) Bon

Ordre : Agaricales  Famille : Secotiaceae (ancienne tribu Lepiotaceae)

Ss.-famille : Leucocoprinoideae  Genre : Leucoagaricus  Section : Annulati

Lépiote de Bresadola

Dédié à Bresadola     

 

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

 Récolte : Du 19 septembre 2016. Après un mois d’août sans une goutte d’eau un orage a éclaté la première semaine de septembre (pendant 7 minutes) et aura été à la base de la poussée soudaine de cette espèce.

Substrat : espace très fortement anthropisé (processus de dégradation des sols par l’action de l’homme). Dépôt de tontes et feuilles, depuis de nombreuses années, rapportées de multiples parcs et jardins ou plates-bandes au bord des avenues de la ville sur le passage d’une canalisation de gaz traversant ce qu’il reste d’une ancienne zone boisée actuellement entourée d’un parc de stationnement et d’une immense salle de sport.

Mode de développement : poussées bien réparties sur deux semaines car protégées par :

  • une rangée de chênes certainement centenaires miraculeusement épargnés de la dégradation des environs
  • et bien cachés à la vue par une végétation basse rampante favorisées par l’épaisseur du« mulch ».

Macroscopie

Leucoagaricus bresadolae  (Schulzer) Bon, jacques beck ceccaldi, CEMA, microscopie, Bresadola, Lormont

Chapeau : 10 à 23 cm, tronconique et gris au début puis étalé jusqu’à plus de 20 cm. Squames concentriques grises à brun-roux sur fond blanc.  Lames : serrées, larges, libres (pseudo-collarium), blanches avant manipulation.  Stipe : 80-120 (150), cylindrique vite creux, blanc lisse au-dessus de l’anneau, fibrilleux en dessous et un peu bulbilleux fusiforme.

leucoagaricus bresadolae  (schulzer) bon,jacques beck ceccaldi,cema,microscopie,bresadola,lormont

Couleurs : toutes les parties, par la manipulation, passent d’un beau jaune orangé  au rouge puis au noir profond.  

Odeur : agréable (un peu miellée !) : Saveur : douce. Comestibilité : indigeste et sans intérêt culinaire.

Liste rouge des champignons menacés (ou menaçant) en France : R. Courtecuisse

Type  trophique : (relatif à la nutrition) Shu= saprotrophe humicole (sur humus ou litière).

Statut patrimonial : (Liste rouge pour la France : R. Courtecuisse)

 Alien = taxon allochtone pouvant éventuellement avoir un comportement invasif.

                             Microscopie:

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Basides : banales, tétrasporiques, absence de boucles,

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Sporée : blanche à crème très pâle.

*Basidiospores ou acrospores : ellipsoïdes, lisses, hyalines, dextrinoïdes, parois épaisses, forte réaction au réactif de Melzer, à pore germinatif pas si faciles, dans notre cas, à déterminer. Il s’agit d’observer une «* discontinuité structurale marquée ou ouverture circulaire perforant au moins une paroi ». Les points rouges sur la photo  permettent de mieux situer le pore alors que les points bleus au pôle opposé indiquent le hile ou ponctuation au point d’attache au stérigmate de la baside. Le rouge congo aura permis de voir le contenu granuleux des spores mais c’est simplement dans l’eau (sans aucun agent gonflant) que l’on parviendra à voir cette discontinuité dans l’épaisseur de la paroi interne à un pôle de la spore et que nous  pouvons obtenir les meilleures mesures de la longueur et de l’épaisseur de la spore, 9-12/ 6-8 µm.

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Cheilocystides : sur l’arête des lames et si nombreuses que les basides ne peuvent apparaître sur la marge. Courtement ventrues, 40-100/10-20 microns avec un bec court ou long jusqu’à 20-40

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Pleurocystides : inexistantes sur les faces des lames.

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Le revêtement du chapeau : squames apprimées formées d’hyphes irréguliers.

Boucles : inexistantes aux cloisons.

Etude de Jacques Beck Ceccaldi

  *d’après M. LOCQUIN     Mycologie générale – Masson 1984 p. 429 – 445