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Le CEMA s’initie au MEB

Plus besoin de présenter le CEMA. Mais qu’en est-il du MEB? Traduire microscopie à balayage électronique.

La microscopie électronique à balayage (MEB ou SEM pour Scanning Electron Microscopy en anglais) est une technique de microscopie électronique capable de produire des images en haute résolution de la surface d’un échantillon en utilisant le principe des interactions électrons-matière.

La MEB consiste en un faisceau d’électrons balayant la surface de l’échantillon à analyser qui, en réponse, réémet certaines particules. Ces particules sont analysées par différents détecteurs qui permettent de reconstruire une image en trois dimensions de la surface, avec une résolution qui se situe entre 0,4 nanomètre et 20 nanomètres.

MEB, microscopie à balayage électronique, SEM, Pôle d’Imagerie Electronique, CHU Bordeaux, PIE, CEMA, Jacques Boyer, Jacques Beck Ceccaldi, russula cyanoxantha, mycenastrum coriumPar l’intermédiaire de PLC, adhérent de la première heure et fidèle de notre association, enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux, deux microscopistes optique du CEMA, Jacques Beck Ceccaldi et Jacques Boyer, ont eu le privilège d’assister à une séance de MEB, au sein du Pôle d’Imagerie Electronique à (PIE), laboratoire du Dr Gontier Etienne au CHU de Bordeaux (Bordeaux Imaging Center BIC). Isabelle Svahn, responsable technique PIE, et virtuose de la manipulation du MEB, nous a fait découvrir pendant deux heures les images de spores de champignons, avec des grossissements  de 5 000 x à 16 000 x.

En vue de cette séance nous avions sélectionné plusieurs espèces fraichement récoltées, et préparé des sporées sur lame de verre. Seuls deux champignons sont passés sous le MEB : Russula cyanoxantha (échantillon frais), et Mycenastrum corium (exsiccata). Après quelques essais, il s’est avéré que la meilleure technique d’observation consistait à poser directement la lame de verre recouverte de sporée, directement au cœur du microscope. L’aimabilité et la technicité d’Isabelle Svahn ont permis le déroulé, l’apparition magique, puis la capture de quelques images que nous vous faisons partager.

Russula cyanoxantha :

Image MEB 6 000 x 

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 Image MEB 15 000 x

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 Mycenastrum corium :

Image MEB 5 000x

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 Image MEB 8 000 x

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Image MEB 16 000 x

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 Image optique 1000x pour comparaison

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 Les deux Jacques tiennent à remercier chaleureusement les différents acteurs de cette rencontre. 

J.B. et J.B.C. 

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Les champignons des parcs urbains Mérignacais

Inventaire-Mérignac-Blog.jpg

Le CEMA a rendu récemment son rapport d’inventaire fongique des parcs municipaux girondins de la Ville de Mérignac. Après les parcs du Château et du Vivier* nous avons observé la fonge de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Luchey et Tenet** Quelques éléments de ces observations sont en ligne sur ce blog (avec l’autorisation bien sûr des services concernés) qui intéresseront, nous l’espérons, les promeneurs des bois « rurbains » et aideront à comprendre l’utilité notamment indicative de ces acteurs vitaux de notre biodiversité.

 * Inventaire fongique de deux parcs urbains de la Ville de Mérignac, novembre 2010.
Jacques BOYER, Jacques BECK CECCALDI, Yves MORTUREUX& Michel PUJOL Inventaire Mérignac Vivier Château

**Inventaire fongique de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Tenet, Luchey arrêté fin 2012, études, recommandations et synthèse avec Le Château et Vivier Inventaire Mérignac Beaudésert Bourran, Burck Luchey Tenet

En toute transparence, Oudemansiella mucida

C’est un véritable bonheur d’observer cette espèce sur des troncs, souvent couchés, de hêtres et de chênes, posée comme autant de fleurs immaculées sur des autels naturels. Macro-micro elle valait bien l’ouverture d’une fiche vierge écrite par Jacques Beck Ceccaldi et illustrée macro par Jacques Boyer et micro par J.B.C..

Oudemansiella-mucida-groupe.jpg

Famille Tricholomataceae Genre Oudemansiella

Oudemansiella mucida  (Schrad. :Fr.) v. Hoehn.

Syn. : Mucidula mucida (Schrad. :Fr.) Pat.

Mucidule visqueuse

 Oudemansiella-mucida-macro-.jpg

Description macroscopique

 Chapeau : 2 à 5 cm, convexe, blanc d’ivoire, couvert d’une pellicule gélatineuse séparable si humide.

Marge : courtement ridulée, translucide. Lames : blanches, adnées, espacées.

Stipe : 3 à 7 cm x  5 à 8 mm. Cylindrique clavé à la base, blanc, très visqueux et tenace.

Anneau : blanc au dessus, gris en dessous et tout aussi visqueux.

Substrat : bois mort de hêtre ou chêne mais aussi bois vivant (parasite de faiblesse).

Epoque : été à début d’automne.

Fréquence : très répandu par endroits, surtout dès 600m en basse montagne (Massif Central pour cette collection en 2012).

Comestibilité : toxique, mais utilisé comme antibiotique (mucidine) contre les mycoses.

 Description microscopique

 Oudemansiella mucida, jacques Beck Ceccaldi, Jacques Boyer, CEMA, mucidule visqueuse, mucidula mucida

Sporée : crème en masse. Spores : 15-20 x 14-19 µm, subglobuleuses, guttulées, hyalines et lisses à

parois épaisses.

Basides : cylindriques et longues jusqu’à 90 µm. Tétrasporiques et bouclées.

 

Oudemansiella mucida, jacques Beck Ceccaldi, Jacques Boyer, CEMA, mucidule visqueuse, mucidula mucida

Cheilo et pleurocystides : peu nombreuses, de grandes dimensions et très ventrues jusqu’à 110 –140 µm

et 40 µm de large.

Non photographié ; les images n’étant pas de qualité suffisante à cause de la masse gélatineuse.

Revêtement du chapeau : hyphes en palissade, cloisonnés, bouclés et compris dans une masse gélatineuse.

 Etude Jacques Beck Ceccaldi

Oudemensiella-mucida-portra.jpg

Notes d’Auvergne suite: quelques amanites

Amanita-muscaria-JAC.jpg

S’il est une Amanite que nous avons rencontrée fréquemment lors de notre « escapade » en Auvergne c’est bien la tue mouches. Une banalité en Auvergne comme en Aquitaine mais toujours agréable à l’œil. En vérité on ne se lasse pas de photographier Amanita muscaria sous tous ses angles et, dans les sapinières, elle a belle allure. Des points c’est tout…

Amanita muscaria, amanite tue mouchesAmanita muscaria, amanite tue mouches, amanita rubescens, amanita rubescens f. alba, amanite rougissante

L’Amanite rougissante dans sa forme habituelle et celle plus claire ne manque pas d’attraits esthétiques non plus. Très bien cuite elle est de surcroît agréable dans l’assiette. Néanmoins, Amanita rubescens tout comme le champignon rouge de Blanche neige ne revêtait à nos yeux aucun caractère de nouveauté. En revanche, en montagne, à cette époque il convenait de vérifier avec Christian Hurtado si en matière d’amanites…

Amanita muscaria, amanite tue mouches, amanita rubescens, amanita rubescens f. alba, amanite rougissante

Effectivement, notre guide savait que dans quelques stations l’Amanite vireuse avait fait sa blanche et inquiétante apparition. Cette espèce que nous ne voyons pas autour de Bordeaux est aussi mortellement toxique que Amanita phalloides et A.verna qui nous sont plus familières.

Amanita muscaria, amanite tue mouches, amanita rubescens, amanita rubescens f. alba, amanite rougissante

Le chapeau déporté à la façon d’une selle de vélo (avec un peu d’imagination en roue libre) est caractéristique d’Amanita virosa.  

Amanita muscaria, amanite tue mouches, amanita rubescens, amanita rubescens f. alba, amanite rougissante

Dans cette virée à virosa, en bons Gascons mi-landais-béarnais-bordeluches-casablancais-oranais il convenait, vaches auvergnates obligent, de décrocher la cocarde! Et l’Amanite à cocarde (Amanita battarrae) était trouvée bien mamelonnée, le cerne plus foncé bordant les stries de la marge, le pied chaussé d’une volve certes mais le mycélium d’un beau jaune.

Vous reprendrez-bien un peu de chasse-mouches avant de nous quitter.

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Notes d’Auvergne: en guise de début

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Cette photo de têtes du CEMA (B.L., J.B., J.A.C, M.P.) à La Chapelle Geneste en Haute-Loire en tête à tête avec Boletus edulis laisserait penser que nous n’étions venus chez Christian Hurtado (1) que pour la quète des cèpes. En fait, deux ans après une première expérience nous allions communier avec la mycoflore des environs de l’abbaye de La Chaise Dieu dans le Parc naturel régional du Livradois Forez. Une grand messe sous des cathédrales de sapins, épicéas et hêtres célébrée de la Saint Michel* à la Saint Bruno* (pourtant pas à Bordeaux…) par de très grands enfants du chœur de notre Cercle mycologique. 

Si Paris vaut bien … cet endroit d’Auvergne, en matière de champignons, en mérite plusieurs. Aussi procèderons-nous en plusieurs notes pour en révéler les attraits rencontrés.

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Commençons par le plus courant, le Cèpe dit de bordeaux. Au moment où nous y étions des cohortes de Roumains le draguaient non sans provoquer quelque émotion dans les gazettes locales et chez les cueilleurs du coin qui craignaient -confiaient-t-ils- que les propriétaires, jusqu’à présent accueillants, le deviennent moins. Boletus pinophilus était en revanche quasiment absent cette fois.

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Nous l’avions entr’aperçu la dernière fois et là le Clitocybe à lames jaune d’or (Gerronema chrysophyllum) foisonnait sur des troncs de sapin à terre dans plusieurs lieux de visite.

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Ce magnifique Cortinaire sanguin éclairait, ça et là par troupe de trois ou quatre, les sphaignes sous les épicéas et les sapins. 

1_ http://www.boisdechelles.com/

Le Guide des CHAMPIGNONS de Didier Borgarino et Christian Hurtado Edisud

* du 29 septembre au 6 octobre

Notes d’Auvergne suite: sus au Colosse

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« Cherchez les renflements dans la mousse! » Christian Hurtado notre guide (voir précédente chronique) nous conviait, sous les pins sylvestres, à la « chasse » au Colosse. C’est vrai que pour le découvrir il a fallu écarter sa couette végétale pour mettre au jour sa robe saumonée.

Tricholome colosse, tricholoma colossus

L’inspection minutieuse de la station ne permettait de ne découvrir qu’un seul Tricholoma colossus au stipe massif bien enfoui. Aux blessures de la cuticule sa chair très blanche aparaissait.

Tricholome colosse, tricholoma colossus

tricholome colosse,tricholoma colossus

Ce Tricholome plutôt montagnard et très charnu dont le chapeau peut atteindre jusqu’à 25 centimètres de diamètre est une espèce de « géant » dans le genre Tricholoma. Il est cité « sous conifères » et certains auteurs soulignent sa prédilection pour sa symbiose avec le pin sylvestre seule espèce de pin présente naturellement dans le Livradois Forez.  

 tricholome colosse,tricholoma colossus

Sur cette dernière photo (de Christian Hurtado, que nous remercions), Tricholoma colossus est, en groupe, pour le moins très impressionnant.

Le génome du champignon de Paris décrypté

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Le Champignon de Paris, celui de nos assiettes, a pour « ancètre » Agaricus bisporus (photo ci-dessus). C’est en effet à partir de cette forme sauvage présente dans la nature qu’a été créée la forme cultivée.

Au sein d’un consortium international, des équipes de l’INRA, du CNRS, des universités de Lorraine et d’Aix-Marseille ont séquencé le génome du champignon de Paris (Agaricus bisporus). Les chercheurs ont identifié les mécanismes génétiques en jeu dans la formation de ce champignon et ses capacités d’adaptation au milieu dans lequel il vit. Plus largement, ces travaux permettent de mieux comprendre le rôle des champignons forestiers dans les processus de recyclage du carbone dans l’environnement. Publiés la semaine du 8 octobre 2012 dans la revue PNAS, ces résultats conduiront également à améliorer la culture industrielle du champignon de Paris.