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Bourgailh deuxième sortie: les champignons affichent toujours complet

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

Comme celle du 22 octobre la sortie du samedi 5 novembre après-midi affichait « complet ». Cela accréditerait l’idée que les champignons font… recette à l’Ecosite du Bourgailh à Pessac (33).

Le matin au Bois du Bouscat Jacques Beck Ceccaldi, Michel Pujol et Jacques Boyer cofondateurs et animateurs du CEMA retrouvaient ce samedi après-midi les joies du partage de leur myco-passion avec un groupe renouvelé toujours attentif, motivé et, pour certains des participants, prêt à recouper leurs connaissances avec ceux que Laurent Rousserie (directeur de l’association gestionnaire des lieux) présentaient comme des « spécialistes » avant le départ de la balade découverte.

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

Quand les cèpes poussent ils apparaissent souvent dans des endroits géographiques différents à la même période…

Bourgailh, Pessac (33), Ecosite du bourgailh, jacques beck ceccaldi, jacques boyer, Michel Pujol, Francine Marque, Boletus edulis, russula amara

… en partageant des biotopes similaires. Ainsi ce Boletus edulis, découvert par un des participants à la sortie, au milieu de chênes en un endroit découvert, biotope en tous points comparable à celui du Bois du Bouscat de la matinée. Sans doute avait-il échappé aux habitués qui sillonnent le site.

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Ce « spot » selon l’expression d’une Landaise du groupe (avec qui nous avons partagé quelques souvenirs Chalossais) n’avait pas été piétiné. On reconnaitra ici Russula drimeia (ex sardonia) et non R. amara comme indiqué dans une première version. Notre ami Jacques Guinberteau, conseiller scientifique du CEMA, nous fait observer que « la présence d’un mamelon est loin d’être un caractère suffisamment discriminant car Russula caerulea ou amara n’est pas la seule à posséder un mamelon luisant hautement différencié ! Se méfier de ce caractère.
Ici pour cette photo de drimeia = sardonia, on peut retenir surtout un pied lavé de rouge violacé par plage seulement (et non uniformément comme torulosa) et rarement blanc comme amara.
D’autre part les exemplaires de cette photo ne sont pas assez laqués luisants pour être une authentique amara, et les lames jaune citrin signe indubitablement une drimeia/sardonia. » En tout état de cause R. drimeia comme R. Amara ne mérite pas l’assiette.

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Les espèces rencontrée, récoltées et disposées sur les tables à l’entrée face au Belvédère permettaient aux petits et aux grands de continuer à dialoguer sur le vaste monde des champignons à voir et à admirer si affinités sans mettre toute cette diversité dans la même poêle si on veut rester dans son assiette.

M.P.

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Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 2

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

Après un premier volet  publié hier et relatant notamment l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » voici la deuxième partie de notre retour SOUVENIRS-SOUVENIRS extraite des archives confiées par Jacques Guinberteau:

– un PDF AmanitesLandaises.pdf d’un article paru en 2002 dans le Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie sous la signature de Jacques Guinberteau et Pierre-Arthur Moreau intitulé « Notes de récolte sur les amanites vernales landaises » où il est aussi question de Amanita decipiens, A. curtipes, A. ponderosa outre le « tiercé » boudieri-beillei-gilbertii.

– et quelques photos in situ

Amanita beillei

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Amanita boudieri

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Amanita gilbertii

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Le 8 mai 2008 avait été moins poussif que celui de 2016 ou plutôt … plus riche en pousses. Un grand merci Jacques G. 

 

Amanites de printemps suite: SOUVENIRS-SOUVENIRS… 1

A la suite de notre dernière notule à propos des Amanites printanières landaises, Jacques Guinberteau, co-fondateur et conseiller scientifique du CEMA, qui a depuis longtemps fréquenté ces espèces sur le terrain, les a étudiées et décrites, nous confie quelques unes de ses archives.

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Premier volet: l’historique de leur médiatisation dans le « mundillo myco » et plus largement encore. Là où l’on retrouve  en 1926 Albert Beauseigneur, Edouard J. Gilbert, le professeur Beille; dans les années 1970 le célèbre mycologue landais Henri Mesplède créateur de la SOMYLA qui institue les sorties amanites printanières auxquelles participe notamment H. Romagnesi; le Président Michel Pestel qui prend le relais; Jean-Claude Déï ana, Pierre Arthur Moreau, Annie et Jacques Guinberteau. Ces derniers, visiteurs chevronnés des sites landais, rendront compte en septembre 2001 dans Miscellanea Mycologica    n°68 sous la rubrique « Chronique mycologique des milieux hostiles » sous-titre « Quatrième contribution: encore les amanites de printemps »(appel de note « Titre exaspéré, devant le foisonnement actuel d’articles inutiles consacrés aux amanites de printemps par tous ceux qui les découvrent pour la première fois. Il faudrait que ça cesse quand même.« 

C’est cet article, très documenté et « vécu » signé par Pierre Arthur Moreau et Jacques Guinberteau (avec la complicité de Jean-Claude Déï anna) que nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir:  MiscellaneaMycologica68(extr).pdf

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Pisolithus arhizus: premières pierres à l’édifice mycorhizien

Pisolithus-arhizus-1Pisolite ou pisolithe: « pierre qui semble composée d’un amas de petits corps globuleux de la grosseur d’un pois»*. Arhizus: « sans racine ».
L’étymologie caractérise bien cette espèce qui enferme, dans sa partie globuleuse une foule d’alvéoles à cloisons stériles.

Pisolithus-arhizus-2Ces logettes étagées vont évoluer au fil de la maturité et libérer au sommet une sporée pulvérulente. A la coupe, sur les plus jeunes exemplaires, on observe bien les zones concentriques bien différenciées de bas en haut et des péridioles extractibles. Extérieurement elle a l’allure d’un Lycoperdon qui serait mi-enterré avec un stipe turbiné plus ou moins allongé. La gleba odorante et tinctoriale (syn. P. tinctorius) est en revanche privée de capillitium.

Pisolithus-arhizus-3Le mycélium jaunâtre se remarque à la base. Son autre synonyme, P. arenarius plante le décor du biotope, essentiellement des sols à forte phase sableuse à substrat pauvre. Des auteurs (voir biblio) le décrivent souvent sous pins.

Pisolithus-arhizus-4Notre récolte (leg et photos Jacques Beck Ceccaldi) qui illustre cette note a été effectuée à Lormont, dans un parc, sous cèdre. Nous nous souvenons d’une visite exploratoire du CEMA, dans une forêt d’arrière dune à Soulac-sur-Mer, au cours de laquelle, en compagnie de Jacques Guinberteau nous avions rencontré cette espèce. Jacques soulignait alors le caractère « espèce pionnière » de P. arhizus. Les premières pierres à l’édifice mycorhizien en quelque sorte.
Un précurseur que ce pisolithe mais aussi invasif ou plutôt colonisateur . Jacques Beck Ceccaldi, dans un article publié le 12/06/2009 ** , évoquait une récolte australienne de l’année précédente. MycoDB, dans la fiche consacrée au Pisolithe, note: « Probablement introduit en Europe depuis l’Australasie avec l’Eucalyptus, son aire d’invasion s’étend régulièrement vers le nord (il a atteint l’Irlande en 1985) »
gastero.pisolithus-arrhizusDe Lormont jusqu’à l’Irlande? Les ballades irlandaises sont réputées!

Biblio:
Courtecuisse n° 1724
Bon page 302
Marchand tome 2 n° 183 page 174
Borgarino&Hurtado page 116
Phillips page 251
Montegut tome 1 page 166
MycoDB: fiche.php?genre=Pisolithus&espece=arrhizus&numphoto=8&source=search&filter=&numfiche=0
* pisolithe
** les-envahisseurs-champignons-venus-d-ailleurs.html

Rude rencontre en Catalogne espagnole (Pals, basse Emporda)

Pas joli, ce mois de mai avec sa météo pluvieuse, ses températures basses, et ce vent de sud est, puissant et froid. En bordure de mer, dans le maquis méditerranéen argilo-calcaire, le cortège classique des pistachiers, lentisques, cistes à profusion diversement colorés, grandes marguerites blanches ou jaune vif, coquelicots, asphodèles, orchidées, Limodorum abortivum, orobanches charnues forme le sous bois dru mais clair des forêts de chênes verts, pin maritime et de quelques eucalyptus

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Le regard est d’abord attiré, au delà des multiples multiples floraisons, par des points lumineux sang et or, par le bien nommé Cytinus hypocistis, plante sans chlorophylle, parasite exclusif des cistes, et décelable uniquement en période de floraison.

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En cours de ballade, Agaricus xanthodermus, Macrolepiota procera (fo. malingre !), Pisolithus arhizus ont été débusqués par Sylvie Cantin.(la Pie).

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Parmi cette foison de verdure et ce dédale formant le sous-bois, une rude rencontre inattendue, sur branche tombée à terre de Quercus ilex, : une rareté saprotrophe lignicole, rareté d’après la littérature, mais en grand nombre sur cette parcelle.

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Aspect macroscopique :

– Forme pleurotoïde, cespiteux mais quelques individus isolés,
– Teinte beige ochracée ; couleur lilacine nette sur les jeunes exemplaires,
– Chapeau réniforme, déprimé, zoné, hirsute, entièrement velouté, polis raides, striguleux, 5 cm de diamètre maxi sur les exemplaires observés,
– Marge fortement enroulée, villeuse,
– Lames décurrentes, légèrement violetées sur l’arête de certains exemplaires matures,
– Pied excentré, sauf sur deux exemplaires à villosité évidentes et palpables à la base,
– Saveur douce, bonne odeur « fongique », même en vieillisant,
– Chair très élastique, ferme, coriace, résistante à la coupe, de couleur blanche.

Etude microscopique :
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Spores elliptiques, apicule bien visible, 4,7 (5,3 ;5,9 )6,6 x 2,2 (2,4 ; 2,7) 2,9 µm,

– Cystides imposantes à paroi épaisse 70 x 12 µm,

Lentinus strigosus (Schwein. :Fr.)Fr.
Syn : Panus rudis (Fr.)Pilảt.

                                                                                                                             JACQUES BOYER

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Détermination Jacques Guinberteau, conseiller scientifique du CEMA, microscopie Jacques Beck Ceccaldi, chargé des recherches mycologiques du CEMA.

Bidaou, méprises, dégradations, surconsommation à risques mortels

Vu du dessus , pour des yeux endormis par l’habitude ou non avertis, le Bidaou (Tricholoma auratum) peut être confondu avec la Phalloïde et réciproquement. De plus la surconsommation de cette espèce « culte » de la côte océane a tué ces dernières années. A l’heure où l’ Institut de veille sanitaire annonce 664 cas d’intoxications dont 3 décès (parmi lesquels un en Aquitaine) liés à la consommation de champignons au cours des trois dernières semaines ouvrons grands les yeux et ne consommons pas n’importe quoi, n’importe où et n’importe comment

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Ce Bidaou très enterré dans la terre sableuse du littoral à l’ombre des pins maritimes ne laissait apparaître aux yeux des marcheurs que le dessus de son chapeau jaune verdâtre lavé de brun. Ses lames bien jaune doré (d’où auratum) n’étaient mises au jour qu’en le dégageant largement de son trou. Pas d’anneau ni de volve pour ce champignon ferme, massif et quasi incrusté de grains de sable.

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 Pas très loin du Bidaou cette Phalloïde enterrée également, au chapeau jaune verdâtre, plus arrondi et fibrilleux certes mais une cueillette rapide et avide peut conduire au mélange et à la méprise fatale. Ici le pied blanc et non jaune portant anneau et chaussé d’une volve épaisse et engainante, les lames d’un blanc immuable, ne laissent pas de doute sur sa nature d’Amanite et non de Tricholome. Encore faut-t-il cueillir dans leur entier les champignons, les retourner, les sentir, les observer sur toutes les coutures et les blessures. Elémentaire sauf que les Watson du dimanche et même du samedi ne sont pas forcément des fans de  Sherlock Holmes et de sa loupe grossissant tous les détails d’une enquête ici mycologique. Remarquons au passage que certains indices sont loin d’être élémentaires. Par exemple, les limaces mordent à pleines.. bave les phalloïdes. Pas nous sinon une seule fois!

 Nous le disions plus haut, le Bidaou a été à l’origine d’intoxications mortelles (2) chaque fois dans un tableau de surconsommation en sachant que « la dose » en matière de toxicité de champignon varie selon les individus, leur âge, leur état de santé général etc. et que pour certaines espèces il peut y avoir un phénomène d’accumulation qui conduit à des problèmes avec une « dose » moins importante que les fois précédentes (avec la même espèce) où il ne s’est rien passé.

A l’heure où nous mettons en ligne cette chronique nous n’avons pas eu connaissance, cette saison, d’une intoxication causée par le Tricholome doré dans notre région. L’Institut de veille sanitaire (1) a fait mardi un bilan national qui rappelle à la prudence en matière de cueillette et de consommation. Jacques Guinberteau notre conseiller scientifique et le docteur Magali Labadie membre de notre association, responsable médical du Centre antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux sont intervenus sur l’antenne de FR3 Aquitaine (3). 

Personnellement, nous ne consommons plus de Bidaou et conseillons de faire pareil. Plus important à nos yeux est le respect des biotopes retournés, « massacrés », ratissés au propre et au figuré. Là où Attila passait plus rien ne repoussait. Valable pour les Huns jusqu’en 453 et pour les autres en 2012. Les autres c’est pas nous, c’est pas vous, qui aimons à retrouver nos champignons dans une nature préservée des dégradations.

     M.P.

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1_ http://www.sante.gouv.fr/664-cas-d-intoxications-dont-3-deces-lies-a-la-consommation-de-champignons-au-cours-des-trois-dernieres-semaines.html

2_   http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=intoxications%20bidaou&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CB8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fcemachampi.blogs.sudouest.fr%2Farchive%2F2009%2F12%2F09%2Fempoisonnements-encore-le-bidaou.html&ei=8dicUNj9Eca6hAfe64G4DA&usg=AFQjCNE40uqBnQjSFE_2yY0WSDOOxEh1kw

3_ http://www.pluzz.fr/jt-19-20-aquitaine-2012-11-06-18h59.html

Des Lépiotes mortelles

L’Amanite phalloïde et la Galère marginée illustraient une précédente chronique de mycotoxicologie préventive . Notre conseiller scientifique, Jacques Guinberteau, ingénieur d’études INRA,  ajoute à juste raison qu’il ne faut pas négliger la part non négligeable des petites lépiotes mortelles dans la fréquence des intoxications gravissimes notamment dans nos régions atlantiques (y compris la Bretagne) où ces champignons sont fréquents et souvent assimilés à des agarics. On consultera avec profit à ce sujet et pour bien d’autres … son « Petit Livre des Champignons des dunes » publié aux Editions Confluences.

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Voici en photos les variations morphologiques de ces espèces « piégeuses » LEPIOTA BRUNNEOLILACEA (Lépiote brun lilas) où l’on peut voir à la fois l’aspect très charnu, de taille parfois démesurée (pour soit disant des « petites lépiotes »), et une décoloration très fréquente due aux vents de sable, pluviométrie ou insolation !

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L’espèce sœur  LEPIOTA BRUNNEOINCARNATA (Lépiote brun-incarnat) et la Lépiote brun lilas sont   probablement, parmi la quinzaine d’espèces de « lépiotes brunes », les plus dangereuses, responsables de nombreuses intoxications.

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