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Les champignons des parcs urbains Mérignacais

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Le CEMA a rendu récemment son rapport d’inventaire fongique des parcs municipaux girondins de la Ville de Mérignac. Après les parcs du Château et du Vivier* nous avons observé la fonge de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Luchey et Tenet** Quelques éléments de ces observations sont en ligne sur ce blog (avec l’autorisation bien sûr des services concernés) qui intéresseront, nous l’espérons, les promeneurs des bois « rurbains » et aideront à comprendre l’utilité notamment indicative de ces acteurs vitaux de notre biodiversité.

 * Inventaire fongique de deux parcs urbains de la Ville de Mérignac, novembre 2010.
Jacques BOYER, Jacques BECK CECCALDI, Yves MORTUREUX& Michel PUJOL Inventaire Mérignac Vivier Château

**Inventaire fongique de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Tenet, Luchey arrêté fin 2012, études, recommandations et synthèse avec Le Château et Vivier Inventaire Mérignac Beaudésert Bourran, Burck Luchey Tenet

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Patrimoine : quand la mycoflore joue à cache-cache

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Lors des journées Européennes du Patrimoine, dimanche 16 septembre 2012, la Ville de Mérignac avait demandé au CEMA d’animer une visite du bois du Burck sur le thème des champignons. Dans l’inventaire, en cours, de la mycoflore des  parcs urbains, la nature en ville apparaît en effet dans toute sa richesse et sa diversité. Le caractère bio-indicateur des espèces observées témoigne aussi de la qualité des milieux.

Les jours qui précédaient cette visite (guidée et commentée par Jacques Boyer, Sylvie Cantin, Jacques Beck Ceccaldi, Yves Mortureux, Jean André Camy du CEMA et Carole Tison du service des espaces verts) n’avaient pas brillé par l’abondance de pluies. Bien au contraire. Aussi les mycéliums avaient peu fructifié ce qui n’a pas empêché les échanges avec un public très intéressé par le monde fongique. Récit (du vécu !) par Jean André Camy l’un des intervenants du Cercle d’Etudes Mycologiques en Aquitaine :

Pousses et leçon de choses

La presse l’avait signalé et des dépliants avaient été édités par la mairie de Mérignac. Promeneurs, joggeurs ou autres personnes attirés par la bannière placée près du portique de l’entrée du Bois du Burck, rue du Colonel Raynal, étaient rassemblés à l’heure prévue. Persuadé que je connaissais l’endroit, je m’étais présenté à l’entrée opposée, côte stade et Pompiers. Bref! vingt minutes de retard. Jacques Boyer était là, face au public, derrière une table où quelques agarics à la queue coupée étaient étalés à coté d’une cagette de Cèpes venus d’ailleurs, « cueillis » dans un supermarché, ce qui prouve qu’il existe quelque part dans le monde des conditions de poussée bien meilleures que chez nous… On l’aura compris, les conditions de pousse avaient incité à se munir hors place d’objets adéquats pour la leçon de choses.

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Avec dans sa main un de ces agarics, communément appelés champignons de couche (ou de Paris), amputé de sa base, il montrait à l’assistance ce qu’en mycologie il ne faut jamais faire…. Et d’expliquer à l’entourage que c’est en règle générale se priver d’éléments précieux pour en déterminer l’espèce que de ne pas cueillir un champignon dans son entier.

De fil en aiguille, la curiosité du public étant éveillée, de nombreuses questions furent posées qui trouvèrent réponse auprès de Jacques Boyer et J. Beck Ceccaldi. A propos du matériel nécessaire au cueilleur mycologue, grand fut l’étonnement de certains à la vue d’une scie pliable, d’un ciseau à bois et d’un marteau, très utiles pour le prélèvement des champignons que l’on trouve sur les bois (croûtes et autres lignicoles).

Lors de la recherche sur le terrain deux groupes avaient été formés.

La liste des trouvailles était, en ces temps de sécheresse, plutôt réduite. Tout d’abord, un petit champignon, en forme de poire, accroché au tronc d’un gros arbre par un pied grêle, Il s’agissait vraisemblablement de la Vesse de loup piriforme et Jacques Beck Ceccaldi montrait aux suiveurs très attentifs comment obtenir un nuage de spores en pressant simplement sur sa partie bombée.

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 Plus loin, alors que le groupe en terminait avec la prospection, nous remarquions un curieux amas rosâtre niché entre deux racines d’un chêne. Extrait délicatement de son habitat par votre serviteur, il s’avérait que nous étions en présence d’une Fistuline hépatique (Fistulina hepatica) ou Langue de bœuf prestement autopsiée à l’Opinel.

Si le patrimoine mycologique apparent était réduit par grand soleil, chacune et chacun repartait avec au moins un des cèpes de la cagette –souvenirs de cette rencontre-  distribués par Carole Tison.

 Jean André Camy

 

 

 

BRF: des nids d’œufs par douzaines

Cyathus-striatus-web.jpgLe bois raméal fragmenté (BRF) utilisé en paillage dans les parcs, massifs  et jardins pour garder l’humidité et amender les plantations est une mine à Clathres et Cyathes. En scrutant bien le sol, il n’est pas rare d’y découvrir des colonies de Cyathes striés (Cyathus striatus), autant de nids minuscules en forme de vases cannelés contenant des sortes d’œufs qui sont en fait des péridioles renfermant les spores. Au départ, ce champignons apparait en boule hérissée s’ouvrant ensuite sur un revêtement blanc puis le « nid » est à découvert.

Cyathus-stercoreus-web.jpgSur le même site, à quelques centimètres de distance, nous avons observé cette autre espèce de Cyathe (Cyathus stercoreus) qui, lui, est lisse à l’intérieur et se différencie aussi du premier par un « vase » plus cylindrique.

J.B.C. et M.P.

 

Une rareté : l’espèce « la plus basophile ou nitrophile »

Ce champignon, estimé rare, a été trouvé en Gironde. Etude CEMA de Jacques Boyer et Jacques Beck Ceccaldi ses récolteurs et  déterminateurs.

Calocybe-constricta-CEMA.jpgCalocybe constricta (Fr.) Kühner.

Tricholomella constricta (Fr.) Zerova ex Kalamees

 Lieu de récolte :

 Parc du Tenet, Mérignac (Fr 33700) décembre 2011 sur pelouse rudéralisée, dans l’herbe auprès d’un chêne pédonculé, à l’entrée du parc, sur sol riche en humus. Deux spécimens isolés.

 Macro :

Aspect blanc pur satiné, forte odeur de farine, anneau sur le pied. Ces caractères ainsi que son aspect tricholomoïde typique font penser à une espèce du genre Calocybe. Mais, même s’il semble exister des résurgences automnales, il ne peut s’agir de C. gambosa d’une part à cause de la couleur trop blanche, et d’autre part à cause de la présence d’un anneau sur le stipe. Notre espèce est restée blanche jusqu’au bout, tout au plus crème pâle à la dessiccation.

 Micro :

 Spores ornées, échinuleuses, grossièrement verruqueuses. 6×10 µm dans la littérature. Ici plus petites (exsiccata) 5.5 x 8.6 µm

Basides 9×13 µm (sidérophilie non étudiée).

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Biotope :

 Espèce saprophyte terricole vraisemblablement liée à des milieux contaminés par l’urine des mammifères. Dans ce parc on observe en effet une grande fréquentation canine. Le terrain paraît fortement nitraté, les sols étant très anthropisés.

M. Bon 1999: « c’est l’espèce la plus basophile ou nitrophile que nous connaissions »

 Fréquence :

  Rare

 Discussion :

 Kühner & Romagnesi décrivent Calocybe constricta muni d’un anneau fugace pouvant disparaître et Calocybe leucocephala toujours dépourvu d’anneau mais avec un pied radicant. Ces espèces font partie de la famille de Lyophyllacea à cause de leur sporée blanche et de leurs basides carminophiles et placées jusqu’alors dans le genre Calocybe, ce qui leur convenait bien à cause de leur habitus tricholomoïde et leur odeur de farine. La présence d’un anneau et de spores non lisses a conduit M. Bon à les sortir du genre Calocybe et à adopter récemment le genre Tricholomella créé par Kalamees.

En effet, les Calocybe constricta et Calocybe leucocephala (Bull.) Singer  ont été récemment classés par Kalamees (1992) dans le genre Tricholomella du fait de leurs spores ornées, qui les distinguent du genre Calocybe.

 Historique :

Tricholomella constricta (Fr.) Zerova ex Kalamees, Bon 1999

= Calocybe constricta (Fr.) Kühner ex Bon & Courtecuisse, Bon 1986
= Melanoleuca constrictum (Fr.) Métrod 1948, SMF 64:151
= Lyophyllum constrictum (Fr.) Singer 1943
= Calocybe constricta (Fr.) Kühner 1938, SLLyon 7:211 (nom. inval.)
= Lepiota constricta (Fr.) Rea 1922, Brit. Bas.:73
= Tricholoma constrictum (Fr.)Ricken 1915, Blätterpilze
= Armillaria constricta (Fr.) Gillet 1874
= Agaricus constrictus Fr. 1821, Syst.Mycol.1:28

Bibliographie :

Notes mycologiques Luxembourgeoises V  2011

Le genre Tricholomella : Société mycologique de Strasbourg

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Centre Antipoison: travaux pratiques avec le CEMA

Centre antipoison de Bordeaux, docteur Magali Labadie, CEMA, Parc du château, Mérignac, intoxications, Lepiota cristata, Cortinarius majusculus

Ce dimanche 13 novembre 2011, le docteur Magali Labadie et ses collaborateurs, parmi ceux qui n’étaient pas de garde, ont accompagné le CEMA au Parc du Château à Mérignac (33). Une deuxième rencontre sur le terrain CEMA-Centre antipoison et de toxicovigilance de Bordeaux pour des travaux pratiques très utiles de part et d’autre.

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En 2010, une sortie commune avait eu lieu dans le parc de Haut Lévêque  à Pessac. Cette année 2011, le parc du Château à Mérignac avait été choisi pour la diversité des espèces que nous y avions rencontré lors d’un inventaire effectué fin 2010 à la demande de la Ville.

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Pieds bleu et agarics jaunissants étaient présents en nombre dans ces biotopes anthropisés et il était intéressant d’y voir de bons comestibles et de très bons… toxiques dont la toxique petite Lépiote Lepiota cristata à l’odeur de scléroderme. Quelques bolets à pied rouge (Boletus erythropus) rappelaient les empoisonnements de la fin de l’été où ces derniers, comestibles, avaient été « confondus » avec des satan (B. satanas): plus de 300 intoxications en France dont 78 en Gironde. Quelques très nocives Amanites panthère (A. pantherina) bordaient les chemins en compagnie d’anodines Amanites citrines et de rares Amanites rougissantes.

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 La très goûteuse Pholiote du peuplier (Agrocybe cylindracea) surgissait ça et là des racines à fleur de sol de son hôte et de ses souches et le très rare (à protéger) Cortinarius majusculus « trônait » en sa station découverte par le CEMA l’an dernier.

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A la fin de la visite, les échantillons des espèces récoltées recouvraient en abondance les tables dressées autour desquelles mycologues et cliniciens partageaient anecdotes, expériences, compétences et convivialité.

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Mérignac: les champignons du Burck

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Le CEMA conduisait ce mardi 11 octobre 2011 pour le club des ainés de l’Association Joie de vivre de Mérignac une balade au Bois du Burck. Si les conditions climatiques ne permirent pas de garnir abondamment les paniers, la prospection des zones les plus humides donna tout de même quelques résultats mycologiquement et pédagogiquement intéressants. Le groupe, très motivé, apprit, sur le terrain,  à reconnaître quelques champignons et se familiarisa ensuite avec le genre Amanite lors de la video projection en salle qui suivit cette balade-découverte.