Archives du mot-clé Yves Mortureux

Pézizes du Lac: vestiges d’une pousse et modeste renaissance

L’ami Yves l’avait dit: « il faudra y revenir » 14 mars . Aussi, deux semaines plus tard, hier 30 mars, sommes-nous allés voir, sur les berges du Lac de Bordeaux ce qu’il restait éventuellement de la pousse de Sarcosphaera coronaria . Son mycélium courant sous la pinède aurait-il fait d’autres bébés? comme aime à le dire notre ami pédiatre-mycologue. Bref le souci de surveiller la station de ces très toxiques champignons et de prendre l’air en devisant sur le terrain du comment, où, pourquoi ces magnifiques sphères émergent au printemps mais, diable, combien de temps!

sarcosphaera coronaria, yves mortureux, michel pujol, CEMA, bordeaux lac

Quelques vestiges (ci-dessus) de la pousse du 14 mars perduraient entre mousse et aiguilles de pin, secs ou déliquescents. Non en tous les endroits où nous les avions observés. Seulement en très petit nombre sur deux stations.

D’autre avaient-ils poussé depuis? Nous n’avons pu voir qu’un exemplaire bien développé mais encore fermé que nous avons ouvert (ci-dessous) pour juger de l’intensité de la coloration violette de l’hyménium. Sur une autre station proche nous n’avons trouvé qu’une minuscule S. coronaria. Y aura-t-il d’autres pousses les jours qui viennent. A voir.

M.P.

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La reine des pézizes toute couronne dehors à la mi-mars

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Nous ne manquons pas de vérifier en cette période de l’année avec l’ami Yves Mortureux si cette Dame Pézize règne toujours dans la pinède des environs de Bordeaux. Et … elle arborait bien sa couronne majestueuse à peine sortie de terre ce 14 mars.

Les récoltes précédentes 31 mars 2014 26 avril 2012 11 avril 2010 nous inclinaient à aller faire un tour pour savoir si « nos » stations de Sarcosphaera coronaria (Jacquin) J. Shröter = Sarcosphaera crassa (Santi ex Steudel) Pouzar étaient toujours « actives ». D’autant que la douceur de cet hiver qui ne se terminera pourtant que le 19 mars laisse entrevoir certaines précocités dans les pousses notamment d’ascomycètes. En quelque sorte un printemps avant l’heure légale. Voilà pourquoi notre recherche fut fructueuse en « fructifications » de cette espèce toxique pour les mycophages et à dévorer des yeux pour les mycologues.

sarcosphaera coronaria,sarcosphaera crassa, CEMA, Yves Mortureux, Michel Pujol, ascomycètes

On remarquera l’évolution de l’ascophore bien enterré et fermé puis écartant la terre et s’ouvrant progressivement au fur et à mesure de sa maturation jusqu’à montrer le cœur bleu-violet fertile de la couronne de la « reine et mère ».

                                                                                                                                                    M.P.

sarcosphaera coronaria,sarcosphaera crassa

 

Les champignons des parcs urbains Mérignacais

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Le CEMA a rendu récemment son rapport d’inventaire fongique des parcs municipaux girondins de la Ville de Mérignac. Après les parcs du Château et du Vivier* nous avons observé la fonge de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Luchey et Tenet** Quelques éléments de ces observations sont en ligne sur ce blog (avec l’autorisation bien sûr des services concernés) qui intéresseront, nous l’espérons, les promeneurs des bois « rurbains » et aideront à comprendre l’utilité notamment indicative de ces acteurs vitaux de notre biodiversité.

 * Inventaire fongique de deux parcs urbains de la Ville de Mérignac, novembre 2010.
Jacques BOYER, Jacques BECK CECCALDI, Yves MORTUREUX& Michel PUJOL Inventaire Mérignac Vivier Château

**Inventaire fongique de Beaudésert, Bourran, Le Burck, Tenet, Luchey arrêté fin 2012, études, recommandations et synthèse avec Le Château et Vivier Inventaire Mérignac Beaudésert Bourran, Burck Luchey Tenet

Quelques pas en avril

Sarcospharea-crassa-1.jpgNous aimons les retrouver sous les pins, en bordure du Lac de Bordeaux, en un endroit aéré ces coupes tapissées de violet à l’intérieur. Sarcosphaera crassa , ce jeudi 26 avril 2012 était un peu terne parce que plus mature mais toujours séduisante à nos yeux. En allant à sa rencontre, quelques arrêts images…

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Ces Tricholomes ne dépassaient que de la tête en trois endroits. Leur chapeau bien noir très squamuleux, les lames grises et leur pied blanc et soyeux font penser à Tricholoma atrosquamosus.

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Isolés également ces deux Inocybes dont la micro n’a pas été faite.

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Un beau bouquet d’Agarics parmi lequels ces quatre exemplaires attestait du caractère très antrhopisé des lieux. Quelques coups de pied avaient d’ailleurs écrasé et retourné des chapeaux innocents.

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Quelques amanites jonquilles fleurissaient en pâlissant d’avoir reçu quelques abats d’eau.

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Tandis que  les « faux mousserons » trempottaient dans les hautes herbes mouillées.

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Enfin,  notre Pezize couronnée Sarcosphaera coronaria (Jacq.) Boud. = S. crassa (Santi ex Steudel) Pouzar = S. eximia (Durieu & Lév.) Maire, bien enfoncée au milieu des aiguilles de pin, offrait ses calices aux promeneurs initiés en communion avec la Nature.

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Sur le chemin , écoliers attardés, nous avons vu quelques autres espèces sans rencontrer les « vrais mousserons » sur une station habituellement  prolixe en cette saison. Point ici de Calocybe gambosa mais cette Pézize dont vous reprendrez bien un petit coup pour la route.

Y.M. & M.P.

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Mérignac: les champignons du Burck

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Le CEMA conduisait ce mardi 11 octobre 2011 pour le club des ainés de l’Association Joie de vivre de Mérignac une balade au Bois du Burck. Si les conditions climatiques ne permirent pas de garnir abondamment les paniers, la prospection des zones les plus humides donna tout de même quelques résultats mycologiquement et pédagogiquement intéressants. Le groupe, très motivé, apprit, sur le terrain,  à reconnaître quelques champignons et se familiarisa ensuite avec le genre Amanite lors de la video projection en salle qui suivit cette balade-découverte.

Martignas-sur-Jalle : quels champignons chez nous ?

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« Autour d’un café », le groupe du lundi matin du Centre Socioculturel de Martignas-sur-Jalle avait contacté le CEMA en septembre 2010 pour une sortie champignons.  Josette Bastida était venue en éclaireur à la Burthe à Floirac pour nous rencontrer et nous avions convenu de nous retrouver plus tard à Martignas sur un lieu de cueillette  de son choix.

L’idée était d’accompagner près de chez eux les amateurs de champignons fréquentant le Centre Socioculturel  et de les aider, sur le terrain, à les connaître, les reconnaître et apprécier leur rôle dans la nature. Cette initiation à la mycologie a donc eu lieu l’après-midi du mercredi 10 novembre 2010 par beau temps (la veille et le lendemain il a plu…) Dans les bois et les chemins proches de l’école Aimé Césaire, en bordure de la Jalle, quelques espèces ont été observées et commentées. Yves Mortureux, Jacques Beck Ceccaldi et Michel Pujol ont servi de guides  au groupe participant à cette ballade mycologique très conviviale. Une mini exposition était ensuite dressée dans les locaux du Centre Socioculturel avec quelques échantillons de la cueillette.  

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Cap sur la science des champignons : ateliers et conférences en partage

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Le site de Cap Sciences est privilégié. Première place au hit parade des lieux les plus fréquentés de Bordeaux. Des enfants qui y  acquièrent ou qui y confortent  le goût des sciences et qui, plus tard,  postulent à des postes d’animateurs aux manifestations qui s’y déroulent aujourd’hui. Des passeurs d’information scientifiques rodés à toutes les générations. Un public de tout âge dont le dénominateur commun est une soif de savoirs qu’il  vient  ici  étancher. De là à dire que nous avons bu du petit lait… Ce Dimanche de la science du 7 novembre 2010 « Champignons pièges et délices » en partenariat avec le CEMA et le Centre antipoison de Bordeaux n’a été que délice pour les intervenants de Cap Sciences, les médecins du CAP et les mycologues qui y ont montré tous les pièges qu’il vaut mieux éviter dès qu’il s’agit de passer de la contemplation à la casserole.

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Deux ateliers  illustraient l’approche scientifique du monde des champignons : macroscopie et microscopie. Des posters avaient été spécialement réalisés pour cette occasion matérialisant le partenariat Cap Sciences-CEMA.

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Plus de deux cents espèces différentes avaient été récoltées la veille et l’avant-veille aussi bien sur le littoral qu’à l’intérieur des terres dans des biotopes variés. N’avaient été posés dans des assiettes que les champignons encore assez frais et propres à la « dégustation » macroscopique que conduisait Yves Mortureux, du CEMA.  Le but n’était pas d’être exhaustif et de montrer une collection mais de regarder sous toutes les coutures tous les habits du pied à la tête, sentir, éventuellement goûter, comparer. En bon praticien, le docteur Mortureux invitait aux vertus de l’examen clinique avant que le cas ne devienne pathologique. Bien entendu, du Boletus edulis très comestible à l’Amanita phalloides  éminemment mortelle toutes les situations intermédiaires figuraient sur la table des opérations.

Micro

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Côté micro, Jacques Beck Ceccaldi, chargé des recherches mycologiques du CEMA, préparait quelques lames en direct initiant à l’incontournable enquête microscopique qui permet de mieux cerner la personnalité du champignon étudié ou, du moins, de s’en approcher le plus possible. Les images de l’oculaire projetées sur écran plat montraient, par exemple,  que des espèces mortelles sont aussi belles façon micro que version macro et comment un minuscule champignon peut présenter beaucoup d’intérêt grossi mille fois.

Conférences

Deux conférences « Regard sur la diversité du monde des champignons » par Jacques Guinberteau, ingénieur d’études à L’INRA, conseiller scientifique du CEMA, mycologue de renommée internationale et « Champignons : délicieux poisons ? » par les docteurs Pierre Chanseau et Magali Labadie du Centre Antipoison et de Toxico vigilance de Bordeaux offraient  deux autres angles d’approche.

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 Jacques Guinberteau  faisait partager sa passion et son expérience d’expert, nourrie lors de  nombreuses années d’études et de terrain. Il opérait un tour d’horizon didactique et largement documenté qui mettait en perspective tous les aspects de la diversité de la mycoflore et de son environnement.

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Pierre Chanseau et Magali Labadie évoquaient les différents toxidromes (types d’intoxications par des champignons)  qu’ils rencontrent lors des régulations et lors des contacts avec leurs confrères médecins et pharmaciens. Ils énonçaient quelques règles qui doivent être appréciées au cas par cas en tenant compte du degré de fragilité ou de faiblesse de la personne concernée.

 D’une manière générale, quand les symptômes se déclarent très peu de temps après l’ingestion de champignons ils constatent que c’est moins inquiétant que lorsqu’ils surviennent quelques heures ou quelques jours après. Encore faut-il vérifier qu’il ne s’agit pas d’un effet retard d’une consommation antérieure. La « dose » absorbée accentue la gravité de l’atteinte qui peut être fatale. La complexité des situations incite à faire preuve d’une extrême prudence et à déconseiller par exemple la consommation du Bidaou qui provoqua encore un décès l’année dernière même si, dans ce cas, on observait plusieurs repas successifs avec ce Tricholome aux lames jaunes. Cuire les  golmottes et les morilles, ne pas ramasser des comestibles qui ne le sont plus parce qu’ils ont concentré tous les éléments nocifs dont ils se sont nourris participaient aux conseils prodigués.

   

Mycologie et mycophagie doivent faire bon ménage. La seconde a besoin de la première pour s’exercer sans problème, avec délice, sans tomber dans les pièges.